Le mythe, le rêve, la chimère : l’Europe sociale

C’est l’antienne à gauche. Il nous faut une Europe sociale. Une autre ambition que celle de créer un vaste marché libéré de toute entrave. Une ambition qui fasse exister l’Europe autrement que par ses échanges économiques, par des droits sociaux harmonisés à côté d’une liberté économique déjà partagée.
Pourquoi ce n’est pas idiot ? D’abord, parce que l’Europe est un grand marché concurrentiel qui ne concerne pas que les marchandises et les biens, mais aussi les travailleurs. Le dumping social au sein de l’Union Européenne est tout simplement inadmissible. A l’ouverture de l’UE doit désormais répondre une protection de sa population active. Ensuite, parce qu’il existe aujourd’hui un marché européen du travail, avec des salariés qui se déplacent, et qui devraient avoir des droits unifiés pour que des situations aberrantes ne se présentent plus. Enfin, parce que l’Europe assure désormais non sans faiblesses une protection unifiée des droits de l’homme dans tous les pays. Il est donc temps qu’elle garantisse également des droits sociaux.
Pourquoi ce n’est pas déjà fait ? Il faut décider de l’Europe que nous voulons. Et, tout bêtement, cela passe d’abord par le choix des champs de compétence que nous souhaitons lui déléguer. Le domaine social, dont la vastitude n’est pas à décrire, reste aujourd’hui majoritairement une compétence nationale, même s’il existe des programmes de coordination (pour l’emploi par exemple), au niveau européen. Pour construire une politique sociale européenne, il faut donc, avant tout, du courage politique. Il faut ensuite un grand talent politique pour dégager un consensus entre 27 Etats membres.
Les socialistes français et européens ont déjà fait montre de ces deux qualités. Le programme national pour la campagne européenne (voté le 28 février et non le 5 mai comme celui de l’UMP) reprend les propositions du manifeste du Parti Socialiste Européen (PSE) qui sont partagées par tous les partis socialistes et sociaux démocrates des 27 pays membres :
-Un “Pacte européen du Progrès social” afin d’assurer à tous -retraités, demandeurs d’emplois, salariés peu qualifiés- un revenu décent et une protection sociale.
-Des salaires minimaux dans tous les États membres, qui devraient atteindre 60% du salaire médian de chacun des pays. Cette proposition représente une étape vers un salaire minimum européen.
-Une directive garantissant l’intégrité des services publics.
-L’amélioration de la législation européenne garantissant les droits des salariés (conventions collectives, durée du travail, détachement des travailleurs, statut des jeunes stagiaires…).
Personne ne dit que ces propositions seront faciles à mettre en œuvre. En fait, il semble même impossible d’oser affirmer que l’Europe sociale peut aujourd’hui exister, dans un contexte de crise avec des pays qui connaissent des écarts de niveaux de vie très importants, des intérêts nationaux et politiques divergents, la nécessité d’y associer un financement conséquent… Les obstacles sont nombreux, et oui, à l’heure d’aujourd’hui, l’Europe sociale reste un mythe.
De la même façon qu’en 1945, l’Europe de la paix semblait un mythe à ses contemporains.
Que le Parlement Européen connaisse une majorité de gauche le 7 juin ne garantira pas une Europe sociale. Mais une majorité forte et unie peut toujours faire avancer les choses de façon inattendue. C’est ce qu’on appelle l’espoir, c’est ce qui manque sans doute à beaucoup de salariés qui subissent la crise, c’est ce qu’il faudrait aujourd’hui pour donner son vote à des candidats de gauche, unis sur un même texte, convaincus par les mêmes propositions, conscients que l’Europe est l’échelon manquant dans la protection sociale des salariés.
Qui ne tente rien n’a rien.
Pourquoi ce n’est pas idiot ? D’abord, parce que l’Europe est un grand marché concurrentiel qui ne concerne pas que les marchandises et les biens, mais aussi les travailleurs. Le dumping social au sein de l’Union Européenne est tout simplement inadmissible. A l’ouverture de l’UE doit désormais répondre une protection de sa population active. Ensuite, parce qu’il existe aujourd’hui un marché européen du travail, avec des salariés qui se déplacent, et qui devraient avoir des droits unifiés pour que des situations aberrantes ne se présentent plus. Enfin, parce que l’Europe assure désormais non sans faiblesses une protection unifiée des droits de l’homme dans tous les pays. Il est donc temps qu’elle garantisse également des droits sociaux.
Pourquoi ce n’est pas déjà fait ? Il faut décider de l’Europe que nous voulons. Et, tout bêtement, cela passe d’abord par le choix des champs de compétence que nous souhaitons lui déléguer. Le domaine social, dont la vastitude n’est pas à décrire, reste aujourd’hui majoritairement une compétence nationale, même s’il existe des programmes de coordination (pour l’emploi par exemple), au niveau européen. Pour construire une politique sociale européenne, il faut donc, avant tout, du courage politique. Il faut ensuite un grand talent politique pour dégager un consensus entre 27 Etats membres.
Les socialistes français et européens ont déjà fait montre de ces deux qualités. Le programme national pour la campagne européenne (voté le 28 février et non le 5 mai comme celui de l’UMP) reprend les propositions du manifeste du Parti Socialiste Européen (PSE) qui sont partagées par tous les partis socialistes et sociaux démocrates des 27 pays membres :
-Un “Pacte européen du Progrès social” afin d’assurer à tous -retraités, demandeurs d’emplois, salariés peu qualifiés- un revenu décent et une protection sociale.
-Des salaires minimaux dans tous les États membres, qui devraient atteindre 60% du salaire médian de chacun des pays. Cette proposition représente une étape vers un salaire minimum européen.
-Une directive garantissant l’intégrité des services publics.
-L’amélioration de la législation européenne garantissant les droits des salariés (conventions collectives, durée du travail, détachement des travailleurs, statut des jeunes stagiaires…).
Personne ne dit que ces propositions seront faciles à mettre en œuvre. En fait, il semble même impossible d’oser affirmer que l’Europe sociale peut aujourd’hui exister, dans un contexte de crise avec des pays qui connaissent des écarts de niveaux de vie très importants, des intérêts nationaux et politiques divergents, la nécessité d’y associer un financement conséquent… Les obstacles sont nombreux, et oui, à l’heure d’aujourd’hui, l’Europe sociale reste un mythe.
De la même façon qu’en 1945, l’Europe de la paix semblait un mythe à ses contemporains.
Que le Parlement Européen connaisse une majorité de gauche le 7 juin ne garantira pas une Europe sociale. Mais une majorité forte et unie peut toujours faire avancer les choses de façon inattendue. C’est ce qu’on appelle l’espoir, c’est ce qui manque sans doute à beaucoup de salariés qui subissent la crise, c’est ce qu’il faudrait aujourd’hui pour donner son vote à des candidats de gauche, unis sur un même texte, convaincus par les mêmes propositions, conscients que l’Europe est l’échelon manquant dans la protection sociale des salariés.
Qui ne tente rien n’a rien.
M.P.
Publicité