Ateliers du Changement 2009


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Questions de société

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 10:31
- Publié dans : Questions de société

9 novembre 2009, vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Hasard du calendrier, cela fait plusieurs jours que le débat sur l’identité nationale occupe l’espace médiatique.  Quelle relation entre les deux thèmes me direz-vous ? Il est simple, direct, limpide. Le premier devrait occuper une place dans le deuxième.

 

En complément du drapeau, de l’hymne, de la devise, l’identité nationale s’exprime aussi par le biais des jours de commémoration, de fêtes. Lors de ces jours, la nation célèbre un élément fédérateur, un de ceux dans lequel chacun y reconnaît une partie de son patrimoine, de sa culture, de son passé. Le pays rend alors hommage à ses aïeux. La symbolique qui entoure ces 24 heures, pendant lesquelles l’activité économique, de manière générale, s’arrête, participe de l’image que nos concitoyens ont de leur propre peuple. Les fêtes religieuses, qui dominent dans la liste des jours fériés, illustrent la dimension catholique de l’histoire de France. La fête nationale, célébrant le 14 juillet 1789, rappelle à chacun d’entre nous, les débuts du long processus qui mena, tout le long du XIXe siècle, non sans obstacle, vers une société démocratique. 

 

Dès lors, quitte à engager le débat sur l’identité nationale, engageons une réorganisation du calendrier symbolique. Si la France répond d’une tradition catholique indéniable, nos dirigeants politiques doivent aujourd’hui mettre en avant une dimension européenne. Le rythme de l’Histoire conduirait sans doute à intégrer la construction européenne au cœur de la symbolique nationale dans des temps futurs ; mais le politique se doit parfois de précéder la société, et définir un jour férié pour l’Europe. Le statut du jour férié est beaucoup plus enviable que celui de simple jour “de fête“.

Certains diront que le 9 mai, qui célèbre la déclaration Schuman, premier acte concret d’une construction européenne, est déjà une fête, et qu’il n’est pas question d’instaurer deux jours fériés de suite. Soit, je les rassure donc, et oublie cette option de deux jours fériés successifs. Or, le 8 mai doit demeurer. Il renvoie à des souvenirs trop douloureux, à une délivrance trop grande, pour être oublié de sitôt. La victoire sur le nazisme en Europe, (et non sur l’Allemagne !) revêt trop de force symbolique pour qu’il soit envisagé d’en faire un jour comme les autres. Il possède par ailleurs en lui-même une dimension européenne. Dès lors, oublions, hélas, de faire du 9 mai un jour férié.

 

En revanche, sans doute serait-il opportun de faire du 9 novembre un jour férié. Ceci est également pertinent dans le débat sur l’identité nationale. En effet, cela marquerait une reconnaissance de l’amitié franco-allemande, une reconnaissance de l’entourage européen désormais essentiel, de la France. Les mêmes critiques répondront que le 11 novembre est déjà férié, que le problème se répète. Or il n’en est rien. Le 11 novembre rappelle une victoire française sur l’Allemagne, une fierté nationale qui relève d’autres temps, durant lesquelles l’Europe n’était que divisions meurtrières entre Etats coexistants. Certes, cette commémoration est observée dans l’Europe entière, et rend hommage à l’ensemble des victimes de la Première Guerre Mondiale, mais dans l’inconscient collectif, elle fait surtout écho à une victoire nationale. La présence d’Angela Merkel aux commémorations ce mercredi 11 novembre ne remet pas cela en cause. En témoignent les mots de repentance de la chancelière, comprenant qu’à cause de l’Allemagne, l’Europe avait souffert. Or, quel intérêt de continuer à célébrer une victoire passée sur un allié d’aujourd’hui ? Il faut dépasser les tranchées.

 

Cela ne signifie, bien sûr, absolument pas oublier ou juger ceux qui s’y sont battus. Néanmoins, dans le cadre d’une politique de valorisation de l’Union Européenne (qui, il est vrai, devrait être une réalité préalable sans faille), ne faudrait-il pas mettre l’accent sur la solidarité européenne ? Et quelle plus belle expression de solidarité que de sacraliser un jour heureux que connut le voisin, que connurent plus symboliquement les voisins ! L’Union Européenne s’étend désormais au-delà des frontières jadis tracées par le rideau de fer ; ne pourrait-il pas être pertinent de marquer d’une reconnaissance nationale une date représentative de l’émergence de perspectives nouvelles pour nos voisins de l’Est ?

 

Je l’admets, il s’agit d’une mesure symbolique, non prioritaire sans doute au vu de la conjoncture. Néanmoins, elle répond au débat sur l’identité nationale, visiblement considéré comme essentiel par Nicolas Sarkozy. Elle décrirait une identité plus moderne, plus européenne. De plus, elle pourrait entériner, une nouvelle fois, le passage à une nouvelle époque. D’autre part, en admettant demain que cette mesure soit effective, il ne faudrait pas la considérer comme suffisante de la part de la France pour redynamiser l’UE, qui devra répondre à des enjeux qui lui incombent à elle, et non plus aux différents Etats nations. D’autres mesures, non symboliques, plus concrètes, demandent par ailleurs à être imaginées dans ce sens, et adoptées. Cela relève d’un autre débat, et donc d’un autre article.

Timothée L.

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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 18:02
- Publié dans : Questions de société

Et vous aussi, vous le valez bien?

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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /2009 18:49
- Publié dans : Questions de société

Lancé en début d'année par la section, le premier Atelier du Changement 2009 s'intéressait à la position du PS sur la question LGBT. L'équipe sort cette semaine un numéro spécial de notre magazine mensuel La Rose au Poing. Au sommaire :

-Edito, par Sebastian
-Liberté, Egalité, LGBT? La République et les homosexuel-le-s, par Sebastian,
-Le Parti socialiste et la famille, par Etienne,
-La question LGBT et l'Europe, par Camille S.,
-De l'histoire à la mémoire homosexuelle, par Maël,
-Quand la télévision sort du placard, par Thomas E.,
-Universalisme, communautarisme, par Maël,
-Un extrait de l'interview de Gilles Bon-Maury, disponible en intégralité sur le blog
... et bien sûr votre traditionnelle rubrique Plus Beau le PS Sciences Po !

Bonne lecture et merci à toute l'équipe.
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /2009 12:26
- Publié dans : Questions de société
Il existe un petit livre de soixante-dix sept pages à trois euros, caractéristiques assez rares pour être soulignées. Ce livre s’appelle Pour une politique de civilisation, d’Edgar Morin. Et il ne parle pas d’économie. Au contraire, il commence par nous expliquer un phénomène que peu d’intellectuels semblent aujourd’hui à même de percevoir : la pensée occidentale s’enfonce dans un morcellement de plus en plus important de ses composantes. On a dépassé la pensée unique, il faudrait aujourd’hui un retour de la pensée globale.

D’aucuns vous diront que c’est une utopie car ce morcellement s’explique tout naturellement par la complexité croissante de nos sociétés. Impossible d’avoir une pensée globale, la simplification et la caricature en seraient le résultat immédiat ! Il s’agit là peut être de l’enjeu majeur de l’évolution de nos connaissances. C’est ce que dit Edgar Morin : « Les progrès admirables des connaissances s’accompagnent d’une régression de la connaissance par la domination de la pensée parcellaire et compartimentée, au détriment de toute vision d’ensemble ».

Il explique simplement quel est le problème de nos sociétés : son développement en menace les fondements. Une société qui ne cesse de se développer sans revoir sa base va droit à l’échec. Quoi de plus évident ? Qui le reconnaît pourtant aujourd’hui ? Il définit ensuite la politique de civilisation : « Il s’agit en somme de régénérer complètement la vie sociale, la vie politique et la vie individuelle. » Les phrases ambitieuses se font assez rares pour que celle-ci coupe le souffle.

Quels sont les problèmes de nos sociétés selon E. Morin ? D’abord, le fait que l’élévation du niveau de vie est gangrénée par l’abaissement de la qualité de la vie. Pendant que les économistes nous expliquent que le revenu par habitant en France ne cesse d’augmenter chaque année, les français prennent des anti dépresseurs, et personne ne sait véritablement pourquoi. De façon simple, Morin nous répond : l’argent ne suffit plus, ce que cherchent les gens aujourd’hui, c’est une ville sans pollution, sans bruit, avec des services accessibles et des gens qui ne font pas la gueule. Autant de conséquences du progrès économique autrefois révéré. Edgar Morin nous parle aussi de choses beaucoup plus essentielles, comme la dissociation individuelle du corps et de l’esprit, ou la dissolution des solidarités.

Que propose-t-il ? Morin fait l’analyse suivante : des résistances aux inconvénients de nos sociétés actuelles s’organisent : on prend des vacances, on crée des associations, on se centre sur sa famille. Autant de résistances qui restent du domaine privé, ou quasi-privé. Pour Edgar Morin, l’enjeu est le suivant : « Il faut  faire émerger [ces résistances] à la politique pour qu’elles revêtent la figure d’une politique de civilisation. » Il développe trois types de composantes de cette politique de civilisation. D’abord, solidariser contre l’atomisation de nos sociétés. Puis, ressourcer et convivialiser, contre l’anonymisation de nos sociétés, en créant des structures de proximité pour retrouver du lien social pour que vous connaissiez les gens que vous croisez sur le trottoir en rentrant chez vous.  Enfin, moraliser, contre l’irresponsabilité et l’égocentrisme qui nous caractérise aujourd’hui. Tout le monde semble croire que son propre bien être ne dépend pas de celui des autres : il faut absolument détruire cette illusion d’étanchéité, car les individus de nos sociétés actuelles sont profondément interdépendants.


On dit aujourd’hui : il faut réduire le déficit de l’Etat, il faut arrêter l’assistanat des aides sociales, il faut réduire les remboursements des soins santé. Morin répond : « Une société ne peut progresser en complexité que si elle progresse en solidarité ». On dit aujourd’hui :  l’économie va mal, il faut sauver le capitalisme car on ne connaît pas d’autre système. Morin répond : « la politique de civilisation nécessite la pleine conscience des besoins poétiques de l’être humain ».

Après ça, il n’y a plus rien à dire, à part peut être : lisez ce livre, car cet article peine à rendre toute sa profondeur (et 70 pages, c’est pas long…).

M.P.
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 10:14
- Publié dans : Questions de société

Mme Morano, secrétaire d'État à la Famille, doit présenter fin mars au Parlement un projet de loi sur les droits des beaux-parents. Ce projet de loi a pour objectif, selon Nicolas Sarkozy, de "reconnaître des droits et devoirs aux adultes qui élèvent des enfants qui ne sont pas les leurs". "Je souhaite reconnaître ces liens particuliers par la création d'un statut de beau-parent, et plus largement, des tiers qui vivent au domicile d'enfants dont ils ne sont pas les parents", affirme-t-il. Ce projet concernant aussi les familles homoparentales, la question de l’homoparentalité revient sur le devant de la scène politique. Il était temps car, selon les dernières estimations de l’INSEE, 30 000 enfants vivraient dans un foyer composé de deux adultes de même sexe. Il est donc primordial d’ouvrir un débat sur cette question qui concerne un nombre toujours croissant de familles.

Sur ce sujet, l’UMP apparaît divisée. Certaines voix se sont élevées en faveur de ce texte, telles  que celles de Valérie Pécresse ou David Douillet. Pour eux, il y va de la protection de l’enfant en cas de décès du parent biologique ou légal d’un couple homoparental. A contrario, Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, réfute toute "logique de mariage homosexuel ou d'adoption par les couples homosexuels". Christine Boutin va plus loin en s’opposant farouchement à cet avant-projet de loi par des arguments pour le moins passéistes et traditionalistes. Elle a en effet déclaré "Je n'accepterai pas que l'on reconnaisse l'homoparentalité et l'adoption par les couples homosexuels de façon détournée, en le glissant dans une loi sur le statut du beau-parent. L'altérité sexuelle est un des fondements de notre société. La personnalité et l'identité de l'enfant se construisent dans le rapport au sexe opposé : l'enfant, pour se structurer, a besoin d'un papa et d'une maman." Le président du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, est lui-même monté au créneau, demandant à Nicolas Sarkozy de "rappeler à la raison" Nadine Morano, afin de "lui faire renoncer" à un projet "hypocrite" qui a pour "objet la destructuration de la famille".
   
Face à ces arguments très choquants dans la mesure où ils stigmatisent l’homoparentalité comme étant un danger pour l’enfant et  bafouent les droits des homosexuels, le Parti Socialiste se doit de proposer un projet de loi plus ambitieux que celui de Nadine Morano. Nous prônons en effet la légalisation du mariage homosexuel, le fait de s’unir avec la personne de son choix relevant d’un droit inaliénable, mais il est également de notre devoir de lutter pour la reconnaissance du droit à l’adoption par des couples homosexuels. D’une part parce que l’homoparentalité est une réalité qui n’est plus à nier. Ces 30 000 enfants se trouvent dans une situation de vide juridique qui pourrait être très dangereuse pour eux, notamment en cas de décès de leur parent biologique. D’autre part parce que les couples homosexuels ont, tout autant que les foyers hétérosexuels, les prérogatives nécessaires pour élever un enfant. Or le projet de loi de Mme Morano, en ce sens, est beaucoup trop timoré. Les tiers dans les familles homoparentales n'auront ni plus ni moins de droits que des beaux-parents traditionnels qui s'impliquent dans la vie d'un enfant et en aucun cas il n'y aura de création d'un lien de filiation. Certes ils pourront conclure une convention avec le père ou la mère de l'enfant permettant de réaliser des actes de la vie quotidienne, mais leurs droits seront très limités. Ils ne pourront pas décider des actes importants de la vie de l'enfant et ils ne pourront transmettre ni leur nom ni leurs biens.
   
Cet avant-projet de loi va donc dans le bon sens, puisqu’il va permettre une plus grande reconnaissance de l’homoparentalité. Mais il est loin d’être suffisant. Surtout, les arguments opposés par certains, tels Christine Boutin, contre ce projet, doivent nous rappeler combien il sera encore long et difficile de faire accepter pleinement les droits fondamentaux des homosexuels.

Camille R.
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