Bulgarie : quand l’Europe incarne le seul espoir

Dans certains pays, l’Europe fait figure d’épouvantail bureaucratique. Dans d’autres, l’Europe constitue l’unique bouée de sauvetage. C’est le cas en Bulgarie, pays nouvellement entré en 2007, dont l’économie gangrenée par la corruption n’arrive toujours pas à se relever de la transition. Ainsi, selon un sondage Gallup International réalisé fin Avril, seulement 8% des Bulgares font confiance à leur parlement national alors qu’ils sont 57% à approuver l’action du parlement européen. Et ce, alors même que Bruxelles a gelé en juillet 2008 près de 500 millions d’euros d’aides pour sanctionner le manque d’actions et de résultats contre la mafia. En attendant, les Bulgares restent dans une situation bien précaire.
Une transition ratée
La Bulgarie est sans doute le pays qui a le plus souffert de la transition vers l’économie de marché. Fleuron industriel du bloc soviétique, l’ouverture brutale de l’économie bulgare au bloc occidental à partir de 1990 a logiquement entraîné des fermetures d’usines en cascade. Le PIB bulgare s’est ainsi contracté en quelques années de près de 40% entraînant une vague de chômage sans précédent dans cet ancien satellite de Moscou. En 1996-1997, la Bulgarie connaît même une crise économique si grave que le pays passe sous tutelle du FMI. Il faut attendre 2004 pour voir le PIB bulgare revenir à son niveau de 1990. Entre temps, la population s’est appauvrie et les disparités se sont creusées. 4x4 noir vitres teintés côtoient les vieilles Ladas dans les rues du centre de Sofia tandis que les régions agraires restent faiblement motorisée.
Une corruption généralisée
En plus d’une économie convalescente et d’un niveau de vie précaire, la Bulgarie est gangrenée par un problème endémique, celui de la corruption. Celle-ci se fait à tous les niveaux : du politicien qui achète ses électeurs (entre 5 et 50€) aux professeurs d’université qui monnaient le passage de certains élèves pour compléter leur salaire de 92€ par mois. Les candidats populistes l’ont bien compris. Le Général Borisov, ancien patron de la police nationale et actuel Maire de Sofia a surfé sur cette vague pour se faire réélire avec près de 54% des voix. Son parti figure d’ailleurs en bonne posture pour arriver en tête le 7 juin prochain. Pour autant, il est soupçonné d’entretenir des relations particulières avec certains chefs mafieux et de pas avoir mis fin aux collusions entre la police et ce milieu dans le cadre de ses précédentes fonctions. Il est ainsi possible, dans Sofia de voir rouler la police en Porsche décapotable. D’où l’amer constat de l’Union Européenne : les fonds structurels destinés au développement du pays seraient en fait détournés par des politiciens véreux et liés à la mafia.
Le désarroi d’un peuple
La population bulgare, abandonnée par ses élites et livrée à elle-même, est excédée par ces affaires de corruption. D’autant plus qu’ils pensaient voir ce genre de pratiques disparaître avec l’entrée du pays en 2007 dans l’Union Européenne, plusieurs années avant la date prévue. Mais quelques mois à peine après l’adhésion un écrivain s’étant dit prêt à témoigner sur les liens entre le Ministre de l’intérieur et la mafia se faisait assassiné en pleine rue à Sofia. Malgré de vives protestations, seul Roumen Petkov, le Ministre de l’intérieur en question fut remplacé. Depuis début janvier 2009, le désarroi est tel qu’étudiants, médecins, agriculteurs et retraités descendent régulièrement dans la rue pour exprimer leur colère et réclamer un changement. Or celui-ci ne pourra venir que de l’Union Européenne.
L’urgence d’une politique sociale
L’échec de l’ouverture économique voulue par l’actuel commissaire européen Manuel Barroso montre que la Bulgarie a avant tout besoin d’une politique sociale d’envergure. Ainsi, il apparaît évident que la mise en place d’un salaire minimum décent, première étape dans l’instauration d’un Etat social, pourrait améliorer radicalement le quotidien des Bulgares. Bien mieux payés, les agents de l’Etat tels que les professeurs d’universités ou les policiers n’auraient plus besoin de financer leurs fins de mois par la corruption. Rappelons que le salaire minimum en Bulgarie est de 92€ actuellement et qu’un parlementaire national ou européen bulgare touche 900€ par mois. Avec cette forte hausse de la masse salariale au sein de l’Etat, l’argent pouvant être détourné serait de facto bien moins important. La réduction de la corruption et la hausse du pouvoir d’achat de la population pourrait alors attirer de nombreux investisseurs. La hausse drastique du salaire minimum devrait également être suivie par l’instauration d’un régime de retraite et de santé universel minimum et par une politique fiscale bien plus pénalisante à l’égard des oligarques et des fortunes mafieuses qui gangrènent ce pays.
L’exemple bulgare nous montre donc à quel point comment le vote des Européens d’Espagne, de France ou d’Allemagne pourrait changer radicalement la vie des Bulgares. La victoire du Parti socialiste européen (PSE) aux élections européennes permettrait ainsi à l’Europe de faire un pas décisif dans la constitution d’une Europe sociale au service de tous ses citoyens. L’instauration d’un salaire minimum européen et l’harmonisation fiscale sont en effet des points essentiels du programme commun des socialistes européens, le Manifesto, qui permettront de répondre à l’urgence sociale dans certains pays membres comme la Bulgarie.
Une transition ratée
La Bulgarie est sans doute le pays qui a le plus souffert de la transition vers l’économie de marché. Fleuron industriel du bloc soviétique, l’ouverture brutale de l’économie bulgare au bloc occidental à partir de 1990 a logiquement entraîné des fermetures d’usines en cascade. Le PIB bulgare s’est ainsi contracté en quelques années de près de 40% entraînant une vague de chômage sans précédent dans cet ancien satellite de Moscou. En 1996-1997, la Bulgarie connaît même une crise économique si grave que le pays passe sous tutelle du FMI. Il faut attendre 2004 pour voir le PIB bulgare revenir à son niveau de 1990. Entre temps, la population s’est appauvrie et les disparités se sont creusées. 4x4 noir vitres teintés côtoient les vieilles Ladas dans les rues du centre de Sofia tandis que les régions agraires restent faiblement motorisée.
Une corruption généralisée
En plus d’une économie convalescente et d’un niveau de vie précaire, la Bulgarie est gangrenée par un problème endémique, celui de la corruption. Celle-ci se fait à tous les niveaux : du politicien qui achète ses électeurs (entre 5 et 50€) aux professeurs d’université qui monnaient le passage de certains élèves pour compléter leur salaire de 92€ par mois. Les candidats populistes l’ont bien compris. Le Général Borisov, ancien patron de la police nationale et actuel Maire de Sofia a surfé sur cette vague pour se faire réélire avec près de 54% des voix. Son parti figure d’ailleurs en bonne posture pour arriver en tête le 7 juin prochain. Pour autant, il est soupçonné d’entretenir des relations particulières avec certains chefs mafieux et de pas avoir mis fin aux collusions entre la police et ce milieu dans le cadre de ses précédentes fonctions. Il est ainsi possible, dans Sofia de voir rouler la police en Porsche décapotable. D’où l’amer constat de l’Union Européenne : les fonds structurels destinés au développement du pays seraient en fait détournés par des politiciens véreux et liés à la mafia.
Le désarroi d’un peuple
La population bulgare, abandonnée par ses élites et livrée à elle-même, est excédée par ces affaires de corruption. D’autant plus qu’ils pensaient voir ce genre de pratiques disparaître avec l’entrée du pays en 2007 dans l’Union Européenne, plusieurs années avant la date prévue. Mais quelques mois à peine après l’adhésion un écrivain s’étant dit prêt à témoigner sur les liens entre le Ministre de l’intérieur et la mafia se faisait assassiné en pleine rue à Sofia. Malgré de vives protestations, seul Roumen Petkov, le Ministre de l’intérieur en question fut remplacé. Depuis début janvier 2009, le désarroi est tel qu’étudiants, médecins, agriculteurs et retraités descendent régulièrement dans la rue pour exprimer leur colère et réclamer un changement. Or celui-ci ne pourra venir que de l’Union Européenne.
L’urgence d’une politique sociale
L’échec de l’ouverture économique voulue par l’actuel commissaire européen Manuel Barroso montre que la Bulgarie a avant tout besoin d’une politique sociale d’envergure. Ainsi, il apparaît évident que la mise en place d’un salaire minimum décent, première étape dans l’instauration d’un Etat social, pourrait améliorer radicalement le quotidien des Bulgares. Bien mieux payés, les agents de l’Etat tels que les professeurs d’universités ou les policiers n’auraient plus besoin de financer leurs fins de mois par la corruption. Rappelons que le salaire minimum en Bulgarie est de 92€ actuellement et qu’un parlementaire national ou européen bulgare touche 900€ par mois. Avec cette forte hausse de la masse salariale au sein de l’Etat, l’argent pouvant être détourné serait de facto bien moins important. La réduction de la corruption et la hausse du pouvoir d’achat de la population pourrait alors attirer de nombreux investisseurs. La hausse drastique du salaire minimum devrait également être suivie par l’instauration d’un régime de retraite et de santé universel minimum et par une politique fiscale bien plus pénalisante à l’égard des oligarques et des fortunes mafieuses qui gangrènent ce pays.
L’exemple bulgare nous montre donc à quel point comment le vote des Européens d’Espagne, de France ou d’Allemagne pourrait changer radicalement la vie des Bulgares. La victoire du Parti socialiste européen (PSE) aux élections européennes permettrait ainsi à l’Europe de faire un pas décisif dans la constitution d’une Europe sociale au service de tous ses citoyens. L’instauration d’un salaire minimum européen et l’harmonisation fiscale sont en effet des points essentiels du programme commun des socialistes européens, le Manifesto, qui permettront de répondre à l’urgence sociale dans certains pays membres comme la Bulgarie.
Arnaud L.
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