Les défis du modèle énergétique français - Introduction

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

 

Cet article ouvre une série de 3 contributions d’Elsa sur la politique énergétique française. Alors que ce sujet vit un « Tchernobyl médiatique », il est venu le temps d’en restituer les grandes problématiques. Tous les deux jours, vous retrouverez un nouvel article de la série.

 

Depuis l’invention de l’ampoule électrique par Edison en 1879, la fée électricité s’est démocratisée et ses usages se sont multipliés. Aujourd’hui, l’électricité est un service de base pour la production industrielle aussi bien que pour ses multiples usages domestiques. Elle assure la sécurité dans les rues et sur les routes, 80% du chauffage en hiver, la casi-totalité du transport ferroviaire, bref, qui pourrait s’en passer ?

 

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les multiples compagnies privées d’électricité sont regroupées en France dans un monopole national auquel on confie une double mission de service publique : assurer à tous les citoyens français une fourniture en électricité constante et à prix bas. Le modèle commercial d’EDF-GDF est toutefois remis en cause par le principe de libéralisation des échanges qui fonde la communauté européenne. Depuis la fin des années 1990, l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence se prépare, étape par étape.

 

L’évolution du modèle énergétique français est en marche. L’électricité nous concerne tous, dès lors c’est un sujet politique. Le feuilleton médiatique alimenté par la vente d’Areva T&D à Alstom, l’échec de l’EPR à Abu Dhabi, l’arrivée fracassante d’Henri Proglio à la tête d’EDF et le rapport Roussely semblent bouleverser le secteur nucléaire français. Ce nuage de fumée dissimule en fait le véritable débat : la mission de service public d’EDF – l’accès à une énergie durable pour tous- est-elle conciliable avec les engagements communautaires – libéralisation du marché de l’énergie et gestion entrepreneuriale de l’ancien monopole ?

 

La série que nous publions tente d’approfondir cette question au travers des 4 principales parties prenantes du secteur : les pouvoirs publics, l’environnement, les consommateurs, et les travailleurs.

 

  1) Après l’ouverture à la concurrence, redessiner une politique énergétique communautaire

  2) Le Grenelle II a oublié la précarité énergétique

  3) Les travailleurs du nucléaire : éléments de politique industrielle

 

Elsa C.

 

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