La crédibilité du programme de Ségolène Royal saluée par 27 économistes de renom

Publié le par Jonathan Gindt pour Section socialiste de Sciences-Po

L'appel de 27 économistes en faveur de Ségolène Royal
 

 

 

Ils estiment que la candidate socialiste est la mieux placée pour "remettre sereinement la France sur le chemin d'une nouvelle croissance, durable et partagée". 

 

Nous sommes des économistes aux parcours divers et aux opinions variées travaillant dans des universités et des centres de recherche français ou étrangers. Nous sommes convaincus que pour redresser l'économie française et répondre aux défis du plein-emploi et de la préservation de l'environnement, plusieurs réformes fondamentales sont nécessaires.

 

Les politiques publiques doivent soutenir l'innovation, l'investissement, non la rente. Ces politiques doivent prendre pleinement en compte les objectifs du développement durable. Il faut attaquer l'échec scolaire à la racine, réformer les universités et offrir une formation professionnelle tout au long de la vie, car le capital humain est le déterminant fondamental de notre croissance. Pour réduire le déficit et redonner des marges de manoeuvre à la puissance publique, l'Etat doit devenir plus efficace, fixer des missions aux services publics et les évaluer. Les entreprises françaises doivent gagner en souplesse pour être compétitives, mais cette souplesse ne peut s'obtenir au prix de la précarité des individus. La négociation sociale doit jouer pleinement son rôle pour favoriser l'emploi et la progression du pouvoir d'achat des salaires. La fiscalité doit être simple, peser moins lourdement sur le travail et conduire à économiser les ressources naturelles. Les freins à l'activité économique des femmes doivent être levés.

 

Nous ne partageons pas nécessairement toutes les idées du pacte présidentiel de Ségolène Royal, mais nous soutenons sa candidature à la présidence de la République parce que son approche est la seule qui prenne en compte ces différents aspects.

 

Ségolène Royal veut investir massivement dans la recherche et l'éducation. Elle propose de limiter le nombre d'élèves par classe et d'augmenter les moyens des établissements dans les ZEP. Elle propose d'accroître l'autonomie et les moyens des universités, en contrepartie d'une exigence accrue pour le placement des étudiants et la qualité des recherches. Elle souhaite réformer l'Etat en mobilisant les fonctionnaires, et non en leur jetant l'opprobre. Elle veut mettre la négociation entre partenaires sociaux au coeur du système économique et diminuer d'autant les interventions législatives. Elle propose de créer un service public de l'emploi, qui sache accompagner, former et, quand il le faut, sanctionner les abus. Ces réformes permettront de concilier la souplesse des entreprises et la sécurité aux individus. Elle s'est engagée de longue date en faveur du développement durable, et ses convictions lui donnent dans ce domaine une crédibilité unique parmi les principaux candidats. Elle propose la création d'un service public de la garde d'enfants pour améliorer la situation des femmes sur le marché du travail. Elle choisit de stabiliser les prélèvements obligatoires et de réduire progressivement la dette publique pour financer ces réformes structurelles, au lieu de promettre des baisses immédiates.

 

Nous, signataires de cet appel, sommes convaincus que Ségolène Royal est la mieux placée pour remettre sereinement la France sur le chemin d'une nouvelle croissance, durable et partagée.

 

Les signataires de cet appel sont : PHILIPPE AGHION, professeur à Harvard ; JEAN-PIERRE ALLEGRET, professeur à l'université Lyon-II ; PHILIPPE ASKENAZY, chercheur au CNRS ; FRANÇOIS BÉLORGEY, chercheur à l'Ires ; ANDRÉ CARTAPANIS, professeur, doyen honoraire, Aix-Marseille ; GILBERT CETTE, professeur à l'université de la Méditerranée ; DANIEL COHEN, professeur à l'Ecole normale supérieure ; CHRISTINE ERHEL, maître de conférence à Paris-I ; MARC FLEURBAEY, directeur de recherche au CNRS ; JACQUES FREYSSINET, professeur émérite, Paris ; ANDRÉ GAURON, ancien conseiller de Pierre Bérégovoy ; BERNARD GAZIER, professeur à l'université Paris-I ; JEAN-FRANÇOIS GOUX, professeur, doyen honoraire, Lyon-II ; NATHALIE GREENAN, chercheuse au CNRS ; JÉRÔME LALLEMENT, professeur à l'université Paris-V ; PHILIPPE LANGEVIN, maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille ; CHRISTOPHE LAVIALLE, maître de conférences, Orléans ; EL MOUHOUB MOUHOUD, professeur à l'université Paris-Dauphine ; ROBERT LION, ancien président de la Caisse des Dépôts et Consignations ; PIERRE-ALAIN MUET, ancien président de l'Association française de science économique ; THOMAS PIKETTY, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales ; THOMAS PHILIPPON, professeur à New York University ; MICHEL RAINELLI, professeur, Nice Sophia-Antipolis ; PIERRE RALLE, professeur associé, Paris-Dauphine ; ALAIN SAND, professeur, ENS Lyon ; PATRICK VILLIEU, professeur à l'université d'Orléans ; HÉLÈNE ZAJDELA, professeur à l'université Paris-Nord.

 

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Olivier 27/04/2007 19:41

>Alors là bravo, clap clap clap, je reste sans voix, après les 7 >mercenaires et les 12 salopards, voilà les 27 économistes de >renom avant les 412 Prophètes du Chabichou sans doute.
>1/ Quid de renom quand on parle, et c'est mon préféré, de >"PROFESSEUR EMERITE" (c'est vraiment qu'on a pas trouvé >mieux, valait mieux les laisser à 26). Moi je vous donne juste 5 >avis d'économistes de moindre renom qui n'ont que le prix Nobel.

>www.changeons-champs.over-blog.com/article-5999927.html

>2/ Quand j'ai fait Sciences Eco à Nanterre avec DSK (ouais le >DSK, le seul qui sait compter sans ses doigts au PS! y nous >saoulait déjà avec Keynes), ça remonte à quelques années, il >aurait foutu un 0.5 pour votre devoir. Il mettait pas de 0 DSK mais >des 0.25 et des 0.5, c'était son côté socialiste, par contre la >moyenne de l'amphi était de 5!
1/Elle est pas mal, ton adresse web des prix nobel, mais tu remarqueras qu'ils se mouillent pas trop, ils disent :
- qu'il faut de la flexibilité à la France
- que les européens et les français ont un problème avec le travail
Ils ne prenent parti pour aucun candidat et pourtant ils pourraient le faire comme les 27 de ce site que tu sembles dénigrés.
Ségolène Royale propose de revaloriser la valeur travail et de réconcilier les français avec l'entreprise, elle propose aussi plus de flexibilité pour les entreprises, elle dit qu'il faut que des accords soient fait entre salariés et employeurs pour déterminer dans quelles branches les 35 heures sont utiles et les appliquer et dans quelles branches elles sont génantes et les supprimer.
La seule vraie différence avec Nicolas Sarkozy, c'est qu'elle veut que les acteurs économiques discutent sur un pied d'égalité et qu'ils aient confiance les uns dans les autres; alors que Sarkozy veut imposer les 39 heures à tout le monde en faisant du travail aidé par l'Etat, du travail d'assistés tellement intéressant qu'on ne pourrait qu'approuver.
Outre cette volonté très étrange d'imposer les choses au lieu de laisser négocier, cette proposition ne tient pas debout puisque ceux qui en bénéficient, c'est tous les salariés et toutes les entreprises (on imagine mal quelqu'un refuser une aide de l'Etat) et ceux qui financent, ..., c'est exactement les mêmes, entreprises et salariés avec leus impots; ca revient à prendre dans ta poche droite, mettre dans ta poche gauche et crier que tu es devenu plus riche.
2/ L'étude Rexecode elle est jolie, mais elle est assez orientée, je m'explique :
concernant les programmes de Bayrou ou de Royal, l'étude parle du coût des mesures et de leur impact sur la compétitivité des entreprises, mais ceci reste complètement à charge.
Elle ne parle pas du tout de l'augmentation de la consommation qu'entrainerait la hausse des salaires et des retraites et donc de la hausse de production des entreprises (on peut imaginer des bénéfices également) qui va avec et de la hausse des recettes induites par la TVA (qui représente près de 50% du budget national aujourd'hui) de cette nouvelle consommation.
Pour la mesure phare de Bayrou, elle ne parle pas de l'effet positif sur les comptes de l'assurance chomage et de la hausse de la consommation et des même effets induits que j'ai expliqué plus haut.
Pour Nicolas Sarkozy, elle ne prend pas en compte la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires qui coûte la bagatelle de près de 70 milliards (soit d'avantage que toutes les recettes cumulées de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur les successions et de l'impôt de solidarité sur la fortune) en plus de son programme de 50 milliards .
PS: Quand au problème de la rente, c'est tout simplement que si tu veux revaloriser le travail, la première chose à faire, c'est de supprimer les mécanismes qui font que ceux qui en glandent pas une gagnent plus que tout ceux qui se donnent à fond dans leur travail.

Olivier 27/04/2007 08:26

Il me semble qu'il y a comme un hic dans la fameuse et impartiale étude Rexecode : d'après Le Monde, le programme de M.Sarkozy est chiffré aux alentours de 50 milliards d'euros et son cadeau de 4 points de prélèvements obligatoires coûte la bagatelle de près de 70 milliards supplémentaires soit d'avantage que toutes les recettes cumulées de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur les successions et de l'impôt de solidarité sur la fortune.
Le Monde écrit que des proches auraient demandé à M.Sarkozy de "rabotter" certaines mesures pour refaire tomber le chiffrage à 30 milliards (voir http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-868237,0.html),, mais d'après ce qu'à dit M.Sarkozy ces derniers jours, il compte réaliser TOUS les engagements pris.
Alors, mensonges ou bancroute nationale?

Sharky 07/04/2007 19:30

Vous êtes indécrottables les garçons, on n'a pas de chiffre c'est pas bon, on vous en donne ils sont faux (@ Adrien Rexecode détaille de façon transarente toute sa méthodologie) et inféodés au patronat!
De votre coté vous n'amenez que votre conviction chargée de pathos, pas facile d'avancer.
 

Adrien 07/04/2007 11:13

A Sharky : je suis désolé, mais faire du copier-coller de 3 tableaux, ce n'est pas une argumentation. Quelques remarques :- c'est assez intéressant de voir que dans le tableau qui concerne Sarkozy, on ne précise pas quelles sont les mesures qui permettent d'augmenter le PIB et la création d'emploi. Le Saint Esprit probablement. - pour ce qui concerne Ségolène Royal, le tableau ressemble autant à de l'analyse économique que moi je ressemble au pape. On chiffre l'impact de la suppression du CNE, mais pas la création des emplois tremplins. Et la suppression du CNE ça a pas des effets à long terme ? C'est un tableau qui n'a aucun sens. Où est le chiffrage concernant la création des fonds publics régionaux de participation capital-risque ? où est le chiffrage concernant le développement des nouveaux secteurs d'activité (économies d'énergie, énergies renouvelables) ? où est le chiffrage de l'impact de la sécurisation des parcours professionnels ?Bref ca n'a pas beaucoup d'intérêt. Nous avons sur ce blog publié un article sur la croissance, qui me paraît plus argumenté, même s'il n'a pas la prétention de proposer des chiffres exacts à la virgule près (parce que personne n'en est capable !)

Néel 06/04/2007 17:26

 sharky : loin de moi l'idée de me prétendre, mais aussi de me croire plus intelligent qu'un prix nobel ou une bande de scientifiques dans un institut. Et heureusement.
En revanche, je n'ai pas la meme vision du monde qu'eux. Je crois en d'autres postulats ou hypotheses, QUE LA "SCIENCE" ECONOMIQUE N'EST CAPABLE NI DE VALIDER NI D'INVALLIDER ACTUELLEMENT. les marchés parfaits, c'est une blague. les risques de revolution sociale, ca existe (non, je ne suis pas marxiste pour autant). l'économie ne justifie pas toutes les atteintes à la santé et à la sécurité au travail. d'ailleurs les premiers cours d'eco commencent toujours par un laius sur le fait que l'eco n'a pas a imposer les choix aux politiques mais a les eclairer et a les aider a etre plus efficaces (DSK a du te le dire, mais Samuelson aussi). etc
rexecode est un istitut de recherche proche du patronnat. ce n'est pas en soi une tare, mais ils affirment clairement "vouloir servir les interets des acteurs économiques" (ils ont du oublier que les ouvriers, les employés et aussi les cadres sont des acteurs economiques).
tu sais pertinemment que je n'ai ni le temps ni les capacités pour démonter a moi tout sseul les analyses de rexecode, que toi tu n'aurais eu ni le temps ni les capacités de développer. c'est pour cela que je fais confiance aux économistes qui ont signé l'appel, entre autres. parce que je suis d'accord avec les hypotheses qu'ils posent, et avec les raisonnements qu'ils tiennent.
enfin, sur ce qui est de rabaisser et huilier, je pense que tu ne t'en es pas privé toi meme ("bla bla démago" c'est peu laudatif, prenez en conscience, mon cher...)