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International

Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 17:32
- Publié dans : International

Spécialiste en dictatures communistes, l’ancien ministre de la culture a été mandaté par Nicolas Sarkozy pour amorcer des discussions avec le régime de Pyongyang. Cet épineux dossier devrait largement occupé l’agenda de cet émissaire spécial, lorsqu’il n’est pas plongé dans ses livres d’allemand de la méthode Assimil.

Le voyage a commencé la semaine dernière par une visite au pays du matin calme. Reçu à Séoul avec tous les honneurs réservés à un représentant de haut rang de la République française, M. Lang a déclaré être envoyé en qualité de « messager de la paix ». Si les résultats doivent être aussi maigres que ceux obtenus avec Cuba, on peut se demander si M. Lang n’est pas surtout un embarrassant courtisan, qu’il convient d’occuper dans l’attente d’une éventuelle fonction ministérielle.

Il est pour le moins surprenant d’assister à l’entrée en scène diplomatique de Jack Lang, dont on peut douter des réelles compétences en matière de négociations nucléaires sur un dossier aussi complexe que celui de la Corée du Nord.

Alors qu’on attendrait que cette question délicate soit traitée par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy, use d’une stratégie déjà familière qui consiste à défaire d’un dossier un ministre, comme il l’avait fait avec Valérie Pécresse sur le projet de réforme du statut des enseignants chercheurs.

Sans doute est-ce là une façon d’imiter la diplomatie américaine, qui a elle aussi recours à des envoyés spéciaux sur des sujets de tensions majeurs sur le plan international. A la différence toutefois que l’administration américaine préfère privilégier les critères de l’expérience et de la maîtrise des dossiers techniques dans le choix de leurs émissaires.

Sans remettre en cause les talents de M. Lang en tant qu’ancien ministre de la culture, se pose quand même la question de l’influence et de l’efficacité des escapades coréennes d’un député du Pas-de-Calais. Piloté uniquement depuis l’Elysée, la politique étrangère française est soumise aux mêmes travers que celle menée à l’intérieur du pays par le Président de la République. C’est une politique du coup médiatique, qui à grand renfort de sommets et de visites, navigue à vue sans parvenir à construire une vision en cohérence avec celle de ses partenaires européens et américains.

Les incursions du président français dans le champ diplomatique des Etats-Unis se sont révélés en décalage complet avec les grandes orientations de la diplomatie américaine ; qu’il s’agisse du nucléaire iranien, où la ligne dure adoptée par Nicolas Sarkozy pour s’attirer les faveurs de l’administration Bush, se retrouve en porte à faux avec l’attitude prônée par Barack Obama ; ou de Cuba où la reprise du dialogue patiente engagée par les Etats-Unis contraste singulièrement avec l’empressement de Jack Lang, qui proclame que sa visite de février a permis de débloqué les relations diplomatiques avec la France, alors que le régime de Raul Castro attend plus de la reprise des liens économiques avec Washington qu’un soi-disant réchauffement diplomatique avec Paris.

Le voyage de M. Lang devrait avoir à peu près la même insignifiance dans l’avancée des pourparlers à six sur le dossier nucléaire nord-coréen. A en croire le New York Times du 3 novembre, la mission confiée à Jack Lang  a suscité une indifférence totale de la part de l’administration américaine. Après la rencontre entre M. Lang et l’envoyé spécial des Etats-Unis pour les pourparlers à six avec la Corée du Nord, M. Sung Kim, le Département d’Etat américain n’a fait aucun commentaire sur la réunion.

En cette période où avec la publication des mémoires de Jacques Chirac, on redécouvre son sens de la formule, tout laisse à penser que les effets du voyage de Jack Lang auront vite fait « pschitt » !

Ar. L.

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 11:43
- Publié dans : International

Le Comité Nobel vient de décerner le prix Nobel de la Paix au Président Barack Obama pour "ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples". Bravo à lui! Cette récompense permet de souligner le virage important que l'administration américaine a d'ores-et-déjà pris sous l'impulsion de B. Obama. La distinction appelle surtout le Président américain à poursuivre sans relâche les efforts. Espérons que ce prix Nobel ne sera pas un fardeau politique sur les épaules du Président américain.

C'est un appel à l'action et à la concertation multilatérale. Autrement dit, il n'est pas venu le temps de reposer sur ses lauriers.

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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 17:28
- Publié dans : International

Bernard Kouchner était à New York cette semaine pour participer à  la session plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ce jeudi, il en a profité pour faire un discours dans une université non loin de là… En constatant la piètre qualité de sa prestation, je me suis dit qu’il aurait mieux fait de ne pas venir, ne serait-ce que pour l’image de la France et de l’Europe auprès des Etats-Unis. 


Les étudiants de Columbia présents l’attendaient pourtant au tournant. Même ici, beaucoup connaissent « Docteur » Kouchner et son passé humanitariste. Il a été totalement incapable de satisfaire ces attentes. Premier détail sur lequel je vais très vite passer : son anglais était pitoyable. Lors de la séance de questions qui a suivi son discours, il avait besoin qu’Henri Guaino se lève et lui souffle la traduction dans l’oreille.  
Le discours avait un thème : l’Europe et ses défis. A priori, il s’agit de gloser sur les sujets où l’Europe est attendue au tournant : régulation financière, sécurité internationale et droits de l’homme. On attendrait d’un ministre des affaires étrangères issu d’un pays comme la France qu’il indique quelles sont les directions de l’action concertée des Européens. Ou bien, qu’il fasse part au public d’éventuelles difficultés pour aboutir à cette concertation. Au lieu de ça, il a employé un ton très moralisateur et a raconté l’histoire de l’Europe comme s’il parlait à des enfants. Après le lyrisme survient la résignation. Les mots qui revenaient les plus souvent étaient « very difficult », comme pour justifier le manque d’ambition et l’action à courte vue des leaders européens d’aujourd’hui. Le discours s’est terminé sur une note très étrange. Il semblait s’agenouiller devant les Américains pour leur répéter dix fois avec le plus mauvais accent : « We want to be part of the work ! », en parlant notamment des sujets comme la Palestine. Comment diable un Américain peut-il faire confiance à une Europe dont les leaders se montrent aussi résignés et cyniques ?  

Le plus drôle est à venir. Comme je l’ai dit, les Américains considèrent Kouchner comme une figure spéciale. Ce dernier a réussi l’exploit de doucher leurs attentes en apparaissant comme le représentant le plus mesquin de la realpolitik. A la question, inévitable, sur la façon dont Rama Yade et son secrétariat d’État aux droits de l’homme, il a répliqué que défendre les droits de l’homme en politique étrangère n’était pas « efficace ». Il a appelé son homologue russe Sergueï Lavrov son « ami ». Autre question, celle du dévoiement du travail humanitaire dans le monde et du manque de protection dont font l’objet les employés et bénévoles des ONG. Pourtant fondateur de Médecins Sans Frontières, Kouchner a répliqué que ce sont les membres des ONG qui sont les uniques responsables de leur mise en danger : parce qu’au nom du principe du neutralité, ils refusent la protection militaire qui leur est « accordée », ils ne devraient blâmer personne lorsqu’ils sont pris en otage ou tués.  

Les applaudissements de la salle à l’issue de la conférence étaient pour ainsi dire limités, froids et polis. Notre ministre n’en méritait guère plus.  

Sébastien B. (en direct de New-York City)

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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 08:58
- Publié dans : International


Il y a trois ans encore, les Français se demandaient comment des Italiens avaient pu voter pour un homme d'extrême-droite - Berlusconi - alors qu'il avait traité de « couillons » les électeurs de gauche. Aujourd'hui, l'extrême-droite s'est installée à la tête du parti majoritaire en France, l'UMP. Hier, le député de Paris Lellouche indiquait lors d'un débat sur l'Afghanistan face au Sénateur Mélenchon que si l'on était au XIXe siècle, il le « flinguerait ». Aujourd'hui, après les excuses de Ségolène Royal à Zapatero suite aux propos de Sarkozy qualifiant de « pas très intelligent » le Premier Ministre Espagnol, des remarques scandaleuses et extrémistes ont ressurgis. Quand le porte-parole du parti majoritaire déclare que la dernière candidate socialiste à l'élection présidentielle a « besoin de soins psychologiques », quand il présente comme un « tract » qui « déshonore la France » un journal qui a simplement relater des propos tenus devant plus de vingt députés (qui les confirment), on se demande si l'influence d'Occident ne revient pas en force à l'UMP.


Les propos de Ségolène Royal à Dakar et la lettre envoyée à Zapatero ont été parfois critiqués car il n'est pas dans la tradition française de discuter la politique étrangère du chef de l'Etat. En outre, seul le Président parle au nom des Français nous dit-on. Revenons sur ces deux points.

 

Selon la tradition, le chef de l'Etat est le seul apte à guider la politique étrangère de la France. En période de cohabitation, les équilibres avaient été trouvés, le gouvernement s'occupait de politique domestique tandis que le Président recentrait ses activités autour des questions de défense et de politique étrangère. Cette situation semblait convenable car la politique étrangère n'était « ni de gauche, ni de droite ». Elle était dans la continuité de la politique étrangère de la France.


Aujourd'hui cette situation de monopole de la question internationale par le Président n'est plus tolérable. Sarkozy a accumulé les catastrophes diplomatiques depuis son arrivée au pouvoir. Le discours de Dakar et l'homme africain « pas assez entré dans l'histoire ». Le discours de Latran et le prêtre « plus méritant que l'instituteur ». La réception en grande pompe du dictateur libyen Kadhafi. La réception en grande pompe du dictateur syrien El Assad. La stigmatisation des pays d'Europe de l'est. Les critiques récurrentes adressées à Angela Merkel. Les changements de position incessants sur la Chine qui se sont finalement conclus par une présence à la cérémonie d'ouverture des JO et la récente signature d'une déclaration commune indiquant que « le Tibet et Taiwan font et feront toujours partie intégrante du territoire chinois ». La réintégration du commandement intégré de l'OTAN. Le soutien au catastrophique Barroso pour la présidence de la Commission Européenne...


Le chef de l'Etat est critiqué par le PS pour ses propos ou ses actions qui ridiculisent la France dans le monde. C'est le minimum.


Par ailleurs, au-delà de la forme assez maladroite de la lettre au chef de gouvernement espagnol, quand Ségolène Royal indique que les propos de Sarkozy à Dakar ou concernant Zapatero n'engagent pas les Français, elle a parfaitement raison. Sarkozy veut le beurre et l'argent du beurre. Il a modifié la Constitution et transformé la place du chef de l'Etat, confirmant ainsi le choix établi au moment du vote du quinquennat. Au lieu d'être un « père de la Nation » qui s'appuie sur un Premier Ministre pour gouverner, il a transformé la place du Président en un «chef de la majorité ». Personne ne lui a succédé à la présidence de l'UMP d'ailleurs, car il occupe - de facto - toujours cette fonction. Le Premier Ministre, lui, ne sert plus à rien.


En raison de cette transformation du Président en un chef du parti majoritaire, Nicolas Sarkozy ne représente plus la France. Il représente seulement sa majorité, les gens qui soutiennent sa politique, à l'image d'un Premier Ministre britannique ou espagnol. Il ne s'exprime plus au nom de tous les Français, comme un « père de la Nation », mais simplement au nom de sa majorité, y compris en matière diplomatique. C'est exactement ce que le Conseil d'Etat a indiqué dans un arrêt très récent. Le temps de parole du chef de l'Etat jusqu'à présent n'était pas comptabilisé car celui-ci s'exprimait au nom de tous les français. En censurant cette décision du CSA et en imposant le calcul du temps de parole du Président avec la majorité ou avec le gouvernement, le Conseil d'Etat a clairement indiqué que les propos du chef de l'Etat sont ceux d'un homme partisan. Il sera en outre très complexe de distinguer quand Sarkozy parle uniquement en tant que "père de la nation" (ce ne serait alors pas décompté) car le mélange des genres constitue sa spécificité. Les exemples de politique étrangère mentionnés précédemment en attestent. Ils sont partisans.


Ainsi, en indiquant que les propos de Sarkozy n'engageaient pas les Français, l'ancienne candidate du PS à l'élection présidentielle a simplement pris acte de l'arrêt du Conseil d'Etat et a ouvert un nouvel espace politique que devront désormais occuper les partis dans l'opposition.
    

Etienne L
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /2009 14:58
- Publié dans : International

Notre blog relance une pratique que nous avions apprécié les années précédentes : les points de vue de l'étranger. Aujourd'hui, Antoine, étudiant du double-diplôme Sciences Po-MGIMO à Moscou, nous présente un premier article sur les années 1990 en Russie, sans la connaissance desquelles on ne saurait comprendre totalement la popularité de Vladimir Poutine au sein de l'opinion russe.

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31 Décembre 1999. Le président russe Boris Eltsine annonce sa démission surprise aux russes lors de son allocution pour la nouvelle année. « En observant les dernières élections à la Douma d’Etat, et l’enthousiasme avec lequel le peuple a voté pour une nouvelle génération de politiciens, j’ai compris que j’ai accomplis l’affaire principale de ma vie. La Russie ne reviendra jamais en arrière. La Russie, à présent, ira toujours de l’avant. Les prochaines élections présidentielles auront lieu en printemps 2000. Pourquoi me maintenir au pouvoir, alors que la Russie a un homme fort, digne de servir comme président, sur lequel pratiquement chaque citoyen russe fonde ses espoirs pour le futur ? Pourquoi est ce que je le gênerais (...)

Aujourd’hui, à un moment historique, j’aimerais vous faire une adresse personnelle. Je veux vous demander pardon. Pardon parce que beaucoup de nos rêves communs ne se sont pas réalisés. Pardon car ce qui nous a semblé simple s’est révélé en réalité douleureux et pénible. Demander pardon pour les espoirs que j’ai inspiré, à ceux qui croyaient que d’un seul élan, d’un seul pas, nous passerions d’un passé totalitaire à un futur radieux. J’y ai moi même cru. Cela ne s’est pas réalisé. J’ai été trop naïf, les problèmes se sont révélés trop compliqués. Notre chemin a été semé d’erreurs et de déconvenues, ce furent des moments difficiles pour beaucoup d’entre vous, qui avez subi ces bouleversements. Mais je veux que vous sachiez : le malheur de chacun d’entre vous m’a attristé au plus profond de mon cœur, m’a empêché de dormir et m’a tourmenté….je m’en vais.  J’ai fait tout ce que j’ai pu. A ma place arrive une nouvelle génération, la génération de ceux qui peuvent faire mieux et plus pour le pays. »

Eltsine s’en va. Le premier ministre et candidat Poutine devient président par intérim, jusqu’aux élections qui verront son triomphe, et le début de la sanglante seconde guerre de Tchétchénie.

Chers camarades, on ne peut pas comprendre la Russie aujourd’hui si on ne comprend pas les années 1990. Les années 90 telles que les ont vécu les Russes, et non pas vues de l’extérieur. D’abord, le choc de la chute de l’URSS. Les espoirs, vite démentis. Entre 1989 et 1994, le PIB russe s’est réduit de 50%. Les salaires ne sont plus payés, ou avec retards. Les garanties sociales implosent, l’économie se démonétarise, la Santé, l’Education, se dégradent à grande vitesse. Les privatisations sont vécues comme une escroquerie massive. La politique étrangère : alignement sur Washington. Les nouvelle presse prospère : la télévision devient le moyen d’information N°1, où prédominent les humeurs libérales et pro occidentales, dans un foisonnement de diversité.

1994 : Première guerre de Tchétchénie (1994-1996), où les troupes fédérales ne parviennent pas à emporter une victoire définitive sur les séparatistes Tchétchènes. En 1995, un commando islamiste tchétchène (tous les indépendantistes Tchétchènes ne sont cependant  pas Islamistes. La politique de Poutine a d’ailleurs consisté à renforcer les Islamistes au sein des Tchétchènes, en s’en prenant aux indépendantistes plus modérés) réalise une prise d’otage spectaculaire à Boudionnovsk, en territoire russe : le pouvoir négocie la fin des opérations en Tchétchénie pour sauver des centaines d’otages. 150 pertes civiles sont à déplorer. Les russes y voient une humiliation, et un danger pour l’intégrité de la fédération dans un contexte d’affaiblissement extrême du pouvoir central.

1996 : Elections présidentielles. Face à Eltsine, dont la popularité est érodée, le leader du parti communiste de Russie, Ziouganov. Les communistes russes, qui regroupent les nostalgiques de l’URSS et dont le noyau provient de l’aile dure (autoritaire) de l’ancien PCUS, sont perçus comme un danger, celui du retour en arrière. Ils surfent sur le mécontentement ambiant, les revendications sociales, exhibent une rhétorique anti-occidentale. Leur champion, un temps, devance Eltsine dans les sondages. Les élites russes, oligarques, équipe présidentielle, et surtout les médias, s’organisent : il faut faire réélire Eltsine. Par tous les moyens. Toute la télévision, les chaînes, privées comme publiques, se déchaînent dans une propagande souvent grotesque. Premier tour : 35,3% pour Eltsine, Ziouganov à 32%, en troisième, un militaire dont l’ascension médiatique a été fulgurante, Alexandre Lebed, 14,5%. Il se rallie à Eltsine qui lui promet un poste. Au second tour, Eltsine l’emporte avec 53,8%.


1998 : La Russie est en faillite. C’est la crise des GKO, obligations d’Etat à long terme, détenues essentiellement par des ménages russes. L’Etat a lui-même construit une gigantesque pyramide financière, pareille à celle de certains Oligarques. Les russes, crédules et bercés par la foi dans un capitalisme dont ils connaissent mal les mécanismes, y ont pour partie placé leur épargne. Certaines grandes fortunes se font ainsi, en un jour, suivie d’évasion fiscale et d’exil doré à l’étranger. Sans parler de la monnaie qui s’effondre et de l’hyper-inflation : le seul refuge, les devises étrangères !! Un réflexe qui joue encore aujourd’hui, surtout dans notre contexte de crise…

Le président Eltsine a vieilli, sans parler de son alcoolisme. Dans la seconde moitié des années 1990, il passe la moitié de son temps à l’hôpital. Les premiers ministres se succèdent : le plus respecté sera Evgueni Primakov, qui prend ses distances vis à vis de l’Occident et veut remettre de l’ordre à l’intérieur. Il tient un an, mais il a contre lui « la famille » : la propre fille de Eltsine, et les oligarques qui forment son entourage. Les gagnants de la transition. Certains sont aujourd’hui en exil, comme Berezovski, accusés par le Trésor d’escroquerie et de fraude fiscale massive. D’autres ont su trouver un compromis avec le nouveau pouvoir. Ce sont eux qui forcent Primakov à démissionner dès qu’il s’attaque à leurs intérêts, en 1999. 

Ce cours accéléré d’histoire ne se veut pas objectif : il a pour but de corriger les excès des médias français (notamment du journal Le Monde) et de vous relater la période du point de vue des russes. La popularité réelle de Poutine (même si elle s’appuie sur une télévision  pro-Kremlin où règne l’autocensure) trouve largement ses sources dans la comparaison : les russes aspirent à l’ordre, la stabilité et l’enrichissement. La majorité est indifférente à des libertés dont la manifestation singulière dans les années 1990 a discrédité la démocratie.

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