Les enjeux du sommet de Copenhague : les migrants environnementaux.

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

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Profitant de l’ouverture du sommet de Copenhague, l’OIM (Organisation internationale des migrations) a souhaité, dans son dernier rapport paru le 8 décembre, attirer l’attention sur l’impact du changement climatique sur les migrations de populations.

En 2008, estiment les auteurs du rapport, intitulé Migration, environnement et changement climatique, 20 millions de personnes se sont déplacées en raison de phénomènes climatiques extrêmes. Ces chiffres pourraient rapidement augmentés d’ici 2050, selon l’estimation la plus couramment admise, 200 millions de personnes seraient ainsi contraintes de migrer pour faire face aux changements climatiques, nombre qui viendrait s’ajouter aux 200 millions de migrants internationaux recensés actuellement. L’OIM souligne néanmoins la grande incertitude qui pèse sur ces calculs qui varient selon certains experts entre 25 millions et 1 milliard ! 

Le rapport révèle également une double caractéristique des migrations environnementales, marquées à la fois par une forte internalisation des flux dans certains cas -les migrants se déplaçant d’une région à l’autre d’un même pays- et par une importante dimension régionale dans d’autres endroits, les mouvements de population s’effectuant alors au sein d’un même continent ou entre pays voisins.

Ce type de migration n’a rien à voir avec la plupart de celles observées jusqu’ici à l’échelle mondiale. Les migrations internationales s’organisent en effet autour de réseaux transnationaux (d’origine familiale, économique, et pas seulement mafieuse comme certains ont tendance à le présenter) et nécessite de pouvoir mobiliser des ressources financières, et un certain capital social permettant de construire ce que Catherine Wihtol de Wenden appelle « un imaginaire migratoire ».

Dans le cas des migrations environnementales, les populations touchées par les catastrophes naturelles soudaines ou lentes (comme la sécheresse) se retrouvent généralement totalement démunies, privées de leurs moyens d’existence, et ont peu de chances de disposer de l’organisation et des ressources nécessaires pour envisager une migration transfrontalière. Les mouvements de population se peuvent se faire, par conséquent, qu’à l’échelle d’un même pays ou entre territoires limitrophes.
 

Cette analyse va ainsi à l’encontre du péril migratoire tel que se le représente les pays riches, qui craignent de voir déferler des vagues de migrants climatiques venant des pays les pauvres du globe.

L’étude de l’OIM pose plus fondamentalement la question des politiques d’aide au développement à apporter à ces pays, mal préparés face aux catastrophes, et qui seront confrontés à de profonds déséquilibres démographiques et sociaux avec la concentration de population dans certaines régions urbaines ou rurales plus développées et à l’abri des risques naturels.

Cette solidarité à l’égard des pays pauvres paraît d’autant plus nécessaire, que les zones potentiellement les plus exposées sont clairement identifiées : Afghanistan, Bangladesh, la plupart des pays d’Amérique centrale, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Asie du Sud-est. Ce sont tous des pays où il existe une forte corrélation entre difficultés socio-économiques et inadaptation face aux catastrophes naturelles auxquels ces régions du monde se trouvent confrontées. 
L’autre défi majeur qui se pose à la communauté internationale réside dans l’absence de réponse apportée en termes de statut juridique pour cette nouvelle catégorie de migrants.

La convention de Genève paraît totalement inadaptée et ce ne sont pas les multiples violations du droit d’asile, notamment en France, qui peuvent créer un contexte favorable à la définition d’un cadre juridique capable de protéger les victimes annoncées du changement climatique. 

Arnaud L. 

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Yen a marre de ces conneries 17/12/2009 14:03


@ bisounours en folie : vos commentaires stériles, on pourrait vraiment s'en passer. Allez répandre votre fiel raciste et anti humaniste ailleurs.


Les Bisounours en folie 17/12/2009 13:58


Les migrants environmentaux ?

Qu'ils immigrent au mont Sinai ou a Babel, pas chez moi !

Je me doutais bien que toutes cette propagande environmentale faite par des mondialistes , à côté du projet de l'instauration d'un gouvernement mondial , menait aussi à produire des petits projets
dérivés chers à leur coeur.