Que le match commence !

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Dans deux mois à peine, les Français se rendront à nouveau aux urnes. Qu'adviendra-t-il? Tsar Kozy étendra-t-il encore davantage son Empire? Ou sera-t-il enfin contré par la bravitude retrouvée de la fratrie socialiste? Il semble bien qu'il faille s'appeler Dieu ou Madequipe-de-rugby.JPGame Irma pour le savoir. Notre République étant encore laïque - sauf pour certains que nous ne citerons guère par souci de préservation de la cohésion nationale -, nous ne nous tournerons pas vers le premier pour le sonder. Du côté des futurologues, il apparaît hélas que Jacques Attali, malgré la "brève histoire de l'avenir" (Fayard, 19 euros de trop) qu'il nous conta, n'a point su prévoir la colère des taxis, des coiffeurs mais aussi de Jean-Pierre Raffarin à son propre égard. Ce défaut d'anticipation le discrédite donc d'emblée quant à la prédiction des résultats municipaux.


Toute la Gaule n'est donc occupée que par des homo politicus dans l'attente. Toute? Non! Car un village peuplé d'irréductibles journalistes sportifs a décidé, dans un formidable élan participatif, de mettre tout son flair à votre service
, en vous présentant en avant-première le scénario des 9 et 16 mars prochains!


Rencontre au sommet: PS-UMP

Première mi-temps: 9 mars 2008

Temps doux. Pelouse agréable. Public enthousiaste.
 

Le coup d'envoi est donné par l'arbitre F. Bayrou, unanimement reconnu pour sa neutralité exemplaire. Sarkozy-Laporte.JPGAprès quelques premières minutes hésitantes, l'équipe menée par le talentueux milieu offensif Hollande parvient à prendre le jeu à son compte. La ligne de défense est bien organisée autour de Mélenchon, très à l'aise sur son aile gauche, de l'intraitable Dray au centre et du véloce latéral droit, Valls.  Au milieu, on retrouve également une belle complicité entre Fabius - surnommé le "divin chauve" par ses camarades - et un Montebourg en grande forme, régalant le public de ses prouesses techniques, avec notamment un petit pont sur Kouchner dès la 3ème minute et un crochet magistral sur Bertrand à la 17ème minute, qui laisse le pauvre homme pantois. Lang, en pointe, n'est pas en reste, en remportant avec élégance la totalité de ses duels face au frêle Fillon, qui montre dès la 28ème minute des premiers signes d'épuisement.


Le jeu est fluide et l'état d'esprit bon, malgré quelques petits accrochages verbaux entre Hortefeux et Boutih. L'on assiste également à une interruption de match à la 36ème minute, du fait de l'entrée impromptue de Laguiller sur le terrain, gentiment renvoyée en tribune par l'arbitre. Ce léger incident casse dès lors quelque peu le rythme de la rencontre, si bien qu'à la 45ème minute, Bayrou siffle la mi-temps sans que le compteur n'est été débloqué par l'une ou l'autre des deux équipes.

 

Seconde mi-temps: 16 mars 2008


Temps radieux. Pelouse en excellent état. Public aux anges.

 

Après une première période prometteuse,  les vingt-deux acteurs sortent du vestiaire rafraîchis et déterminés. La seconde mi-temps démarre tambours battants, avec un joli ciseau retourné de Villepin (48ème minute) s'envolant dans les gradins, et une tête décroisée de Moscovici (53ème) atterrissant à quelques millimètres de la cage de Tsar Kozy. La tension est perceptible sur le terrain ; les joueurs s’arrachent pour décrocher le Trophée des Municipales. Dray est rappelé à l'ordre pour avoir voulu "régler ses comptes" avec Estrosi (80ème minute).


Rien à signaler jusqu’à la 92ème minute, où l'on assiste à ce qu’il convient d’appeler "l’actionFrance-socialiste.JPG du siècle". Peillon récupère le ballon au milieu de terrain, suite à une relance hasardeuse de Morin, et adresse une magistrale transversale à Emmanuelli. Ce dernier, d’un superbe contrôle de la poitrine, élimine aisément Karoutchi, et adresse une passe précise à son équipier Ayrault, lequel slalome alors dans la surface, avant de servir en retrait le capitaine des Rouges, Hollande, qui se charge de conclure en toute beauté. Le numéro 10, après avoir effectué  une feinte de frappe d’anthologie laissant sur le carreau Juppé et Hortefeux, vient en effet, d’un lob éclairé, loger le ballon en pleine lucarne du but de Tsar Kozy, qui assiste, impuissant, au triomphe sur le fil de l'équipe socialiste. Hollande aura donc une fois de plus délivré les siens, et su ne pas trembler dans les moments décisifs. La fête est belle; le carton jaune reçu par Lang pour avoir enlevé son maillot après le but n'y changera rien.
 

Commentaires d’après-match :
 

Hollande: « Ce soir, c’est le travail de tout un collectif. J’ai marqué, certes, mais je ne l’aurais jamais fait sans la boulette de Morin et l'abnégation de mes camarades ».
 

Begag : « Les plus solidaires ont gagné ce soir; il n’y a rien à dire. Nous n’avons pas su répondre présents dans la diversité».
 

Lang : « Je tiens à saluer tout d’abord nos adversaires. Mais aujourd’hui, nous avons accompli, sous l’égide de notre capitaine, un acte héroïque. Qu’il soit ici remercié pour avoir su si habilement dompter les formidables individualités de notre équipe au service de la réussite collective ! »
 

Tsar Kozy: « Je suis dégoûté : l’arbitre n’a ni vu la faute sauvage d’Emmanuelli sur Robien, ni le hors-jeu flagrant de Peillon sur l’action décisive ! J'interdis formellement à TF1 de  retransmettre ce match !»

 

Clara
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article