Interview de René Souchon, président du Conseil régional d'Auvergne

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

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En Auvergne, la tête de liste et les candidats PS sont en ordre de bataille pour affronter les scruntins des 14 et 21 mars. Fort de son bilan à la présidence du Conseil régional, René Souchon compte bien défendre une Auvergne plus juste et solidaire, vers l'avenir et vers la jeunesse, érigée en grande cause régionale.
Le président du Conseil régional a accepté de nous accorder une interview pour le blog de la section :

Vous avez choisi de faire de la jeunesse un axe fort de votre campagne, avec notamment la création d'un « pack jeune adulte ». Pouvez- vous nous décrire les principales mesures que comporte votre projet ?

R. Souchon : En décrétant la jeunesse comme la grande cause régionale du prochain mandat, j’ai voulu signifier à la population auvergnate que cette priorité est vitale pour notre démographie et, au-delà, pour voir croître l’esprit d’initiative indispensable au maintien de nos territoires. Un des outils de cette politique sera le « pack autonomie jeune adulte » permettant aux jeunes auvergnats de financer, entre autres, leur permis de conduire, une caution logement, une mutuelle complémentaire et bien d’autres outils d’accession à l’autonomie, que des Assises régionales de la Jeunesse viendront compléter à l’issue du 1er semestre de ce prochain mandat.

„Sur le plan national, le chômage des jeunes de moins de 25 ans a atteint un triste record (autour de 25%). Dans quelle mesure votre projet participe-t-il d'une meilleure insertion des jeunes dans l'emploi et le marché du travail ?

R. Souchon : Le chômage des jeunes de moins de 25 ans touche d’abord et avant tout les jeunes les moins formés. C’est à eux que s’adresse donc prioritairement notre dispositif d’insertion ou de réinsertion dans la vie professionnelle  à partir, par exemple, de l’Ecole de la 2ème Chance Auvergne pour laquelle nous porterons à 1 000 par an le nombre de parcours. A partir aussi du renforcement de nos Comités Territoriaux Emploi Formation pour une meilleure adéquation des formations proposées aux besoins des entreprises locales, de l’ouverture d’une formation qualifiante aux métiers de demain, de l’instauration d’un « Contrat de continuité professionnelle » pour prévenir les ruptures dans le parcours professionnel d’un individu. Autant de mesures qui vont dans le sens d’une participation accrue du Conseil régional dans les dispositifs en faveur de l’emploi.

De telles actions, engagées au niveau local, permettront-elles de contrecarrer les politiques injustes et inégalitaires menées par le gouvernement ?

R. Souchon : Malheureusement, la Région ne peut pas tout, et la défaillance de l’Etat générée par les choix politiques du gouvernement actuel ne peut perdurer, car derrière les statistiques se jouent aujourd’hui des drames humains qu’aggravent les politiques inégalitaires. Nos régions ne disposent pas des mêmes moyens d’intervention que ceux de l’Etat. Or, il semble qu’aujourd’hui les missions sont inversées et que le rôle de bouclier social dont se prévalent les régions consiste en un dernier rempart derrière lequel se réfugient nos concitoyens. Cette situation ne peut plus durer. Il en va de la cohésion sociale et territoriale de notre pays.

„La mobilité est aussi un enjeu essentiel pour aider les jeunes à trouver un emploi. Quels sont les dispositifs mis en oeuvre par la région pour répondre à ce défi ?

R. Souchon : La Région Auvergne participe évidemment à cette recherche d’autonomie des jeunes par l’accession à l’emploi, et l’aide à la mobilité est un facteur important de cette politique. C’est la raison pour laquelle notre politique de tarification sociale des TER favorise largement les publics jeunes, demandeurs d’emplois, étudiants, apprentis et lycéens. Notre prochaine étape va vers la réduction d’un coût transport domicile – travail proche de 1 euro par jour. J’ajouterai notre effort considérable pour équiper l’Auvergne en Très Haut Débit, comme nous l’avons fait sur le dernier mandat en parvenant à une couverture à 100 % du territoire en Haut Débit. Nous voulons impérativement conserver cette avance technologique qui permet développement et maintien de l’emploi, mais aussi ouvre des perspectives d’implantation de populations nouvelles pratiquant le télé-travail.

Vous vous êtes engagé, aux côtés des présidents de région Centre, Bourgogne, Rhône-Alpes et Ile de France, à soutenir la réalisation d'une ligne à grande vitesse en Auvergne, en parlant dans votre programme d'un droit au TGV. De quels moyens dispose la région pour porter ce projet après les élections régionales ?

R. Souchon : Notre projet intègre bien évidemment l’achèvement définitif du désenclavement de l’Auvergne. Une ligne LGV Paris/Lyon dont le tracé traverse l’Auvergne en passant le plus à l’Ouest et le plus au Sud possible a notre faveur. Schématiquement, un tracé Paris/Orléans/Bourges/Vichy/Loire/Lyon nous paraît le bon compromis, à la condition que l’Etat et Réseau Ferré de France ne maintiennent pas les exigences de participation financière exorbitante réclamée à notre région. Il faut là aussi que les responsabilités soient assumées par le Gouvernement sans de défausser une fois de plus sur les collectivités locales.  Nous paierons certes un tribut à l’obtention de cet équipement indispensable, mais dans des proportions qui ne compromettent pas le reste des programmes que nous souhaitons mettre en œuvre. La solidarité nationale doit donc s’exprimer.

Les sondages semblent favorables à la gauche dans la plupart des régions. Ne craignez vous pas des tentatives de déstabilisation de la part d'une droite qui, sur le plan local, n'hésite pas à exploiter les réseaux politiques et administratifs de Brice Hortefeux et d'Alain Marleix ?

R. Souchon : Je n’ai jamais gouverné ou agi au gré de l’évolution des sondages. Aussi, dans cette élection comme dans toutes les campagnes que j’ai menées jusque là, je me présente avec un projet crédible, réaliste et ambitieux. J’aimerai que mes adversaires en fassent autant, plutôt que de chercher l’invective, la déstabilisation pour mieux masquer la panne chronique d’idées dans laquelle ils se trouvent.

„L'Auvergne se place en tête dans les indicateurs mesurant la qualité de vie. Comment faire de la région un laboratoire où s'invente un nouveau modèle écologique et social ?

R. Souchon : L’Auvergne n’a pas à inventer un nouveau modèle écologique et social. Nous l’avons déjà et ne cessons de le parfaire depuis notre accession aux affaires régionales en 2004. C’est ainsi que l’Auvergne est couverte par deux Parcs Naturels Régionaux qui seront complétés bientôt par deux autres Parcs Naturels Régionaux dont l’un se construit avec la Région Languedoc Roussillon. Nos atouts géographiques naturels sont et seront donc partout préservés, mais avec le souci de maintenir vitalité, activité, dans toutes ces zones, en nous appuyant sur le tourisme, l’exploitation des forêts et le maintien d’une agriculture de grande qualité oeuvrant sur des filières à haute valeur ajoutée. Le maillage urbain et les liaisons entre nos villes moyennes des quatre départements constitue notre deuxième atout, plus économique et social, mais dont le modèle écologique est très présent. A commencer par ses modes de transports collectifs que nous contribuerons à privilégier, comme d’ailleurs la construction de logements à haute Qualité Environnementale qui constitue le gisement de l’emploi de demain. Ainsi l’Auvergne demeure plus que jamais une région authentique, ouverte, moderne. En résumé une vraie terre d’accueil.

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