Shimon Pérès à Sciences Po
Vous vous êtes certainement rendu compte ce matin qu'il se passait quelque chose d'important, la rue Saint-Guillaume étant complètement fermée, le bâtiment du 27 interdit aux étudiants pas munis du mail de confirmation: Shimon Pérès donnait une conférence à Sciences-Po. Vous pouvez faire part de vos remarques sur ce qu'il a dit dans les commentaires.
Dans un premier temps, il a parlé de sa vision du monde d'aujourd'hui. Un monde où les territoires ne revêtent plus vraiment d'importance, et où les sciences et les technologies prennent le dessus. "C'est en fonction du nombre de chercheurs produits par une nation que l'on peut déterminer si celle-ci est riche ou pauvre" déclare t-il, avant de préciser "Nous avons besoin d'une culture mondiale de la prise de risque".
A cela, il faut relier le déclin de l'importance des gouvernements, même si ceux-ci refusent de le voir. "Ce sont les individus qui créent leur propre Etat, en créeant une entreprise mondiale" dit-il précisant qu'"on les appelle souvent companies privées, mais en réalité elles sont publiques car elles influent sur nos vies. Regardez google".
L'importance de l'économie est, à ses yeux, capitale: "On fait trop de diplomacie mais pas assez d'économie" déclare t-il.
Le problème israélo-palestinien est ensuite abordé, surtout à travers les questions des étudiants. "Une démocratie moderne correspond au droit égal de chacun d'être différent", déclare t-il. Plus tard, il ajoutera "Il n'y a pas de raison pour laquelle un musulman devrait être inférieur à un juif"
Le problème du conflit israélien n'est selon lui "pas une question de territoire, c'est un problème d'interlocuteur, le Hamas". "Le Hamas veut l'élimination d'Israel, même si on lui donne tous les territoires et toute l'eau. Dans ses conditions, on ne peut pas discuter."
Il est prêt à discuter avec le Fatah: "Vous pouvez être musulman et moderne, il n'y a aucune contradiction à cela" précise t-il.
Il est beaucoup plus gêné sur la construction du mur. Dans son discours introductif, il évoque la nécessité de commercer avec les Palestiniens pour sortir de la guerre ("Vallée économique de la paix"); mais quand on lui demande si ce mur n'empêche pas le commerce, il répond que la sécurité des Israéliens est la priorité. Or depuis que le mur a été construit, la plupart des attentats ont cessé.
Sur l'Iran , il a été très net. Parlant d'Ahmadinejad il demande "Qui est le danger? Nous où lui?"
Enfin, il pense que la France a un rôle à joué dans le cadre de l'Union Européenne pour arriver à la paix. En revanche, il ne pense pas que l'ONU, une "organisation lié au monde d'il y a 60 ans", soit encore efficace aujourd'hui. Mais il promet aux étudiants dans la salle "Vous verrez la paix dans le futur, vous la construirez."
Etienne Longueville
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