Népotisme: désir chez un homme en place d'avancer ses parents (Littré)

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

"Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus : du reste, homme assez ordinaire !"
Figaro au Comte Almaviva, dans Le mariage de Figaro de Beaumarchais
Que pensez vous de la nomination de Jean Sarkozy, fils de son père, à la tête de l'Etablissement Public Administratif de la Défense (EPAD)?

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Marthe 16/10/2009 14:51


Moi je suis hyper vexée que tu n'aies pas répondu à mon argument, qui est le seul valable (si si c'est pas la bière qui me fait dire ca). Cela dit, les discours sont plaisants.


Sharky 15/10/2009 19:07


@ Marthe
On ne ferme jamais le clapet de Sharky! A part ça rien, fait comme moi installe toi dans ton canapé et savoure une bonne bière fraîche avec la satisfaction du devoir accompli aujourd'hui.

@ Pierre Ange
Si l'on va au bout de ton raisonnement sur l'élection, l'élection ne sert à rien et n'est donc pas valide. Chaque électeur agit intrinsèquement par gratitude pour la recherche d'un intérêt
particulier matériel ou intellectuel. Cela ne s'appelle donc plus la démocratie puisqu'en poussant le bouchon seuls quelques "élus" sont à même de décider pour l'ensemble.
Il est vrai qu'au PS, le système électif interne a toujours été dans ce sens, tripatouillage en prime. Qui sont les plus couillons? Ceux qui recoivent ou ceux qui se font mettre?

Sur l'age, comme sur la position, comme sur le bagage, comme sur les diplomes... tout cela ne présage de rien pour moi sur la qualité ou la capacité des uns ou des autres à réussir ou à échouer. Il
y a pléthore d'exemples et de leurs contraires pour en faire une règle définitive marbrée, même si certains points peuvent donner plus de garanties mais sans assurance définitive. La valeur de
l'individu provient plus de sa morale, de sa volonté et de ses aptitudes intrinsèques qui lui permettent de s'adapter et d'évoluer que d'un seul savoir livresque ou simplement reproductif.

Sur les diplomes, si j'y suis dans le mur, tu y es avec moi car tu m'as mal compris. D'abord ce qui nous sépare, les diplomes ne sont pas une fin en soit surtout drivé majoritairement par une forte
aptitude mathématique. Tu peux être une bête à concours, faire de brillantes études et être une parfaite quiche professionnelle, les exemples foisonnent. A contrario, avoir été un "cancre" mais
faire preuve de réelles aptitudes professionnelles, de vision, de management, de créativité... Les études ne servent qu'à essayer de développer et de donner des clés mais pas forcément les moyens
qui restent intrinsèques.
D'autre part, tu verras que les études ne donnent pas de compétences professionnelles, juste des aptitudes mais qu'il te faura tout apprendre pour être justement compétent.
Sur l'élitisme, on se connait mal mais tu verras que je suis un peu caustique et que j'aime bien reprendre à l'envers les contradictions du PS. Je te rassure, je suis à fond pour l'élitisme, seul
moyen de tirer l'ensemble par le haut, trouve qu'il n'y en pas assez avec cette volonté gauchiste de nivellement par le bas, suit assez mortifié par notre système éducatif pseudo égalitariste qui
envoie des tombereaux de jeunes à l'abattoir. Donc je suis pour une sélection drastique, rassuré? Sur son contraire la cooptation, elle est compatible également par la force des choses. Si tu crois
que tout est blanc ou noir, tu vas en manger des murs! Toi même tu la pratiques quotidiennement comme nous tous, c'est juste humain.

Je trouve ensuite ton prénom (à moins que cela ne soit un pseudo?) très peu en rapport avec ta "petite" extraction sociale, ou une volonté de tes parents de "népotiser" via le prénom, ou alors
Corse... En tout cas bravo, tu es la démonstration que la volonté individuelle te premettra de d'extraire quelques étages au dessus, et il en faudrait bien d'autres, tu n'es pas qu'un mythe.
C'est bien PS de vouloir classifier chaque individu sans des cases, sous cases, sous sous case. Nous avons tous un peu de tout en nous et évoluons, je serais même prêt à parier que d'ici 20 ans, tu
seras un infame "droitard"!

Sur les statistiques, voilà le miroir aux allouettes. Tu es bien placé pour savoir que l'on peut leur faire dire tout et leur contraire, spécifiquement quand on compare deux méthodes parfaitement
distinctes (ce qui est le cas entre la France et les USA). Mais je suis très attentif de pouvoir voir ces statistiques (un lien?) qui nous démontreraient que la France est plus en avance que les
USA sur ce domaine.
Je retiens pour ma part plusieurs éléments, l'évolution de la richesse globale du pays (qui profite à tous ne t'en déplaise); les approches sociologiques (Anna Stellinger par exemple) qui
démontrent que le principal frein à cette mobilité en France est la non précarité instituée par l'Etat Providence et les avantages acquis; la mentalité (il faut y avoir vécu) bien différente entre
la France et les USA et notamment chez les jeunes: esprit entrepreneur, de corps (Nation), gout de la gagne et de la victoire, de l'argent, de la réussite vs tout le contraire ou presque chez nous
ou les jeunes aspirent à faire carrière dans la fonction publique majoritairement, ou la réussite et l'argent sont sales, ou l'égoisme et le corporatisme dominent.

En conclusion, le petit jean est plutôt courageux d'utiliser la voix législative plutôt que de chercher à faire sciences po plus l'ena pour devenir un haut fonctionnaire qui grenouillera et
avancera via son seul réseau politique interne, pour viser le graal suprême d'être propulsé à la tête d'une entreprise pubique ou privé sans compétence autre que son réseau et s'en foutre plein les
fouilles, merder puis rebondir dans une autre avec un cv de vierge. Ca c'est malsain même si c'est peut être ton plan de carrière.


Marthe 15/10/2009 17:03


Bravo pour avoir fermé son clapet à Sharky!
Ca ne te choque pas que Jean Sarkozy soit nommé à la tête de l'EPAD, moi ca me choque, comme beaucoup de gens à gauche. Pas pour son âge ou son manque de diplome ou même sa coiffure, mais parce que
c'est le fils du président de la république. Comme l'a dit Rama Yade, il faut aussi prendre en compte la façon dont les actes sont perçus.
Jean Sarkozy ne sera jamais traité comme tout le monde et en l'occurence, il n'aurait jamais du etre nommé justement parce qu'il est le fils du président, et que ca renvoit une image déplorable de
notre république, même si sa non accession à la tête de l'EPAD n'avait pas eu de justification (moi je crois qu'elle en a). et evidemment qu'il a pas l'air con, personne n'aurait l'air con avec une
ribanbelle de coachs et conseillers pour gérer l'affaire!
ca compte l'image qu'un président renvoit de sa république. Je conseille d'ailleurs lire le communiqué de Delanoe, très instructif sur le sujet.
Le PS ne fait pas qu'attaquer à tort et travers, il dit aussi des choses intelligents et là c'est le cas. Fais gaffe Sharky, ne t'endors pas sur tes acquis!


Pierre-Ange 15/10/2009 02:32


Je vais essayer de répondre de façon assez brève :

- Premièrement, sur l'élection. Je ne conteste pas le fait qu'il ait été élu au CG des Hauts-de-Seine. Dans le fond, effectivement, cela ne pose pas de problème.
Or, l'élection décisive, celle dont il est réellement question et qui permet l'accession de Jean Sarkozy à un poste de responsabilité a été faite au sein même du Conseil Général. Certes, il y a eu
vote, mais au sein d'un nombre de personnes restreint qui ont grandi en politique à l'ombre de qui l'on sait et qui lui sans sont doutes, à juste titre peut être, redevables d'un certain nombre de
choses. Le népotisme commence par la gratitude.

- Deuxièmement, sur l'âge. Il y a une nette différence entre pleurnicher sur le sort des jeunes parce que le taux de chômage des moins de 25 ans est anormalement élevé, et demander à ce qu'ils
aient à gérer l'aménagement et le développement de l'un des plus grands quartiers d'affaires européen. Entre la lutte pour que la plupart des embauches se fassent en CDI et celle pour la gestion de
la Défense, il y a quand même un léger, très léger écart.


Ensuite, sur le "procès des diplômes". Pour le coup, tu vas droit dans le mur.
Au delà de la sélection par l'école, ou par la cooptation, il n'y a PAS d'alternative, ou alors on fout des tirages au sort et des quotas, sociaux, ethniques, et là le problème sera réglé par les
statistiques, ce qui n'est absolument pas une solution, l'idée étant quand même de concilier l'efficacité, la compétence ET la justice.
Tu parles de l'élitisme scolaire comme d'un fléau, qui révélerait je ne sais quelle contradiction au sein de soi-disant étudiants de gauche. Tu as tout faux, la sélection, les concours ont
JUSTEMENT été mis en place pour fournir un moyen de favoriser la démocratisation, certes imparfait (origine sociale et maitrise du langage, connivence entre culture bourgeoise et culture scolaire,
etc...), mais en tout cas meilleur que son contraire, c'est à dire la cooptation.
Ton raisonnement montre bien cela : il est bien né, DONC il connait les bonnes personnes, DONC même si individuellement il n'est pas très compétent, il bénéficiera du réseau et des appuis
nécéssaires pour mener son action à bien.
Les artisans de la sélection ont souvent été politiquement à gauche : je ne dis pas cela pour prétendre à un quelconque monopole, mais simplement pour contrer l'idée d'une contradiction entre
sélection et égalité républicaine.
Supprimer la sélection au nom de l'égalité, c'est ouvrir la porte à des inégalités plus grandes encore : quand il n'y a plus de diplômes, il ne reste que les lettres de recommandation.

Quatre, le procès en népotisme. Sur ce point, et bien qu'étant issu d'une famille modeste-boursier-blabla-martyr, je suis conscient que cela est assez rare, et que, globalement, les étudiants de
Sciences-Po sont issus de familles à fort capital non seulement économique, social mais aussi et surtout culturel. Tu m'as été décrit comme étant très à droite. Mais pour un droitard, je te trouve
étrangement bourdieusien. La façon dont tu as arrosé à plusieurs reprises ton intervention précédente de la sève bourdivine est quand même assez stupéfiante. En ce qui concerne le modèle
anglo-saxon, la mobilité inter-générationnelle aux Etats-Unis est plus faible qu'en France, et je t'invite à consulter les statistiques disponibles pour constater par toi même que le mythe du
self-made man tient plus du cinéma larmoyant que de la réalité.


Sharky 14/10/2009 14:10


Ah je vous attendais bien la dessus, c'est du pain béni pour un PS qui ne survit médiatiquement que grâce aux micro phénomènes de Droite, parce qu'intellectuellement c'est bien fini.

Sur la forme, ce n'est pas bien adroit je vous le concède bien que cette nouvelle provocation de Sarkozy vous fait sortir du bois comme à chaque fois, je pense qu'il doit bien se marrer. A chaque
fois qu'il met une pièce dans la machine, vous tombez dedans.

Sur le fond, un il a été élu 2 fois de façon républicaine pour en arriver là.
Deuxio, le procès de l'age. Oui il n'a que 23 ans et alors. Vous êtes les premiers à pleurnicher que les jeunes n'ont pas de responsabilité... patati, patata, vous devriez vous réjouir. De plus
rien n'empêche des jeunes de 23 ans de faire de la politique mais il y en a une part infime qui y vont à cet age là même s'il est vrai qu'il est tombé dedans tout petit.
Tertio, le procès en diplomes. Je me permet de pointer encore une fois un de vos nombreuses contradictions. Vous soit disant bien pensants égalitaristes, n'êtes que des élitistes bien faux culs, et
votre présence à Sciences Po plutôt qu'à l'université en est l'illustration. Enfin croire qu'une carrière de 40 ans doit être tracèe par 3 ou 4 années (ou plus) d'études me laisse penser que vous
êtes bien naifs ou arrogants. Nombre de brillants étudiants sont les pires cruches, et il suffit de regarder dans les rangs politiques de tous bord pour s'en apercevoir. Dans le Privé c'est
pire.
De plus, il a un avantage qu'aucun étudiant "basique" n'aura jamais avec sa ribambelle de diplomes qui s'y verrait mieux que lui. Il a baigné dedans depuis longtemps et a du vivre et rencontrer des
situations et des personnes qui lui donnent un ascendant sur n'importe quel diplome, fusse-t'il d'une grand ecole comme la votre.
Quarto, le procès en népotisme. Venant de vous ça fait doucement rigoler car si vous êtes là ou vous êtes, c'est certainement du en grande partie avant tout à vos parents, qu'ils soient avec du
pognon, une carrière supérieure, un bon milieu social, des relations, profs qui ont habilement orienté votre carrière... Il m'étonnerait que moins de 99% d'entre vous n'aient pas au moins un de ces
éléments décisif dans votre background familial. Ca ne vous choque pas vous?

Pour finir, c'est la vaste fumisterie à la française, pays éminament sympathique mais bien étatisé et providentiel qui fonctionne sur des bases dynastiques depuis toujours, quelque soit le bord
politique. Ne travaillez vous pas déjà vos réseaux politiques et professionnels pour demain? Dans quel but?
Ce qui m'a également faire rire hier sont les gens de Gauche qui se revendiquaient du modèle anglo saxon si souvent honni devenu soudainement roi offrant à chaque personne la chance de parvenir à
faire quelque chose quelque soit son milieu. C'est tout d'un coup le Monde à l'envers, et vous n'êtes pas à une contradiction prête pour faire de l'audience.

Globalement je m'en tape un peu de la nomination du fils Jean et ne m'offusque pas de pratiques et de coutumes vieilles comme le franc dans notre pays tous bords confondus (le top ayant existé sous
l'ère Mitterand mais vous avez l'excuse de ne pas l'avoir vécue). De plus, j'ai vu son interview et objectivement, je trouve que pour un gamin de 23 ans il s'en ait bien sorti malgré son nouveau
statut d'homme le plus détesté de la semaine. Je suis plus attristé par la haine engendrée par la meute médiatique (censée être sous le joug de qui vous savez) qui va à la curée, sans parler des
néo inquisiteurs de la bonne morale bien pensante (les quadras du PS) qui ont trouvé une nouvelle cible après Mitterand la semaine dernière. Cela leur permet d'exister un peu, a qui le tour sachant
qu'ils n'osent même plus s'attaquer au "Patron", ils essaient de le saborder par son entourage, peine perdue, cela ne cache toujours pas leur propre médiocrité.