L'irlande dans la tourmente

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

 

L'Irlande a l'intention de réduire son budget de 15 milliards d'euros d'ici 2014. Cela correspond à 20 pour cent d'un budget annuel. Il n'y a pas d'autre alternative aux coupes demandées par l'UE et le FMI selon la presse qui souligne néanmoins certaines insuffisances dans ce programme sur quatre ans. 

 

Il n'y a aucune alternative au programme d'austérité prévu par le gouvernement irlandais, mais la réussite de ces mesures est incertaine, estime le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : "Malgré la crise gouvernementale qui sévit sur l'île verte, le Parlement doit absolument approuver le budget car celui-ci est la condition nécessaire à une aide internationale. Si le budget d'austérité venait à échouer, cela alimenterait les inquiétudes sur les marchés financiers. Mais il ne faut pas surestimer la contribution que ce programme irlandais peut apporter à la maîtrise de la crise de confiance. Sa réussite est trop incertaine. Les prévisions de croissance sont plutôt optimistes. La compression prévue est si dure qu'elle pourrait étouffer la conjoncture irlandaise et menacer ainsi la consolidation visée".

 

Le plan sur quatre ans prévu par le gouvernement irlandais dans le but de consolider le budget donne un aperçu de l'avenir financier de l'Irlande mais oublie des points essentiels, critique le quotidien libéral The Irish Times : "Le taux de croissance est un facteur clé pour la communauté d'investisseurs international. Il tente de déterminer si l'économie irlandaise présentera relativement vite une croissance suffisante pour que le niveau de ses dettes publiques et privées résiste à l'avenir. Augmenter parallèlement les ressources financières nationales est considéré comme une mesure clé permettant de réduire la dépendance envers les investisseurs étrangers. En ce qui concerne les plans visant à encourager la croissance, le principal message du document est que le gouvernement maintient sa longue stratégie favorisant l'export et l'économie. … Par ailleurs, le plan n'aborde pas l'impact de la crise bancaire sur les taux de croissance prévus. Bien que beaucoup de choses dépendent des propositions de solution qui doivent être annoncées dans les prochains jours, une discussion de ces points essentiels aurait été la bienvenue."

 

L'Irlande doit désormais procéder à des coupes drastiques dans son budget, mais intégrer plus tôt les marchés financiers aurait empêché l'effondrement du système bancaire, estime le quotidien de centre-gauche La Repubblica : "Les grandes banques irlandaises ne paraissent plus aussi importantes si on les compare au produit intérieur brut total de la zone euro. Etant donné la crise actuelle, le processus d'intégration européenne des marchés financiers et des aides publiques doit être renforcé. Pour les citoyens et les gouvernements, cela revient à renoncer à leur autonomie nationale. Mais ce n'est absolument pas le cas. C'est un moyen de se soustraire à la dictature des grandes banques et des établissements financiers. L'intégration transforme les géants en nains et protège les décideurs contre les tentatives de chantage plus ou moins explicites faites par les établissements financiers. L'intégration permet en outre d'intervenir financièrement au profit de l'économie réelle et des emplois et non au bénéfice des établissements financiers."

 

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