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Jeudi 8 mai 2008

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Lundi 28 avril 2008

Il y a presque un an jour pour jour Nicolas Sarkozy obtenait la majorité des voix au deuxième tour de l’élection présidentielle. Après plusieurs mois d’une campagne intense, le candidat qui voulait incarner la rupture et le renouveau de la France avait réussi à se faire élire… par les plus anciens de ses concitoyens. Car malgré les concerts de Faudel organisés pour la relève du 16ème arrondissement parisien, les jeunes électeurs ont bel et bien plébiscité la gauche et la candidate socialiste en 2007.

 

Le début d’une grande histoire


Le nouveau président, fraîchement installé à l’Elysée et toujours accompagné de ses conseillers les plusprogressistes, tentait alors l’impossible : devenir le représentant de cette France qui n’avait pas voté pour lui. Il fallait commencer par une mesure séduisante pour les jeunes. Les fans de Salut les copains ! ont été enchantés de voir Johnny Hallyday revenir de son exil helvétique grâce à l’adoption du paquet fiscal. Il fallait ensuite faire la preuve de sa capacité à mener des réformes au service de l’avenir en profitant de l’état de grâce qui suit chaque élection. Les étudiants dubitatifs ont observé le gouvernement s’évertuer à faire passer une réforme de l’université vide de sens comme de substance. Il fallait enfin renouveler la pratique politique. Les jeunes salariés, dont beaucoup sont condamnés au temps partiel subi, se sont alors inspirés de leurs nouveaux gouvernants et ont rêvé de croisières, de Rolex, de Ray-Ban et de tout ce qu’ils allaient bientôt pouvoir s’offrir grâce à la majoration des heures supplémentaires qu’ils ne pouvaient pas effectuer.

 

C’était le bon temps !

Las, l’effet du retour de notre Johnny national s’est vite estompé. Françafrique, fin de la politique d’ouverture, mesures sans cohérence et couacs gouvernementaux à répétition : le petit Nicolas a vite fait de se chiraquiser. Mais ce n’était que provisoire. Le président a bien vite compris qu’il allait perdre son électorat traditionnel à force de séduire les jeunes en imitant son prédécesseur. Depuis sa défaite cuisante aux municipales, c’est donc de Gaulle qu’il essaye d’imiter. Restauration de la fonction présidentielle classique, rupture avec le présent pour défendre avec passion les grandes politiques nées de l’époque gaullienne : le président était enfin arrivé à destination pour liquider l’esprit de mai 68.

 

Une jeunesse révoltée

 

Un an après les présidentielles, la jeunesse de ce pays se bat pour son avenir. Les lycéens, unanimes contre la politique du président, luttent pour le maintien d’une éducation de qualité. Les étudiants attendent la prochaine coquille vide qui fera office de réforme de l’université. Les jeunes travailleurs attendent 2012 avec impatience pour se défaire de ce président qui leur avait promis de s’attaquer au problème de leur pouvoir d’achat.

 

Sarkozy, tout aussi populaire que de Gaulle en 1969, est maintenant tout aussi conservateur. Un an plus tard, le pouvoir a encore fait régresser Sarkozy et la politique de la droite. Un an plus tard, le président et sa majorité sont plus que jamais conservateurs. Un an plus tard, la femme du président est plus jeune. Ce n’est toujours pas le cas de son électorat.


Antoine Besson et Max. P

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Vendredi 25 avril 2008
Cet article, malgré la nouvelle série lancée sur ce blog, n'a rien à voir avec Mai 68. Quoique... Ce soir, Nicolas Sarkozy s'exprimait devant les Français pendant plus près de deux heures dans un décor néo-napoléonien.

Mais surtout, malgré la présence de cinq journalistes tout au long de l'émission (et il faut le reconnaitre, la pugnacité peu coutumière de certain-e-s d'entre-eux), personne n'a semble-t-il relevé plusieurs déclarations invraisemblables ou erreurs manifestes et grossières commises par celui qui a décidément du mal à devenir chef de l'Etat.

Impuissance


Contrairement aux porte-flingues tout au long de la semaine dernière, Sarkozy a reconnu les couacs. On aurait pu surtout lui poser une question sur l'autorité dont il estime encore disposer dans la majorité quand il déclare, à propos de son sentiment sur le droit de vote des étrangers aux élections locales : "je suis intellectuemment pour, mais je n'ai pas la majorité pour le faire" (oubliant au passage, qu'il pourrait compter, sur ce dossier, sur l'appui des parlementaires de gauche, mais il n'a pas du comprendre le sens du mot "ouverture"). Inutile de dire que l'on n'a rarement entendu un tel aveu de faiblesse ou une telle tartufferie...

Inconséquence


Certains commentateurs ont loué la clarté, la "précision" pédagogique des explications sarkozystes. Quelqu'un ici pourrait-il nous expliquer :
- quel est le mode d'application exact du RSA? Alors que Woerth lui-même le chiffrait à 5 Mds €, que Hirsch le chiffrait entre 3 et 4 Mds €, il tombe entre 1 et 1,5 Mds € dans l'estimation sarkozyste (griffonée sur un coin de table ?). Par ailleurs, la PPE (Prime Pour l'Emploi) est-elle supprimée, réaménagée ?

- quelle est la réponse exacte sur les suppressions de postes ? Déjà ça commence par une raffarinade sans doute due aux rencontres trop fréquentes avec le phoenix du Haut-Poitou ces derniers temps : "la jeunesse est inquiète...forcément on est inquiet quand on est jeune, parce que si on n'est pas inquiet quand on est jeune" (blanc). Ensuite, la question lui est posée plusieurs fois : "les 19000 suppressions de postes seront-elles maintenues?", réponse : "on maintient les réformes qui permettront les suppressions de postes". Sauf erreur, les réformes (en dehors de la suppression du samedi matin) ne sont pas encore entamées. Donc elles n'ont pas produit leurs effets. De cette manière, comment peut-on anticiper une diminution de postes sans attendre ce que ces dites réformes ne se mettent en place ? Ou alors la suppression de postes en tant que telle est une réforme ?

Dans ces deux cas, ce sont deux beaux galimatias qui nous préparent des couacs  incessants.


Incompétence

Lorsque la question de la régularisation des travailleurs sans-papiers a été évoquée, celui qui est censé plus que quinconque ne pas ignorer la loi n'a pas arrêté de confondre systématiquement demande de naturalisation et obtention d'un titre de séjour. Il a d'ailleurs ensuite indiqué être favorable à sa sempiternelle "immigration choisie" en défendant précisément que cela pouvait se concevoir dans le secteur du bâtiment ou de la restauration... secteur précisément d'où sont issus les sans-papiers en question. Peut-être faut-il qu'il fasse un aller-retour simplement pour améliorer les points Miles des policiers les accompagnant ?


Ces graves erreurs, ces bourdes importantes (qu'on aurait moins pardonné à d'autres) effectuées par un Président en exercice posent de réelles questions sur l'aptitude de l'équipe actuelle à gouverner la France. Cette habitude à se renier en permanence ("ce que les gouvernements précédents n'ont pas fait  pendant 20 ans" pour quelqu'un qui a été Ministre pendant 7 ans durant la période qu'il incrimine), sans parler de son incapacité totale à répondre sur la principale préoccupation des Français (le pouvoir d'achat) si ce n'est en concédant une "erreur de communication", nous confortent dans l'idée que ce quiquennat ne sera que la continuation des 5 piteuses dernières années. Et en plus, on a toujours Raffarin...
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Dimanche 20 avril 2008

79%

C'est le chiffre de la semaine, qui résume, dans deux enquêtes distinctes, les premières grandes lignes du bilan de la première année de sarkozysme intégral (puisque précédée de cinq années de sarkozysme au moins partiel).

Le PS est (aussi) le parti des entreprises

La droite n'a pas eu de mots assez forts pour critiquer l'attitude des parlementaires socialistes, évidement non constructive, lorsqu'il s'agit de juger le paquet fiscal, qui a remplacé, dans le vocabulaire usuel, la loi dite "TEPA". Depuis le vote cette funeste loi au cours de l'été 2007, les socialistes n'ont eu de cesse de rappeler le caractère injuste de certaines mesures contenues dans le paquet (droits de succession, bouclier fiscal...) et l'aspect inefficace de l'ensemble et en particulier du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires. Toutes les premières études empiriques (déjà évoquées ici) démontrent la réalité de cette analyse et l'immense effet d'aubaine qu'a généré cette mesure.

Mais l'on pouvait se dire qu'a minima, même si les entreprises ne souhaitaient évidemment pas avoir recours aux heures sup sans disposer d'un carnet de commandes en expansion, elles pouvaient toutefois être seulement intéressées par ce dispositif.

Une étude menée par le cabinet d'avocats Fidal
auprès de 2049 entreprises (publié mercredi 16 avril)  nous démontre que nous sommes restés encore trop timorés dans la critique. Cette enquête révèle effectivement que 79% des entreprises interrogées ne "se sentent pas incitées à augmenter le volume d'heures supplémentaires", malgré le dispositif gouvernemental. Seules 18% des entreprises déclarent que cela les a au contraire incité à le faire, soit moins d'une entreprise sur cinq.

De manière générale, 39% des entreprises interrogées considèrent même que cette loi (TEPA donc) représente une "contrainte" pour elles plutôt qu'une "opportunité". Le plus cocasse, quand on entre dans le détail de l'enquête est que plus la taille de l'entreprise est importante, plus la perception de cette loi comme une contrainte grandit (48% des entreprises de plus de 250 salariés la considèrent comme une "contrainte" et 56% des entreprise de plus de 500 salariés). Or, ces entreprises sont celles précisément où les 35 heures sont en application complète (lois Aubry I et II), contrairement aux TPE où le passage aux 35 heures s'est effectué, pour la majeure partie, avec les aménagements Fillon.  

L'échec est total : même les entreprises qui disposent des capacités logistiques pour appliquer cette usine à gaz et qui seraient étranglées par les horribles 35 heures sont celles qui rejettent le plus le dispositif gouvernemental.L'enquête explique ensuite l'une des causes de la rapide désillusion sarkozyste : 61% des ouvriers et employés déclarent effectivement être désireux d'effectuer davantage d'heures supplémentaires (contre 35% des techniciens et agents de maîtrise et 18% seulement des cadres). Or, contrairement à ce qu'a voulu leur faire croire une démagogie de campagne que nous n'avons pas assez démontée, ce ne sont pas les employés qui sont maîtres de leur temps de travail, mais bien les employeurs... dont le désir de générer des heures supplémentaires est a contrario pour le moins fortement limité...

Même si l'on en vient à ne plus vouloir tirer sur une ambulance, rappellons, comme l'a démontré
le rapport de la commission des Finances commandée par Didier Migaud, que cette ambulance coûte cher ! Le prix de ce gigantesque effet d'aubaine n'est effectivement pas neutre pour les finances publiques (4,1 Mds €) et il ne faut pas faire croire aux Français que cela leur rapporte un seul seul sou supplémentaire puisqu'il donne de leurs poches de contribuable plus qu'ils ne reçoivent en tant que salariés (3,78 Mds €). Autrement dit, un petit jeu sarkozyste à somme plus que nulle.


La rupture pas tranquille du tout avec la France


Aux 79% évoqués plus haut font écho un chiffre similaire, qui démontre, avec le recul que l'on accorde à l'égard de tous sondages, que la majeure partie de la France a divorcé avec Sarkozy et surtout avec la politique qui est menée.

Au-delà du seul examen de sa cote de popularité qui connaitra sans doute encore des hauts et des bas, 79% des Français considèrent, selon le sondage IFOP réalisé pour le JDD, que "l'action du Président et de son gouvernement n'a pas permis d'améliorer la situation de la France et des Français". Non seulement la chute est importante par rapport à novembre 2007 où les Français n'étaient "que" 59% à émettre ce jugement mais désormais ils considèrent majoritairement, qu'en dépit de l'agitation déployée, la situation n'a "pas du tout" changé. Enfin et surtout, désormais
même le coeur de cible est atteint puisque les sympathisants UMP ne considèrent qu'à une très courte tête (50% contre 49%) que l'action est plutôt positive...


Encore une fois, cet état de fait ne réjouit aucun citoyen responsable. La désillusion du sarkozysme rejaillit, parfois de manière injustifiée, sur l'ensemble des partis politiques. La majorité actuelle aura 10 ans de bilan à soutenir derrière elle en 2012. Aujourd'hui, le rôle des socialistes est de rappeler aux gouvernements les trois actions urgentes à entreprendre :


- De la rigueur... dans l'action gouvernementale : depuis janvier, avec une apothéose tragi-comique cette semaine, les cafouillages divers que certains prennent pour de la stratégie (c'est dire où on est arrivés...) sont l'une des raisons essentielles de l'impossibilité d'avoir un débat politique serein et compréhensible ;

- De la méthode dans les "réformes" : plutôt que de sauter comme un cabri sur sa chaise en criant "réformes, réformes !", le gouvernement doit éviter que la catastrophique et prétendue "réforme" de la carte judiciaire ne serve de modèle pour le reste des chantiers à venir. La concertation n'est pas l'ennemi de la décision, bien au contraire ;

- De la prise de conscience sur les erreurs passées : l'annulation quasi-totale du paquet fiscal (seules les mesures sur les intérêts d'emprunts, pour des questions de sécurité juridique, devraient être maintenues) qui démontre chaque jour son coût exorbitant pour des résultats plus que médiocres est la première des priorités.

Même s'il est de bon ton (à l'UMP) de dire que les cafouillages n'existent pas, le chef de l'Etat s'exprime demain. Espérons que cette fois-ci il écoutera cette fameuse "majorité (plus vraiment) silencieuse"...
  

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Dimanche 13 avril 2008

On prend un peu de recul et on revient 10 mois en arrière. On nous expliquait alors que la victoire de Sarkozy était large, que la gauche et le PS en particulier étaient atomisés, que son génie tacticien n’avait d’égal que son aptitude stratégique, que la majorité était soudée autour de l’homme providentiel.


Cette semaine, on a assisté, mi-pantois, mi-consterné, au résumé de tout ce qu’est le régime sarkozyste (la "chienlit au pouvoir", comme l'a habilement résumé Marianne). Mensonge, improvisation, cafouillage, incompétence caractérisée parfois : le chef de l’Etat, le gouvernement et les parlementaires de la majorité démontrent chaque jour leur quasi-incapacité à gérer un pays.

Revenons sur quelques événements, de manière chronologique (pas tous, ce serait trop long) qui démontrent ce que nous avions écrit à plusieurs reprises.

 

La flamme du gouvernement est éteinte depuis longtemps

 

Peu importe ce que l’on pense sur les Jeux Olympiques de Pékin et la position à adopter, mais de facto, qui peut accepter le spectacle navrant de la traversée parisienne de la flamme olympique ? Comment le gouvernement français, qui a géré cette opération pilotée par la préfecture de police, a-t-il pu accepter qu’un vice-Ambassadeur et des officiers de sécurité chinois fassent la loi sur le sol de la République ? Que cette même « clique » pour reprendre les termes qu’ils utilisent à l’encontre du Dalaï-lama, soient autorisés à éviter totalement le passage par l’Hôtel de Ville ?

 

Le gouvernement n’a pas su gérer cette situation. On peut d’ailleurs défier quiconque d’exposer de manière claire la position officielle de la France à ce sujet. Entre les habituelles stratégies à 3 temps de Rama Yade sur les fameuses « conditions »(1 : je fais une déclaration tonitruante ; 2 : j’atténue mes propos voire je conteste le fait de les avoir prononcés ; 3 : je dis l’inverse), les déclarations toujours très fines de Bernard Laporte et celles de Bernard Kouchner sur les « amis chinois », que faut-il comprendre ? Tout cela sent déjà le (mauvais) réchauffé (la visite de Kadhafi) et démontre une fois de plus que la diplomatie française, seule rescapé des années Chirac, est devenue un champ de ruines.


La prime à la lâcheté

Nathalie Kocziuzcko-Morizet (NKM) incarne tout ce que la droite française déteste, bien loin des faux-semblants de l’ « ouverture » : elle a su s’ouvrir à des courants de pensée a priori éloignée des siens, autrement dit les idées écologistes (elle a fait la bise à José Bové, quelle horreur !) et en plus d’être relativement jolie, elle dispose d’une véritable compétence sur ses sujets ministériels.

 

Quand elle déclare que Borloo est « lâche » et que Copé ne « tient pas ses troupes », qui peut la contredire ? Personne n’a plus vu le soi-disant super-Ministre de l’Ecologie depuis son plongeon à Bali et les couacs incessants à l’Assemblée ne semble pas déranger l’archi-cumulard qui rêve déjà de 2017. Mais surtout, NKM s’était, ô scandale, remise à la « sagesse » des parlementaires lors du vote de l’amendement Chassaigne (député PCF) sur la protection des territoires AOC des exploitations OGM. L’UMP demande sans cesse à l’opposition d’être « constructive », mais refuse de l’être quand un amendement tout à fait recevable est acceptée par une Ministre !

NKM a du malheureusement pratiquer ensuite la valse bien connue de Rama Yade, tout en étant punie de voyage et de questions au gouvernement. 78% des Français partagent sa position, mais c’est bien connu, les sondages n’engagent le gouvernement que lorsqu’ils lui sont favorables (autrement dit, assez rarement ces derniers temps…).

 

Et dans le jeu des 7 familles d'erreurs, je veux la carte "nombreuse" !

 

Dans le cadre de la pagaille autour de la carte "Familles nombreuses", on atteint le niveau du cas d’école, des couacs en série qui pourraient faire l’objet du contre-exemple parfait de processus de décision et de communication gouvernementale. Mais cet exemple est loin d’être anecdotique, tellement il révèle nature-même de la pratique du pouvoir sarkozyste.


 

Il n’est peut-être pas nécessaire de revenir sur les dizaines de déclarations contradictoires (Morano,Bussereau, Fillon, Copé…) sinon de rappeler quelle est la source de cette pagaille, autrement dit le chef de l’Etat lui-même. Dans un discours lénifiant, il avait indiqué vendredi 4 avril 166 mesures dites d’économie (comprendre, pour ceux qui ont bien lu les prescriptions du livre de Copé : rigueur).

L’une de ces mesures consistait à supprimer la subvention accordée par l’Etat à la SNCF afin de financer la carte Famille nombreuses, créée par le gouvernement gauchiste d’Aristide Briand en 1921, avec une majorité de députés bolchéviques prêts à développer l’ « assistanat », autrement dit la chambre bleu-horizon.


La SNCF a du coup insisté sur le fait qu’elle devrait revoir cet engagement, avant que le bal des Ministres incompétents déclarent tout et son contraire et que le chef de l’Etat lui-même revienne (sur une mesure, qui rappelons-le, pour être symbolique, ne représente qu’un engagement financier de 70 millions €…) sur cette question.


Plus généralement, c’est toute la logique de la RGPP qui est remise en cause. Le pilotage de cette réforme a effectivement été confié à un cabinet au fonctionnement occulte autour de Claude Guéant et du directeur de cabinet de Fillon notamment. Les Ministres, l’entreprise concernés et ne parlons pas des parlementaires ont été complètement mis à l’écart. Au bilan, déjà une prétendue réforme bien mal en point.


Les exemples seraient encore nombreux. Rappelons le mensonge d’Etat au sujet de l’usine de Gandrange ou la pantalonnade pathétique de la politique africaine de la France (déjà dénoncée par Nicolas Brien
ici) et qui pose une fois de plus la question de l’honneur qui peut rester à Jean-Marie Bockel.

Chaque socialiste ne pouvait et ne souhaitait en demander tant. Nous devons, comme nous aurions du le faire lors des campagnes nationales de 2007, insister sur une chose : l’incompétence, la désinvolture, le dilettantisme d’une majorité fatiguée qui en 2012 a largement pris le pas sur toute tentative de discours et encore plus de volonté d’action structurés. Le discrédit – aussi rapide qu’inédit – de l’équipée sarkozyste risque toutefois de rejaillir sur l’ensemble des hommes et femmes politiques. Voilà pourquoi, la constitution d’une alternance crédible n’est pas nécessaire, elle est indispensable.  

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition

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