[ChroniqueS] Les bons comptes font les bons amis...

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Quels sont les gens les mieux payés d'Europe? Eh bien, ce sont les grands patrons français, qui ont réussi à réaliser un record en Europe même en période de crise. Le salaire moyen d'un patron est de 3,8 millions d'euros selon une étude du cabinet PrimeView, ce qui correspond au multiple délirant de 240 fois le SMIC! Le Président d'AXA, Henri de Castries, détient la Palme d'Or avec un salaire qui a augmenté de 17%  alors que  les bénéfices de l'entreprise ont fait un plongeon de, tenez-vous bien, 83%!  Le voilà rassuré: cette somme lui permettra de s'assurer un train de vie digne de sa particule. Pas étonnant me direz-vous dans cette France où le côté bling-bling est revenu en force!

 

Néanmoins, des excuses s'imposent au Président de la République qui, non loin de dépenser sans compter, n'a pas cédé à ses caprices et par conséquent ne s'est pas payé une douche à presque 250000 euros comme l'avaient annoncé de nombreux journaux. Or, est-ce à dire que le Président de la République a restreint ses dépenses? Evidemment, non. Lors de la même occasion, à savoir le sommet de l'Union pour la Méditerranée, le dîner avec les Chefs d'Etats n'en est pas moins revenu à plus de 5000 euros par tête! Faramineux, pharaonique, astronomique! Nous n'allons pas reprendre dans les détails le rapport de la Cour des Comptes mais il faut souligner que le retour à la société de privilèges pointe le bout de son nez. Pendant que le Tiers-État ramasse les miettes, la Cour s'arrange pour s'offrir les mets les plus délicieux et coûteux du royaume.

 

Bilan: le déficit de l'Etat se creuse de jour en jour, jusqu'à avoir doublé depuis l'an dernier! Vous allez sûrement m'objecter que ce n'est pas un repas qui a causé une telle dette mais la crise financière et les décennies d’incurie budgétaire. Or, la conjoncture économique peut-elle justifier de telles dépenses? Bien au contraire. Alors que l'on préconise au bas peuple de se serrer toujours plus la ceinture, l'Etat fait preuve du plus grand mépris en faisant un étalage de richesses indécent pour ceux qui n'ont ni de quoi se nourrir, ni de quoi se vêtir, ni de quoi se loger.

 

Par ailleurs, n'avons-nous pas tous le droit à un logement décent? Même ceux dont le chez-soi est une cellule! Ainsi, dans les prisons, les conditions de vie détestables ont conduit la Cour d'Appel de Douai à condamner l'Etat au versement d'une indemnité de 1500 euros par plaignant. En effet, comment peut-on vivre décemment lorsque les seuls mètres carré qui vous sont réservés ne disposent pas de « ventilation spécifique du cabinet d'aisance ni de cloisonnement véritable avec la pièce principale »? Ces 1500 euros ne sont alors que justice pour ces détenus souffrant des conditions carcérales désastreuses dans notre pays. Quoi de plus dégradant que ces conditions de détention ?! En comparaison, la fameuse douche de notre Président relève du très grand luxe, surtout si l'on pense au fait qu'elle n'a été installée que pour quelques heures et n'a même pas servi! Il me semble alors que les 1500 euros versés aux plaignants restent quand même très bon marché.

 

Enfin, l'oligarchie qui détient le pouvoir a eu une idée révolutionnaire pour renflouer les finances de l’Etat: soumettre les victimes d'accident du travail à l'impôt sur le revenu. Logique, me direz-vous, puisqu'il s'agit, d'après Gilles Carez, rapporteur de la commission des finances, de « corriger une anomalie fiscale ». Il faut cependant garder à l'esprit que les accidentés restent bel et bien des victimes auxquelles réparation est due. Pour l'UMP, ceux-ci seraient des privilégiés, mais que dire alors des contribuables les plus riches bénéficiant du bouclier fiscal? Les indemnités ne compensent que partiellement les pertes de revenu causées par l'accident. Doit-on alors pénaliser doublement les accidentés?

 

En tout cas, c'est l'opinion d'un homme assoiffé de pouvoir, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale. En effet, il s'est dressé en chevalier d'honneur contre cette injustice fiscale qu'il a qualifiée de « passe-droit ». Or, s'est-il très vite heurté à un rassemblement des forces de gauche qui ont cru bon de le ramener à la raison. Bien d'autres politiques publiques font perdre de l'argent à l'Etat et mériteraient d'être modifiées, à commencer par la défiscalisation des heures supplémentaires et la suppression de la taxe professionnelle. En ce qui concerne cette dernière, l'Etat s'est certes engagé à la compenser pour l'année 2010, or qu'en sera-t-il après? L'avenir reste incertain...

Lou

Publié dans Point de vue militant

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Sharky 19/11/2009 18:52


Bienvenue Lou,
Pas encore de "Bien vu" de ton bord mais je crois que tu as réussi ton examen de passage. Car ça vient de me sauter aux yeux, chaque nouveau nous pond d'abord un medley fourre tout anti sarkoziste,
avant pour les meilleurs d'aller sur des articles plus ciblés et étayés.

Tu es Sharky validated!

Une idée courageuse et d'actualité pour ton prochain article. L'infame Karoutchi vient de pondre son inommable brûlot ou il étaye de faits et de chiffres (bien plus gros que les tiens) toutes les
pseudo dérives accablantes des gestions régionales socialistes.

Cet affront me parait de taille pour une militante volontaire telle que toi. Allez go, une réponse par région par semaine comme ça on tiendra jusqu'aux élections. Montre lui à Roger qui c'est Lou.