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Campagnes et propositions

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 14:04
- Publié dans : Campagnes et propositions
 

René Souchon n’est pas prêt d’oublier l’adage du ministre de l’Intérieur à propos des auvergnats : quand il y en a ça va, quand il y en a deux c’est là qu’il commence à y avoir des problèmes…

Heureusement, le président du Conseil régional ne s’est pas laissé faire, face à la grotesque tentative de récupération politique orchestrée par les deux auvergnats du gouvernement, Brice Hortefeux et Alain Marleix, lors de l’arrivée symbolique du TGV en gare de Clermont-Ferrand vendredi 20 novembre, prélude au lancement du projet de LGV entre Paris/Orléans/Clermont et Lyon.

Dans le scénario écrit par le sénateur Rémy Pointereau, président de l’association TGV Grand centre Auvergne et par Brice Hortefeux, président d’honneur de l’association, M. Souchon n’était pas convié à la petite fête organisée avec la SNCF et destinée à célébrer les efforts d’un ministre, en quête d’ancrage régional, dans le combat pour le désenclavement de l’Auvergne.

Contraint de revoir la liste des invités, suite à la vive réaction du Président du conseil régional, M. Pointereau a appelé Etat et collectivités locales à « cesser de faire de petits calculs ». Un vœu qui semble surtout s’appliquer au ministre de l’Intérieur, par ailleurs conseiller régional en Auvergne. A en croire Brice Hortefeux, le TGV à Clermont-Ferrand en 2020 c’est lui ! Le ministre pense avoir, enfin, trouver là un moyen de peaufiner son image d’élu local, après avoir longtemps hésité à se présenter au scrutin régional de mars, préférant laisser à son  secrétaire d’Etat aux collectivités territoriales, la tâche d’assumer la claque bien méritée que les électeurs s’apprêtent à donner à la tête de liste UMP.

Car si l’Etat participe à la hauteur du tiers du financement des études de faisabilité du dédoublement par le centre de la LGV Paris-Lyon, inscrit dans le Grenelle I, tout est fait à l’UMP et au gouvernement, pour masquer le rôle des 5 régions (Ile de France, Rhône-Alpes, Centre, Auvergne et Bourgogne) participant elles aussi au financement de ces études, avec RFF, au sein d’un comité de pilotage.

A chaque élection, la droite auvergnate revendique ainsi la paternité du projet, y compris lors du scrutin municipal de mars 2008 à Clermont-Ferrand où la candidate UMP, Anne Courtillé, n’avait rien trouvé de mieux pour faire oublier la faiblesse de son programme que de poser derrière un TGV sur ses affiches de campagne…

Pourtant, si l’Auvergne s’est longtemps trouvée à l’écart des projets de modernisation ferroviaire, c’est en partie à cause du « giscardisme » qui a régné pendant 18 ans à la tête de l’exécutif régional ! C’est avec le basculement de la présidence du conseil à gauche lors des élections de 2004, et l’arrivée à la tête de la région de Pierre-Joël Bonté, décédé en janvier 2006, puis de son successeur René Souchon, que le projet de désenclavement ferroviaire de l’Auvergne est véritablement mis sur les rails. En juin 2008 René Souchon, lance une grande pétition citoyenne « Demain TGV » qui a recueilli plus de 87 000 signatures et a contribué à faire inscrire le projet dans la liste de ceux retenus dans la loi Grenelle 1. Le conseil régional s’est également efforcé de défendre un projet qui vise à concilier ancrage du territoire dans les grands axes de circulation national et développement local, en associant tous les départements concernés par le nouveau tracé, afin de favoriser la circulation au sein de l’espace interrégional Rhône-Alpes-Auvergne, et éviter ainsi les risques de marginalisation de certains territoires éloignés des grandes dessertes ferroviaires.

Loin d’une vision dépassée du développement régional, défendue par la droite, et conçue à partir d’un seul axe reliant un pôle régional à la capitale, le tracé défendu par le conseil régional, vise à intégrer le futur réseau LGV dans un projet plus large, de solidarité et de cohésion entre les territoires périphériques, souvent oubliés et maltraités par les conceptions centralisatrices du gouvernement !


Ar. L.
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 10 2009 11:32
- Publié dans : Campagnes et propositions


Valérie Pécresse en meeting: A-BRA-CA-DA-BRAN-TES-QUE!
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Samedi 13 juin 2009 6 13 06 2009 10:03
- Publié dans : Campagnes et propositions

Il n’est jamais de bon ton de tirer sur une ambulance, mais après tout rien ne prescrit à un homme malade d’en frapper un autre. Alors que suite au cuisant échec des Européennes le Parti Socialiste va s’engager dans un énième mouvement de refondation de la réforme modernisée, se rabaisser à nos plus bas instincts politiques en malmenant le Modem, notre voisin de chambrée à l’hôpital des partis amochés, est peut-être le meilleur moyen de faire passer la pilule. Heureusement l’altruisme socialiste est sauf ! Car le PS a bien quelque chose à apprendre de la défaite du Modem : le danger du Boulangisme. On n’a pas tous les jours la chance de pouvoir réaliser une introspection par la critique de l’adversaire, alors on ne va pas s’en priver.
 
De quoi parlons-nous avec le Modem? Nous parlons d’un parti-start up qui a laissé planer après l’élection présidentielle de 2007 un vent de nouveauté sur la scène politique française proche de celui qui a porté Europe Ecologie. Un nouveau parti où tout est (enfin) possible, où les militants sont (enfin) écoutés, où ils peuvent (enfin) jouer un rôle, bref où ils ne restent pas à l’ombre des leaders. Mais surtout le Modem, ce n’est ni la gauche, ni la droite, c’est le centre, le vrai, le pur ! Voilà une définition du centre façon médicaments génériques : si nous ne sommes ni à droite ni à gauche, nous sommes au centre, et si nous sommes au centre, nous ne sommes ni à droite ni à gauche. Simple, si ce n’est simpliste, cette vision du centre a eu un temps son efficacité, amenant Bayrou à connaître l’apothéose d’une troisième place au troisième tour des présidentielles de 2007. Surfant sur le sentiment d’aigreur laissé par les deux mandats de Chirac, l’UDF - futur Modem – parvint à devenir avec ce simple concept du centrisme un parti d’aigris de la politique partisane bipolaire. Du parti de l’aigreur à celui de « l’omni-opposant », il n’y avait qu’un pas.

Et c’est là tout le drame du Modem et de François Bayrou. Bayrou n’est pas le prophète du centre mais le Général Boulanger de l’ère Sarkozy, c’est l’homme qui en 2007 a cristallisé toutes les oppositions et toutes les aigreurs à l’égard de la vie politique française. A l’image de Boulanger, qui a fédéré tous les opposants à la IIIème République, devenant tour à tour l’incarnation de Jeanne d’Arc pour Déroulède, de St Arnaud pour les Bonapartistes ou encore du général Monk pour les monarchistes, Bayrou s’est rallié les déçus du bipartisme, de gauche comme de droite. Loin d’être idiot, Boulanger a bien compris que définir son message politique revenait à tuer cette image de premier opposant au régime Républicain qu’il s’était forgé. Bayrou, lui, n’a pas réussi à comprendre que sans définition claire d’un projet politique, la longévité politique est compromise. Nous connaissons la suite : passant de la case « ni de gauche ni de droite » à la case « champion de l’anti-Sarkozysme » sans passer par la case départ « définition d’une vision politique », Bayrou ne touchera jamais sa 3ème place aux Européennes ?

D’échec en échec, l’aventure centriste du Modem aura été tout aussi courte que celle du Général Boulanger. Europe Ecologie aura été le Charles Floquet de Bayrou, mettant  à nu son peu de vision politique dans ce qui est pourtant son pré carré politique : l’Europe.  Ironiquement, le « vote apolitique » a peut être tué le symbole du non alignement politique. Nous espérons bien entendu que la comparaison s’arrête ici, le Général Boulanger s’étant suicidé sur la tombe de sa maitresse en Belgique peu de temps après son échec politique en France.  Reste que la réflexion que nous pouvons avoir sur le caractère Boulangiste de la stratégie politique de François Bayrou ne cache en rien une tentation similaire au sein du PS qui a conduit les socialistes à proposer une offre politique peu claire, peut être pas assez énergique et ne trouvant pas une cohérence suffisante entre les problématiques de la crise et les aspirations sociétales et politiques de la population française. Le Parti Socialiste doit échapper à la tentation Boulangiste, il doit être un parti d’opposition proposant une contre-politique claire, qui parle aux Français, et ne doit plus chercher, à l’image du Modem, à être simplement et primairement le meilleur ennemi de Sarkozy.

Lucas B.
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 06 2009 22:18
- Publié dans : Campagnes et propositions
 
Analyse au lendemain de l’élection européenne du 7 juin 2009.

« C’est une claque méritée. Nos électeurs n’en peuvent plus d’attendre l’évolution et la transformation en profondeur du Parti socialiste, englué dans ses querelles, son immobilisme et son enfermement sur lui-même. Ce n’est pourtant pas une victoire pour l’UMP. Isolée dans sa forteresse à 28 %, sans alliés, sans soutiens autres qu’elle-même. D’ailleurs, le total des voix de gauche est largement supérieur à celui des voix de droite, montrant que si la gauche se transforme et s’unit, elle sera en mesure de proposer une alternative au pays et de faire basculer l’histoire. Je vais désormais m’attacher à construire le nouveau parti de toutes les gauches, rejetant dans le passé obscur les querelles de pouvoir au sein du Parti socialiste et les divisions inutiles d’une gauche qui a une autre vision de la société et du monde à défendre. Les grandes élections primaires populaires ouvertes à toute la gauche pour désigner le leader à l’élection présidentielle qui affrontera Nicolas Sarkozy est la première étape à faire accepter au Parti socialiste. Ces primaires auxquelles tous les français devront être associés nous aideront à restructurer notre relation avec les français et retrouver le goût de l’écoute d’une France qui a besoin plus que jamais d’une gauche moderne et créative. »
Arnaud MONTEBOURG

Malheureusement ce n'est pas des présidentielles qui sont en droite ligne à l'échéance 2010 et j'aimerais bien que l'on s'en souvienne. Les régions, bastions incontestés de la gauche, nous échapperont-elles pour causes de luttes intestines et perte de crédibilité?

Alors on dira ce que l'on voudra, les verts ne tiennent que sur Cohn-Bendit, ils ont tablé sur le "capital sympathie", ils ont sensibilisé les gens avec la projection de Home Vendredi sur France 2 et au Champ de Mars… mais Europe écologie ne nous devance pas qu'en Île de France, et le PS ne dépasse les 19%  sur aucune circonscription. Le parti est en crise, il n'a pas de crédibilité et surtout pas à gauche. Les résultats du Parti socialiste sont loin derrière ce que l’on pouvait croire, et ils résultent du fait que le parti n’a pas su mobiliser, il n’a pas su se faire meneur de file d’un mouvement européen fort. Malgré le Manifesto à 27, malgré la plateforme écologique, le message n’est pas passé, les électeurs n’ont trouvé dans le PS que mots creux et thèmes franco-français. Face à cela l’UMP sort grand vainqueur d’élections qui auraient du le sanctionner pour sa participation à l’Europe libérale du PPE  et à son manque de réactivité dans la crise. Mais entre silence médiatique, éparpillement de la gauche et désintérêt affiché des français pour ces élections, le mouvement présidentiel affiche un score au-delà de toute attente et une jubilation de grand vainqueur. Pourtant, comme le dit Arnaud Montebourg, la droite n’est pas en mesure de rassembler tous les français dans l’état actuel des choses. Mais avec les divisions à gauche et au sein du PS, l’UMP reste et s’affirme comme le premier parti français, le seul capable d’obtenir une assise citoyenne et des résultats électoraux lui permettant de gouverner.

Si le PS ne prend pas mesure de son échec et ne cherche pas à transcender les clivages internes et les luttes intestines qui le secoue et en fond pour tous les français, sympathisants comme autres citoyens, un parti moribond et dépassé qui s’entête à se regarder le nombril et à ne pas régler les luttes d’influences en son sein, il n’y aura pour le Parti ni le moyen de convaincre aux régionales, ni celui d’être prêt pour les présidentielles et les législatives à présenter un visage neuf et réunit. Un PS convainquant serait unifié et crédible pour porter d’un seul poids un programme socialiste fort, ancré à gauche, et se réclamant de ses valeurs comme l’environnement (que nous défendons de toute façon), les réformes sociales (éducation, recherche, santé, que la droite abandonne systématiquement), défendant une Europe des services publiques (au contraire de l’Europe actuelle). Mais surtout ne se leurrant pas sur les vrais enjeux. Le traité de Lisbonne, bien que les Parlementaires français se soient abstenus de le voter pour ne pas remplacer la voix injustement effacée du peuple français (ce que l’on ne répète pas assez), entrera vraisemblablement en vigueur à la fin de l’année. Plutôt que de brasser du vent, acceptons ce cadre et trouvons des manières de mettre en avant les valeurs socialistes au sein de cette nouvelle Europe. Il faudra appréhender des années sans Commissaires français (rotation des Commissaires avec 18 Commissaires pour 27 pays), de nombreuses années sans Présidence française du Conseil de l’UE (aucune prévue d’ici 2020), il faudra surtout appréhender la toute puissance des libéraux et partis de centre-droit européens au Parlement pour cette législature.

Mais la défaite du Parti Socialiste français n’a d’égale que celle de ses voisins. Perdant à 27 avec un programme commun en grande partie, les partis socialistes européens se doivent de se retrouver, nationalement et à l’échelle de l’Union Européenne, pour s’assurer que la reconstruction du parti, des partis, se fait sur des bases communes. Au besoin, les idéaux de l’internationale socialiste dont nous faisons toujours partie ([…] de tous les pays unissez vous !) pourraient nous porter vers une vision plus cosmopolite du monde.

Malgré la défaite cuisante, la fin du monde n’est pas pour demain. Cependant si le parti ne se relève pas persuadé qu’il faut rénover, venir à bout des clivages et prêts à prendre une nouvelle ligne partisane et à se rapprocher des militants et sympathisants pour comprendre ce qui a échoué dans la mobilisation des soutiens pour cette élections, les élections à venir ne seront que des échos du tremblement de terre qui nous a (devrait nous avoir !) ébranlé dimanche. Les électeurs de gauche sont là, les programmes aussi et surtout les opportunités de les porter et de les soutenir. Reste à se reprendre et se reformer avant de partir en campagne à nouveau, car rien ne sert de montrer les dents lorsqu’on est édentés… 

Lucile C.
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 06 2009 09:37
- Publié dans : Campagnes et propositions

La défaite est dure mais elle est au moins assumée par l’ensemble des socialistes. Sept ans après le 21 Avril 2002, le constat est cruel pour le parti : une absence de projet de société, des instruments dépassés et un repli sur soi qui ont coûté cher à nos valeurs au cours de cette élection européenne.

Le Parti Socialiste a vocation à incarner une alternative au gouvernement actuel pour diriger la France. Il ne faut jamais l’oublier. Nous ne sommes pas un parti d’opposition mais devons constituer le premier parti de proposition en France. Pour cela, un projet de société doit être défini. Il ne s’agit pas seulement de donner deux propositions clés avant un scrutin national de type « hausse du smic et défense des services publics », mais de présenter un projet cohérent apportant de l’espérance aux citoyen-ne-s. Ce projet pourrait s’articuler autour de deux valeurs aujourd’hui trop largement oublié par les socialistes : l’espérance et l’ascension sociale d’une part ; la personne humaine d’autre part.

« Hope ». Cette notion d’espoir si présente dans la campagne d’Obama n’est plus incarnée par le PS en France depuis 2002. Le discours consistant à faire de la priorité n°1 l’augmentation du SMIC conduit à des effets pervers : les chômeurs ont le sentiment qu’ils auront plus de difficultés à retrouver un emploi et les classes-moyennes inférieures se sentent déclassées. Par ailleurs, notre façon de soutenir parfois certains conservatismes pour plaire aux syndicats entraîne les personnes qui ont vraiment besoin d’aide à remettre en cause la crédibilité du PS. Les générations qui entrent sur le marché du travail en pleine crise financière après avoir subi le 21 avril à 15 ans et le CPE à 18 ans n’espèrent même plus aujourd’hui toucher une retraite et bénéficier gratuitement de soins de la part de l’Etat lorsqu’elles seront plus âgées. Le PS doit avoir le courage de mener les réformes justes avant que la droite ne détruise notre modèle social. Pour cela, il faut proposer sous contraintes de coût et d’endettement pas illimité et assumer les critiques. Le PS ne doit surtout pas devenir le parti conservateur. Le conservatisme, c’est assurer un statut quo qui nuit aux personnes qui sont aujourd’hui les plus démunies et qui ne bénéficient pas du système. L’espoir dans l’avenir s’incarne par une confiance dans le futur. Retraites, santé mais également développement durable. Le PS doit intégrer dans son projet la transformation de l’économie capitaliste par l’environnement. Ce projet ne peut pas être laissé aux Verts car il est indissociable de la question sociale. La décroissance, c’est la récession, donc l’absence de redistribution. Le PS doit répondre au défi de lier le social et le développement durable afin de permettre la mise en place d’emplois durables, dans les collectivités territoriales, dans l’énergie, dans l’habitat car ce sont des emplois non-délocalisables. L’espoir doit aussi passer par l’Europe. Vue la nouvelle composition du Parlement Européen, ce sera dur. Il ne faut pourtant surtout pas oublier l’idéal commun entre l’Europe et le Social : accepter l’autre, s’enrichir de cultures et de mentalités différentes, permettre l’ascension sociale de tous. Dos au mur, les 27 partis socialistes européens doivent mener ensemble une réflexion forte pour penser, par exemple à la mise en place d’une taxe sociale et environnementale pour les pays qui ne respecteraient pas certains critères de base sociaux et environnementaux, et les possibilités de mises en œuvre d’un tel dispositif.

La prise en compte de chaque femme et de chaque homme en tant qu’individu à part entière est également un manque pour le Parti Socialiste. La réflexion – nécessaire – en termes de classes sociales a trop souvent empêché la gauche de se saisir de la question de la personne humaine. L’individu au sens de la droite, c’est le consommateur. La gauche doit avoir la volonté de se saisir de cette question en étant capable de considérer chaque femme et chaque homme comme quelqu’un d’unique avec des motivations propres. Elle doit avoir l’ambition de permettre l’émancipation de chaque femme et de chaque homme par l’éducation mais également par une formation adaptée à chacun tout au long de sa vie. Elle doit, dans sa façon même de faire campagne s’adresser à chacun plutôt que de parler à des groupes qui tendront trop souvent vers du corporatisme. Chaque personne doit comprendre que le PS s’adresse directement à elle, qu’elle est elle-même concernée par tous les problèmes actuels. Ce sera déjà une première façon de lutter contre l’abstention. La gauche doit également permettre à chaque femme et à chaque homme de se sentir représenté par l’Etat dans les services publics. Le PS doit avoir le courage de défendre une vision des services publics efficaces et représentatifs de toute la population française afin que ces services ne soient pas remis en cause. Ils sont bien trop importants pour souffrir d’un désamour auprès des personnes qui en ont souvent le plus besoin.

Le Parti Socialiste doit également arrêter de se demander s’il est trop à gauche ou trop à droite. Il doit se composer du plus grand nombre possible de militants qui se reconnaissent dans les valeurs de solidarité, de liberté, d’égalité, dans la culture d’un parti de gouvernement et dans la volonté de mettre en place une véritable économie sociale et environnementale de marché. Pour gagner, il aura besoin de rassembler largement, y compris en dehors du PS et de s’ouvrir à des citoyens qui appartiennent à d’autres partis ou à des associations dont les valeurs sont proches des nôtres. La campagne menée par Europe Ecologie doit servir d’exemple au PS : aucune attaque sur les partenaires de gauche ; un rassemblement large de Bové à Joly autour des questions de développement durable ; un leader charismatique ; un vrai projet de société autour de l’environnement… Ce projet ne sera toutefois jamais suffisant pour les citoyens car il doit être associé à la question sociale et économique. C’est la raison pour laquelle le PS en ces temps de crise économique est indispensable. Il doit rapidement repenser son projet pour constituer – enfin – la force crédible d’alternance que les Français attendent depuis très longtemps.

Etienne
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