La semaine du 9 novembre ou le service-minimum franco-allemand

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Avec les deux moments forts que furent la commémoration de la chute du Mur de Berlin lundi, et celle de l’armistice mettant un terme à la Grande Guerre mercredi, la semaine dernière semble marquer un temps fort dans les relations franco-allemandes. Le balancier Berlin-Paris semble parfaitement huilé, en dépit d’une semaine bien chargée pour Mme Merkel, culminant mardi avec la déclaration gouvernementale de politique générale devant le Parlement (Regierungserklärung).

Avec sa forte coloration symbolique, la cérémonie sous l’Arc de triomphe mercredi s’inscrivait explicitement dans la lignée des « grandes images » qui fleurissent dans nos manuels d’histoire, alternant les embrassades entre couples de dirigeants. Dans leurs discours, les deux dirigeants célébraient une période d’entente forte, scrutant avec satisfaction les réalisations d’un demi-siècle passé.

Cette dimension symbolique ne peut néanmoins faire oublier que la période que nous traversons restera dans les mêmes manuels d’histoire comme un vide marital dans la vie de ce « couple » tant commémoré. En dépit de l’interprétation de M. Sarkozy donnée mercredi, selon laquelle les baisses d’impôts annoncées par la nouvelle coalition au pouvoir outre-Rhin montrent une convergence des réponses à la crise économique, les logiques de sortie de crise entre nos deux Etats divergent largement depuis un an. La tempérance allemande des propositions françaises lors du sommet européen de décembre 2008 l’a assez montré. Côté européen, si le concept de « moteur franco-allemand » se voit naturellement dépassé dans une Union à 27, force est néanmoins de constater l’absence de proposition d’un grand projet commun par les deux puissances, apte à relancer l’intégration dans une période où de telles initiatives seraient particulièrement bienvenues. Bref, on est bien loin des grandes réalisations communes, de la CECA à l’opposition à la seconde Guerre du Golfe.

Les symboles sont certes nécessaires. Ils ont historiquement montré qu’ils constituaient le préalable à toute avancée commune. Ne nous méprenons pas : le couple est aujourd'hui bien peu fécond, et ne semble pas appelé à le redevenir à court terme.

Bastien L.

Publié dans Europe

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Tea-Funny 17/11/2009 15:38


effectivement oui nous le voyons bien par les propos de notre président

http://tea-funny.over-blog.com/article-la-commune-de-paris-39539943.html