Signer la pétition d'Alternatives Economiques!

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Une pétition signée par des économistes et des chefs d'entreprise demande aux candidats à l'élection présidentielle de cesser de faire croire qu'ils baisseront les impôts, et d'expliquer les vraies raisons de l'existence de l'impôt.
Appel : « Pourquoi nous consentons à l’impôt »

Nous, soussignés, assujettis à l’impôt sur le revenu, et pour certains d’entre nous, à l’impôt de solidarité sur la fortune, considérons ces prélèvements comme légitimes et sommes fiers d’apporter ainsi notre contribution aux dépenses publiques nécessaires au progrès, à la cohésion sociale et à la sécurité de la nation. Nous considérons également qu’un impôt progressif sur les successions est le corollaire indispensable des libertés économiques offertes par l’économie de marché. Le marché est facteur de progrès parce qu’il permet à l’esprit d’entreprise de s’exprimer. Mais les inégalités qu’il engendre sont mortifères pour la démocratie si aucune limite n’est mise à la transmission héréditaire de la richesse. Celle-ci doit être acquise par le travail, par le talent, et non par le simple fait d’avoir hérité de ses parents. Une société où le pouvoir économique se transmet par héritage, est une société condamnée à une croissance lente, où les rentiers l’emportent sur les créateurs et où travail et mérite perdent toute valeur.
L’Etat doit bien sûr savoir se réformer. Augmenter les impôts n’est pas une fin en soi et la liberté de chacun passe par la libre disposition d’une large part du fruit de son travail. Mais voir des candidats à la magistrature suprême proposer des mesures démagogiques en matière fiscale et justifier la sécession sociale des plus riches nous consterne. Car nos revenus ne proviennent pas seulement de notre talent personnel. Ils ont été acquis par notre travail, mais celui-ci ne porterait pas ses fruits sans le stock d’infrastructures, d’innovations, de savoir-faire, de goût d’entreprendre, de lien social, qui nous a été transmis par les générations qui nous ont précédés. C’est cet héritage commun qu’il nous revient de préserver et de développer en priorité afin d’assurer la qualité actuelle et future de notre vie individuelle et collective. Ce qui passe par un niveau élevé de dépenses publiques. Ces dépenses ne sont pas seulement un coût, elles sont aussi un investissement, gage à la fois de justice et de dynamisme. C’est pourquoi nous consentons à l’impôt et récusons des baisses de la fiscalité dont la contrepartie serait l’insuffisance des moyens donnés à la protection sociale des plus pauvres, à l’éducation, à la recherche, à la santé, au logement ou encore à l’environnement.

Signez la pétition ICI

Commenter cet article

keith 12/02/2007 19:15

cher neel,je ne pense pas que nous ayons vraiment les mêmes arguments. En tout cas certainement pas les mêmes idées. Que vous soyez convaincus de la nécessité d\\\'assainir les finances publiques, je veux bien. Encore faudrait-il que des mesures en ce sens soient visibles dans le programme de Mme Royal. Je suis d\\\'accord avec toi pour dire que la croissance est nécessaire pour cet assainissement. La ou je ne suis plus du tout d\\\'accord avec toi, c\\\'est sur les moyens de parvenir a relancer la croissance. D\\\'après ce que j\\\'ai pu lire dans ton billet, tu sembles pencher en faveur d\\\'une relance keynesienne, ce qui me paraît être complètement hors de propos lorsque l\\\'on parle d\\\'assainir les finances publiques. Pour moi, le gros défaut du socialisme, c\\\'est son incapacité à penser l\\\'économie en dehors de l\\\'Etat. Je te ramène ici à ton dernier billet, lorsque tu évoques des "aides" aux entreprises. Aides financées par qui? L\\\'Etat bien sûr, donc le contribuable. Tu me diras qu\\\'effectivement,la réduction du nombre de fonctionnaires touche également à l\\\'Etat, mais reconnais que c\\\'est dans un sens completement different. Je veux moins d\\\'Etat la ou tu en veux plus. Et de toi a moi, c\\\'est pas demain la veille qu\\\'un gouvernement socialiste réduira le nombre de fonctionnaires. Alors c\\\'est facile d\\\'afficher un consensus sur l\\\'assainissement des finances de l\\\'Etat. Encore faut-il oser dire a son électorat les conséquences d\\\'un tel assainissement. Tu réclamais également une explication sur un passage de mon dernier billet. Je vais te la donner bien volontiers et sans t\\\'insulter parce que ce n\\\'est pas dans mes habitudes lorsque je parle politique. Nous avons beau être en désaccord, ça ne nécessite pas pour autant qu\\\'on en vienne à de telles extémités. Je pense simplement que le coût de la protection sociale en France est mal réparti, notamment à cause d\\\'une progressivité trop rapide de l\\\'împot sur le revenu. C\\\'est ce qui explique ma défiance pour les chantres des augmentations d\\\'împots. Cela dit, c\\\'est à mon tour de te demander une explication sur ce qui t\\\'as paru insultant la dedans. Il m\\\'avait pourtant semblé que tu étais un type ouvert avec qui on peut discuter  et non pas un des ces sectaires qui ne veulent rien entendre de ce qui diffère un peu de leurs opinions. Peut être me suis je trompé... Dans l\\\'attente d\\\'une réponse, je vous souhaite à toi et tes amis de la section une bonne soirée.cordialement,keith

Neel 09/02/2007 12:16

ah, keith, vraiment, je t'aime bien... nous avons les memes arguments, mais tu insistes sur une partie d'entre eux, et nous sur une autre...non il n'y a pas de mal à vouloir une baisse des impots. relis mes messages, stp, et le texte de la petition. si tu es honnete intellectuellement, tu pourrais meme la signer. parce que moi, quand j'entends sarkozy nous promettre une baisse des impots, une augmentation des dépenses, et une baisse du déficit de l'Etat, ca me fait hurler (de rire ou d'indignation selon les jours). Je ne suis pas convaincu par le raisonnement consistant à dire que la croissance repartira si fort que l'on pourra combiner les trois pointes de ce triangle magique, et ce n'est pas avec la BCE qu'on va s'amuser à avoir une politique de relance monétaire (non il ne s'agit pas d'une attaque contre la BCE!)j'entendais hier besancenot dire que les dépenses publiques sont stables vers 22% du PIB sur longue periode alors que les recettes ont baissé, elles, de 22 à 18%. Je ne sais pas quel credit apporter à cela, mais si c'est vrai, tu trouveras tout seul l'erreur...quant à la réforme de l'Etat, à la nécessité de sanifier les dépenses publiques, tu preches un convaincu. la section dans son ensemble me semble d'accord sur ce point (tu auras sous peu la joie de lire un article de Bastien, je crois, sur la facon dont l'esprit de le LOLF a été trahi par le gouvernemnt). peut etre la encore n,'avons nous pas les memes priorités? tu penses nombre de fonctionnaires, je te réponds aides aux grandes entreprises - voie aides mal pensées aux petites ;-)au passage, j'aime beaucoup ton "ils en ressentent pleinement le cout faramineux - contrairement à d'autres". explique moi... (si si vas-y fais toi plaisir et insulte moi, au moins on aura de quoi discuter...)

keith 09/02/2007 00:22

que l\\\'împot soit une incarnation de la solidarité nationale, je pense que tout le monde est d\\\'accord. Maintenant, une rapide évaluation des systèmes fiscaux et sociaux euopéens nous amène à faire un constat simple: nous avons l\\\'une des pressions fiscales les plus importantes d\\\'Europe, et les avantages sociaux que les Français en retirent ne sont pas meilleurs qu\\\'ailleurs. Cela signifie que l\\\'Etat préleve une part trop importante des împots pour son propre fonctionnement, et/ou depense d\\\'une manière inefficace.Alors certes, une baisse d\\\'împot dans la situation actuelle-finances publiques désastreuses- n\\\'est pas le bon remède. C\\\'est pourtant l\\\'objectif vers lequel nous devons tendre car la pression ficale en France asphyxie les PME. Une augmentation de la pression fiscale- que suggèrent bon nombre de pontes socialistes comme M Hollande- pour résoudre les problèmes sociaux serait proprement catastrophique pour la bonne et simple raison qu\\\'elle aggraverait le mécontentement de la France qui travaille et qui voit la majeure partie de ses revenus prélevée par un Etat- tonneau des Danaïdes incapable de résoudre les problèmes. Il est possible de faire mieux avec moins d\\\'argent mais pour cela il est nécessaire de réformer l\\\'Etat. Cessez de stigmatiser les Français qui demandent des baisses d\\\'împots, car ils ne sont pas moins désireux que vous de participer à la solidarité nationale. Ils en ressentent tout simplement le coût faramineux-contrairement à d\\\'autres-  et appelent de leurs voeux des changements dans la gestion des finances publiques. Quel mal y-a-t\\\'il à cela?

totoseb 07/02/2007 17:52

Moi je pleure quand arrive le tiers provisionnel, surtout quand j'ai triché l'année dernière. Mais bon, il faut bien faire marcher la machine. Le problème ensuite c'est la gestion de la ressource ; C'est comme la pluie avant qu'elle n'arrive dans la nappe phréatique, il y a de la deperdition, évaporation, absorbtion... Que faire pour la mieux gérer ? Supprimer des intermédiares ? Faire une police efficace contre la corruption ?

Neel 07/02/2007 17:08

Satch, rigole, rigole...Je n'ai jamais dit que je revais de voir mon salaire partir en impots. je n'ai jamais dit que je me moquais de savoir si l'argent de mes (futurs? pas uniquement) impots est bien ou mal utilisé. Je n'ai jamais dit que les impots doivent necessairement augmenter pour que tout aille mieux. Mais je persiste et je signe : l'impot est une des incarnations de la solidarité nationale, et une des conditions de survie de l'Etat.d'ailleurs : je me permets de rappeler que la section a procédé à une comparaison des projets fiscaux des candidatshttp://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/33/35/02/projet-contre-projet/gestion-publique-et-finances-publiques.pdf