Les multiples casquettes de Laurence Parisot : présidente du MEDEF, rockstar, prof d'éco et candidate à la présidentielle...

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

 I. La grande parade

Ø      « L’entreprise m’a tout donné »

 

 

L’AG s’ouvre sur le témoignage de chefs d’entreprises dévots qui font état de leur adoration pour « l’entreprise qui m’a tout donné ». Ainsi, le président de la chambre de commerce de Rhône-Alpes décrit-il sa vision de l’entreprise, lieu de l’ascension sociale : comment de petit employé, on devient employeur : « l’homme est libre grâce à la libre entreprise ». Les métaphores laudatives manquent pour décrire l’entreprise : « source de vie », « poumon de la nation », « l’entreprise, c’est la vie ; la vie c’est l’entreprise »…Mais le principe fondamental, c’est que : « quand l’entreprise va bien, la société va mieux ».

 

Ø      Le génie des entrepreneurs français

 Les entrepreneurs français sont des êtres exceptionnels. Sept d’entre eux sont invités à présenter leur activité. Ils sont ambitieux et ouverts sur le monde et, en plus, ils sont solidaires : Total apporte ainsi un appui à des PME pour développer leurs activités à l’étranger.

Leurs entreprises sont à l’image des entreprises françaises : innovantes, en forte croissance, investissant fortement dans la recherche, très compétitives à l’exportation et produisant exclusivement de la haute qualité. Le directeur d’Alter Eco vient même expliquer comment les entreprises sont à la pointe du développement durable.

 

 

Ceci contredit en filigrane les discours sur l’asphyxie des entreprises françaises, le fameux carcan fiscalo-administratif n’empêche visiblement pas certaines de se développer.

 

Ø      Le MEDEF, c’est formidable

 Depuis l’arrivée de Laurence Parisot à sa tête, le MEDEF a décidé de renforcer son ancrage dans la société. Pour ce faire, deux nouvelles commissions ont été crées.

 

 

La commission « nouvelles générations » a pour objectif de nouer le dialogue entre l’entreprise et les jeunes afin de favoriser leur insertion. Cette commission est présidée par Laurence Danon, PDG du Printemps et auteur d’une charte des stages en entreprise proprement révolutionnaire. Celle-ci affirme grosso modo que le stage doit être utile à la fois au jeune et à l’employeur.

 

Cathy Kopp, DRH d’Accor, trouve tout cela « absolument formidable » et ce n’est pas Vanessa, 22 ans, en contrat de professionnalisation, ni son patron qui va la démentir. Celui-ci apprécie beaucoup cette opportunité de pouvoir « inculquer des choses » aux jeunes. Enfin, sont mises en avant des expériences d’entrepreneurs qui mettent un point d’honneur à embaucher des jeunes « issus de la diversité ». Et, oh surprise, on se rend compte qu’ils travaillent aussi bien que les autres…

 

            La commission « dialogue économique », présidée par Véronique Morali, accomplit un travail plus formidable encore : établir des passerelles entre les entreprises et le reste de la société. Comme le dépeint bucoliquement le président du MEDEF Nord-Pas-de-Calais, la société, c’est comme un aquarium avec des petits poissons et des gros poissons, de toutes les couleurs. Le MEDEF est là pour veiller à la qualité de l’eau (et peut-être aussi pour être sûr qu’aucun poisson n’ait l’idée de sortir de l’aquarium). En acteur social responsable, le MEDEF dialogue avec tout le monde : enseignants, universités, étudiants, politiques, magistrats, journalistes, etc, l’objectif étant de convaincre ces pauvres gens aveuglés par les stéréotypes des vertus incontestables de l’économie capitaliste et des bienfaits procurés gracieusement à la société par des entrepreneurs emplis d’abnégation.

 

Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT , qui encourage à essayer d’avoir une « lecture partagée des transformations », est très applaudi par les entrepreneurs qui jubilent « enfin un syndicaliste raisonnable ! ». Seule ombre au tableau, le directeur de l’ENM souligne toutefois que les relations entre les entreprises et la justice restent « complexes »… 

 

 

 

Ø      Pourquoi adhérer au MEDEF ?

 
 

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Mais pourquoi plus de 700 000 entreprises sont-elles adhérentes du MEDEF ? On se le demande. Comme à l’UMP, c’est l’heure de l’adoubement des nouveaux adhérents. De l’éleveuse de taureaux de combat à la jeune directrice ambitieuse d’une agence de communication, ils ont rejoint le MEDEF parce qu’ils apprécient son travail de lobbying efficace, qu’ils se reconnaissent dans les valeurs qu’il défend, qu’ils veulent participer à la gestion paritaire ou encore tout simplement, comme le résume le président du MEDEF Côte-d’Or, parce qu’ « ils aiment l’économie de marché ».

 

Ø      Petite leçon d’économie  

 

Puis est arrivé le moment le plus surréaliste de l’AG : Laurence Parisot, seule en scène, donnant une leçon d’économie aux Français. L’objectif est de montrer que le déficit de croissance tient exclusivement au poids excessif des charges pesant sur les entreprises. Pour y arriver, elle n’hésite pas à manipuler allégrement chiffres et graphiques : comparaison de taux d’imposition sur des bases différentes, déformation de l’étude de l’OCDE sur l’impact des législations protectrices de l’emploi, absence systématique des pays scandinaves dans les comparaisons internationales…

L’exposé se termine sur l’idée que l’on a pu respirer lorsque l’impôt inique sur les portes et fenêtres a été aboli au début du XXe siècle, d’où le titre du livre blanc « besoin d’air » = besoin de moins de fiscalité.

 

Ø      La bonne parole (le livre blanc)  

 

On a ensuite pu assister au ballet des ambassadeurs du livre blanc, décrit comme un « projet participatif ».

1ère idée : il faut rationaliser la gestion de l’Etat sur le modèle de l’entreprise. « Tout ce qui réussit dans les entreprises doit être repris par l’Etat dans son fonctionnement ». « Il faut transformer l’Etat en facilitateur de vie ». Enfin, les départements doivent être supprimés pour réduire l’enchevêtrement des compétences.

2ème idée : Défendre les contribuables. Pour cela, le livre blanc propose d’inscrire dans la Constitution une charte des droits du contribuable et d’instaurer le principe d’équilibre des finances publiques. Dans un grand geste théâtral, deux présidents régionaux du MEDEF s’agenouillent pour réclamer aux candidats à la présidentielle le droit d’augmenter les salaires nets des travailleurs…De manière plus constructive, il est proposé de réserver aux entreprises le financement des retraites et  de l’assurance chômage, les autres risques devant être transférés vers la solidarité nationale.

3ème idée : Abolir les 35h. La durée du travail doit être déterminée par accords en fonction des besoins de chaque entreprise.

            Prochaine étape : les entrepreneurs sont chargés de porter la bonne parole contenue dans le livre blanc à travers toute la France.

 

Ø      Discours final 

 

Résolument politique, le discours final de Laurence Parisot n’est toutefois pas dénué d’une certaine subtilité. Son argumentaire est construit sur le double rejet de la figure du déclinologue et de celle du démagogue qui « flatte les désirs d’illusions ». Si Ségolène Royal est largement égratignée (mais jamais nommément), Nicolas Sarkozy n’est pas plébiscité pour autant : le MEDEF l’attend au tournant.

Pour Laurence Parisot, les entrepreneurs incarnent le génie qui doit à nouveau animer la France et elle cite l’exemple de la Marche de l’Empereur, film original et ambitieux qui fut un succès grâce au talent de ses promoteurs.

Elle décline ensuite les trois valeurs qui structurent le livre blanc : prospérité, liberté, durabilité et formule au passage des orientations politiques précises : il faut tout faire pour que le cycle de Doha aboutisse, la hausse du SMIC et l’abrogation de la loi sur les retraites de 2003 seraient mortels…Elle vante également le succès du CNE et fait valoir que les allègements de charge ne sont que la juste compensation du préjudice des 35h et doivent devenir de véritables abattements. Elle termine par sa proposition emblématique : 32 ans après le divorce par consentement mutuel, le MEDEF, dans son infini progressisme, se fait fort d’introduire une « séparabilité à l’amiable » qui permettrait enfin de lever les freins à l’embauche.

Elle achève son discours sur une citation de Jaurès (décidément très à la mode à droite ces jours-ci) : « Celui qui dirige est celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer ».

Laurence Parisot quitte la scène portée par une musique aux accents triomphalistes : le MEDEF est entré en campagne.

 

II. Mais que venaient-ils faire dans cette galère ? 

 

Pour 2007, le MEDEF et sa présidente ont décidé de se faire entendre. Aussi ont-ils vu les choses en grand. 6000 personnes étaient présentes au POPB dont une majorité de chefs d’entreprises venus de toute la France pour l’occasion (DOM-TOM y compris) mais aussi des lycéens et étudiants censés incarner la sollicitude du MEDEF vis-à-vis des jeunes générations.

Eclairages dignes des plus grands dancefloors parisiens, musiques à la mode, multiples écrans géants, le MEDEF bouge et rajeunit, que cela se sache. Au début, on hésite entre la présentation corporate et le meeting électoral. C’est plutôt la deuxième hypothèse qui prévaut. La salle, un peu refroidie d’entrée de jeu par tout ce décorum, s’est vite manifestée, applaudissant chaudement dès qu’il était question d’abolition des 35h ou de baisse de la fiscalité. En revanche, certains sujets ont moins fait recette : les chefs d’entreprises français semblent par exemple assez peu préoccupés par l’échec annoncé des négociations à l’OMC.

L’ensemble de la réunion était animé par la sémillante Emmanuelle Gaume dont les moments de silence ont été très appréciés. Par contraste, l’assemblée a goûté le ton posé de Laurence Parisot qui a été très applaudie, en dépit de ses positions controversées au sein même du MEDEF.

Globalement, l’ambiance était à l’autocélébration. Dans l’univers medefien, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si l’Etat Léviathan ne s’obstinait pas à opprimer le « génie français ».

             III Les dessous du discours

Ø      La planète MEDEF : un univers harmonieux

En filigrane, se dessine une vision spécifique de l’agrégation d’individus que certains rouges osent nommer « société ». En effet, le discours du MEDEF véhicule l’image d’un espace public imaginaire, débarrassé de tous conflits, où chacun pourrait rechercher son profit personnel sans que cela influe sur le voisin. C’est finalement la représentation traditionnelle, chère à l’économie classique, d’un peuple atomisé composé d’individus rationnels.

Tout au long de l’AG, les intervenants ont insisté sur les valeurs œcuméniques de dialogue et d’échange propres à une organisation patronale qui chercherait à dresser des passerelles entre l’ensemble des acteurs sociaux. Mais ces échanges sont conçus de manière essentiellement unilatérale : étudiants et professeurs sont vivement encouragés à venir faire des stages en entreprise ; en revanche, il ne viendrait pas à l’idée des entrepreneurs de retourner à l’école…

Parallèlement, le MEDEF se cherche tout de même des cautions sociales, d’où la citation de Jaurès. Mais d’autres exemples méritent d’être signalés : l’insistance de Laurence Parisot sur l’apaisement du dialogue social » et le fait qu’elle ait souligné la présence à l’AG de Jacques Voisin et de Bernard Van Craeynest, respectivement n°1 de la CFTC et de la CGC. De plus, le MEDEF rend hommage à l’abbé Pierre à sa façon en mettant à disposition d’Emmaüs des moyens logistiques. Par ailleurs, il a été systématiquement rappelé que c’est l’entreprise et elle seule qui crée les emplois et la richesse du pays. Grâce lui soit rendue.

Enfin, ce grand show avait aussi pour ambition de mettre en scène l’unité du mouvement patronal. Or, cette unité est largement factice. La sortie du Livre Blanc est ainsi présentée comme « l’entrée en campagne de tous les entrepreneurs », alors que sa rédaction quasi-exclusive par Mme Parisot a fait l’objet de critiques au sein même du MEDEF.

 

Ø      Un bouc émissaire : le carcan fiscalo-administratif  

Certes, les entreprises françaises sont formidables et pourtant, l’économie française est globalement moins performante que celle de ses voisins. Mais ce n’est pas la faute des entreprises. C’est la faute de l’Etat, un Etat vampire qui saigne impitoyablement les entreprises, les empêchant ainsi d’augmenter les salaires. La fiscalité est sans conteste le thème le plus fédérateur au MEDEF. Pour lui, les impôts servent essentiellement à engraisser les fonctionnaires. Mais d’où sortent donc toutes ces infrastructures qu’utilisent les entreprises et qui contribuent fortement à la compétitivité du pays ? Mystère… 

 Ø      Le chef d’entreprise, ce héros

Le MEDEF déploie beaucoup d’efforts pour réhabiliter l’image du PDG. La vision du patron qui fait un saut au bureau, avant d’aller déjeuner copieusement en fumant de gros cigares et qui passe l’après-midi à jouer au golf a été décriée par les intervenants (tandis que certains murmuraient dans le public, « c’est quand même vrai pour certains »).

Pour décrire le chef d’entreprise, on fait beaucoup appel à des métaphores sportives : le patron serait ainsi « un capitaine d’équipe qui fédère plus qu’il ne commande », « celui qui va à la mêlée avec les autres et récolte autant de châtaignes que ses coéquipiers ».

Dans son discours final, Laurence Parisot a clairement affirmé : « on peut être très haut dans l’échelle des salaires et avoir une moralité et une éthique irréprochables ».

A l’heure où les salariés servent de plus en plus de variable d’ajustement, le MEDEF cherche à réhabiliter l’image du patron audacieux qui prend des risques et assume les dangers,  par opposition aux salariés protégés. Le chef d’entreprise est celui qui n’hésite pas à se lancer… avec, de préférence, un parachute doré     

 Ø     La langue à l’état gazeux

Le MEDEF a réussi l’exploit de porter à incandescence la vacuité  du langage à laquelle trop de personnages publics nous ont déjà habitués.

Emblématiques sont les trois slogans qui ont émaillés les discours des orateurs, tous soigneusement conditionnés : « bouger les lignes », « besoin d’air », « l’entreprise c’est la vie ». Voilà un projet de société.

La palme de l’euphémisme revient tout de même au qualificatif utilisé pour décrire tous ceux qui ne sont pas blancs : ceux-là sont désormais « issus de la diversité »…

Plus globalement, ce qui relie l’ensemble des discours, c’est le refus de la complexité, l’idée qu’il n’y aurait que quelques paramètres à modifier pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Sous couvert de pragmatisme, les véritables débats ne sont jamais abordés. D’ailleurs, pour le MEDEF, il n’y a qu’une seule analyse valable à laquelle répondent solutions simplistes et slogans vides de sens.

Le MEDEF aurait grand intérêt à enrichir quelque peu son discours s’il compte réellement nourrir le débat démocratique. 

                                                                                                  Sandra Desmettre

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zaza 26/02/2007 17:16

C'est terrible d'être jeunes et déjà si partiaux et aveugles !
Il y a beaucoup de choses pertinentes dans l'analyse et les propositions du Livre Blanc de Laurence Parisot.
C'est un salarié qui en a marre que l'Etat (et certains partis) fassent tout pour encourager les patrons à faire leur business ailleurs qu'en France.
Moi ça me plaît d'être salarié mais pour cela, j'ai besoin qu'il y ait des créateurs d'entreprises (les "affreux patrons" que représente Laurence Parisot).

Gad 26/02/2007 16:55

On y voit plus rien.

Jacky DEVAUX 26/02/2007 15:59

IMPORTANT : il est à noter, que copie de la présente, ainsi que de votre éventuelle réponse, seront adressées aux médias, seront accessible au public à partir d’un blog… Bien entendu je solliciterai le quotidien le PARISIEN en premier, afin qu’il publie le contenu de cet écrit, mais il ne sera pas le seul… Il y a toutefois une forme de presse, celle qui encense le patronat, valorise la politique de la droite, mais ne permet pas aux légitimes contestations de s’exprimer, que je ne contacterai pas (voir documents en annexe)…
 

                                                                   
 

                                                                                                                   …… le 01/02/07
 

                                                                                                     
 

Jacky DEVAUX
GSM: 06 21 20 04 11
 

MAIL : jacky.devaux067@orange.fr
 

               
 

                                                                                                       MEDEF
 

                                                                                                       55 av Bosquet
                                                                                                       75330 PARIS Cedex 07

 

A l’attention de Madame Laurence PARISOT 
Présidente du MEDEF
 

                
Madame,

 

Dans le quotidien le PARISIEN du 22/01/07, suivant vos termes, vous entrez dans la mêlée de la présidentielle, ce qui de mon analyse, consiste à faire de la propagande pour le gentil patronat, pour la droite en général, et implicitement à appeler à voter pour son candidat…

 

Que vous fassiez « patte blanche » dans un grand quotidien populaire comme le PARISIEN est assurément habile pour servir le dessein que je vous prête (je ne suis pas le seul !!!). En lisant le résumé des commentaires des lecteurs qui vous ont « auditionné », on peut en déduire que vous les avez séduit, peut être serez vous intéressé par l’avis d’un citoyen lecteur supplémentaire…   

 

Avant de répondre aux arguments que vous avancez en réponse aux questions des lecteurs, je vous prie de prendre connaissance des documents joints...En particulier de la lettre datée 05/12/2006, envoyée à Monsieur Martin BOUYGUES, qui démontre, que le patronat (certains patrons, heureusement pas tous !!!) que vous présentez, et représentez, n’est pas le même que celui que les salariés subissent…

 

Questions / commentaires de vos réponses :

 

Question :
 

De quel candidat vous sentez vous le plus proche ?

 

Mon commentaire à votre réponse :
Votre réponse manque de franchise, votre personnalité, vos déclarations antérieures,  cadrent mal avec ces pseudos patrons de gauche (à gauche pour le social, à droite pour le portefeuille !!!), il est facile de deviner pour qui vous chassez, il y a d’ailleurs des indices significatifs dans votre livre blanc.

 


 

Question :
 

On ne parle que du duo Ségo-Sarko. Et les autres ?

 

Mon commentaire à votre réponse :
Je partage totalement votre avis, rien ne dit que le champion que je pense que vous soutenez sera au second tour…Je suis un exemple des déçus de la droite gouvernementale, j’ai toujours voté pour cette droite, ce ne sera pas le cas cette fois ci…Il m’a fallu longtemps pour le comprendre, mais avoir des convictions, est un luxe que l’on ne peut se payer quand on a rien dans son assiette, pas assez pour vivre, nécessité fait loi, ce n’est pas une question de préférence mais d’intérêt minimum…Quand on est socialement petit ou moyen, on a rien à espérer de cette droite, l’argument de poids pour ce camp, l’insécurité, a fait long feu, hormis quelques coups médiatiques, ce gouvernement n’a pas été capable plus que le précédent, d’imposer la loi à certains populations marginales…

 


 

Question :
 

Est on riche avec 4000 € ?

 

Mon commentaire à votre réponse :
Vous ne savez pas fixer la barre de la richesse, certains s’en chargent, votre place dans le gratin des fortunes professionnelles a été fixée dernièrement au 276 ème rang…Vous reconnaissez que le pouvoir d’achat n’a pas augmenté ces dernières années, et vous avez l’aplomb de vous absoudre de cette responsabilité…Tout le monde sait pourquoi il en est ainsi, parce que les gros employeurs, gardent tout pour leurs actionnaires, pour leurs dirigeants, exploitent de plus en plus les salariés des classes basses et moyennes…

 


 

Questions :
 

- En attendant, faut il, selon vous, réformer l’ISF, le supprimer ou le durcir ?
- Payez vous l’ISF ?

 

Mes commentaires à vos réponses :
Quand bon nombre de citoyens sont dans le dénuement, ont tout juste de quoi vivre ou survivre, faire une priorité d’une réforme de l’ISF, montre votre véritable nature…Vous qui déclarez ne payer qu’un petit ISF, bataillez ferme pour ne plus rien payer du tout, au motif que cet impôt fait fuir les investisseurs…Nous sommes quand même en droit de nous demander à quoi sert l’Europe, à part de servir de refuge à certains nantis de la République, pourquoi des pays comme la BELGIQUE  par exemple, ont-ils une fiscalité différente de la notre? A l’occasion de cette campagne présidentielle on apprend des choses, que cet impôt qui vous insupporte tant, n’est pas si contraignant que cela, si on en juge par les sommes minimes payées à ce titre par les vedettes de cette campagne présidentielle…  
 


 


 


 


 

Question :
 

Il y a eu des scandales sur la rémunération des grands patrons. Allez vous y mettre de l’ordre ?

 

Mon commentaire à votre réponse :
Cette paix sociale que vous mettez en avant, pour justifier qu’en matière de rémunération, les salariés ne sont pas si mal traités que cela, priez pour quelle dure…Votre comparaison entre les revenus des patrons et les multimillionnaires de certains sports, est intéressante…Ces privilégiés d’un point de vue financier, qui curieusement bénéficient des protections du Code du Travail, sont les seuls « travailleurs » à toucher intégralement  leurs « salaires », qu’ils travaillent (jouent !!!) mal ou qu’ils ne travaillent pas du tout (sur le banc !!!)…Il y a bien entendu des patrons très performant, qui font prospérer leurs groupes, qui méritent des émoluments conséquents…Toutefois ceux qui partent avec des malles de dollars, après une gestion calamiteuse, qui entraîne des restructuration, laissant sans emploi des pères de famille, ne manquent pas non plus…Sauf erreur de ma part les résultats du groupe PSA ont été catastrophiques, des suppressions d’emplois sont à craindre…Un commercial qui enregistrerait un tel recul sur son Chiffre d’Affaires, serait immédiatement renvoyé pour incompétence…La direction de PSA a certes été remaniée, mais pas de critiques fermes de la gestion (pourquoi TOYOTA progresse t’il alors que PSA s’écroule, ce n’est pas seulement la conjoncture ?), je serais curieux de connaître les indemnités qu’a perçu le prédécesseur de Monsieur STREIFF…On ne prête qu’aux riches dit on, il faut croire que dans votre camp on ne donne également qu’aux riches…Vous guerroyez pour obtenir un ISF adoucit pour vos amis, Monsieur de VILLEPIN, d’après ce que j’ai relevé dans les médias, a comme projet immédiat, d’obtenir quelques douceurs aux sportifs en fin de carrière, pour faciliter leurs reconversions…Les pauvres, avec ce qu’ils perçoivent en club, ce qu’ils touchent quand ils sont en équipe de FRANCE (comme ce sont nos impôts qui règlent cette note, nous serions en droit d’obtenir des comptes, mais pour cela, comme pour les centaines de millions d’euros donnés chaque année par l’état à vos entreprises, les choses ne sont pas claires et honnêtes comme vous dites, on ne sait rien…), les contrats de publicités faramineux, les emplois de consultants, les produits dérivés, etc, ils ne peuvent pas s’en sortir, leurs cas précaires, motivent plus ce gouvernement, que celui des intermittents du spectacle smicards…

 


 

Question :
 

Et vous combien gagnez vous ?

 

Mon commentaire à votre réponse :
Certes, comme beaucoup, je me contenterais bien de 240 000 euros de salaire annuel…Toutefois, puisque vous aimez la précision, allant jusqu’à indiquer que votre salaire mensuel est à multiplier par 12 (ce pourrait être par 13, par 14…), je me permets de m’étonner… Il est surprenant, qu’une personnalité de votre stature, ne soit pas dans moult comités de direction, ne perçoive pas des « jetons » par çi et par là…De même, vous êtes semble t’il propriétaire de la société OPTIMUM SA, société fort bien gérée, en plein épanouissement d’après les médias, il est étonnant que cette dernière ne vous rapporte pas de revenus…Les gens comme vous, pour le moins aisés, volontairement, ou parce qu’ils ont tellement, que quelques dizaines de milliers d’euros en plus passent inaperçus, ont l’habitude de minimiser leurs confortables rentrées pécuniaires …A n’en pas douter, la lectrice du PARISIEN, à l’origine de cette question, voulait connaître la somme de tous vos revenus professionnels (le lecteur du PARISIEN qui perçoit le SMIC, ne perçoit que le SMIC lui…).Dans le même ordre d’idées, quand la question a été posée à Monsieur SARKOZY, sur TF1, je suppose que l’intéressé, voulait connaître tous les revenus du candidat SARKOZY, au lieu de faire pleurer dans les chaumières, en arguant que 11 000 euros mensuel ce n’était pas volé, il aurait dû nous dévoiler le traitement (lui aussi pas volé !!!) perçu en tant que Président du Conseil Général des Hauts de SEINE, d’autres revenus éventuels…

 


 

Question :
 

Les bénéfices des entreprises du CAC 40 explosent, et dans le même temps les salaires stagnent. Comment voulez vous que les français croient encore dans les vertus du travail ?

 

Mon commentaire à votre réponse :
A vous entendre seuls les groupes du CAC 40 vont bien, en se documentant sur votre compte sur Internet, on constate que votre société OPTIMUM SA, échappe apparemment au marasme que vous dépeignez…Vous n’avez probablement pas tort en affirmant que la fiscalité et les charges inhérentes aux salaires sont trop élevés…Toutefois, me basant sur une longue expérience professionnelle, de longues années à apprécier les méthodes des employeurs, je suis convaincu que même si demain il n’y avait plus de charge sur les salaires, ceux-ci n’augmenteraient pas de façon significative, à moins que vous n’y soyez contraint par la loi…Vous prétendez que les entreprises n’ont pas la trésorerie pour augmenter les salaires, les fonds ne manquent pourtant jamais, quand il s’agit de donner des montagnes d’argent, à des dirigeants en partance, qu’ils laissent derrière eux un bilan positif ou la ruine.  

 


 

Question :
 

Pensez vous que les entreprises vont embaucher en 2007 ?

 

Mon commentaire à votre réponse :
On vous voit venir avec vos gros sabots, sans l’afficher clairement, vous faites campagne pour le camp libéral, qui si il est élu se souviendra de votre engagement, accédera à vos souhaits, vous fera des « cadeaux », et peut être, seulement peut être, après, bien après, il y aura une hypothétique embellie sur les embauches…

 


 

Question :
 

Cela suffira t’il pour redynamiser l’emploi ?

 

Mon commentaire à votre réponse : 
Si vos chefs d’entreprises, qui trouvent incroyable, que les emplois qu’ils proposent n’aient pas de succès, rémunéraient de manière attractive, au minimum convenablement, il y à fort à parier qu’il y aurait des candidats…

 


 

Question :
 

Et les 35 heures, voulez vous leur mort ?

 

Mon commentaire à votre réponse : 
On se demande bien pourquoi le patronat se plaint des effets pervers des 35 heures, alors qu’en fait c’est surtout aux employeurs que cette loi a profité…Ces dispositions ont permis aux employeurs de geler les revenus des salariés, dont les heures réelles de travail n’ont pas diminué pour atteindre 35 heures, les pressions  dans ce but n’ont pas manqué, au final le travail a été réalisé sans personnel supplémentaire, à moindre coût…La encore votre position me semble de la plus grande hypocrisie, si la diminution du temps de travail n’a pas créé d’emplois, c’est parce que les patrons ont manœuvré pour détourner la loi (sauf à croire que les salariés font de bonne grâce des heures supplémentaires gratos !!!), si les personnels ne faisaient que le nombre d’heures payées, l’embauche serait  mathématiquement nécessaire…  

 


 

Question :
 

Et le contrat de travail faut il aussi le revoir ?

 

Mon commentaire à votre réponse : 
Il faut distinguer le licenciement individuel, des licenciements de masse, qui relèvent le plus souvent des effets d’une mauvaise gestion, ou d’un « confort économique » qui vise à engraisser encore plus les actionnaires. En ce qui concerne les licenciements individuels, je suis bien placé pour savoir, c’est ce qui motive la véritable croisade dans laquelle je me suis engagé, qui me fait vous interpeller aujourd’hui, que les employeurs voyous, n’ont nul besoin de plus de souplesse pour licencier, le Code du Travail, ils s’en soucient comme d’une guigne…

 


 

Questions :
 

- Faut il supprimer la retraite à 60 ans et instaurer un système à la carte ?
- Est-ce que cela signifie que je vais être obligé de travailler jusqu’à 70 ans parce que j’ai fais des études ?

 

Mes commentaires à vos réponses : 
Dans ce registre, vous dépassez me semble t’il vos prérogatives, pourquoi vous contenter de monter au créneau pour soutenir un candidat, vous auriez dû vous aussi y aller…C’est bien beau de vouloir que les gens travaillent au-delà de 60 ans, il ne suffit pas que vous affirmiez que désormais les entreprises ont des moyens pour maintenir les plus âgés au travail, la réalité est  toute autre, en particulier pour les seniors qui sont sans travail…Aujourd’hui il n’y a pas d’offres d’emplois pour eux, pour décrocher un job, ces derniers doivent non seulement être d’une détermination extrême, mais en plus accepter des conditions financières de juniors…

 


 

Question :
 

Et les régimes spéciaux de retraite ?

 

Mon commentaire à votre réponse : 
Bien entendu, comme la majorité des français qui n’en bénéficient pas, je trouve anormal que des gens qui ont déjà la garantie de l’emploi, partent à la retraite à 50 ans (plus ou moins), alors que l’on prépare les autres à travailler, jusqu’à 65, 70 ans, peut être jusqu’à ce que mort s’en suive…Monsieur SARKOZY, n’a évidemment pas tort, de mettre en avant, que le cheminot qui aujourd’hui conduit un TGV, n’exerce plus un travail aussi pénible, que son ancêtre qui chargeait de charbon la locomotive à vapeur, de sous entendre, que les avantages d’antan devraient être supprimés…Toutefois, Monsieur SARKOZY oublie en l’espèce quelque chose de fondamental, on ne peut pas demander aux gens ordinaires de renoncer à des avantages acquis, alors que les élites se « gavent » sur les deniers publics… La FRANCE en réalité n’est pas une démocratie, nous ne savons rien des innombrables prébendes, que les puissants, leurs amis, dont à n’en pas douter Madame PARISOT vous intégrez le cercle, profitent, le peu qui transpire est néanmoins suffisamment éloquent…Je ne suis pas cheminot, si tel était le cas, en entendant Monsieur SARKOZY, vouloir rogner mes avantages contractuels, je m’interrogerais sur la décence de cette intention…Où se trouve la légitimité d’un privilégié, qui poussé dans ses derniers retranchements, a reconnu avoir bénéficié d’un prêt important de 150 000 € sur les deniers publics à taux  zéro , pour demander au nom de la solidarité nationale, que des citoyens ordinaires, renoncent à des avantages, qui somme toute, ne représentent qu’une goutte d’eau dans la mer de la gabegie…A la vérité, la FRANCE n’est pas une démocratie, plutôt une monarchie, ou une royauté…La preuve, au moment ou la candidate Ségolène ROYAL généreusement, propose que les jeunes à leur majorité disposent d’un capital de 10 000 €, qui serait garanti par l’état, un autre candidat confesse que quand on est député on a droit à un prêt d’un montant 15 fois supérieur sans intérêt, effectivement il y a deux poids deux mesures…

 

Conclusion :
 

Sans complexe, sans fierté, contre nature, certain en appelle à JAURES et à BLUM, vous patronne des patrons, délaissant vos supports préférés (le FIGARO, etc.) vous venez vous « encanailler » au contact des prolétaires, personne n’est dupe sur le but recherché, donner provisoirement au renard l’apparence de la poule (définition appropriée empruntée à Monsieur François BAYROU)…Votre livre blanc, dont le contenu n’a pas eu beaucoup d’écho, alors que de mon point de vue, cet ouvrage de propagande, est un condensé de contrevérités et d’hypocrisie, qui méritent d’être dénoncées, est le fruit de votre réflexion dites vous…Pour ma part, j’ambitionne d’écrire     un livre noir de révélations, qui serait une autobiographie de plus de 25 ans de carrière dans les « marchés publics », au service de groupes, qui probablement sont des adhérents du MEDEF…Le titre pourrait être : « Ces patrons qui nous exploitent, pour le profit de qui nous enfreignons les lois, qui nous virent…». Je ne sais pas si certains ont des comptes au JAPON ou ailleurs, ce que je sais, c’est que la FRANCE est un pays où les magouilles, les cadeaux, la corruption ordinaire, dans les marchés d’état sont la règle…Si in fine, je me résous à prendre la plume en ce sens, je détiens à la disposition des bien-pensants, qui auraient au nom du respectable patronat l’intention de m’attaquer en diffamation, des preuves de cela …

 

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
 


 


 

                                                                                                  Jacky DEVAUX
 


 


 

PS: Cette correspondance vous est adressée en courrier distingo, ce qui en cas de besoin, permettra d’attester, que cette dernière vous a bien été distribuée…
 

Neel 01/02/2007 23:22

je n'etais pas au meeting, et les discours de Mme Parisot  ne sont pas mon livre de chevet. Je peux quand meme essayer de répondre mais ce ne sera pas précis. donc Olivier va protester. c'est normal, il est payé pour ca...mais je n'irai certainement pas répondre sur besoindair.fr, pas par stratégie de fuite, mais parce que c'est un faux débat et que meme olivier devrait le savoir. il n'empeche que puisque je suis lancé, je continue ma réponse ici meme- les impots : j'attends la preuve que les tous impots européens sont appuyés exactement sur la meme assiette. si tu me l'apportes, je vote sarkozy et je le fais savoir. meme si chirac n'est pas parisot et inversement, l'épisode de "l'impot sur les sociétés à 20%" va plutot dans le sens de l'article de sandra que dans le tien- l'OCDE et la LPE : j'en sais bigrement rien, mais le jour ou on comprendra que la ou la france a des lois les autres pays ont (parfois) des accords collectifs, par définition variables et impossibles à intégrer dans un indice synthétique comme celui sur la LPE construit par l'OCDE, la France aura fait un grand pas. en attendant, je suis d'avis que les grands discours de benchmarking, quoique utiles, sont a prendre avec des pioncettes. et qu'un chiffre sorti dans un discours ne proouve pas que tel modele est meilleur que tel autre. il s'agit la d'un vrai débat, et la section, à son echelle toute modeste qu'elle soit, essaie aussi d'y reflechirsur l'absence des pays scandinaves : j'avoue n'en savoir rien, et n'en avoir pas grand chose a faire dans l'immediat. heureusement pour nous, d'autres personnes se chargent d'en parler, que Mme parisot le fasse ou non...

Olivier 01/02/2007 18:00

A propos de la démonstration économique de Laurence Parisot, vous écrivez : "elle n’hésite pas à manipuler allégrement chiffres et graphiques : comparaison de taux d’imposition sur des bases différentes, déformation de l’étude de l’OCDE sur l’impact des législations protectrices de l’emploi, absence systématique des pays scandinaves dans les comparaisons internationales…" Comme je suis ouvert au dialogue, je serais très heureux d'être (enfin) éclairé. Vous pouvez exposer vos preuves - si du moins vous en avez - sur le blog besoindair.fr