De la modernité
Comme le journal Le Monde l’annonce : « le MPF revient dans la maison UMP ». Le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers négocie des alliances avec l’UMP en vue des prochaines élections municipales et cantonales.
L’objectif de la manœuvre : conserver les villes et cantons que le MPF a déjà conquis, et obtenir 500 places de conseillers municipaux.
En tant que Vauclusien, natif d’Orange, et ancien stagiaire au Conseil général de Vaucluse, je ne connais que trop les époux Bompard, tous deux conseillers généraux. Ils ont gagné leurs sièges sous l’étiquette Front National, et n’ont quitté le parti de Jean-Marie Le Pen pour celui de Philippe de Villiers non pour des raisons idéologiques mais pour des raisons personnelles. Jacques Bompard notamment souhaitait avoir une place plus importante dans le mouvement que celle que lui proposait Le Pen. Villiers a su lui offrir un poste à la dimension de ses ambitions.
Les Bompard ne sont pas de droite. Ils sont clairement à l’extrême droite. Tant dans leur rhétorique que dans leur pratique du pouvoir, ils se montrent xénophobes, populistes, démagogues. Les électeurs vauclusiens en sont pleinement conscients. Et lorsque l’extrême droite recule, comme ce fut le cas lors des élections présidentielles de 2007, Jacques Bompard est en difficulté. Ainsi lors des élections législatives dans la circonscription du nord Vaucluse, il n’a pas été en mesure de se qualifier pour le second tour, qui a vu s’opposer l’UMP et le PS. Le candidat de l’UMP, réélu député, n’était autre que … Thierry Mariani, auteur du fameux amendement sur les tests ADN pour les candidats au regroupement familial ! Le monde est petit.
Jacques Bompard aurait donc pu être en difficulté lors des prochaines élections municipales, même si je pense qu’il aurait été réélu maire dans tous les cas, tant l’extrême droite est implantée dans la ville, et tant les oppositions de droite (laminée par une affaire de mœurs) et de gauche (très mal implantée) sont faibles. Il ne le sera que plus facilement.
L’UMP montre là que l’ouverture ne concerne pas que les personnalités de gauche en manque de reconnaissance. Elle concerne également l’extrême droite. Non seulement Nicolas Sarkozy et sa majorité courent après l’extrême droite sur le terrain des idées, mais ils recherchent même l’alliance pure et simple.
Les élus et militants de l’UMP sont souvent prompts à dénoncer l’archaïsme du PS et son manque de « modernité ». Il est certain que la modernité réside bien dans l’alliance avec le vicomte de Vendée et son mouvement extrémiste, antieuropéen et réactionnaire.
Adrien Brun
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