Nicolas Sarkozy et les collectivités, ou l'Etat schizophrène

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Comme à son habitude, quand il s'agit de démagogie électoraliste, le Président ne recule devant rien. Dernière illustration en date avec son discours du 20 novembre devant les élus locaux... de l'UMP, moins vindicatifs que les participants aux Congrès de l'AMF qui avaient hué le Premier ministre. C’est la troisième fois en quelques semaines que le Président s’en prend aux collectivités territoriales.

A quelques mois des régionales, le chef de l'Etat a ainsi fustigé (une nouvelle fois) la "folie fiscale" des régions dirigés par les socialistes. L'argument est habituel dans les rangs de la droite : les socialistes sont la gabegie, il faut réduire les dépenses publiques, blabla... Si ce discours connu est déjà faux en temps normal, il apparaît encore plus hors de propos dans le contexte actuel.

Il en effet totalement incohérent de demander aux collectivités de réduire les dépenses publiques alors que celles-ci, régions en tête, sont en première ligne du plan de relance. Autrement dit, quand l'Etat dépense, c'est légitime car c'est pour lutter contre la crise. En revanche, les collectivités agissent, c'est de la mauvaise gestion. L’Etat les a pourtant encouragées à investir par le biais de remboursements anticipés de fonds de compensation de la TVA…

Rappelons-le, les collectivités représentent 75% de l’investissement public et assurent la quasi-totalité de la gestion des services publics locaux. Elles servent d’amortisseur à la crise mais, pour boucler leurs budgets (qui doivent être obligatoirement équilibrés, contrairement à celui de l’Etat) elles doivent avoir recours à la fiscalité. L’Etat peut décider de laisser filer son déficit, pas les communes, départements et régions.

Il ne s'agit pas de nier que les collectivités territoriales doivent participer à l'effort de réduction des déficits. Les collectivités, hors transferts, continuent de créer des emplois dans la fonction publique territoriale. Mais l'Etat serait plus crédible s'il montrait l'exemple. Or en termes de "folie fiscale", la TVA dans la restauration ou le paquet fiscal seront difficilement égalés.

D'autre part, le  dernier rapport de la Cour des comptes relatif à la conduite de la décentralisation souligne que c'est l'Etat qui, par la multiplication de la contractualisation et le copilotage des politiques publiques, encourage les financements croisés et l'imbrication des compétences.

Face à cette situation, en dépit des nombreux travaux et rapports de qualité existants, le Président a choisi la confrontation plutôt que la concertation et cherche à contraindre les collectivités à réduire leurs dépenses. Qu’il se rassure, elles le font déjà d’elles-mêmes. C’est toutefois aller à rebours de la logique de décentralisation qui suppose de faire confiance aux élus locaux.

Les électeurs trancheront mais il est encore une fois regrettable que le débat tombe à un tel niveau. Une spécialité de notre Président.

JF G.

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sharky 28/11/2009 22:45


Merci pour le magnifique mais je ne le prends ni pour moi ni comme un fait de gloire car je préfèrerai de loin me tromper ou dire n'importe quoi.
Mais enfin, j'ai un vrai client en face de moi à lu tous les rapports des chambres régionales des comptes, bravo à toi et quel courage. Te voilà sans aucun doute en mesure d'écrire le Livre Blanc
que j'appelle de mes voeux, et/ou de dénoncer pieds à pieds, chiffre à chiffre les gabegies éhontées de l'UMP!

Ah non, tu préfères garder ces secrets pour toi, et continuer l'incantation; ah non même plus tu t'en remets aux français, tu es passé à l'allumage de cierges alors, que combattant! Ce qui ne veut
pas dire que vous n'en gagnerez pas bien au contraire, la politique est ainsi faite (syndrome de Stockolm?).
En plus on sait maintenant ou passent toutes ces dépenses de communication, hein Mr Huchon et ses placardages à plusieurs millions hors la Loi, mais il en est plus à ça près Mr Huchon le roi de la
com et du marketing de dernière minute faute de mieux. Faut dire qu'avec une femme intermittente du spectacle, show must go on!

PS: Tiens au fait question à 2 roubles pourquoi il est là lui condamné et pas Drey qui ne l'est pas (encore!)? Ils font pourtant le même poids les 2 piliers, alors pourquoi 2 mesures?

Psbis: Savez vous que le PS a son Jean Sarkozy, le petit Benoit Hamon après sa branlée qui était sans emploi savez vous ce qu'il fait? Ben comme tous les socialos, il est prof,mais associé (statut
particulier quand on a 5 à 10ans d'expérience professionnelle dans le sujet concerné, c'est important pour la suite)à Paris 8 ou il à plein de copains parait-il!
Et le plus top c'est qu'il est spécialiste des « grandes organisations internationales », tout ça avec une licence cadeau bonus en histoire (juste derrière AES et LO) obtenue à 24 ans
(pas brillant non plus, ça fait au moins du triplage ça). Aurait-il grugé son CV sur son expertise internationale, l'a-t'il cachée, faite en heure sup,le Dimanche, par correspondance? En tout cas
il paraît que certains spécialistes certifiés ou pro expérimentés font un peu la gueule, ils auraient même parlé de passe droit, non mais des fois! Surement à l'UMP ces mauvais coucheurs, ah ben
non ils sont profs, je dis que des conneries moi ce soir, sans doute déçu pas la leçon des Blacks au rugby.


Jean-François 28/11/2009 12:58


Magnifique! Quelle démonstration! Bon eh bien si l'UMP le dit, ils ont sûrement raison. Après tout ils gèrent déjà tellement bien le pays... Quand je lis les rapports des chambres régionales des
comptes, je n'ai heureusement pas l'impression d'une telle gabegie. Mais bon les rapports c'est pour les technos et les socialistes, à l'UMP on est dans l'action et donc on raconte n'importe quoi,
plus c'est gros mieux ça passe.
Je ne me lancerai pas dans une bataille de chiffres et de rapports. On verra bientôt si les français pensent de même. Vu la conjoncture actuelle, on ne pourra pas dire qu'ils votent pour le PS,
mais bien pour ou contre leurs exécutif locaux.


Sharky 27/11/2009 10:52


Je ne sais pas qui est démagogique mais votre contre feu est bien piteux, partisan certes, mais non étayé et incantatoire.

Le Livre Noir de Karoutchi est certes lui aussi orienté et partisan mais a le mérite de pointer factuellement la réalité point par point. Hors vos réponses devant ces faits chiffrés ne valent pas
tripette alors que je ne doute pas que des choses biens ont été faites et qui ne sont sans doute pas mise en avant dans le livre Noir. L'étayage de ces points positifs pourraient alors être mis en
balance avec ce que dénonce avec raison Karoutchi. L'approche pourrait alors être là constructive et permettrait aux lecteurs de juger. Un Livre Blanc des régions pondu par un PS serait bienvenu
pour les électeurs.

Votre côté, c'est pas bien mais l'autre c'est pire (ce qui est souvent faux et pure démagogie); c'est de la faute de l'autre; c'est lui qui m'a dit... est simplement digne d'une seule cours de
récré en primaire et absolument pas mature.

Qu'en est-il? Il y a clairement des grandes lignes directrices communes qui se dégagent sur la gestion des régions socialistes.
Dans la case recette :
1/ Matraquage fiscal des entreprises via la TP, qui sont considérées comme la vache à lait N°1 des régions
2/ Matraquage fiscal des particuliers et ent via les taxes foncières qui ont explosées
3/ Matraquage particulier des possesseurs de voitures (la majorité de la population) via les cartes grises et la taxe flottante de la TIPP qui a fonctionné à plein.
4/ Recours massif à l'emprunt qui endette les régions ce qui signifie que les impôts augmenteront encore quoiqu'il arrive.

Dans la case dépenses :
Avec tout ce bel argent tout neuf qu'ont donc fait les régions?
1/ Baisse non seulement en % mais aussi et surtout en valeur (alors que le gâteau est plus gros!) sur les principales dépenses d'investissement. Ceux d'un certain laboratoire PS de Poitou Charente
et ceux de l'IDF qui me concernent sont édifiants. Et encore on ne détaille pas la pertinence d'investissements réels de petits roitelets qui se sont fait construire des nouveaux Temples à leur
seule Gloire.
2/ Baisse ou stagnation de l'aide économique. Je t'en prends plus et je t'en donne moins!
3/ Multiplication comme des petits pains du nombre de personnel et de leurs coûts, qui sont des charges durables et incompressibles, avec tout ce qui va avec comme dépenses supplémentaires, en
traitement, moyens de fonctionnements, locaux.... Sans doute un moyen de s'assurer quelques électeurs (méthode déjà utilisée au niveau national sans succès) de plus et de lutter contre le chômage!
On peut toujours dire que c'est du service en plus mais les français ne les voient pas beaucoup.
4/ Big Bang des dépenses de communication. Là au moins, on est à peu près sur que ça n'impacte pas positivement la vie des français. A part au mieux flatter les égos et/ou les estomacs des élus, au
pire servir d'outil de propagande faute de mieux, je ne vois pas.

Alors la voilà la bonne gestion socialiste qui s'enorgueillit d'avoir des budgets équilibrés eux contrairement à l'Etat! Oui mais à quel prix les amis, c'est facile d'avoir un budget équilibré
quand on décide arbitrairement et unilatéralement de son « chiffre d'affaire » en ponctionnant les forces vives comme des mères macrelles.
Imaginez un peu les impôts nationaux augmenter dans de telles proportions à grand coup de 10%, 30% et même 50% et plus sur la période!

Au global, l'explosion des dépenses n'est majoritairement en rien pertinente et justifiée. La Décentralisation grand Mal dénoncé est une fausse barbe compensée, les disparités géographiques le
démontrent bien.
Les régions présentées comme les chevaliers blanc de l'amortisseur social n'ont fait que saigner un peu plus à blanc les français et les entreprises directement au portefeuille sans que ceux ci ne
voient un retour direct ou indirect ne serait-ce qu'au tiers de la hauteur de la ponction dans le meilleur des cas.

On peut effectivement parler de folie fiscale des baronnies PS qui agissent à l'encontre direct des français et se servent de leur pouvoir comme contre pouvoir improductif de l'Etat et de son
action.
Déjà l'un des pays les plus taxés au Monde, sans forcément avoir le meilleur service au Monde, vous n'avez que taxes et dépenses supplémentaires à la bouche alors que notre pays est déjà étranglé
et que les payeurs et/ou leurs moyens se réduisent comme peau de chagrin. Oui vous êtes fous!
Le chef de l'Etat a raison de mettre ce sujet sur la table à l'orée des élections que les français comprennent et voient ou votre aveuglement dogmatique (et personnel surtout en régions) nous
conduisent, dans le trou. Vous êtes aveugles sans aucune vision de la réalité économique, vos recettes sont éculées, vous êtes de piteux financiers et n'avez aucun sens des valeurs, vous faites fi
de l'intérêt réel des français qui je l'espère vont vous mettre dehors.
Défendez donc votre bilan s'il est si bon mais sur des faits et des chiffres pas sur de la seule incantation. Voter pour la Droite aux régionales est s'assurer que chaque français regagnera du
pouvoir d'achat, et les doigts dans le nez encore.


Thomas 26/11/2009 16:56


Je te rejoins sur l'ensemble des points soulevés.

Cette réforme territoriale n'en est pas une. C'est d'abord, dans l'esprit de Sarkozy, une réforme fiscale pour les amis du MEDEF instituant une "république low-cost" (Bartolone) et une réforme
électorale pour ses propres amis de l'UMP avec un mode de scrutin confortable.
Mais quid de la répartition des compétences? pas grand chose. Quid de la réforme de la carte intercommunale? dans les limbes du calendrier parlementaire...

Pire, tout cela se passe dans une ambiance désagréable de démagogie anti-élus surfant sur leur coût, alors que l'on voit bien que la création du conseiller territorial nécessitera de reconstruire
les hémicycles régionaux devenus trop petits (+59% de conseillers régionaux), posera rapidement le statut des suppléants et de leurs indemnités (sachant qu'ils pourront faire le travail de
Conseillers territoriaux surchargés)... D'ailleurs, le Conseil d'Etat s'est montré très réservé sur l'étude d'impact accompagnant le projet de loi. Les économies ne sont pas forcément au bout du
chemin, et à quel prix!