Bien entendu, ce soir, la gauche et sa première formation, le PS, n'ont pas gagné les élections législatives. L'UMP disposera de sa majorité absolue.
Toutefois on peut s'étonner des résultats ce soir, dans un sens positif pour les thèmes que nous avons portés tout au long des campagnes présidentielles et
législatives. Alors que Nicolas Sarkozy est élu depuis à peine 1 mois et qu'il bénéficierait selon certains journalistes d'un "état de grâce" sans commune mesure, sa majorité gagne ces élections
législatives en perdant près de 80 sièges par rapport à 2002. En gros, Sarkozy fait moins bien que Chirac... je crois que ce soir, l'ambiance devait être chaude à l'Elysée ou à la Lanterne, on ne
sait plus bien. Un petit coup de fil du Maroc peut-être ?
Ensuite, la droite nous dit : la gauche a gagné grâce à la TVA sociale. Contradiction immédiate dans les bouches des roquets Pécresse et Copé : "mais Nicolas Sarkozy a tout dit avant l'élection
présidentielle"... Euh ? Je ne comprends plus alors. Ce que dit Sarkozy le fait élire un jour et lui donne une victoire très relative le lendemain ? Tout simplement, nous avons pu expliquer
durant cette semaine ce que contenait réellement cette TVA "sociale", ce que nous n'avions pas fait assez durant la campagne présidentielle sans doute. Voir ce personnage pathétique d'Eric Besson
essayer de défendre ce soir une mesure qu'il a combattu au PS pour expliquer ensuite piteusement que ce qu'avaient proposé les socialistes (la cotisation sur les valeurs ajoutées) n'a rien à voir
avec la TVA "sociale" montrait toute la cohérence de la politique gouvernementale. Heureusement qu'ils nous disaient que "tout était prêt". On attend avec impatience la nomination du nouveau
numéro 2 du gouvernement notamment... même si nous pouvons saluer la dignité de la prestation d'Alain Juppé ce soir, bien loin des pitreries et de l'arrogance de Rama Yadé et autres Laurent
Wauquiez. Si c'est ça la relève de la droite "décomplexée"...
Par ailleurs et avant tout, il faut bien sûr saluer la victoire de l'ensemble des candidat(e)s de gauche sur le territoire français. Surtout pour celles et ceux qui ont eu une bataille très dure
à mener, sur le terrain. Il faut par ailleurs se féliciter d'une chose, nous aurons 102 députées dans la nouvelle Assemblée. Encore très loin de la parité évidemment, mais
saluons le fait que 42 de ces députées seront des élues socialistes, pour la plupart nouvellement élues.
Il aurait été impossible de toutes les sélectionner mais en voici quelques-unes dont on peut féliciter les très belles victoires, toutes élues pour la première fois. Dans
l'ordre, de gauche à droite et de haut en bas : Michèle Delaunay (grâce à Ségolène Royal, tout le monde connaît son nom !) qui a gagné face à Alain Juppé dans une circonscription de droite depuis
60 ans ; Geneviève Fioraso face à Alain Carignon avec plus de 62% des voix ; Sandrine Mazetier avec plus de 55% des voix face à Arno Klarsfeld dans le XIIème à Paris, ancré à droite depuis 50 ans
; Aurélie Filippetti qui gagne avec 51% des voix après une campagne éclair dans une circonscription et un département particulièrement difficiles ; Delphine Batho avec plus de 57% de voix malgré
une première candidature dans le fief de Ségolène Royal et l'offensive de l'UMP pour la faire battre ; George-Pau Langevin dans le XXème de Paris avec plus de 63% de voix ! Bravo à toutes
!

Elles sont aussi l'image de cette nouvelle page du PS qui s'ouvre ! Parce que bien sûr, la refondation doit plus que jamais commencer, alors que les électeurs nous ont adressé un signal clair, en nous permettant avec près de 210 députés de s'affirmer en tant que parti d'opposition déterminée certes mais aussi comme la seule force d'alternance, constructive, inventive et audacieuse. Commençons tout de suite !
Le premier tour des élections législatives est passé. Le PS et l’ensemble de la gauche n’ont pas assez réussi à convaincre les Français de venir voter. Cela s’est du
même coup traduit par une abstention massive de l’électorat de gauche, malgré une certaine résistance du PS et de ses alliés, qui augmentent même leur score (en pourcentage de
voix par rapport à 2002), la défaite est certaine. Face à cela, ils ont trouvé des électeurs de droite, mobilisés comme à leur accoutumée, tellement disciplinés qu’ils sont prêts à voter pour
n’importe quelle bourrique étiquettée UMP ou en photo avec Nicolas Sarkozy. Pour s’en convaincre, voir les scores de Jean Tibéri (élu depuis 35 ans dans « sa » circonscription), d’Alain
Carignon (qui devance un candidat sortant de droite bien plus présentable… mais pas d’étiquette UMP) ou encore de Didier Julia (73 ans, 7ème mandat, le renouveau politique en
action et surtout dont l’action a mis en péril la vie de deux otages français), sans parler de députés plus anonymes, c’est le cas de le dire, mais tout aussi inutiles.
Le PS et la gauche est certes parti perdants dans ces élections. Mais l’argument des contre-pouvoirs nécessaire au pouvoir hégémonique sarkozyste n’est pas un argument de
pacotille.
Dans quel pays démocratique a-t-on vu un même parti contrôler plus des deux tiers non seulement d’une chambre mais de l’ensemble du Parlement (c’est-à-dire aussi du Sénat, ce que la gauche n’a
jamais eu !) ?
Dans quel pays observe-t-on que 40% des voix correspondent à 80% des sièges ?
Dans quel pays le chef de l’Etat a-t-il tant de pouvoirs, jusqu’à nommer les directeurs de cabinet de ces Ministres, sans que le Parlement n’ait pas la possibilité de le censurer (cf par
exemple la procédure de l’impeachment aux Etats-Unis) ?
Dans quel pays parle-t-on d’un « statut » de l’opposition alors que cette dernière ne pourrait avoir que 60 députés, tout en rassemblant 17 millions de Français ?
Dans quel pays les principales autorités régulatrices sont-elles toutes nommées par le Président de la République, sans aucun droit de regard des parlementaires ? Et à quoi bon cela
servirait-il que le Parlement les avalise au 2/3, comme le propose Nicolas Sarkozy, dans la mesure où la majorité est de toute façon supérieure à cet étiage ?
En France, avec l’Etat UMP qui s’annonce, nous aurons donc et très clairement un pouvoir omnipotent, omniprésent. Et cela reste un argument parce que cela nous permettre d’être l’un des moteurs de la réforme institutionnelle que nous devrons mener, que nous avons déjà promise, mais que nous devrons inscrire dans notre refondation :
- remise en cause de la carte électorale charcutée par M. Pasqua en 1986, et « fondée » sur le recensement de 1982... Cela fait trois fois que le Conseil Constitutionnel répète le « principe des 20% maximum », c’est-à-dire la réduction à 20% maximum des écarts de représentativité entre chaque circonscription. Comment peut-on par exemple accepter que les 34 374 habitants de la 2e circonscription de Lozère ont droit à un député et sont traités sur le même pied que les 188 200 habitants de la 2e circonscription du Val-d'Oise ?
- inscription très claire d’une dose de proportionnelle, entre 20 et 30% ;
- suppression de l’ensemble des nominations des membres des instances de régulation par le Président de la République, sans parler des nominations officieuses dans les grandes entreprises publiques ;
- réflexion sur l’avenir du Sénat qui reste actuellement une indiscutable "anomalie démocratique".
Rajoutons à cela que les arguments de la droite pour rejeter l’idée d’une majorité « absolue » sont absolument faux factuellement :
- en 1981, le PS avait certes la majorité absolue (280 députés sur 460) mais les députés PCF n’étaient certainement pas des députés godillots, même interdits de voter contre les LF, voire une motion de censure du gouvernement comme le sont par exemple les députés « Nouveau » centre. Et surtout la gauche ne détenait ni le Sénat ni l’ensemble des départements et des instances locales. Quant aux media, je ne crois pas que les journalistes vedette de l’époque, Elkabach (déjà), Duhamel, Mourousi… aient subitement viré socialo-communiste comme dirait l’autre ? Et je ne parle pas du CNPF et des entreprises non nationalisées, qui à ma connaissance ou alors la France était un pays soviétique diront certains (?) de l’époque qui sont restées très liées à la droite ;
- la gauche détient peut-être 20 régions sur 22 et 51 départements (la droite en a 49 autres… les pauvres…) mais depuis quand ce sont ces entités qui font et défont les lois qui régissent les relations de pouvoirs entre les gouvernants et les gouvernés, soit le socle de la démocratie ? Au contraire, ces entités locales subissent les décisions venues de Paris, du Parlement et notamment les décentralisations massives de compétences sans transferts de moyens. C’est tout de même invraisemblable d’avoir un argument d’aussi mauvaise foi.
Et d’abord à porter l’ensemble des candidats de gauche et du pluralisme démocratique à l’Assemblée Nationale le 17 juin prochain !
MOBILISEZ-VOUS !
d'abord avec le bulletin d'un candidat MNR dans la 2e circonscription de Paris :

Danger... ça ne s'invente pas !
Deuxième élément amusant de l'actualité : Sarkozy semble s'entendre très bien avec Vladimir Poutine... mais il manque encore d'entrainement !




