DSK dans Le Monde "Ségolène Royal représente la gauche moderne"

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

EDIT: DSK répond à deux membres du PS Sciences Po
Bastien et moi (Etienne) avons adressé une lettre au candidat que nous avions soutenu pendant les primaires pour connaitre clairement sa position dans la campagne. Il a été très clair:
 
- Jamais il ne sera Premier Ministre de Bayrou, DSK est un homme de conviction, et de gauche.
 
- Il ne pense pas que Bayrou gagnera même s'il reconnait qu'il est le mieux placé pou l'instant
 
- Il pense que jusqu'à présent, la montée de Bayrou a assez mal été gêrée dans la mesure où les gens attendent d'autres arguments que "il est de droite". Mais il n'a aucun doute qu'en s'attaquant au programme de Bayrou (qui ne va pas très loin), les Français verront clairement qui propose quelque chose de nouveau.
 
- Il va s'impliquer complètement dans la campagne, pour défendre celle qui représente avec lui la gauche moderne, Ségolène Royal.
 
 
L'interview dans le monde d'aujoud'hui, et son passage au journal télévisé de France 2 ce soir confirme ce que nous vous annonçons!
 
 
Edit 2: Regardez la vidéo de DSK au JT de France 2

DSK FRANCE 2
envoyé par skidoo
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DSK s'exprime dans le quotidien Le Monde. À vos commentaires!

orsque François Bayrou a fait de vous un premier ministre potentiel de sa majorité, vous avez laissé dire… Pourquoi ?

Cette question ne se posera pas. Je suis un homme de gauche et l'union nationale, telle que la propose François Bayrou, ferait avant tout l'affaire des extrêmes. La France a besoin d'une majorité de gauche. Pour autant, je trouve que l'on est à la fois trop indulgent par rapport au flou du projet de François Bayrou et parfois trop excessif par rapport à sa démarche.

C'est certes un homme de droite, mais il a donné des signes de rupture par rapport à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Est-ce que ces signes de rupture en font une solution pour la France ? Je ne le crois pas : en mettant sur le même plan le PS et l'UMP, il est injuste sur le passé et inopérant pour l'avenir. Est-ce que cela en fait le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy ? Je ne le crois pas davantage. Il ne peut ni ne veut rassembler l'ensemble de la gauche, or c'est nécessaire pour battre Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal, parce qu'elle n'est pas centriste mais occupe une position centrale, est la mieux placée pour rassembler. François Bayrou devra finir par se déterminer. S'il va jusqu'au bout de sa logique – et je l'y encourage ! –, il se prononcera contre l'alliance avec Nicolas Sarkozy au second tour. Cela fera une belle majorité pour battre Sarkozy et pour changer la France.

Vous suggérez au candidat centriste de rallier Mme Royal ?

Ségolène Royal l'a dit : tous ceux qui rejoindront le "pacte présidentiel" auront vocation à rejoindre le gouvernement et la majorité présidentielle.

Le candidat centriste est donc compatible avec la gauche ?

La ligne de François Bayrou n'est pas une solution, c'est une illusion. Sa progression dans les sondages est la manifestation la plus repérable de l'exaspération des Français devant l'absence de vrais débats sur leurs vrais problèmes. Je les comprends. Remettons les solutions – notamment économiques et sociales – au cœur de la campagne présidentielle : nous verrons si François Bayrou partage les nôtres et, j'en suis sûr, nous l'emporterons.

Vous faites une ouverture à l'électorat centriste ?

Il n'y a pas d'ouverture à faire. Il y a à montrer que la gauche que Ségolène Royal veut incarner, et moi aussi, offre un nouveau visage. J'ai plaidé pour une gauche social-démocrate. Je pense toujours que la solution est là.

La progression de M. Bayrou dans les sondages signifie-t-elle que le clivage droite-gauche a du mal à s'installer ?

La succession des alternances et les difficultés de la société française ont érodé les différences manichéennes qui existaient jusqu'en 1981. C'est plutôt une bonne chose. Pour autant, je continue de penser que les différences entre la droite et la gauche structurent notre pays. Qui ne voit aujourd'hui qu'il y a deux manières de faire évoluer la société française dans la mondialisation. La gauche moderne que représente Ségolène Royal, et que je défends, vise à concilier une nouvelle vision de la création de richesse et de la réduction des inégalités.

Cette campagne est beaucoup trop remplie d'anecdotes. Les Français sont dessaisis des débats. Nicolas Sarkozy organise le brouillage, en citant Jaurès et Blum, et se fait le champion du travail, "travailler plus pour gagner plus". Or, il a été rappelé mille fois que ce ne sont pas les salariés qui décident des heures supplémentaires, et que ça n'apporte aucune solution aux salariés en temps partiel subi. C'est une approche très différente, sur le pouvoir d'achat, de celle que propose la gauche avec l'ouverture d'une grande négociation avec les partenaires sociaux qui traite de la hausse du smic et de la revalorisation des petites retraites mais aussi de toute la revalorisation des carrières professionnelles…

Sur la question fiscale, Nicolas Sarkozy dit qu'il faut baisser de 4 % les prélèvements obligatoires alors que chacun sait très bien que le problème central du pays, c'est celui de la dette, sur laquelle Ségolène Royal a mis l'accent, et que cela impose de stabiliser les prélèvements obligatoires. Dire, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on veut faire passer le bouclier fiscal à 50 % revient en fait à supprimer l'ISF. Dans ces conditions, qu'il le dise clairement ! Que le débat commence enfin sur les objectifs, les priorités, les solutions, les modalités… sous le regard des Français.

Quelle relance faut-il pour l'Europe ?

Il faut absolument que l'ensemble de la mécanique reparte. Le cadre principal doit être celui de l'entente étroite entre Français et Allemands. Il faut reprendre l'inspiration du traité de l'Elysée de 1963 et, avec un nouveau pacte, aller loin dans l'intégration franco-allemande, en dégageant une vision commune sur les frontières, l'économie et le social, le militaire et le diplomatique et l'environnement et l'énergie.

Avec la présidence allemande en 2007, la présidence française en 2008 et les élections européennes en 2009, la fenêtre est étroite, mais elle existe. Pour le reste, il faut écarter le "mini-traité" version Sarkozy parce qu'il manque d'ambition et heurte les dix-huit pays qui ont dit oui à la Constitution européenne. Nous n'avons pas besoin d'un traité "moins". Nous avons besoin d'un traité "plus", qui réponde aux attentes sur le social, l'environnement, la gouvernance économique, de ceux qui sont inquiets d'une Europe trop libérale.

Ce nouveau traité doit-il être soumis à un référendum ?

S'il n'est qu'un règlement intérieur de fonctionnement de l'Union, sous la pression des eurosceptiques, des Britanniques, des Polonais, des Tchèques auxquels Nicolas Sarkozy prête la main avec son mini-traité, il peut passer par la voie parlementaire. Si c'est le traité "plus", le parallélisme des formes impose un référendum mais, dans ce cas, il sera, j'en suis sûr, adopté.

La présence de l'Etat dans le capital d'EADS est-elle nécessaire ?

Oui. La spécificité d'EADS, c'est qu'il s'agit de la première entreprise créée de façon binationale – avec des actifs français et allemands – et avec une organisation bicéphale. La participation de l'Etat français a été un élément de discussion au départ, mais ce n'est plus une difficulté aujourd'hui. En revanche, l'organisation bicéphale, qui était indispensable pour créer EADS, n'était pas destinée à durer : il aurait fallu la faire évoluer. Je me souviens que dès 2002, j'avais rencontré le président de Daimler pour voir avec lui les modalités possibles d'évolution. Le décès de Jean-Luc Lagardère – qui appuyait cette démarche – a interrompu le processus. Il aurait fallu depuis bouger sur cette question. En cinq ans, le gouvernement n'a rien fait.

Cette gouvernance bicéphale, il faut y mettre fin ?

Oui. Bien des solutions peuvent être imaginées, comme une présidence à tour de rôle. Mais, pour pouvoir être adoptées, il faut recréer de la confiance.

Mais vous êtes d'accord avec la demande de Ségolène Royal d'une recapitalisation par les Etats et d'une participation des régions ?

Pourquoi pas ! Même si nous ne sommes pas dans le cas d'Alstom, et si la recapitalisation n'est pas le problème principal d'Airbus, elle peut être utile. Airbus connaît d'abord des difficultés d'organisation. Il y aurait beaucoup à gagner à discuter avec les organisations syndicales, sans oublier les sous-traitants, pour remettre à plat le plan Power 8. C'est un grand gâchis d'avoir construit ce plan sans les avoir suffisamment consultées.

Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud

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David CABAS 01/11/2009 01:30


Alors que la population d'Ukraine doit faire face à une grave crise sanitaire du à la grippe A H1N1 et à de graves maladies pulmonaires qui frappent quelques 40 000 Ukrainiens (30 morts et 1000
hospitalisations).

Vendredi 30 octobre 2009, Dominique Strauss-Kahn (DSK), actuel directeur général du Fond Monétaire Internationale (F.M.I.), se dit "inquiète" (non pas des maladies qui ravagent le pays) après la
promulgation par le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, d'une loi augmentant le salaire minimum de 11 % au 1er novembre. DSK prétend que "la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient
[la] stabilité" du pays.

DSK Vous avez dit " Socialiste préféré des Français pour 2012 ?"

Il est temps que toutes les révoltes particulières donnent naissance à un projet commun révolutionnaire!

David C.
david.cabas.over-blog.fr


Néel 12/03/2007 20:16

Sharky, DSK ne prononce tout simplement pas la meme chose. un "gouvernement élargi" c'est dans la bouche de Bayrou un gouvernement de "centre", si tant est que ce concept ait du sens. De centre, donc, mais élargi, c'deest-a dire qui va chercher des gens au PS et a l'UMP (et dans d'autres partis ou dans la société civile peut etre). La gauche le dit : elle ne travaillera pas avec l'UMP, sauf a y etre contrainte (c'est CA l'exemple allemand, n'en deplaise a Bayrou - personne ne voulait de cette coalition). Il n'est pas cohérent d'avoir un ministre qui dit blanc quand lautre dit noir, et le president ne pourrait pas dire gris a chaque fois. Un gouvernement PS-UDF (et autres eventuellement) c'est tout autre chose : il est envisageable pour le SP de travailler avec l'UDF, malgré le positionnement de Bayrou et les positions intellectuelle de certains de ses lieutenants. Mais l'UDF a déja pris l'habitude de s'allier avec l'UMP. alors? Rappelons le ; le vrai debat, derriere les presidentielles, c'est celui des legislatives... demandez vous, dans votre circonsription, comment cela se passera/passerait...

Sharky 11/03/2007 12:13

DSK dénonce avec véhémence la proposition de Bayrou de former un gouvernement élargi qu'il juge illusoire et inopérant; et propose aux Centristes d'intégrer un gouvernement PS (avec portefeuilles à la clef) avec pour seul programme de former un front Anti-Sarko.
Il y a quelque chose que je ne comprends pas bien dans la logique DSK? Ta proposition est nulle mais je te propose la même chose!

Idyllique 10/03/2007 21:27

Dommage ... avec la Ségolène blairiste de l'an passé on aurait pu avoir un programme d'une autre allure ! Là c'est social avant toute, démagogie, angélisme et hypocrisie de la gauche caviar comme d'hab quoi !question : pour qui vais-je voter... sarkozy depuis qu'il a changé... :-)

Idyllique 10/03/2007 21:20

@ Olivier, ce que prône Bayrou l'a déjà essayé... vous n'étiez pas née dans les Années 80 et 90 ?Résultat nous avons 25 ans de retard... dernier de la classe Européen, un pib en chute libre !!! L'immobilisme et le consensus mou non ça suffit !Que propose la gauche via SR ? du mitterrand avec une sauce jospinisme !!! Du coup l'électorat de gauche qui s'est droitisé désespéré par une France déjà en déclin (chirac/Le Pen en 2001 !!!) qui ne peut supporter de voir Sarko président votera pour Bayrou !!