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- Jeudi 10 décembre dès 19h15  => Notre Conférence avec l'économiste Thomas Piketty
Venez nombreux débattre des politiques économiques et fiscales, de la TP, de la taxe carbone...

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Economie et questions sociales

Samedi 12 décembre 2009 6 12 12 2009 10:16
- Publié dans : Economie et questions sociales
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Merci beaucoup d'etre venus aussi nombreux, dans une salle remplie a craquer, pour discuter avec Thomas Piketty!

  1. La réforme de la fiscalité.

▪ La tribune conjointe signée par N. Sarkozy et Gordon Brown et parue dans le Wall Street Journal du jeudi 10 décembre constitue une tentative de récupération politique de la part du président de la République,photo qui depuis le début de son mandat a toujours agi à contretemps face à la crise financière. Le gouvernement a commencé par griller en 2007 toutes ses marges de manoeuvre budgétaires à travers des exonérations fiscales totalement inefficaces et injustes. Par exemple, le bouclier fiscal ne prend en compte que les impôts payés par les riches (impôts sur le revenu, impôts sur la fortune...) mais pas ceux qui pèsent davantage sur les pauvres en proportion comme la TVA. Il s'agit là de la stratégie classique des gouvernements de droite (mise en pratique par Reagan aux Etats-Unis par exemple): commencer par baisser les impôts pour mettre l'Etat dans une situation budgétaire insoutenable qui justifie ensuite la réduction des dépenses publiques.

La proposition de taxer les bonus bancaires est une initiative du gouvernement britannique, que Gordon Brown a présenté avec Alistair Darling lors de l’élaboration du projet de loi de finances 2010-2011. Il s’agit d’une mesure temporaire, d’ici à avril 2010, les banques de la City devront s’acquitter d’une taxe de 50% sur toutes les primes supérieures à 25 000 livres qu’ils verseront à leurs salariés. Il faut noter que Gordon Brown avait déjà relevé l'imposition des plus hauts revenus et assume aujourd'hui un taux d'imposition total des plus hauts revenus d'environ 70%.

Ce type de mesure s’inscrit en porte à faux avec la politique fiscale conduite par le gouvernement français. Par ailleurs, il contrecarre totalement les discours français faisant peser la responsabilité de l'échec de la régulation du secteur financier sur les gouvernements anglo-saxons et ridiculise les prises de position de N.Sarkozy sur l'encadrement des bonus.

Les discours de N. Sarkozy sur la moralisation du capitalisme sont avant tout un effet d’annonce, une posture qui masque une politique fiscale injuste et inégalitaire.

Le parti travailliste a beaucoup réduit son écart dans les sondages dans la perspective des élections à venir. Les Tories se retrouvent en effet à défendre la City.

A l'heure actuelle, les rémunérations exorbitantes des patrons ne rétribuent que la rapacité et l'apât du gain et sont sans aucun rapport avec leur productivité réelle que personne n'est en capacité de mesurer. La seule réponse adéquate face à cette dérive consiste à ajouter à l'impôt sur le revenu une ou deux tranches supplémentaires afin de taxer à des taux élevés les rémunérations supérieures à plusieurs centaines de milliers ou plusieurs millions d'euros par an. Il ne s'agit pas là ni de rapporter de l'argent ni de taxer les cadres supérieurs gagnant 3000 ou 4000 euros par mois mais de mettre fin à cette dérive du capitalisme financier. Il n'est pas question d'un alourdissement général de la fiscalité mais il n'est pas légitime que les cadres soient fiscalement traités comme ceux qui gagnent 500 000 euros par an. La morale en politique doit être incarnée par l'Etat dans des mesures concrètes et contraignantes.

▪ Un programme de gauche pour les élections présidentielles de 2012 pourrait comporter au moins 3 principales mesures de réforme :

-          l’adoption d’un nouveau système fiscal qui taxe de manière graduée les très hauts revenus ;

-          l’unification de l’impôt sur le revenu et de la CSG en un impôt progressif payé à la source et individualisé (donc en supprimant le quotient familial);

-          la suppression des niches fiscales.

Pour réconcilier les Français avec l'impôt, il est important qu'ils puissent comprendre les logiques du système fiscal et l'utilité des prélèvements obligatoires.

Par exemple, le mécanisme du quotient familial cantonne aujourd'hui le rôle des femmes à l'apport d'un salaire d'appoint. L'individualisation de l'impôt sur le revenu jouerait ainsi un rôle émancipateur.

Il est clair qu'une grande réforme fiscale n'augmentera pas les ressources de l'Etat car il ne serait pas possible de acceptable des perdants représentant de larges couches de la population.

  1. La  réforme du système de retraite.

La crise économique et financière actuelle a montré les défaillances des systèmes de retraites par capitalisation et ne peut donc que conforter la gauche dans la défense d’un système de retraite par répartition. En effet, les marchés financiers sont structurellement imprévisibles. Certes, leur rendement peut être satisfaisant sur le très long terme mais on ne peut pas demander aux gens atteignant l'âge de la retraite d'attendre 10 ans pour bénéficier de leur pension !

La menace d’un accroissement du déficit du régime de retraite est surtout un épouvantail agité par le gouvernement de droite pour justifier, après coup, l’instauration de fonds de pension. Pourtant, par contraste avec le chaos financier actuel, il existe en ce qui concerne la question de l’évolution des retraites, des perspectives de réformes, qui peuvent être envisageables, compte-tenu du caractère prévisible de certains paramètres (comme l’allongement de l’espérance de vie).

Il existe une réelle angoisse par rapport à la pérennité de notre système de retraite qui pousse les gens à accumuler de l'épargne de précaution. Le gouvernement entretient cette angoisse pour pousser les personnes s'inquiétant de leur retraite future à recourir de plus en plus à l'épargne privée. Les jeunes générations en particulier sous-estiment complètement leurs droits à la retraite.

L’étude réalisée par Antonio Bozo et Thomas Piketty (Pour un nouveau système de retraite) propose une unification des différents régimes.

Le principal problème du système actuel réside dans sa complexité et dans l’empilement des régimes (multiplicité des régimes de base à laquelle s’ajoute un empilement de régimes complémentaires). Cette complexité du dispositif est inadaptée à la diversité des trajectoires professionnelles des salariés. Aujourd'hui, pour 13 millions de personnes retraités, 30 millions de pensions sont servies. En moyenne, chacun a donc côtisé au moins à deux caisses et beaucoup plus pour des gens étant par exemple passé du statut de non-cadre à celui de cadre ou ayant alterné les emplois dans le public et dans le privé. Il faut donc d'abord et avant tout réaffirmer le droit à la retraite comme quelque chose de prévisible, de pérenne et de sécurisant, avec des règles claires et compréhensibles par tous.

La réforme proposée par T. Piketty, et visant à introduire un compte individuel de cotisation, permettrait de redonner davantage de lisibilité à l’organisation du système de retraite, en permettant à la population de faire plus facilement le lien entre les cotisations et le calcul de ses droits. Lien que l’on peut résumer par la formule : à cotisation égale, retraite égale. A chaque moment, chacun saurait ainsi de quels droits ils disposent. Ceux-ci apparaîtraient directement en euros pour plus de transparence et aucun gouvernement ne pourrait y toucher.

Une telle réforme, qui s’étalerait entre 2012 et 2032, ne peut réussir que si elle ne laisse pas de côté les personnes avec une carrière incomplète faite d’interruption et de reprise d’emploi. La question de la prise en compte des études se pose également. A court terme, les ajustements devront probablement mêler une légère augmentation des cotisations avec un recul de l'âge de départ à la retraite mais le niveau des pensions pourra tout à fait rester équivalent à ce qu'il est aujourd'hui avec des taux de remplacement  acceptables.

Il existe dans le débat des confusions dommageables entre droits individuels et capitalisation. Un système de droits individuels est tout à fait compatible avec le maintien d'un système par répartition, excluant toute part de capitalisation, à l'inverse du système suédois.

Questions :

▪ Injustice des politiques fiscales actuelles.

Grâce aux multiples niches fiscales et dispositifs d’exonération, les revenus supérieurs à 150/ 200 000 euros voit leur taux d’imposition baisser.

▪ Sur la question de la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF).

L’ISF ne semble pas avoir entraîné de phénomène d’évasion fiscale massive, comme le présente la droite. La preuve en est fournie par la progression de 10 % des bases déclarées à l’ISF. En cas « d’hémorragie » des gros revenus, les bases déclarées auraient dû logiquement baisser. Reste que sur la fiscalité du patrimoine et des bénéfices, la solution ne pourra venir que d'une harmonisation européenne, avec notamment un impôt unifié sur les bénéfices des entreprises mettant fin aux effets délétères de la concurrence fiscale.

Il s'agira dans le cadre d'un nouveau système de retraite de prendre en compte à la source les questions de redistribution. Il serait difficilement envisageable en France de passer à un système dit beveridgien dans lequel l'Etat sert à chacun des pensions à peu près équivalentes. Ce système est très redistributif mais il s'apparente à un « super minimum vieillesse » et repose beaucoup sur l'épargne individuelle.

Il existe un problème de plafond en France car le système verse aujourd'hui des pensions jusqu'à un montant de 16 SMIC ! A l'inverse, le système désavantage complètement les personnes ayant eu des carrières longues et plates. Il prend toutefois bien en compte la situation des femmes ayant eu des carrières interrompues notamment. L'opacité du système masque donc des bonnes et des mauvaises redistributions. Il y a tout intérêt à adopter un mécanisme dans lequel les flux de redistribution seraient complètement transparents.

En termes de financement, on pourait aussi imaginer de créer une cotisation patronale généralisée qui permettrait de diminuer la part du financement de la protection sociale pesant sur les salaires.

Il faudrait également réfléchir sur la démocratie actionnariale. Aujourd'hui les actionnaires ont un droit de propositon très limité et il existe très peu de votes séparés, sur les rémunérations par exemple. Grosso modo, les actionnaires ne peuvent qu'approuver ou censurer la politique du dirigeant.

Taxer les transactions financières peut être étudié mais il s'agit comme toujours de déterminer si l'objectif consiste à limiter les flux spéculatifs ou à financer l'aide au développement. Alternativement, il faudrait taxer les flux de bénéfices pour contrecarrer la course au moins-disant fiscal.
 
Sandra D. et Arnaud L. 


             www.jourdan.ens.fr/piketty/.../978-2-7288-0413-9.pdf

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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 11 2009 08:42
- Publié dans : Economie et questions sociales

Un article de rue 89 a attiré mon attention il y a quelques jours. On y apprend la signature, le 23 septembre dernier, d’un protocole entre le ministère de l’Intérieur et le ministère du Budget visant à renforcer la coopération dans la lutte contre les « activités lucratives non déclarées portant atteinte à l’ordre public et à la sécurité publique » dans les « quartiers sensibles », dont on cherchera, en vain, la définition « en annexe » du protocole, cette dernière n’ayant pas été publiée. En d’autres termes, sont visés par le protocole les dealers de banlieue.

 

Le protocole de coopération instaure donc un comité de pilotage1 ainsi que des comités locaux « dans chaque département dans lequel se trouve au moins un quartier sensible » afin de coordonner l’action des agents du fisc d’une part et de la police, de la gendarmerie, de la police judiciaire et du préfet de police d’autre par. C’est dans ces nouvelles structures que réside la nouveauté du dispositif, l’article L135 L du Livre des procédures fiscales levant le secret professionnel entre les agents du fisc et les officiers et agents de la PJ ayant été créé par la loi de mars 2004 « portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité ».

 

Deux remarques à ce stade :

  1. Instaurer une coopération renforcée entre l’Intérieur et le Budget pour mettre en œuvre une disposition législative déjà en vigueur, ça ne paraît pas poser de problème.
  2. Les informations que la DGFiP est susceptible d’échanger couvrent un spectre de données personnelles extrêmement étendu. Jetez un coup d’œil aux fichiers informatiques visés, on y trouve, entre autres :
    -         le FICOBA, qui recense l’ensemble des comptes de toute nature (bancaires, postaux, d’épargne,…) concernant plus de 80 millions de personnes ;

   -         la Base nationale des données patrimoniales (BNDP), qui recense des informations concernant les biens meubles et immeubles, ainsi que Fidji (format d’inter-échanges de données juridiques et immoblières) ;

   -         le Syncofi, qui fait la synthèse du compte fiscal des particuliers.

Certes, s’il s’agit de lutter contre les trafiquants de drogue dans les banlieues, quoi de plus normal que de mettre un maximum de moyens et d’informations à disposition de la police pour qu’elle mette fin à ces trafics et du fisc pour remplir les caisses de l’Etat ?

 

Le problème est que le protocole précise que cette coopération ne se limite pas aux « activités lucratives non déclarées, licites ou non, à titre individuel ou au sein de réseaux, prenant la forme de trafics de différents biens (…) et portant atteinte à l’ordre public et à la sécurité publique, réalisées dans certains quartiers sensibles » (cf. le 2 du I).

Qui sont les suivants ?

Personnellement, j’ai immédiatement pensé aux prostituées, dont on sait avec quel acharnement Nicolas Sarkozy les a poursuivies lorsqu’il était lui-même ministre de l’Intérieur. Le croisement des fichiers, en particulier ceux du fisc et de la police, c’est une menace sérieuse à nos libertés, comme la CNIL l’a affirmé avec force à plusieurs reprises (mais l’on cherche en vain sa position sur le sujet qui nous occupe ici). C’est aussi la fin du principe d’amoralité du droit fiscal : tout revenu déclaré était bon pour le fisc, qu’il soit issu de la prostitution, du trafic de drogues ou de la vente illicite d’armes. Plus maintenant, et c’est dommage, car pour les prostituées notamment, payer ses impôts, c’est aussi un acte revendicatif et l’affirmation de sa citoyenneté.

 

MF


[1] Ce comité réunit le Directeur général des finances publiques (DGFiP), le Directeur général de la police nationale (DGPN), le Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) et le Préfet de police (PP), ainsi que le Directeur général adjoint du contrôle fiscal de la DGFiP, le directeur central de la PJ, le coordinateur régional des Groupes d’intervention régionaux (GIR), le directeur central de la sécurité publique et le sous-directeur de la PJ de la gendarmerie.

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Samedi 17 octobre 2009 6 17 10 2009 13:34
- Publié dans : Economie et questions sociales

Décidément, à la veille de son examen en commission des finances à l’Assemblée Nationale, la réforme de la Taxe Professionnelle est un violent casse tête. Violent, car l’enjeu est de taille. Aujourd’hui, la fiscalité est l’un des derniers outils dont dispose l’Etat pour intervenir dans l’économie. Celui ne dispose en effet plus de l’arme monétaire depuis l’instauration de l’euro, et sa situation ultra déficitaire (le déficit représente 8,2% du PIB et la dette publique pèse pour 77% du PIB) limite très sérieusement son recours à la politique budgétaire.

Casse tête, car cette réforme fiscalité directe locale nous plonge au cœur des répartitions de compétences assez embrouillées entre l’Etat et les Collectivités Territoriales, et qu’elle diffère beaucoup selon les acteurs qu’elle concerne : Etat, Collectivités Territoriales, ou entreprises.

Les meilleurs eux-mêmes sont quasi aphones sur le sujet : à la fin d’un séminaire d’experts sur le sujet, le petit stagiaire de collectivité territoriale que je suis posait la question : « quelles compensations concrètes de la perte de TP proposez-vous  pour les Collectivités Territoriales? ». J’ai eu droit à une belle envolée rhétorique, mais de pas réponse concrète.

D’où l’importance de commencer par nous rappeler quelques notions essentielles :

  • La fiscalité directe locale (FDL) est l’une des principales ressources des Collectivités Territoriales (CT). Elle se compose de 4 grands impôts : la Taxe d’Habitation, la Taxe sur le Foncier Bâti, la Taxe sur le Foncier Non Bâti, et la Taxe Professionnelle (TP).

  • La TP est un impôt dont l’assiette (ce sur quoi on le prélève) se compose d’une part Equipements et Biens Mobiliers de l’entreprise, d’une part fractions des recettes de certaines professions libérales, et d’une part foncier (locaux) des entreprises. Elle représente 45% du produit de la FDL et est le premier impôt direct local.

Or, la réforme proposée par le gouvernement semble insuffisante, notamment en ce qui concerne les Collectivités Territoriales. Notre parti  doit donc jouer son rôle d’opposant constructeur en apportant sa réponse à la question suivante : que proposer ?

Revenons rapidement sur la réforme et ses enjeux.

Pourquoi réformer la TP ? La TP doit être réformée car c’est un impôt anti économique. Pourtant créé eà la place de la patente révolutionnaire en 1975 afin d’alléger les charges payées par les entreprises, la TP pénalise toujours les entreprises françaises par son mode de taxation. En effet, la part Equipements et Biens Mobiliers, représentant 80% de cet impôt, pèse sur les investissements de l’entreprise, et pénalise ainsi sa production, sa compétitivité, et blesse la compétitivité internationale et l’attractivité territoriale de notre pays. Elle fait même partie des facteurs incitant les entreprises françaises à se délocaliser.

Or, la réforme de cet impôt, comme celle de la FDL, est difficile. Certes, me direz-vous, tous nos Présidents l’ont attaquée dans une sorte de vente aux enchères : « impôt imbécile » selon F. Mitterrand, la TP doit être « dénoncée » selon J Chirac et même « supprimée » pour N. Sarkozy. Cependant, les tentatives avaient été décevantes jusque là : la réforme de la part salaire de DSK de 1999 s’est avérée coûteuse pour l’Etat, puis la commission Fouquet réunie en 2004 à la demande de J. Chirac a échoué à trouver une compensation valable à la TP.

Quelle réforme ? Annoncée le 5 février 2009 par N. Sarkozy, la réforme de la TP supprime la part Biens et Equipements Mobiliers de la TP. A la place de la TP sera mise en place une Contribution Economique Territoriale (CET) composée d’une Contribution Locale d’Activité assise sur le foncier entreprises, et d’une Contribution Complémentaire assise sur la Valeur Ajoutée. Celle-ci est plafonnée à 3% de la VA et concerne les entreprises d’un Chiffre d’Affaires supérieur à 500 000€. Outre la mise en place de la CET, les CT devraient se voir attribuer trois impôts : la taxe supplémentaire sur les conventions d’assurance (2.8 milliards d’euros), les droits de mutation à titre onéreux (340 millions d’euros), et la taxe sur les surfaces commerciales (700 millions d’euros).

Quelles exigences doit respecter le gouvernement ? Il faut reconnaître que le cahier des charges est lourd. Le gouvernement doit à la fois alléger les entreprises pour éviter les délocalisations, maintenir constantes les recettes des CT (article 72-2 de la Constitution), préserver l’autonomie fiscale des CT (article 72 de la constitution), conserver le lien entreprises-territoire, et faire en sorte que l’Etat cesse d’être le premier contributeur local.

Quant à la logique du gouvernement de relance par la demande, vous l’aurez comprise : alléger les entreprises pour stimuler leur production, puis la distribution de revenus aux travailleurs voire l’embauche de nouveaux salariés. Les salariés consomment ou épargnent alors, nourrissant ainsi la demande, etc.… un cas d’école libérale !

 

Cependant, cette réforme est loin de satisfaire son cahier de charges et nous incite à faire des propositions.

Les critiques que nous pouvons lui faire sont nombreuses.

Tout d’abord, elle envoie un uppercut sérieux aux finances et à l’autonomie locales. Comme l’a analysé T. Rougié de l’agence spécialisée en finances locales Dexia, dans cette réforme tout dépend de qui vous êtes ! Si vous êtes une entreprise, c’est un beau cadeau d'avant Noël qui représente en tout 4,3 milliards d’euros pour vous et les autres entreprises en France par an. En revanche, si vous êtes une Collectivité Territoriale, c’est plutôt halloween version Scream, mais en beaucoup moins drôle : une perte de 22 milliards d’euros par an pour toutes nos CT françaises, que l’Etat a bien du mal à compenser. Pour l’année 2010, petit break : il versera aux CT une compensation égale au produit de TP qu’elles touchaient en 2009. Pour 2011 ? Rien encore… sale quart d’heure pour le maintien des ressources et l’autonomie fiscale des CT.

Outre l’autonomie des CT, cette réforme distend le lien entreprises- territoire, coûte 8 milliards d’euros à l’Etat pour 2010, et reporte la charge des impôts locaux sur les épaules ménages (représentant désormais 73% des contribuables locaux) au profit des entreprises.

C’est pourquoi je suis convaincu que le PS doit se retrousser les manches et réaliser des propositions concrètes.

Tout d’abord, nous devons davantage clamer haut et fort notre position sur le sujet, afin de mieux défendre nos propositions de réforme de la TP et de la fiscalité locale. Comme l’a rappelé notre bureau national, nous sommes également contre la TP qui est un impôt anti économique, et en faveur d’un impôt à la structure proche de la CET. Cependant, nous tenons à augmenter le produit issu de l’impôt foncier des entreprises en revalorisant ses bases, les« valeurs locatives des bases cadastrales », qui sont bien inférieures à leur valeur réelle car non revues depuis trente-neuf ans ! Nous voulons également profiter de la réforme de la TP pour réaliser une réforme plus importante, celle de la fiscalité directe locale, en renforçant les fonds de péréquation, mécanisme redistribuant des fonds aux CT afin d’éviter les inégalités territoriales entre elles.

En outre, nous défendre le transfert aux CT d’une Contribution Sociale Générale (CSG) locale. La CSG est un impôt qui sert au financement de la Sécurité Sociale créé par M. Rocard. Cet impôt est assis sur le revenu et est le premier impôt direct local. Pour moi, outre le fait d’être créé par notre roi de la taxe, il présente deux grands avantages : il est plus juste, et maintient davantage le lien entreprises- territoire.

Enfin, nous pourrions nous inspirer des expériences étrangères et proposer de partager un grand impôt entre l’Etat et les CT, comme c’est le cas en Allemagne pour l’impôt sur les sociétés.

Ainsi, face à une réforme justifiée mais décevante de la TP que nous propose le gouvernement, notre parti se doit de prendre la parole pour présenter d’autres propositions, prouvant ainsi encore un peu plus qu’il est un parti d’opposition constructive capable de prendre la barre en 2012. En attendant, la TP, aussi « imbécile » soit-elle selon F. Mitterrand, n’a pas fini de nous faire plancher et mordre nos crayons !


C-T P.

 

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Mardi 13 octobre 2009 2 13 10 2009 19:26
- Publié dans : Economie et questions sociales

"Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus : du reste, homme assez ordinaire !"
Figaro au Comte Almaviva, dans Le mariage de Figaro de Beaumarchais
Que pensez vous de la nomination de Jean Sarkozy, fils de son père, à la tête de l'Etablissement Public Administratif de la Défense (EPAD)?

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Lundi 12 octobre 2009 1 12 10 2009 22:41
- Publié dans : Economie et questions sociales

C'est volontairement que nous avons laissé une semaine s'écouler depuis l'annonce des résultats de la grande consultation citoyenne sur l'avenir de la Poste. Laisser se dissiper - déjà - l'écume médiatique dont la vague emporte sans distinction ministre de la culture, réalisateur sous les verrous, et autre jeune fils-de-son-père à la crinière dorée... Laissons se fracasser la vague contre les récifs sans mémoire de la vidéosphère, mais rattrapons-en les embruns.

Du 28 septembre au 3 octobre, partout en France, plus de deux millions de citoyens ont exprimé leur attachement à un service postal public de qualité. Or, aujourd'hui, on veut nous faire croire que la modernisation de la Poste ne passe que par sa proto-privatisation. Car c'est berner les Françaises et les Français que de leur dire, les yeux dans les yeux, comme le fait Mme Lagarde, que JAMAIS, au grand jamais, le capital de la Poste ne sera ouvert majoritairement aux investisseurs privés ("Il n'est pas question de privatiser la Poste" sur France Inter le 22 septembre). EDF, GDF, France Telecom: les exemples  pourtant nombreux et suffisamment symboliques pour que la rémanence rétinienne soit toujours prégnante chez les usagers des services publics.

Les Français - lucides - sont majoritairement contre cette réforme dont ils ne percoivent pas le sens immédiat mais n'en voient que très bien l'ultime finalité. Selon un sondage CSA publié mardi 29 septembre par l'Humanité, plus de six Français sur dix sont défavorables au changement de statut. 75% des Français sont contre la privatisation. Et, plus de deux millions de citoyens et de citoyennes, usagers du service public, sont venus aux abords des mairies, de leurs lieux de travail, des bureaux de Poste, au coin de la rue, pour dire démocratiquement leur volonté émue de conserver un service public présent sur tout le territoire et accessible à tous.

Alors, certes, la droite et ses plus truculents éléments - Lefebvre et Paillé - peuvent bien crier à "la manipulation", à la "mascarade". Certes. Mais qui manipule qui dans cette histoire? Face à la "bonne foi" des gâchettes, MM. Lefebvre et Paillé, plus de deux millions de Français, citoyens du quotidien, acharnés protecteurs du patrimoine de ceux qui n'en ont pas, leur expédient une vibrante missive de refus avec accusé de réception.
Le mépris du gouvernement pour la mobilisation des citoyens ira-t-il jusqu'au refus d'organiser un référendum national sur la question? L'autisme politique n'a pas de bornes à l'UMP.

En tout état de cause, le PS déposera dans quelques jours une proposition de loi afin de permettre l'organisation d'un référendum d'initiative populaire - prévu dans la Constitution depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 - qui n'attend plus qu'une loi organique en fixant les modalités pratiques. Manifestement, le gouvernement a bien besoin d'une lettre de relance affranchie de millions de nouvelles voix. Cachet du peuple faisant foi...


T.E.

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