Bourdes ?

Publié le par Elsa

Le mercredi 18 avril, le chef d'Etat égyptien Hosni Mubarak s'est rendu en visite officielle à Paris. Après s'être entretenu avec le président Chirac, il a rencontré Nicolas Sarkozy. Selon le DailyStar libanais, Sarkozy a félicité Mubarak, en le décrivant comme un "homme de grande expérience et d'une très grande sagesse" ("a man of great experience and of very great wisdom"), et a dit que c'était "un honneur" pour lui de rencontrer "un des plus grands leaders arabes".

M. Mubarak a beau être un des leaders les plus influents du monde arabe, son régime reste celui d'une dictature autoritaire, dans lequel l'Etat d'urgence est décrété depuis des années, où la censure est légion et où les prisonniers d'opinion ne manquent pas. Il ne s'agit pas, ici, de faire le procès du chef d'Etat égyptien. Mais cette information, à peine relayée par les médias français, demeure éloquente si près des élections. Qui pourrait croire, en effet, que Ségolène Royal n'aurait pas été épinglée par toute la presse si elle avait admiré "la sagesse" de Mubarak ?

Simple question.

On a beau également accuser Ségolène Royal d'être incompétente sur les questions internationales (ce qui est faux), Nicolas Sarkozy a donc lui aussi accumulé les bourdes. En matière de terrorisme par exemple, ce qu'on  ne pourra pas qualifier d'enjeu mineur, saviez-vous que Sarkozy est incapable de dire si Al-Qaida est une organisation sunnite ou chiite. Pour preuve, la vidéo prise lors de l'émission de M. Bourdin sur RMC. Je conseille donc à Nicolas Sarkozy, pour sa propre culture et notre sécurité à tous, d'acheter le Que-Sais-Je sur le terrorisme. Car même si ce genre d'informations peuvent être mineures pour le français moyen, le fait qu'Al-Qaida soit une organisation sunnite est primordial pour comprendre la situation actuelle du terrorisme international... en particulier la rivalité nouvelle entre Al-Qaida et le Hezbollah (chiite), qui jouera certainement un rôle important dans les années à venir. Je ne parle même pas des interférences de l'Iran (chiite également), qui entend continuer de manipuler le Hezbollah. Sans cette information clé, il est clair que Sarkozy n'a rien compris aux enjeux qui se trament derrière ces sujets pourtant essentiels.

En somme, alors que la "bourde" de Ségolène au Liban est surtout une maladresse, peut-on en dire autant sur les propos de Sarkozy en matière de Proche-Orient ? Lorsqu'on connaît la position atlantiste et très pro-israélienne de Sarkozy, l'ayant notamment conduit à des relations étroites avec Ariel Sharon, comment peut-on croire que la France gardera sa place actuelle en matière de politique arabe avec Sarkozy ? Ci-dessous, pour rappel, voici les compte-rendu des visites au Liban de Ségolène Royal, qu'on a surmédiatisé injustement, d'autant plus que le climat politique de la région à l'époque rendait sa visite particulièrement difficile.



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Elsa 02/05/2007 14:22

Je retente^^
D'abord merci Dany de me prouver qu'on peut encore être en désaccord sans être forcément anti-sioniste ou anti-israélienne. Merci, il y de quoi douter.
Sur l'Egypte de Mubarak : n'y a-t-il pas quelques postures intermédiaires entre admirer la grande "sagesse" d'un dictateur et rompre les relations diplomatiques ? Je pense que si. D'autre part je ne remet pas en cause le rôle stabilisateur de l'Egypte. Cela dit, il est clairement en déclin, que ça soit par rapport aux autres pays ou par rapport à la population égyptienne que le gouvernement a de plus en plus de mal à contenir. Au passage, l'absence de soutiens à Moubarak entretient la montée des frères musulmans. Je rappelle que Mubarak, malgré la "paix froide", reste l'un des principaux obstacle au dialogue de paix entre les Etats arabes et Israel, et que pas plus tard qu'en janvier le ministre de l'Information égyptien a relancé une campagne de propagande anti-sioniste/antisémite. Je regrette mais j'estime que "grande sagesse", quand on connaît l'état actuel de l'Egypte, c'est clairement ce qu'on peut qualifier de bourde. Quant à la question du risque de propagation nucléaire, la position de Ségolène Royal est claire sur la question.
D'autre part, rapidement, je voudrais rappeler que la France a signé pas mal d'accord bilatéraux avec l'Egypte, notamment en matière de contrôle des frontières de l'espace Schengen. Alors soit on considère qu'on ferme les yeux, soit on coopère avec l'Egypte. Moi je pense que plusieurs choses qui se passent en Egypte nous concernent dirctement. Tu as mentionné le Darfour ? OK, où sont les réfugiés ? Pour l'instant en grande partie en Egypte, ce qui n'est pas sans provoquer moultes problèmes notamment au Caire. D'ailleurs ça ne me surprendrait que ce scandale éclate dans les médias rapidement. Concrètement, ces réfugiés sont bloqués en Egypte, qui est tenue de ne pas trop les faire entrer sur notre territoire. Bref, verser une petite larme pour le Darfour c'est chouette, maintenant concrètement la France ne fait rien pour les réfugiés, et va même jusqu'à saluer la "sagesse" de Mubarak. Non, car Sarkozy n'est pas encore la France, ouf :) C'est un exemple parmi d'autres, et j'aurais également pu prendre l'exemple plus large du co-développement euro-méditerranéen, qui fait soit-disant partie des deux programmes.
Bref, j'estime que saluer la sagesse de Mubarak c'est franchement osé. Sur "l'expérience" ça peut se justifier.. vu le temps depuis lequel il est au pouvoir :) C'est d'autant plus choquant pour quelqu'un qui, comme moi, part au Caire en troisième année.
Bref.
 
Sur Israel et Sarkozy.
Je ne savais pas si Sarkozy avait condamné l'agression des soldats israéliens l'été dernier. Je me souvenais simplement qu'il avait brillé par son silence à propos de l'agression israélienne. L'ennui dans ce conflit c'est qu'Israel et le Liban sont deux démocratie, alliées toutes les deux avec à peu près tous les occidentaux. Comme l'avait dit Fouad Siniora, "ce sont nos amis, mais ils sont plus amis avec d'autres qu'avec nous"... Bref, ton message laisse sous-entendre que la réponse israélienne est logique étant donné ce qu'a fait le Hezbollah, si j'ai mal compris corrigez-moi. Personnellement, ce genre de raisonnement est exactement ce que j'essaie de réfuter. Souvenons-nous le 12 juillet 2006. Personnellement je m'en souviens parfaitement, étant donné que j'avais plusieurs de mes amis à Beyrouth. Dans les premiers jours de nombreux commentateurs s'effrayaient des conséquences d'une possible réaction militaire d'Israel. Si si. Bref, Israel était déjà en conflit militaire en Palestine (opération pluie d'été...) et la provocation du Hezbollah survient au bout d'une vingtaine de jours. La riposte militaire survient quasi-aussitôt, et ce avec un refus explicite de négocier avec le Hezbollah. AUCUNE démocratie dans le monde ne s'engage dans un conflit militaire sans négocier au moins pendant deux jours^^ Même les américains en Afghanistan et en Iraq n'osent pas. Je tiens à le dire : refuser de négocier, c'était rentrer dans le jeu du terrorisme du Hezbollah.
Bref, quel est le Liban ? Cette fois c'est sur, la pire insulte qu'on peut dire à un libanais (vivant au Liban en tout cas), c'est qu'il est pro-israélien, alors même qu'une bonne partie des libanais (notamment les maronites et une bonne partie des sunnites) étaient prêts à se "réconcilier" avec Israel étant donné les départs de 2000. Le Liban est également affaibli en tant qu'Etat, puisqu'il est claire que le hezbollah est puissant contre Israel, alors qu'on pensait qu'il était seulement puissant en tant qu'Etat dans l'Etat. Or le Liban c'est la seule vaie démocratie au Proche Orient en dehors d'Israel... De plus, le Nasrallah est maintenant hyper-populaire et les gens reprennent confiance (si si c le mot) dans la force du terrorisme comme arme efficace contre Israel. En terme de victimes civiles, c'est 43 du côté des israéliens et plus de 1000 du côté libanais (dont un tiers de mineurs selon les estimations des ONG comme HRW...), et de nombreuses encore à venir avec les nombreuses BASM lancées dans le Sud Liban (pour la plupart lancées dans les 72h avant la fin du conflit, selon Handicap international, Amnesty et HRW encore une fois...).
Alors certes, on peut m'accuser d'anti-israélisme quand je dis que certaines politique d'Israel conduisent à favoriser les mouvements terroristes radicaux dans la région, mais je pense que c'est le cas. D'ailleurs, même les israéliens s'en rendent compte en ce moment :) Cf le rapport Winograd, etc. Donc voilà, si on sort un peu du dogmatisme, et que le vrai horizon qu'on cherche c'est un climat un peu apaisé au Proche-Orient, et bien oui je le dis, il faut arrêter de soutenir systématiquement Israel. Et qu'on ne me dise pas
Et en ce sens, de fait, je suis fière d'être française, et en ce sens je soutiens mon président pour encore au moins quatre jours :) Car oui, cet été la France a eu une politique équilibrée, et oui Chirac a joué un rôle diplomatique notamment au sein de l'Union Européenne. L'ennui c'est que je ne crois pas qu'un Sarkozy est un Chirac, et j'aimerais bien avoir l'assurance que la France aurait eu la même position avec Sarkozy. Or, je ne le crois pas. Car oui, de fait, Sarkozy soutenait Sharon. De fait lorsqu'il s'est rendu en Israel en 2004 il a refusé de se rendre dans les territoires palestiniens (ce qu'un Chirac n'aurait jamais fait, et ce que Ségolène Royal n'a pas fait). Un ami expatrié a lu la version anglaise de son bouquin "témoignage" et a été surpris de ses propos franchement pro-israéliens (et si si, "pro-israélien", ça signifie quelque chose : soutien quasi-systématique à Israel, quoiqu'elle fasse.)... qui sont beaucoup plus nuancés dans la version française. Tiens donc, aurait-il quelques excès à cacher ? Etc. Désolée, mais ça n'est pas ça la politique française au Proche-Orient, du moins pas la même qu'actuellement, ni celle que je souhaite. Tu parles de politique équilibrée, voilà ce qu'il nous faut et ce qu'il nous faut préserver. Et dans ce domaine, je regrette mais Ségolène Royal n'a pas fait de bourde si bourdesque que ça, et surtout elle a rencontré tout le monde et tous les acteurs. Ne pas le faire c'est aller droit dans le mur.
 
Quant à Sharon, je trouve ça un peu facile de résumer son action au retrait de la bande de Gaza. C'est un tout petit peu occulter ce qu'ont retenu les populations arabes environnantes. Ne parlons même pas de sa carrière militaire (car si si, Sharon ça reste le symbole de Shabra et Shatilah par exemple) ou des "débordements" militaires pour encadrer le retrait de la bande de Gaza, ou encore du développement du projet du Mur. Prenons simplement la seconde intifada puisqu'on en a déjà parlé. D'abord, Sharon est quand même un minimum responsable de son déclenchement. Même les nations unies ont pudiquement (ou diplomatiquement plus exactement lol) regretté la "provocation" de Sharon (résolution 1322), soit sa visite à la Mosquée d'Al-Aqsah qui a été l'évènement déclencheur. D'autre part, la répression de cette intifada a été particulièrement violente, et je vois pas pourquoi c'est tabou de le dire... Le pire c'est que ça a été très bien médiatisée, notamment sur Al-Jazeera, et que c'est resté un évènement marquant parmi la population arabe, dont on paie encore les séquelles. Et oui, je le dis à nouveau, soutenir l'action de Sharon pendant l'Intifada ou celle d'Olmert cet été, c'est soutenir le terrorisme. Non pas qu'ils soient eux-même des terroristes, non bien sur. Mais leur action et leurs répercussions nourrissent et entretiennent le terreau du terrorisme dans la région. Le nier, à mon avis, c'est se fourrer le doigt dans l'oeil.

ELN 01/05/2007 12:55

@Elsa,
je n'ai jamais été très chiraquien... Tu crois qu'il y aura un changement radical si Sarko est élu? Franchement, je ne le crois pas. Il aura des inflexions sur certains sujets (Tchétchénie par exemple). mais il ne reviendra pas sur les relations privilégiées entre la France et les pays arabes.
Mme Royal serait donc la voix de la continuité dans les RI? Certainement, d'autant plus qu'elle reprendra le personnel de Jospin (Védrine, etc)... que tu sembles ne pas aimer beaucoup. Contradictoire, non?
@Gruntman
vos propos sur Sharon sont faux et incohérents. ils sont profondément choquants.  un seul exemple "c'est aussi l'homme de la droite israélienne la plus favorable aux colons et aux religieux ultraorthodoxes." C'est compltement faux. Sharon est celui qui a fait le retrait de gaza, non? Les ultra religieux ne sont pas des sionistes fervents, au contraire (voir les pb de recrutement). L'extrème droite c'est plutot du coté de Liberman... pas très religieux.

Elsa 01/05/2007 12:33

(bon ça fait deux fois que j'écris une réponse à Dany mais ça foire humpf, je la retape ce soir)^^

grutman 30/04/2007 20:55

C'est incroyable que l'on ne puisse rien dire sur la politique d'Israël sans être traité d'anti-israélien.
Oui, Ariel Sharon est un terroriste. Ce n'est pas parce qu'il est le premier ministre élu dans une démocratie que c'est contradictoire. Pratiquer le terrorisme d'Etat, quand on n'a pas en plus le prétexte de l'oppression, ça montre qui est cet homme (même si il a évolué positivement à la fin de sa carrière. N'oublions pas que c'est l'homme des massacres en 1982 de Chabra et Shatila et qu'à cet égard, comme Karadjic pour le massacre de Srebrenica, il devrait être poursuivi par le TPI pour complicité de crimes de guerre. Politiquement, c'est aussi l'homme de la droite israélienne la plus favorable aux colons et aux religieux ultraorthodoxes.
Oui bien sûr, il faut combattre le terrorisme palestinien. Non, cela ne se fera pas efficacement sans qu'Israël évacue les territoires qu'il occuppe illégalement depuis 1967 et cesse les politqiues de colonisation.
Qu'Elsa soit obligé de s'expliquer ainsi montre bien la chappe de plomb que certains veulent faire peser si on ne partage pas leurs vues sur la politique de l'Etat d'Israël. Qui plus est, les vrais amis d'Israël ne sont pas ceux comme Bush qui les soutiennent de manière inconditionnelle. Ce sont Mitterrand et Chirac qui adotent des positions claires: deux peuples, deux pays, avec les conséquences critiques que ça a eu égard à la politique israélienne depuis la fin de l'espoir d'Oslo.
Et sur ce sujet du Proche-Orient comme sur tant d'autres, Royal est plus pondérée et juste que Sarkozy. Ce dernier non seulement fera perdre à la France le rôle qu'elle joue dans la région grâce à sa diplomatie paticulière; mais en plus il sera contre-productif sur le long terme tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens.

Dany 30/04/2007 19:58

Chère Elsa,Avec tout le respect que je dois au Parti Socialiste de Sciences-Po, je me permets de te dire mes désaccords profonds sur plusieurs  points que tu as évoqués dans ton article.Avant tout, bravo d’avoir parlé de politique internationale (enfin !), qui je le rappelle, sera avec la Défense un des domaines réservés du futur(e) président(e) de la République. L’absence, au moins dans les grands médias, de la position des candidats sur les grands problèmes internationaux – à part quand il s’agit de s’indigner et de verser sa petite larme pour la Tchétchénie ou le Darfour -  est étonnante voire inquiétante.L’Égypte de Moubarak n’est pas un pays démocratique, les libertés individuelles et collectives n’y sont pas respectées, c’est une évidence. Mais cela n’enlève en rien le fait qu’elle joue un rôle primordial de stabilisation au Proche et au Moyen-Orient, pour 2 raisons au moins. La première c’est que l’Égypte est, avec la Jordanie, le seul pays qui a signé des accords de paix avec Israël (en 1979) paix froide je te l’accorde, mais paix quand même. Si cette paix a tenu, c’est aussi grâce à Moubarak qui, tout en critiquant, souvent de façon extrêmement violente Israël, ne l’a jamais remis en cause, et on peut comprendre pourquoi, tant l’Égypte (et Israël) y gagne tant sur le plan commercial que sur le plan diplomatique.La deuxième raison, c’est qu’elle est aussi un rempart contre l’inquiétante montée en puissance iranienne. Parce qu’il ne faut pas oublier une chose : l’acquisition du nucléaire (même civil) par l’Iran ne constituerait pas seulement une menace pour Israël, mais une probable flambée dans toute la région. En effet, aussi bien l’Égypte que l’Arabie Saoudite et la Turquie (3 pays à majorité sunnite), ont fait part de leur intention d’acquérir à leur tour l’arme atomique s’il s’avérait que l’Iran la possède. Le risque de prolifération nucléaire étant très fort, l’Égypte, de par son influence dans la région (qui décroît certes mais qui reste forte) , peut encore faire éviter le pire.Alors c’est vrai, on peut toujours s’indigner de la répression des opposants et du probable trucage des élections. Je ne les condamnerai pas avec autant de virulence. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui le choix ne se fait pas entre les forces démocratiques d’un côté et les forces non-démocratiques de l’autre. Il se fait entre régime autoritaire (Moubarak) et islamistes (Frères Musulmans, qui seraient très probablement au pouvoir en cas d’élections démocratiques…). C’est malheureux, on peut le regretter, mais c’est comme ça. Le chemin vers la démocratie c’est un long, un très long processus, l’Europe en sait quelque chose.La position très pro-israéliennne et les relations étroites avec Sharon de Sarkozy. J’ai toujours beaucoup de mal avec la définition d’une position diplomatique comme « pro » quelque chose, parce que je me demande toujours ce qu’on veut y mettre derrière. Par exemple, qu’est ce que ça voudrait dire si je disais être « pro-français » ou « pro-suisse » ? Pas grand chose à mon avis. Pour moi, il y a le soutien à des actions politiques, la condamnation d’autres. Par exemple, je pense que Nicolas Sarkozy a eu raison de condamner l’agression du Hezbollah l’été dernier, c’est-à-dire l’enlèvement de 2 soldats de Tsahal en territoire israélien, visant délibérément à provoquer une riposte israélienne et à entraîner Israël et le Liban dans le conflit qui eut lieu. Je pense aussi que la politique française a été globalement équilibrée pendant ce même conflit, et que la contribution à la résolution 1701 autant l’envoi de troupes de la Finul sont des points éminemment positifs.Maintenant quand tu parles de relations étroites avec Sharon, je ne savais pas que tu connaissais si bien la vie privée de Nicolas Sarkozy… Mais si par ce terme, tu sous-entends que Sarkozy approuve le plan de désengagement de Gaza, ce qu’il a fait, alors je te suis.Tout cela n’empêche bien évidemment pas d’avoir un regard très critique par rapport à la politique israélienne (d’ailleurs, ceux qui ont le regard le plus critique sont probablement les Israéliens eux-mêmes, cf. le rapport de la commission Winograd)C’est là que j’en viens à mon dernier point (pour aujourd’hui…) Tu as dit dans les commentaires qu’il est politiquement incorrect de critiquer Israël mais que de l’autre tu approuves globalement la position de Chirac… Ne vois-tu pas un paradoxe là dedans ? Ou alors parles-tu des médias ? Parce que si tu penses que la presse française est globalement favorable à la politique israélienne, j’aimerais bien que tu apportes un début de démonstration. Moi, ce n’est pas vraiment le sentiment que j’ai. Et je peux te dire qu’il y  a énormément de gens que je connais qui pensent exactement le contraire de ce que tu écris, et le plus souvent d’ailleurs ces personnes sont très hostiles à l’action menée par les gouvernements israéliens et extrêmement sensibles aux droits des palestiniens.Bien cordialement,Dany