Face au froid, nous nous devons de régler la crise du logement

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po


            Le froid est à la une de tous les journaux depuis qu'il s'abat sur la France. Cependant, n'oublions pas qu'il touche certains plus que d'autres. Tout le monde peut constater les nombreux sans-abris qui mendient de longues heures dans le froid. Cependant, personne ne semble s'intéresser à leur cas: on préfère oublier. Cet oubli est favorisé par des médias qui chaque jour répètent leur compassion envers les pauvres automobilistes qui arrivent en retard au travail. Mais la souffrance des sans-abris n'est pas agréable, sûrement pas vendeuse, mais bien trop existante pour être tue.

 

            Chaque année, des dizaines de milliers de personnes dorment chaque nuit dehors en France. Et chaque hiver, le froid est vif et trop souvent meurtrier, étant la principale cause des morts prématurées dans la rue (400 en 2009).

            La mairie de Paris a décidé d'agir auprès des populations en souffrance en ouvrant trois gymnases et trois salles publiques, ce qui augmente de 255 places les lieux d'accueil pour les sans-abris. Pourtant, Olga Trostiansky, adjointe à la mairie de Paris, regrette les insuffisances de la prise en charge en amont, et les actions de soutien conséquemment confinées à la gestion de la misère.

            En effet, les sans-abris ne sont pas rares en France – et de moins en moins – puisque si l'INSEE évalue à 86 000 le nombres de sans-domicile-fixes en France, ce chiffre se situe entre 100 et 300 000 pour les associations qui interviennent auprès de cette population. Malgré les efforts de la ville de Paris, il subsiste un manque de 15 000 places en Ile-de-France. Ce manque, outre les conditions de vie qu'il implique pour les plus démunis, déclenche une sélection à l'entrée des centres d'hébergement, et ses critères sont toujours douteux. On pense par exemple au plus répandu:  celui de la légalité de la présence sur le territoire, qui revient à accorder les conditions de la survie aux seuls Français.

            Pour le parti socialiste, cette situation est inacceptable. C'est pourquoi il souhaite organiser le « renforcement de la loi SRU [Solidarité et Renouvellement Urbain] avec un taux porté de 20 à 25% de logements sociaux, construction massive de 150 000 logements sociaux par an ». De même, le PS approuve le compte rendu des États généraux du logement qui préconise notamment la solvabilisation des jeunes et l'augmentation de la proportion de logements sociaux.

 

            Il est inacceptable que dans le pays des droits de l'homme, un travailleur puisse ne pas pouvoir subvenir à ses besoins du fait de loyers exorbitant. Il est inacceptable que des personnes souffrent et meurent dans la rue faute d'avoir été admis dans un centre d'accueil. Il est inacceptable que le gouvernement n'adopte pas de politique du logement qui puisse garantir une dignité minimale à chacun. Il est grand temps donc de permettre au plus grand nombre d'accéder à cette dignité, qui ne saurait être réservée aux Français et aux moins pauvres.

 

Virginie Mauz

 

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john kerouac 23/07/2011 11:45


Papier tres documente de madame Mauz. Mais tres theorique. Madame Mauz est jeune et devrait aller plus sur le terrain.
J'ajoute que compte tenu des problèmes budgetaires de la France et de la pression des marches financiers je vois pas comment le PS francais va pouvoir financer toutes ses promesses de solidarite a
l'infini. Car on peut faire payer les riches une fois mais pas les utilser pour financer l'ensemble du programme du parti socialiste francais( Retour a la retraite a 60 ans, 3000000 emplois jeunes,
fin de la politique de suppression de 1 fonctonnaire sur deux etc.)
Mais enfin avec Aubry ou Sarkozy les promesses n'engagent que ceux qui les ecoutent !
Heureusement Francois va rammener tout ses amis a la raison !