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Vendredi 18 avril 2008


Diego Melchior, notre correspondant en Italie, nous fournit une analyse à vif des derniers résultats électoraux décevants pour la gauche. Il serait intéressant de tirer les enseigments au niveau européen de cette défaite, tellement la comparaison entre le sarkozysme et le berlusconisme est riche d'enseignements. 



Le résultat des élections politiques italiennes du 13 et 14 avril est sans appel : la coalition de droite menée par Silvio Berlusconi est sortie victorieuse du scrutin.
Le Peuple de la Liberté a obtenu à la Chambre des députés 36,4% des voix et son allié, la Ligue du Nord, 9%. Au Sénat, le Pdl a obtenu 37,8% des voix et la Ligue du Nord, 8,2%. Le Parti démocrate a obtenu 33,6% des voix à la Chambre des députés et son allié Italia dei Valori, 4,3%. Au Sénat, le Pd a obtenu 33,8% des voix et Idv, 4,3%. La coalition Pdl+Ligue+Mouvement pour les Autonomies aura 344 députés et 174 sénateurs : c’est une large majorité qui va permettre à Silvio Berlusconi de gouverner seul, à la tête de sa coalition.

 

 

Victoire de la droite ne veut pas dire, défaite de la gauche. En effet, le centre-gauche incarné par Walter Veltroni, à la tête du Pd, même s’il a été battu, a obtenu le plus haut score de son histoire : en 2006, l’Ulivo n’avait totalisé que 31,3% des voix. Le Pd s’est imposé comme le grand parti de la gauche et du centre-gauche. La gauche radicale incarnée par La Sinistra/L’arcobaleno n’a obtenu que 3% des voix (alors qu’elle totalisait plus de 10% des voix en 2006). Cette coalition de quatre partis (dont Rifondazione Comunista et les Verts) n’aura pas de représentants au Parlement. De même pour le Parti Socialiste Italien qui a obtenu 0,9% des voix. Pour la première fois de son histoire, le Parlement italien n’aura pas en son sein de représentants de la gauche historique. C’est la deuxième leçon qu’il faut tirer, simple et pragmatique : alors que le discours économique du Pd, axé sur la lutte contre la précarité, a su convaincre, les idées de la gauche radicale n’ont rencontré aucun soutien auprès des Italiens. Son projet de société est apparu totalement décalé avec les aspirations de la population. C’est un avertissement fort pour la gauche européenne et, en particulier, pour tous ceux qui, dans un PS en plein travail de rénovation, défendent idéologiquement l’ancrage à gauche. Le Pd italien l’a prouvé : seule la voix réformiste du centre-gauche est l’alternative viable à la droite.

 

 

Cependant, le Pd n’a pas réussi à dépasser la barre des 35%, objectif initialement prévu. Pourquoi ? Les raisons sont probablement multiples. D’abord, le Pd paye le fait d’avoir participé à la législatureprécédente : faire partie d’un gouvernement sortant est toujours un désavantage surtout quand des problèmes importants non résolus existent encore sur le territoire au moment de l’élection. Ensuite, la droite a été habile et n’a rien épargné au Pd et à Walter Veltroni : mensonges et menaces. D’un côté, Silvio Berlusconi accusant le Pd d’être le Parti Communiste Italien du XXIe siècle, d’un autre côté, Umberto Bossi appelant les Italiens à sortir les fusils en cas de défaite de la droite…

 

En outre, le Pd n’a pas complètement atteint l’objectif de conquérir l’électorat modéré. En effet, l’Union du centre a obtenu 5,5% des voix ce qui lui permet d’avoir députés et sénateurs. Ces voix qu’a prises l’Udc sont probablement celles qui ont finalement manqué au Pd pour faire la différence. Qu’en déduire ? Le Pd n’a probablement pas convaincu suffisamment l’électorat catholique modéré. À l’avenir, tout en respectant l’idée de laïcité, il faudra peaufiner le discours sur les mœurs qui a toute son importance en Italie. Mais tout cela ne saurait expliquer l’écart de voix entre la droite et la gauche. Le fait que la Ligue du Nord soit à 8% et l’extrême droite (incarné par le parti La Destra) à 2,5%, c’est-à-dire presque autant que la gauche radicale, est significatif. En effet, certains thèmes qui paraissent importants pour les Italiens ont été mieux exploités par la Ligue et l’extrême droite. L’Europe, le fédéralisme italien et l’immigration ont servi de terreau électoral pour les extrémistes. Le Pd a manqué de pugnacité dans son argumentation pour la défense de l’Europe dans un pays où le passage à l’euro est encore mal vu. Le sujet du fédéralisme a été totalement absent ce qui a laissé le champ libre à la Ligue qui a pu développer à souhait son discours inégalitaire concernant le fédéralisme fiscal. Enfin, le raccourci véhiculé par la Ligue et l’extrême droite, « présence des immigrés=chômage et insécurité » n’a pas été suffisamment démontée. Le Pd a manqué de répondant sur la question de l’immigration face à une droite adepte d’un discours volontiers nauséabond sur ce sujet.

 

 

Une dernière leçon doit être enfin tirée et devrait intéresser particulièrement le PS. Pour gagner face à une droite adepte du « tous les coups sont permis » une réelle force organisationnelle s’impose. Le choix d’un leader après des primaires nationales, non limités aux seuls adhérents du parti, est la première étape. Doit suivre immédiatement l’élaboration d’un projet qui doit offrir un programme économique clair et précis mais qui doit se différencier de la droite principalement sur des sujets comme l’immigration ou la sécurité. Leader et projet sont indiscutablement liés. Les petits compromis entre forces antagonistes internes doivent être écartés. En ce sens, le Parti démocrate italien a ouvert une voie réformiste et démocrate que le PS ne doit pas avoir peur d’emprunter, d’autant plus que la configuration politique française d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler la configuration italienne d’il y a quelques années. Il faut dès à présent concilier les tenants de la tradition socialiste et les tenants du christianisme social. C’est cette voie-là que doit suivre le PS, c’est la voie du centre-gauche.

Diego Melchior

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vu(e) d'ailleurs
Samedi 5 avril 2008


La France n'est pas le seul pays dans lequel la hausse des prix des produits de base ébranle l'opinion publique et les titres des journaux. Petit détour de l'autre côté de la Méditerranée, en Egypte, grâce à Elsa, où la pénurie de pain a déjà entraîné la mort de quinze personnes. Goutte de trop ou élément de fond ? La grogne pourrait bien prendre de l'ampleur. Ce sera l'occasion d'y revenir, après les manifestations de dimanche.

 

5 piastres la galette de pain au prix subventionné. Avec un euro fort, on ne peut même pas convertir. Disons que 20 galettes valent environ 0,10€, autant dire un prix véritablement dérisoire pour un regard européen, même celui d'un Européen vivant en Egypte. Pourtant, on recense actuellement 15 morts en Egypte, suite à des émeutes devant les boulangeries, conséquence de la situation actuelle de pénurie.

En Egypte, le pain subventionné, beaucoup moins cher mais de piètre qualité, était traditionnellement consommé par les couches les plus populaires de la société, dans un pays où environ 20% de la population vit avec moins d'un dollar par jour (... et 40% avec moins de deux dollars). Le système coûte cher, mais c'est la solution adoptée par le régime pour nourrir 80 millions d'habitants concentrés sur un territoire pas plus grand que la Belgique. Ainsi, le régime d'Hosni Mubarak reste une dictature policière, un temple de la corruption, une bombe à retardement qui catalyse tous les mécontentements, et un obstacle majeur au développement économique et social du peuple... mais, même mal nourrie, la population ne meurt pas de faim.

Le pain constitue véritablement la base de l'alimentation, avec une consommation moyenne équivalente à celle de la France au début du XXème siècle (400 grammes par jour et par personne, ce qui représente environ 80% des apports caloriques).

L'inflation récente sur les produits de base - notamment l'huile et le riz, qui constituent la base de la cuisine égyptienne - entraîne une plus grande consommation de pain par effet de compensation, et les boulangeries subventionnées attirent aujourd'hui jusqu'aux classes moyennes. Jusqu'à récemment, celles-ci préféraient acheter du pain non subventionné, de bien meilleure qualité, disponible dans la rue pour 25 piastres la galette, soit cinq fois plus cher, et qui coûtait encore 10 piastres il y a environ un an.

Parallèlement, l'augmentation du prix du blé sur les marchés mondiaux favorise le marché noir. Un
boulanger peut espérer gagner 10 livres (1,2 euros) en transformant une tonne de farine subventionnée en pain, et 300 livres (35 euros) en la revendant au marché noir. De plus, certains éleveurs nourrissent leur bétail avec ce pain subventionné, devenu moins cher que l'aliment du bétail à cause des cours internationaux. Comme souvent en Egypte, les contrôles sont lacunaires et biaisés par la corruption des agents. Il n'en demeure pas moins que l'Egypte subit de toute façon de plein fouet les hausses sur les marchés mondiaux, d'autant plus qu'elle est le premier importateur mondial de blé et produit une farine à 80% d'exportation.


La situation est telle que le président Mubarak vient d'ordonner... à l'armée de faire du pain. Cette décision ne manque pas, bien entendu, de faire sourire l'opposition. "There is something wrong when the Central Security forces, which used to beat us, now provides us with bread" (député Al-Sadat, neveu du président Sadate issu du parti libéral Al-Ahrar, DailyStar Egypt). Pour contrer le marché noir, accusé par le gouvernement d'être la principale cause de la crise, celui-ci propose surtout de séparer la production de la distribution, afin de faciliter les contrôles et éviter la corruption des boulangers. Ces mesures restent illusoires, et ne s'attaquent pas du tout au véritable problème, celui de l'inflation générale dans un pays où les salaires trop faibles et gelés font du backshish une source de revenu normale et quasi-institutionnalisée et ne permettent pas à l'ensemble de la population de subvenir à tous ses besoins malgré une croissance forte et régulière.


Et c'est ainsi que, chaque matin depuis quelques semaines, on assiste à un spectacle bien étrange devant les boulangeries. "Pas plus de 20 galettes de pain par personne", crie le boulanger. Pour une famille de 4 enfants, cela représente seulement trois galettes de pains par jour. Du coup, les femmes viennent souvent avec leurs enfants, pour obtenir une plus grande quantité. Il est très rare que tous les consommateurs de la queue soient satisfaits. Les journaux cairotes relatent donc des drames, d'accidents suite à des mouvements de foule en vengeances entre familles. La situation n'est pas complètement inédite. On se souvient des 18 et 19 janvier 1977, où l'Egypte avait connu de violentes émeutes, suite à la décision de Sadate d'augmenter les prix de certains produits de base. 


Evidemment, le souvenir de ces évènements ne manque pas de rejaillir dans les colonnes de la presse. Faut-il s'attendre à un mouvement de grande ampleur, susceptible de faire trembler le régime ? Rien n'est moins sûr. Certes, la situation du pain cache de nombreux autres mécontentements, et la grogne monte dans toutes les classes. Ainsi, les professeurs d'université et les médecins sont déjà en grève actuellement. On annonce dimanche prochain (6 avril), une grande grève générale, où chacun est appelé à rester chez soi (le dimanche n'étant pas chômé en Egypte) et à ne pas travailler, en guise de protestation.  Des rumeurs annoncent que "ça va cogner", d'autres restent sceptiques quant à l'ampleur du mouvement à espérer. La journée de dimanche et son issue seront certainement un bon indicateur du baromètre social égyptien. On peut certainement y voir l'occasion attendue depuis longtemps de tester la foule, sa grogne et sa capacité de soulèvement, dans un pays où les journaux sont largement soumis à la censure et les journalistes indépendants régulièrement embêtés par la justice. Le mouvement intervient juste avant les élections municipales, et la journée de dimanche jouera également le rôle de test pour tous les partis d'opposition, des libéraux aux islamistes radicaux.


Elsa Foucraut
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vu(e) d'ailleurs
Jeudi 3 avril 2008

Débat difficile s'il en est, la question tibétaine (et surtout ses répercussions sur les JO de Pékin) semblait tout à fait appropriée à un point de vue extérieur aux polémiques peut-être trop internes. Rien de mieux pour tenter de nous donner un éclairage sur cette question complexe que le point de vue d'un émigré dans un endroit symbolisant ce que le Tibet ne veut pas devenir  :  Hong-Kong. Merci à Etienne, accessoiremment fondateur de ce blog, pour cet article qui prend du recul sur un sujet qui en a besoin.

La presse internationale couvre aujourd’hui la crise qui ébranle le Tibet, avec un fort retentissement qui contraste avec les années de silence sur le sujet. Hongkong, qui fut une colonie anglaise jusqu’en 1997, et qui conserve une très forte autonomie vis-à-vis de la « Chine continentale » - une frontière sépare encore les deux entités – présente, à cet égard, un angle de vue intéressant sur la question. La ville a connu, avant son retour dans l’Empire du Milieu, des manifestations démocratiques demandant son indépendance. Elle a craint la mainmise chinoise. Et pourtant, les « émeutes du Tibet » n’émeuvent pas la population locale, bien au contraire. Certes, cela provient en partie du fait que le Tibet n’est pas perçu comme un eldorado perdu dans un monde ou règne le capitalisme sauvage, mais plutôt comme une terre que les Chinois ont développée, alors que les Tibétains y réalisaient des pratiques d’un autre temps. C’est bien connu, les conquêtes se font toujours dans l’intérêt du peuple colonisé. La France de Napoléon qui voulait exporter les droits de l’homme en est un exemple. Pourtant, il y a, dans le traitement même de la crise par les medias occidentaux quelque chose de gênant.


Le Tibet, de 1989 à aujourd’hui

 

Pour bien comprendre le sujet, il faut revenir aux faits. En 1989, la Chine massacre ses propres étudiants dans la place centrale de Pékin, à Tienanmen. Je reviendrai sur cet événement très révélateur de la politique chinoise, en conclusion de cet article. Il est intéressant de rappeler qu’en 1989, la Chine effectue également une répression féroce au Tibet envers des milliers de Tibétains qui se révoltaient. Le jeune gouverneur de la province, qui allie ouverture économique et répression politique, un certain Hu Jintao, séduit alors le leader chinois Deng Xiaoping, qui le désigne comme son deuxième successeur après Jiang Zemin. A ce moment, le Tibet suit avec déchéance le principe de non-violence fixé par le Dalaï-lama.

 

Depuis l’arrivée au pouvoir de Hu Jintao en 2002, la stratégie de la Chine concernant le Tibet a changé. Elle consiste à inciter par tous les moyens les Chinois (que l'on nomme les Han, ethnie majoritaire à 92%) à s'installer au Tibet.

C’est un exercice périlleux car la plupart des Chinois craignent la haute altitude tibétaine. Toutefois, dans un pays encore très pauvre, rural à 75% (ne l’oublions pas !), les promesses de salaires élevés séduisent les Chinois. Lhassa, la capitale tibétaine, est désormais peuplée majoritairement par les Han. De plus, en 2004, la ligne de train qui reliait Pékin au Sichuan (la province la plus proche du Tibet), est prolongée jusqu'à Lhassa, au prix d’un exploit technique sans précédent pour construire des rails sur ce toit du monde, et de dégâts irréparables concernant l’environnement et la nature. Ce train qui relie Lhassa à Pékin en deux jours permet évidemment un déplacement de population plus important, et les Tibétains se sentent envahis par la présence des nouveaux arrivants.

 

2008 : Et si le Dalaï-lama n’était plus le chef politique des Tibétains…

 


Personne ne peut vraiment rester insensible à ce « génocide culturel », comme l’a désigné le Dalaï-lama. Pourtant, le traitement de l’information occidental provoque un malaise, même chez moi. Pourquoi ? Car quand on lit les blogs des touristes sur place, par exemple le blog d’Aurélien (cf. http://parceque.over-blog.com/) un Français présent à Lhassa le jour du début des affrontements, on découvre un autre point de vue : Celui selon lequel les violences seraient l’œuvre des Tibétains sur les Chinois.
 

Est-ce en partie ou complètement vrai ? Difficile de le dire. En tout cas les medias occidentaux, a quelques exceptions près, comme par exemple rue89.com ou arretsurimages.net en France, refusent de présenter ce point de vue. Pire, pour défendre la thèse inverse, ils falsifient des images. Le Monde rapporte ainsi qu’un élève de l’université pékinoise Qinghua n’a pas manqué de reporter sur un site le trucage de photos.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/03/29/tibet-la-guerre-de-l-information_1028768_3216.html#ens_id=994548)

 

 


Pourquoi après tout ne pas présenter cet autre point de vue ? Si cette situation de violence des Tibétains était vraie, ce que je crois, elle peut s'expliquer. La non-violence prônée par le Dalaï-lama est un bel idéal, mais elle a mené le Tibet dans une situation désespérée.

Aussi, pour en finir avec cette politique de colonisation, et décourager les Chinois de venir s’installer au Tibet, massacrer des innocents est une stratégie atroce, mais efficace. Il est probable que les risques encourus dissuaderont de nombreux Chinois d’émigrer sur le toit du monde dans les prochaines années.


La réponse à cette mystérieuse interrogation provient peut-être de l’appétit de vente de la presse, et de l’hypocrisie des hommes politiques. Du point de vue médiatique, insister sur les souffrances du peuple tibétain que les Chinois massacrent, c’est un drame passionnant, une tragédie. Pour aller encore plus loin, la description du Dalaï-lama ressemble presque à la figure du Christ : toute sa vie, il reçoit les coups et les encaisse sans se défendre, prônant inlassablement l’idéal de non-violence. Bien sûr, dire que les Tibétains ont peut-être tué des Chinois, même si c’est légitime de leur point de vue, c’est beaucoup plus difficile à vendre.


Néanmoins sur le sujet, les principaux responsables sont les hommes politiques occidentaux qui font preuve sur le sujet d’un double langage stupéfiant. Rappelons, par exemple, que lors de son dernier voyage en Chine en novembre 2007, le Président Sarkozy a jugé utile de préciser dans son discours que le « Tibet fait partie intégrante du territoire chinois ». Comment peut-on d’une part tenir ces propos, et d’autre part, critiquer le prolongement du train en provenance de Pékin, du Sichuan au Tibet ? Si cette région appartient à la Chine, on peut difficilement lui reprocher la construction d’un moyen de transport à l’intérieur de son territoire (surtout quand on essaye de lui vendre nos trains…).


Aujourd’hui le Dalaï-lama semble dépassé. Sa déclaration selon laquelle il remettrait sa « démission » si jamais les Tibétains étaient violents n’est qu’un aveu de son incapacité à contrôler le mouvement. Le congrès national de la jeunesse tibétaine dispose aujourd’hui d’une aura grandissante, surtout auprès des jeunes, et son discours est bien moins lisse que celui du Dalaï-lama : Il ne croit pas en la non-violence, et surtout il réclame l’indépendance complète du Tibet. Une flamme de l’indépendance du Tibet a ainsi été allumée par le Président du mouvement, et elle devrait faire le tour du monde, en même temps que la flamme olympique.

Face à ces revendications qui vont à l’encontre des choix diplomatiques des dirigeants occidentaux, je crois que ces derniers se replient encore sur le Dalaï-lama, puisque celui-ci ne veut pas l’indépendance mais l’autonomie culturelle. Un bon moyen pour tout le monde de retomber sur ses pieds…  

Mais forcément, cette stratégie montre elle-même ses limites. Si la Chine est souveraine sur le Tibet, alors l’argument de la Chine, qui demande à ce que les autres pays ne prennent pas position dans ses affaires intérieures, se défend. Cela permet même à un représentant de la Chine en France de comparer ces « émeutes » aux « émeutes de Villiers-le-Bel ». Ou comment prendre conscience de la démesure du vocabulaire de la presse française sur les questions d’insécurité, en période électorale…

 

Les Ouighours sont moins vendeurs que les Tibétains


La Chine connaît des difficultés à maintenir son autorité dans l’ouest du pays. On entend donc beaucoup parler des Tibétains, mais beaucoup moins des Ouighours. Qui sont-ils ? Ce sont les habitants historiques de la région du Xinjiang (ou Turkestan Oriental, selon le point de vue). Ils sont musulmans, et sont eux aussi une ethnie minoritaire en Chine. Comme pour les Tibétains, la Chine a mené une politique de colonisation de peuplement dans cette région ; comme au Tibet, la capitale de la région, Urumqi, est reliée à Pékin par la système de chemin de fer chinois, et comme Lhassa, cette ville est désormais à majorité Han.

Début 2008, Pékin a annoncé de façon bien trop bruyante avoir déjoué une menace d’attentat visant les Jeux Olympiques de Pékin. S’agit-il d’Al Qaeda ? Non. Cela viendrait du Xinjiang. Encore une fois, si les journaux ont reporté la nouvelle de « l’attentat », rares sont les medias français à avoir indiqué le flou de Pékin sur le sujet, ou encore les conséquences politiques qu’une telle déclaration peut avoir. Car si les terroristes sont au Xinjiang, voila donc un bon alibi pour y maintenir une répression, ou du moins, pour tenir la région sous tutelle. Le sort des Ouighours intéresse moins nos journalistes et nos hommes politiques que celui des Tibétains. On n’ose même pas imaginer que leur religion puisse avoir un rapport quelconque avec ce silence


Quelles actions mener ?


Il ne faut pas se tromper sur l’idée que je veux développer dans mon article. En aucun cas je ne cherche à critiquer les Tibétains. La stratégie adoptée à la veille des Jeux Olympiques, fondée entre autres, sur la violence, relève de la survie du peuple. Elle fait suite aux longues souffrances que les Chinois ont fait subir aux Tibétains. Novembre 2007, au cours d’un voyage au Sichuan, j’ai rencontre un touriste français revenant du Tibet. « Les Chinois font subir aux Tibétains ce qu’ils reprochent aux Japonais de leur avoir fait pendant le Seconde Guerre mondiale, c’est une occupation » m’avait-il dit. Pour reprendre a la question de mon article, « en fait-on trop sur le Tibet », la réponse est non. Mais il faudrait le faire mieux. Et évoquer le cas du Xinjiang également. Par cet article, je cherche bien plutôt à insister sur un risque de désinformation, à la fois par les journalistes et les politiques sur la question. Voila bien un sujet sur l
equel il ne faut pas prendre exemple sur les médias chinois, qui eux aussi désinforment leur population, avec des slogans tels que « Les Tibétains sont des terroristes ».

Défendre les populations du Tibet et du Xinjiang, c’est affirmer que les êtres humains sont plus
importants que les enjeux économiques.

Les tergiversations du pouvoir chinois ne sont pas sans rappeler celles de 1989 concernant Tienanmen, comme l’a intelligemment remarqué Hubert Védrine. On a su, bien après les événements tragiques de Tienanmen, que les dirigeants communistes s’étaient déchirés sur la question. Le Premier secrétaire du parti communiste chinois de l’époque, Zhao Ziyang, soutenait même les étudiants et leurs revendications. Son isolement international, au contraire de Deng Xiaoping, lui a été fatal, ainsi qu’aux étudiants. 


La lenteur de la prise de décision du PCC aujourd’hui laisse penser qu’un scénario similaire se reproduit peut-être au plus haut niveau de l’Etat. Parmi l’ancien président Jiang Zemin, qui conserve beaucoup d’influence, les différents anciens premiers secrétaires du PCC, les neuf membres du Politburo qui appartiennent à différentes factions et qui doivent statuer sur la question, Hu Jintao et Wen Jiabao, qui doivent faire face à une forte pression au sein même de leur parti, et qui savent que tout faux pas peut leur être fatal, il semble évident que certains empêchent une répression musclée et sanglante sur le toit du monde. C’est aux diplomates étrangers de soutenir ces dirigeants, et de les épauler dans ce long bras de fer.


C’est surtout aux hommes politiques étrangers de prendre leur responsabilité, d’expliquer clairement la situation pour qu’elle soit comprise, de ne pas mentir sur la teneur et les acteurs des violences au Tibet et au Xinjiang, et d’agir en conséquence, en laissant planer le doute d’une absence lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympique. En revanche, prendre dès aujourd’hui des positions fermes et définitives serait une erreur et risquerait de braquer le pouvoir chinois. Jusqu’au dernier moment, il faudra laisser des portes de sortie honorable pour les leaders de l’Empire du Milieu. Encore faut-il que des dirigeants occidentaux courageux prennent des initiatives courageuses. Tiens, il parait que depuis les élections municipales, Nicolas Sarkozy aurait changé…


Etienne Longueville

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vu(e) d'ailleurs
Dimanche 16 mars 2008
undefinedAprès une première analyse des idées issues de rénovation de la gauche italienne dont le PS pourrait se saisir, Diego Melchior nous propose ci-dessous une analyse détaillée du programme du Parti démocrate et de son chef, Walter Veltroni, qui sont engagés dans une bataille électorale particulièrement âpre face à la droite conservatrice et sarkolâtre de Silvio Berlusconi.

Alors que le débat sur l'alliance possible ou non avec le centre agite et agitera encore le PS, cet article propose un éclairage transalpin sur cette question.

Alors que la gauche radicale de la Sinistra-Arcobaleno était, au début du mois, sur le point de présenter Olivio Diliberto, parlementaire professionnel, plutôt que l’ouvrier de la Thyssen, Ciro Argentino, et que le Parti de la Liberté de Berlusconi plaçait en tête de liste le fasciste Giuseppe Ciarrapico, Walter Veltroni déposait, dimanche dernier, des listes du Parti démocrate, entièrement renouvelées où place avait été faite aux jeunes, aux femmes, aux minorités, à des figures de la société civile, aux salariés, bien sûr, mais aussi aux chefs d’entreprises.

Le clivage entre les deux autres principales forces en présence est d’abord là : dans la conception des listes. Le Parti démocrate a tout fait pour proposer des listes aussi bien à la Chambre des députés qu’au Sénat incarnant le renouveau et la volonté réformiste du centre-gauche. Bien sûr, les uns et les autres ont reproché au Parti démocrate d’être le parti de la contradiction. Le parti de la contradiction, vraiment ? Non, le parti du consensus.

Le consensus est probablement une conception étrangère aussi bien à la gauche radicale qui ne conçoitParti-d-mocrate-italien.JPG la politique qu’en termes de lutte entre un supposé bas et un supposé haut qu’à la droite qui, avec sa rhétorique haineuse, méprisante et paranoïaque, ne conduit qu’à dresser les Italiens les uns contres les autres. Oui, le Pd a su mettre d’accord les Radicaux et les Teodems. Oui, le Pd présente aussi bien l’ouvrier Antonio Boccuzzi, rescapé de l’accident à la Thyssen en décembre dernier que le chef d’entreprise et ancien président de la Fédération patronale de la métallurgie, Massimo Calearo. L’Italie a besoin d’un parti qui représente tous les Italiens, c’est pourquoi, des hommes et des femmes d’horizons différents ont été choisis.

Lundi paraissait le programme définitif du Parti démocrate proposant douze chantiers prioritaires que lancera le Pd s’il gagne la majorité. L’Italie a quatre grands problèmes selon Walter Veltroni : l’inefficacité économique, une inégalité chronique entre les personnes, des limites encore trop fortes au niveau des libertés individuelles et une démocratie de mauvaise qualité.

Walter Veltroni à la tête du Pd s’engage s’il est élu à revoir d’abord entièrement la gestion de l’Etat : dépenser mieux et moins pour réduire le déficit public. À cela devrait s’ajouter une réforme fiscale : réduction de l’impôt sur le revenu pour les salariés, notamment en priorité aux femmes du Mezzogiorno. Les familles se verraient également octroyer une prime de 2 500 euros par enfant. De même, une réduction fiscale sera en mise en place pour les locataires d’appartement afin de faciliter l’accès au logement. Le Pd propose aussi, sans avancer de chiffre néanmoins, de multiplier les logements sociaux.

Au niveau de la sécurité et de la justice, le Pd prévoit de recruter plus de fonctionnaires de police et de veiller à ce que les peines soient réellement exécutées tout en garantissant aux citoyens le droit à une justice impartiale et juste. Les magistrats devront se spécialiser et accepter une gestion plus efficace, voire managériale de la justice.

Walter-Veltroni.JPG Même si ce domaine reste flou, notons aussi quelques avancées finalement à propos des droits de la personne qui ont beaucoup fait débat au sein du parti. Le Pd veillera à éviter que se produise un « acharnement thérapeutique » sur les malades, notamment en autorisant le testament biologique. Un premier pas peut-être vers la légalisation de l’euthanasie ? De même en ce qui concerne l’homosexualité, bien que le mot n’apparaisse pas dans le programme, le Pd s’engage à reconnaître un droit aux personnes vivants ensembles librement.

Un ambitieux projet écologique : rompre avec le tout pétrole. Pour le Pd, qui n’oublie pas le combat écologique, l’Italie doit être le pays du soleil. Le Pd s’engage à faire en sorte qu’au moins 20% de l’énergie soit produite grâce aux éoliennes et aux panneaux solaires. Le Pd propose aussi un plan qui permettra en dix ans de transformer les anciennes sources principales de chauffage des lieux publics et privés en sources se fondant sur les énergies renouvelables. Le Pd entend enfin rompre avec l’écologisme du refus en développant des infrastructures écologiquement soutenables, ainsi le Pd ne s’opposera pas à la création de la ligne TGV Lyon-Turin-Trieste.

Au plan strictement social, comme cela avait été déjà annoncé par le gouvernement Prodi à la suite des accidents meurtriers dans les usines Thyssen-Krupp du Nord du pays, le Pd propose trois mesures pour plus de sécurité au travail : la création d’une Agence spéciale dédiée à la sécurité ; primes aux entreprises qui investissent sur la sécurité ; indemnités rehaussées en cas d’accidents du travail. Ensuite, c’est la lutte contre le « piège de la précarité » qui apparaît comme essentiel dans le programme du Pd : toutes les périodes d’essai des contrats de travail seront allongées et l’Etat veillera à inciter les entreprises à embaucher par contrats à durée indéterminée. En outre, sera créé un fond de crédits réservé aux jeunes qui souhaitent créer leur entreprise et des aides de l’Etat seront versées aux PME. Les libéralisations de certains secteurs publics seront enfin envisageables ; de
Berlusconi-Sarkozy.JPGplus la gestion de la TV sera complètement revue pour éviter tout monopole de l’information.

Autre sujet important : l’immigration. Le Pd entend changer clairement la dernière loi sur l’immigration faite par la droite (la Bossi-Fini). Il faut s’engager à multiplier les entrées régulières et lutter contre l’immigration clandestine. Le Pd propose également le droit de vote pour tous les extracommunautaires aux élections municipales.

Enfin, le Pd entend mener une réforme institutionnelle de grande ampleur pour éviter à l’avenir toute crise de gouvernement identique à celle de janvier 2008 : une chambre de 470 députés élus selon des collèges uninominaux à deux tours, les députés seront désignés par des primaires internes aux partis avec une obligation de parité homme/femme ; le Sénat ne comptera plus que 100 membres représentants les régions. Le gouvernement se composera de 12 ministres et  de 60 membres au maximum et n’aura besoin que de la confiance  de la Chambre basse. L’opposition se verra doter d’un statut.  Les jeunes de 16 ans auront le droit de vote aux élections municipales. Et, enfin, préoccupation majeure des Italiens (qu’avait cristallisé Beppe Grillo à l’automne dernier) : les citoyens condamnés pour de graves délits ne pourront pas se présenter aux élections quelles qu’elles soient.

 
Un programme donc qui tente d’apporter des solutions à l’ensemble des préoccupations des citoyens en se focalisant, bien sûr, sur les grands sujets : déficit public, sécurité au travail, droits et sécurité des personnes, environnement, entreprenariat et réforme institutionnelle.
Progressistes-mondiaux.JPGL’alternative réformiste qu’incarne le Pd est une chance. Les sondages donnent encore à l’heure actuelle gagnante la droite de Silvio Berlusconi, mais l’écart se réduit de jours en jours tandis que le nombre d’indécis augmentent. Berlusconi demande à l’Italie de se relever ? Walter Weltroni a répondu que l’Italie ne s’était jamais couchée, mais qu’elle était seulement lasse des mêmes tours de passe-passe politiques par les mêmes personnes depuis des années. L’Italie a besoin que s’ouvre une nouvelle saison politique comme l’a connu l’Espagne avec Zapatero ou la Grande-Bretagne avec Tony Blair. Cette volonté n’est pas une utopie, si può fare!

Diego Melchior

 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vu(e) d'ailleurs
Mardi 29 janvier 2008
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Les publications de nos correspondants à l'étranger continuent. Après le Canada, merci à Elsa Foucraut de nous fournir ce 5ème numéro. S'il y a bien une problématique que permet le recul de l'étranger, a fortiori depuis un pays comme l'Egypte, c'est celui de l'é-/imm- igration. Prochains départs imminents : Italie, Etats-Unis, Chine...



Pour penser « l'immigration subie », prenons une terre d'émigration et d'immigration à la fois grâce à sa position stratégique, où l'émigration est essentiellement économique. Nous sommes en Egypte. Ici aussi, les flux migratoires dans la Méditerranée occupent le débat public. Récemment, le naufrage de plusieurs embarcations de clandestins a fait la une des journaux, et le phénomène continue d'alimenter les colonnes des journaux.


Ils sont jeunes, célibataires et peu qualifiés, et subissent chômage, salaires bas (1) et faibles perspectives de développement. Ceux qui ont réussi à émigrer rapatrient des revenus, construisent de grandes maisons, adoptent une attitude consumériste à leur retour et deviennent des modèles. Chaque village a sa destination, ce qui crée des réseaux sur place. Un expatrié peut mettre de côté 40 000 livres Emigration.JPGégyptiennes par an (5000€), soit plus que ce qu'il aurait économisé en une vie. L'immigration actuelle vers l'Europe est récente en Egypte, et reproduit le modèle des pères, qui s'expatriaient dans le Golfe par centaines de milliers dans les années 70, avant de rentrer au pays.


Les riches s'offrent l'avion et un faux visa Schengen avec l'intention de le dépasser, les pauvres paient environ 25 000 livres égyptiennes (3000€) à des passeurs. Le système rapporte au passage un revenu significatif aux pêcheurs... qui sont de plus en plus nombreux en prison. Selon Ayman Zohry (2) , chacun connaît les risques et conséquences de l'émigration clandestine. Lorsqu'un partenariat a été lancé avec l'Italie pour permettre à 7000 Egyptiens de décrocher des contrats légaux, la demande a été très forte. Trop. Au final, la voie légale semble longue et impossible. Entre le légal et le possible, la contradiction est donc trop forte.

Ici, un étudiant en informatique décroche un stage en France mais préfère abandonner ses études pour y rester. Ailleurs, des familles sont sans nouvelles de leur fils depuis des mois, sans avoir s'il est mort. Lorsque les clandestins sont interceptés par la police, ils se font passer pour des réfugiés irakiens ou palestiniens, pour obtenir un sursis pendant lequel ils n'auront aucun contact avec l'Egypte, par peur d'être démasqués.


Quant au gouvernement, il est trop occupé à maîtriser sa propre démographie
Egypte.JPGpour s'occuper de celle de l'Europe. Le Caire, plus grande ville d'Afrique, se développe de manière anarchique, et 80 millions d'égyptiens s'entassent sur moins de 5% du territoire, ce qui entraîne des densités de population supérieures à celles de Singapour. Parallèlement, l'Egypte accueille plus de réfugiés irakiens et soudanais que l'Europe, bien que pas toujours de bon coeur. Pour parler codéveloppement et réfugiés, citons donc Michel Rocard dans sa totalité : la France « ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit y prendre sa part ».


Les média jouent un rôle marginal, et on se méfie tellement des informations officielles qu'elles permettent surtout aux rumeurs de se répandre. La principale source d'information reste les parents déjà installés en Europe. Lorsqu'on est prêt à sacrifier ses études, à investir des sommes colossales malgré le risque de finir en prison, à accepter des conditions de travail déplorables en connaissance de cause, et surtout à risquer sa vie, quel obstacle sera suffisamment fort pour stopper les migrants ? Les gouvernements européens peuvent donc durcir leurs lois, on appelle cela la démocratie. Cela n'aura que très peu d'effet sur le nombre de migrants, on appelle cela la réalité.

Elsa Foucraut
 

Un jeune, parmi les centaines qui passent leur temps dans le café, interrogé sur le fait de savoir s’il aimerait voyager clandestinement, même après avoir entendu ces incidents dramatiques, a dit sur un ton très ferme : « Oui ». Et d’ajouter : « J’aimerais bien être comme ces clandestins. Mon revenu quotidien ne dépasse pas les 10 L.E., ce qui ne suffit pas pour acheter un paquet de cigarettes ou boire un verre de thé. J’ai entendu dire que mon village va être submergé dans 3 ans, à cause des changements climatiques. S’il faut se noyer pourquoi ne pas prendre le risque et partir ? ».  -  El-Ahram, 5 décembre 2007.



1- 
On estime que le salaire moyen en Egypte oscille entre 30 et 50€ par mois.
  

2- 
Chercheur (American University of Beirut) spécialiste des flux migratoires en Egypte.

Lire l'intégralité de son étude : Egyptian irregular migration to Europe, disponible sur www.migrationletters.com

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vu(e) d'ailleurs

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