Saison de la Turquie en France: le Ministre de la Culture dans l'embarras.

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Repoussée le plus tard possible et surtout bien après les élections européennes, la saison de la Turquie a fini par être inaugurée vendredi 9 octobre au Grand palais  avec la visite éclair de Nicolas Sarkozy et de son ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, accompagné du président turc Abdullah Gül, arrivé en France deux jours auparavant.

Pour Nicolas Sarkozy, il s’agissait de ne pas trop s’attarder en compagnie d’un président turc dont le désir d’Europe est bien embarrassant pour un chef d’Etat français qui bloque toujours l’avancée des négociations entre Bruxelles et Ankara.

Alors que la Turquie a signé samedi à Zurich un protocole d’accord historique pour normaliser ses relations avec l’Arménie, la France reste enfermée dans son refus catégorique de voir la Turquie entrer dans l’Union Européenne.

On comprend dès lors que le thème même de l’exposition, intitulée « De Byzance à Istanbul » et qui montre le double ancrage de la Turquie en Europe et en Orient, ait pu déplaire à Nicolas Sarkozy qui ne cesse d’affirmer, carte à l’appui, que la Turquie n’a pas vocation à être en Europe.

La position bornée du président de la République est bien connue, mais qu’en est-il du ministre de la culture censé promouvoir l’organisation des différents événements culturels qui doivent ponctués la saison ?

Apparemment, il s’agit de ne pas froisser les susceptibilités du chef de l’Etat. Solidarité gouvernementale oblige, pas question d’en faire trop sur la préparation de la saison turque. Un bref communiqué de presse publié sur le site internet et rappelant le déroulement des événements prévus suffit. Pour reprendre le titre d’un article du Monde daté du 9 octobre, il s’agit de veiller au « service minimum », exigé pour ne pas créer d’incident diplomatique.

On attendrait pourtant davantage d’un ministre de la culture, qui ne cesse de clamer que son entrée dans le gouvernement Fillon, ne le privera pas de sa liberté de ton et de parole.

Plutôt que de se lancer dans une polémique nauséabonde, aux relents homophobes, lancée par un FN en quête de voix pour les régionales, et qui n’a rien trouvé d’autre à se mettre sous la dent, qu’un roman de gare publié il y a près de quatre ans, certains de nos dirigeants du PS auraient mieux fait d’attaquer le Ministre de la Culture sur le terrain politique.

Alors que l’ouverture de cette saison culturelle composée de plus de 400 événements à travers toute la France, devrait être l’occasion de tisser des liens forts avec un pays stratégique pour la France et pour l’avenir de l’Europe, l’inauguration a minima et l’accueil réservé au président turc, dont la réception à l’IFRI s’est faite sans qu’aucun ministre n’aient été présent, sont autant de fautes politiques et diplomatiques majeures !

Ar. L.

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