Universités encore en grève ? Pourtant c’est une nouveauté !

Elles sont nombreuses les mauvaises langues, à dire ne pas être surprises par le nouveau mouvement de grève dans les universités : les étudiants devaient avoir besoin de vacances.
Il se trouve que la grève, cette fois-ci, a été lancée par les professeurs, le 2 février.
Et s’il y a bien une surprise, elle est là. En 2007, lors du mouvement contre la loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités), les enseignants chercheurs avaient refusé majoritairement de se joindre au mouvement étudiant. Dans leur histoire, ces enseignants n’ont fait grève que deux fois : une fois en 1968, en solidarité avec le mouvement étudiant, et aujourd’hui, pour la première fois de leur propre initiative.
La grève des enseignants a été déclenchée par une proposition de la ministre de l’éducation, Valérie Pécresse. Elle souhaiterait instaurer la « modulation des heures » d’enseignement, ce qui veut dire adapter les heures de cours en fonction des recherches des professeurs et de leurs succès. Elle veut en fait mettre en place une évaluation des professeurs en fonction de critères de résultat tels que le nombre de publications d’articles dans des revues par exemple. L’évaluation des professeurs existe déjà : ils sont régulièrement évalués par leurs pairs lors d’oraux. Mme Pécresse considère que cette évaluation n’est pas objective et que les professeurs s’auto congratulent. Ce raisonnement n’est pas vraiment défendable puisque les professeurs d’un même sujet sont tous en concurrence sur leurs travaux pour devenir LE spécialiste de leur question, et sont en fait d’excellents juges objectifs qui connaissent parfaitement la question. De plus, si une hiérarchie qualitative se crée entre les professeurs, ceux qui seront relégués en bas du classement auront un montant d’heures de cours très important, et n’auront donc aucune possibilité de mobilité puisque pas de temps à consacrer à leurs recherches pour devenir reconnu dans la matière. Ce serait donc instaurer un cercle vicieux qui rigidifie le corps des enseignants chercheurs tout en réduisant la quantité comme la qualité des recherches menées par les enseignants français. Cette mesure n’a pour but que d’augmenter les heures de cours par enseignant, dénoncent les grévistes et menace d’être dévastatrice pour la qualité de la recherche comme celle de l’enseignement universitaire.
Les enseignants protestent aussi contre le fait que les présidents d’université ont désormais le contrôle sur les primes et promotions des enseignants de leur établissement. Ce contrôle local semble à beaucoup arbitraire et inégalitaire. Valérie Pécresse a ici proposé que le Conseil National des Universités ait un droit de regard et de contrôle sur les promotions à un niveau national. Il se trouve que cette mesure contestée par les enseignants était présente dans la loi LRU de 2007, contre laquelle se sont mobilisés les étudiants. L’action plus tardive des syndicats étudiants peut donc s’expliquer par le fait qu’ils avaient déjà lancé un mouvement sur cette loi sans que les professeurs n’apportent leur soutien. Mais les étudiants ont rejoint le mouvement et des manifestations sont programmées pour la semaine prochaine (mardi 10 février, 14h Place de la Sorbonne).
Les enseignants et étudiants manifestent également contre la « masterisation » du concours, autre terme barbare qui signifie que les étudiants aspirant à devenir professeurs devront suivre un master spécialisé dans la formation des enseignants. Les opposants au projet invoquent l’argument des connaissances : les professeurs doivent d’abord bien connaître leur sujet avant d’apprendre la pédagogie et le fonctionnement concret de l’enseignement. L’apprentissage du métier ne doit pas se faire au détriment de la culture du corps professoral.
La nouvelle réforme de Mme Pécresse s’inscrit dans la continuité de la loi d’autonomie des universités de 2007. Pour un gouvernement qui promettait de promouvoir la recherche, imposer plus d’heures de cours à des enseignants en fonction d’une évaluation composée de critères de productivité ne va vraiment pas dans le bon sens.
Il se trouve que la grève, cette fois-ci, a été lancée par les professeurs, le 2 février.
Et s’il y a bien une surprise, elle est là. En 2007, lors du mouvement contre la loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités), les enseignants chercheurs avaient refusé majoritairement de se joindre au mouvement étudiant. Dans leur histoire, ces enseignants n’ont fait grève que deux fois : une fois en 1968, en solidarité avec le mouvement étudiant, et aujourd’hui, pour la première fois de leur propre initiative.
La grève des enseignants a été déclenchée par une proposition de la ministre de l’éducation, Valérie Pécresse. Elle souhaiterait instaurer la « modulation des heures » d’enseignement, ce qui veut dire adapter les heures de cours en fonction des recherches des professeurs et de leurs succès. Elle veut en fait mettre en place une évaluation des professeurs en fonction de critères de résultat tels que le nombre de publications d’articles dans des revues par exemple. L’évaluation des professeurs existe déjà : ils sont régulièrement évalués par leurs pairs lors d’oraux. Mme Pécresse considère que cette évaluation n’est pas objective et que les professeurs s’auto congratulent. Ce raisonnement n’est pas vraiment défendable puisque les professeurs d’un même sujet sont tous en concurrence sur leurs travaux pour devenir LE spécialiste de leur question, et sont en fait d’excellents juges objectifs qui connaissent parfaitement la question. De plus, si une hiérarchie qualitative se crée entre les professeurs, ceux qui seront relégués en bas du classement auront un montant d’heures de cours très important, et n’auront donc aucune possibilité de mobilité puisque pas de temps à consacrer à leurs recherches pour devenir reconnu dans la matière. Ce serait donc instaurer un cercle vicieux qui rigidifie le corps des enseignants chercheurs tout en réduisant la quantité comme la qualité des recherches menées par les enseignants français. Cette mesure n’a pour but que d’augmenter les heures de cours par enseignant, dénoncent les grévistes et menace d’être dévastatrice pour la qualité de la recherche comme celle de l’enseignement universitaire.
Les enseignants protestent aussi contre le fait que les présidents d’université ont désormais le contrôle sur les primes et promotions des enseignants de leur établissement. Ce contrôle local semble à beaucoup arbitraire et inégalitaire. Valérie Pécresse a ici proposé que le Conseil National des Universités ait un droit de regard et de contrôle sur les promotions à un niveau national. Il se trouve que cette mesure contestée par les enseignants était présente dans la loi LRU de 2007, contre laquelle se sont mobilisés les étudiants. L’action plus tardive des syndicats étudiants peut donc s’expliquer par le fait qu’ils avaient déjà lancé un mouvement sur cette loi sans que les professeurs n’apportent leur soutien. Mais les étudiants ont rejoint le mouvement et des manifestations sont programmées pour la semaine prochaine (mardi 10 février, 14h Place de la Sorbonne).
Les enseignants et étudiants manifestent également contre la « masterisation » du concours, autre terme barbare qui signifie que les étudiants aspirant à devenir professeurs devront suivre un master spécialisé dans la formation des enseignants. Les opposants au projet invoquent l’argument des connaissances : les professeurs doivent d’abord bien connaître leur sujet avant d’apprendre la pédagogie et le fonctionnement concret de l’enseignement. L’apprentissage du métier ne doit pas se faire au détriment de la culture du corps professoral.
La nouvelle réforme de Mme Pécresse s’inscrit dans la continuité de la loi d’autonomie des universités de 2007. Pour un gouvernement qui promettait de promouvoir la recherche, imposer plus d’heures de cours à des enseignants en fonction d’une évaluation composée de critères de productivité ne va vraiment pas dans le bon sens.
M.P.
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