Cachet du peuple faisant foi!

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

C'est volontairement que nous avons laissé une semaine s'écouler depuis l'annonce des résultats de la grande consultation citoyenne sur l'avenir de la Poste. Laisser se dissiper - déjà - l'écume médiatique dont la vague emporte sans distinction ministre de la culture, réalisateur sous les verrous, et autre jeune fils-de-son-père à la crinière dorée... Laissons se fracasser la vague contre les récifs sans mémoire de la vidéosphère, mais rattrapons-en les embruns.

Du 28 septembre au 3 octobre, partout en France, plus de deux millions de citoyens ont exprimé leur attachement à un service postal public de qualité. Or, aujourd'hui, on veut nous faire croire que la modernisation de la Poste ne passe que par sa proto-privatisation. Car c'est berner les Françaises et les Français que de leur dire, les yeux dans les yeux, comme le fait Mme Lagarde, que JAMAIS, au grand jamais, le capital de la Poste ne sera ouvert majoritairement aux investisseurs privés ("Il n'est pas question de privatiser la Poste" sur France Inter le 22 septembre). EDF, GDF, France Telecom: les exemples  pourtant nombreux et suffisamment symboliques pour que la rémanence rétinienne soit toujours prégnante chez les usagers des services publics.

Les Français - lucides - sont majoritairement contre cette réforme dont ils ne percoivent pas le sens immédiat mais n'en voient que très bien l'ultime finalité. Selon un sondage CSA publié mardi 29 septembre par l'Humanité, plus de six Français sur dix sont défavorables au changement de statut. 75% des Français sont contre la privatisation. Et, plus de deux millions de citoyens et de citoyennes, usagers du service public, sont venus aux abords des mairies, de leurs lieux de travail, des bureaux de Poste, au coin de la rue, pour dire démocratiquement leur volonté émue de conserver un service public présent sur tout le territoire et accessible à tous.

Alors, certes, la droite et ses plus truculents éléments - Lefebvre et Paillé - peuvent bien crier à "la manipulation", à la "mascarade". Certes. Mais qui manipule qui dans cette histoire? Face à la "bonne foi" des gâchettes, MM. Lefebvre et Paillé, plus de deux millions de Français, citoyens du quotidien, acharnés protecteurs du patrimoine de ceux qui n'en ont pas, leur expédient une vibrante missive de refus avec accusé de réception.
Le mépris du gouvernement pour la mobilisation des citoyens ira-t-il jusqu'au refus d'organiser un référendum national sur la question? L'autisme politique n'a pas de bornes à l'UMP.

En tout état de cause, le PS déposera dans quelques jours une proposition de loi afin de permettre l'organisation d'un référendum d'initiative populaire - prévu dans la Constitution depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 - qui n'attend plus qu'une loi organique en fixant les modalités pratiques. Manifestement, le gouvernement a bien besoin d'une lettre de relance affranchie de millions de nouvelles voix. Cachet du peuple faisant foi...


T.E.

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Thomas 13/10/2009 19:48


En l'occurrence, je me réjouis surtout du succès populaire de cette grande consultation. Pour se rassurer, la droite pourra toujours dire qu'il y a deux millions de cégétistes en France. Nous
rirons sous cape.

Il y a derrière cette mobilisation le signe que l'attachement des Français à leurs services publics (vraiment publics!) est toujours aussi fort.
C'est pour moi le plus bel enseignement de cette mobilisation.

Sur les propositions du PS, la première concerne la méthode pour réformer. La Poste n'est pas une entreprise où tout est parfait, pour les usagers comme pour les salariés. Qui n'a jamais pesté en
attendant 15 minutes pour acheter un carnet de timbres? Nous tous. Les mêmes qui sont prêts, en revanche, à patienter 1 heure aux caisses du nouveau magasin japonais Uniqlo ou pour entrer dans un
musée, une salle de concert...

Il aurait donc fallu écouter les usagers, les employés; aller comparer avec les postes publiques à l'étranger. Améliorer la qualité de service sans en rabattre sur la solidarité. Parler - aussi -
de productivité accrue, pourquoi pas! Ce n'est pas un gros mot. Et une entreprise publique reste une entreprise. Mais avec en permanence en ligne de mire que les gains de productivité, s'ils
existent, doivent être entièrement reversés aux 64 millions d'actionnaires-citoyens-usagers sous forme d'amélioration de service, de baisse des coûts pour l'usager. C'est cette garantie-là que
désire une majorité de Français.

On peut aussi imaginer un maillage différencié selon la densité des zones, rurales, résidentielles, suburbaines, rurbaines. Encore une fois: les tabous n'ont pas lieu d'être.


Etienne 13/10/2009 12:29


Le PS s'oppose, le PS propose :)


JR 12/10/2009 23:59


Voilà qui ne va pas en motiver certains à accélérer l'adoption de la loi organique nécessaire...