Pourquoi Jean Zay ?

Lors de la formation du premier gouvernement de Front populaire en juin 1936, Léon Blum nomme Jean Zay ministre de l'Education nationale et des Beaux-arts. Ce dernier exerce cette fonction jusqu'à la mobilisation de septembre 1939.


Jean Zay, dans sa conduite des affaires culturelles et éducatives, s'inspire largement des réflexions philosophiques nouvelles menées par le Front populaire. L'Homme ne saurait être réduit à un être laborieux. Tout individu mérite - à ce titre - de disposer de temps libre et de loisirs afin de pouvoir s'épanouir dans le cadre d'activités culturelles et sportives. Jean Zay s'inscrit dans la dynamique des congés payés et de la semaine de 40 heures en démocratisant l'accès à la culture et au sport avec notamment les bibliobus, la baisse des prix des places de théâtre et de musée et enfin l'introduction du sport à l'école.  
Si la philosophie humaniste guide sa politique, Jean Zay n'en oublie pas pour autant l'impératif pratique du moment. L'alliance qui réunit - dès juin 1935 - radicaux, communistes et socialistes a en effet pour objectif majeur d'engager une lutte active contre les menaces fascistes en Europe et en France. Tout en réaffirmant sa foi dans les vertus émancipatrices de l'Ecole, il s'agit pour Jean Zay « d'utiliser » une nouvelle fois l'Ecole comme dernier rempart pour la République. S'il reprend en cela l'héritage des Pères fondateurs de la IIIème République, Jean Zay révolutionne aussi la conception de l'Education. En dépassant l'égalité formelle devant l'instruction et en prenant enfin en considération les problématiques sociales qui y sont liées, il rompt avec une certaine « tradition républicaine », et la rénove peut-être aussi.
Après avoir fait passer l'obligation scolaire de 13 à 14 ans, Jean Zay entame sa réforme majeure qui lui vaut la parenté du processus de démocratisation scolaire en France. Jusqu'en 1937 deux systèmes éducatifs cohabitaient : d'un côté, l'école communale qui délivrait une instruction minimale à tous les Français et l'enseignement primaire supérieur qui formait les enfants du peuple et de la classe moyenne aux professions intermédiaires ; et de l'autre, les petites classes des lycées et les lycées destinés à une élite et pérennisant ainsi la reproduction sociale. Jean Zay, en harmonisant les programmes et les schémas d'études, facilite le passage d'un système à l'autre et il jette les bases de l'« Ecole unique », qui réunira bientôt « toutes les France. »
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