Hymne à l'Europe

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Nous, socialistes, n'acceptons plus l'interminable piétinement de l'Europe politique. Au Darfour, au Moyen-Orient, on cherche en vain ne serait-ce qu'une ébauche de cohésion européenne. De rôle international, de crédibilité dans la gestion des crises, l'Union n'en jouit presque guère. Aussi, celle-ci, en tant qu'entité, reste absente, car impuissante.

 

Dès lors, l'ambition de façonner le Vieux Continent comme espace capable d'influer sensiblement sur l'environnement international se retrouve au cœur de notre pacte présidentiel.

 

Car si l'Union a conduit avec succès son unité monétaire, c'est aujourd'hui une âme qu'elle réclame. Certes, l'idée d'une vision européenne du monde s'avère aujourd'hui plus un horizon qu'une réalité tangible. Mais nous demeurons toutefois persuadés  que l'Europe politique demeure un dessein incontournable, car le double constat de l'hégémonie américaine et de l'inéluctabilité des Etats-nations se fonde lui-même sur des réalités historiques, donc mouvantes.

 

De plus, notre attachement à ranimer les aspirations humanistes des Pères fondateurs s'avère indéfectible. Parce que nous pensons avec Michel Rocard que si  «une grande partie de l'humanité est encore illettrée, elle n'en est pas moins humaine», il s'agira de construire une Europe véritablement active dans la réduction du fossé Nord-Sud. En révisant structurellement sa politique d'aide au développement, par la mise en valeur de projets concrets associant directement les bénéficiaires, la France socialiste se proposera de montrer le chemin.

 

La marche vers le juste-échange impliquant une plus grande transparence et efficacité des instruments de régulation, notre pacte présidentiel revendique de profondes réformes au sein des organisations internationales (OMC, Banque mondiale, FMI), en vue de mieux tenir compte du respect des normes sociales et environnementales dans le cadre des négociations commerciales. Seule l'Europe peut porter cette ambition.

En outre, face à la politique migratoire d'inspiration néo-coloniale prônée par Nicolas Sarkozy, nous nous engageons clairement  à appréhender cette question de façon équilibrée, à travers un attachement constant au levier européen. En instituant un visa permettant une politique migratoire adaptée aux besoins réels du marché du travail, tout en rétablissant la règle des dix ans comme critère de régularisation, notre approche se veut juste et raisonnable.

 

Elle le restera,  afin de donner vie au rêve hugolien d'une France au cœur de la dynamique européenne, où "ce que Paris conseille, l'Europe le médite, et ce que Paris commence, l'Europe le continue". 

 

Ainsi, le projet socialiste nous invite à repenser en profondeur notre rapport à l'Union. Face à ceux qui ne dénoncent l'impuissance européenne que pour mieux défendre les vertus de la souveraineté nationale et du repli sur soi, le pacte présidentiel de Ségolène Royal vise à revivifier notre conscience continentale. Osons composer fièrement notre Ode à la joie!

 

Mes chers camarades, François Mitterrand nous a appris que "quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde". Qu'attendons-nous donc pour faire triompher le socialisme?

 

Clara

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