« L’Europe par la preuve » n’est pas un concept de marketing politique mais une nécessité !

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

 

 

 

Lorsque Ségolène Royal a invoqué la nécessité d’une Europe « par la preuve », certains ont cru bon de railler l’apparition d’un nouveau concept de marketing politique.

 

L’Europe par la preuve est l’idée que la construction européenne doit trouver avant tout sa traduction concrète dans la mise en œuvre de projets concrets, tangibles, et perceptibles par les citoyens : l’Europe de la recherche, « l’Europe des énergies renouvelables » ou encore l’élaboration d’une élaboration d’une directive sur les services économiques d’intérêt général (SIEG) par exemple.

 

En affirmant la nécessité des ces avancées tangibles, Ségolène Royal met ici le doigt sur une des limites de la promotion du projet européen auprès de l’opinion. En effet, si les partisans du traité de Maastricht n’ont eu aucune difficulté à défendre le traité en 1992 en évoquant la perspective de la mise en place d’un monnaie commune, ceux du Traité constitutionnel ont buté sur un obstacle majeur : il est difficile de mettre en valeur auprès de l’opinion de simples changements institutionnels – fussent-ils nécessaires compte tenu de l’élargissement et importants – s’ils ne s’accompagnent pas de changements tangibles dans la vie quotidienne des citoyens.

 

Cette Europe des projets doit donc non seulement être une opportunité pour renforcer l’adhésion de l’opinion publique à la construction européenne mais aussi doit permettre de sortir l’Europe de son piétinement actuel.

 

Alors que les esprits les plus optimistes avaient voulu voir dans l’avènement de l’euro en 1999 le point de basculement d’une Europe à dominante économique vers une Europe politique, il faut bien convenir que ce fut davantage l’aboutissement et le couronnement d’un cycle avec le parachèvement du Marché unique. L’Europe politique reste donc à construire. Au-delà des changements institutionnels qu’elle suppose, elle passe par une Europe des projets qui doit la réconcilier avec une opinion qui continue de placer en elle de nombreuses attentes.

 

Loin de constituer un concept miracle, « l’Europe par la preuve », en reposant sur une approche pragmatique, permettra, nous l’espérons, de sortir l’Europe de l’impasse.

 

Bastien Taloc

Publié dans Europe

Commenter cet article

Val 25/03/2007 22:13

Oui c'est comme cela qu'est née l'Europe de Schuman et Monnet. D'ailleurs, je me souviens d'un commentaire intéressant d'un journaliste étranger après le NON français de 2005. Il disait qu'en fait les pays les plus riches de l'UE ont l'impression de subventionner une Europe qui ne leur apporte rien, c'était la raison du NON néerlandais, c'est la raison de l'euroscpeticisme britannique, et de la crise catuelle. Pourtant, en Irlande, au Portugal, en Espagne, les gens ont des exemples concrets de ce que l'Europe a fait pour eux, parce que sur les routes, les panneaux disent que l'Europe a financé le réaménagement des voies, parce que dans les écoles, le drapeau européen rappelle que c'est grâce aux fonds de cohésion que l'école a été construite ou rénovée, etc. Il faut dans notre pays montrer que l'Europe, tellement décriée par les politiques et les médias, apporte quelque chose. C'est pourquoi cette idée de "l'Europe par la preuve", si elle ne doit pas constituer notre seul horizon européen, est une bonne proposition, qui va dans le sens d'une réconciliation des citoyens avec leur Europe. Ségolène est pour moi la seule à avoir rassemblé le OUI et le NON, quand d'autres tentent de passer en force avec un mini-traité que les autres Etats n'accepteront de toute façon pas...

Etienne 25/03/2007 15:09

Tout à fait d'accord. L'Europe doit mener de vrais projets concrets, comme la recherche, l'harmonisation sociale, l'harmonisation fiscale, l'Europe de la défense, et cela ne se fera pas d'un coup.
Il faut revenir à ce qui a fait le succès de l'UE "l'Europe par petits pas", afin d'envisager l'Europe,comme notre avenir et non comme notre passé.