En fin de règne, Chirac place ses courtisans

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Douze ans de règne, et bientôt la fin. Trois mois avant de quitter l'Elysée, le Président Chirac place tous ses amis à des postes importants, pour assurer à la "chiraquie" encore quelques années d'existence. Après les nominations du CSA, avant la nomination de son poulain François Baroin au ministère de l'intérieur, Jacques Chirac a désigné le "fidèle parmi les fidèles", Jean-Louis Debré, à la présidence du Conseil Constitutionnel.

 

 

 

Cet homme qui n'est pas connu pour être un spécialiste de droit, et qui doit essuyer les critiques de son futur-prédécesseur, Pierre Mazeaud, lui aussi très chiraquien (ça par exemple!!!), accède donc à la plus haute fonction pour le juge constitutionnel. Mais cet article n'a pas vocation à mettre en doute ses capacités. Il note simplement à quel point un homme très partisan et qui s'assume comme tel, est nommé à la tête d'une fonction qui nécessite une neutralité. Debré reproche par exemple à Sarkozy, qu'il déteste, une "logique d'affrontement" susceptible de conduire à "une crise de régime". Soyons en rassuré, Jean-Louis Debré sera là pour protéger la constitution rédigé par son papa. Et de toute façon, c'est Ségolène Royal qui sera élue.

 

 

 

Au-delà de ces nominations dont le principal critère est plus l'amitié avec le président que la compétence, la question des nominations de l'Elysée se pose. Et les socialistes ne doivent pas se voiler la face: Le même phénomène se produisait déjà du temps du fin de règne de Mitterrand.

 

 

 

Il n'empêche que les institutions qui se doivent d'être neutres ne le sont plus. L'exemple du conseil constitutionnel est un bon exemple. A partir de mai, le conseil constitutionnel sera composé de neuf membres nommés. Huit seront de droite, pour un seul de gauche. A cela, il faudra ajouter les deux anciens présidents de la République, membres de droit. VGE et Chirac (ils se retrouvent!), tout deux de droite. Il y aura donc onze membres dont dix de droite.

 

 

 

Ne serait-il pas temps de songer à un nouveau système, par exemple avec des nominations partagées entre majorité, opposition, et juristes universitaires? En tous les cas, il faut mettre fin à la "République des copains" du Président, car cela ne renforce que les extrêmes qui ont l'occasion de taper sur la classe politique, et de la définir comme "corrompue".

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Vulcain 25/02/2007 14:03

un des problèmes posés par la nomination de JL Debré à la Présidence du CC c'est l'avis défavorable de son prédécesseur Pierre Mazeaud (il a été son mentor au début de sa carrière) qui a rappelé à Chirac que c'est un gland.

Thomas 25/02/2007 11:09

Je suis d'accord avec Néel sur les derniers points. On peut contester beaucoup de choses dans ce système de nomination, mais ne jetons pas l'opprobre ou la suspicion sur un conseil qui n'a pas encore eu à faire ses preuves.Je ne suis pas sur que cette "hostilité" à tout-va que tu redoutes Étienne soit si manifeste que cela. Les membres du CC ne sont pas des inconscients et savent très bien qu'ils sont eux aussi à la merci d'une réforme constitutionnelle.

Néel 25/02/2007 01:11

je n'ai jamais dit qu'il etait neutre. j'ai dit qu'il ne peut pas faire n'importe quoi, et qu'il y a d'autres urgences. et je ne monterai pas non plus au créneau pour défendre le Conseil constitutionnel a tous prix, il ne faut pas exagérer.

Etienne 25/02/2007 00:01

En même temps quand un conseil constitutionnel de droite censure des nationalisations, quand un CC de gauche censure des privatisations, et quand un CC gaulliste se déclare incompétent pour répondre à la saisine de 1962, je suis moins idéaliste que toi sur la neutralité du conseil.
 

Néel 24/02/2007 22:21

ouais, alors la quand meme je ne suis pas tout a fait d'accord. OK, ca peut poser probleme ces nomminations plus ou moins politiques (surtout plus...) et le fait que le CC est plus le reflet des équilibres passés que présents. mais quoi? J'ose croire que, à ce genre de postes, la fonction fait l'homme. que, donc, on n'a pas à se préoccuper de l'équilibre gauche/droite, meme si cet equilibre est a priori préoccupant. Bien entendu, certaines décisions du CC sont prises pour des raisons d'opportunité politique. Mais elles n'en doivent pas moins etre justifiées en droit. Un CC qui dirait des aberrations totales aurait l'air ridicule, et il ne faut pas oublier que les sorties du CC sont nombreuses - or que voulez vous faire si vous avez passé votre temps à faire le leche-bottes du président ou du gouvernement?presence des anciens présidents : ca ridiculise la fonction plus que ca ne l'anoblit, a mon sens, et meme si je pense que le CC est une institution respectable.Il est bon que le CC garantisse aussi une certaine stabilité (certains parleraient d'immobilisme, mais ce n'est pas le Sénat, que diable!). Ce qui d'ailleurs me conduit a souligner que les décisions du conseil ne sont pas non plus si nombreuses que ca, et que les révolutions constitutionnelles ne sont pas appelées a se multiplier.au passage, Guy Canivet, je l'ai eu comme prof. on peut aimer ou non, mais ce type est fort dans son domaine... tous au conseil ne le sont peut etre pas autant. mais que certains aient une expérience "pratique" des institutions est egalement indispensable.Il est donc possible de critiquer - mais pas non plus de crier haro! Il y a d'autres urgences.ce qui pose en fait plus probleme, peut etre, c'est le statut de la constitution. Le texte est bon malgré ses manques, et les modifications qui y sont apportées ces derniers temps ne l'anoblissent pas, malgré leur dimension "démonstrative". La pratique non plus. Des modifications seraient sans doute bienvenues en ce domaine, mais peut etre pas la "révolution" de la VIe République (qui sera peut etre pourtant nécessaire si les modifications de la constit' continuent à ne pas etre faites aux endroits opportuns).