Plutôt que d'en rester au "serpent de mer" de sa suppression, osons réformer l'ENA !
On vient encore de proposer la suppression de l'ENA. Depuis sa naissance, nombreux sont ceux qui auront souhaité la mort de l'école sexagénaire qu'est l'ENA.
C'est François Bayrou qui vient d'officier dans ce registre ce weekend, atteignant le ridicule puisqu'il propose de la remplacer immédiatement par une "école des services publics" (sic) (un "machin" en somme) dont on ne sait en quoi elle serait différente. Il s'agit d'éviter le "pantouflage" (le passage vers le privé). Mais pourquoi ne pas tout simplement durcir les règles actuelles si c'est cela qu'on veut ? A court de carburant programmatique, François Bayrou a voulu nous gratifier une nouvelle fois d'une opération marketing qui decevra plus d'un.
La suppression de l'ENA est un serpent de mer dont nous ne ferons pas l'histoire ici mais qui trouve son fondement dans la critique de l'élitisme et du corporatisme de l'institution.
Oui, on peut adresser à juste titre des griefs à l'ENA mais proposer sa simpliste suppression, n'est-ce pas une façon d'éviter la réalisation de réformes ambitieuses dont cette école a besoin.
Il y a incontestablement une logique de reproduction sociale à l'oeuvre à travers le recrutement de cette école mais l'ENA ne doit pas être le bouc émissaire d'un problème général de notre système éducatif. Des solutions doivent être apportées.
Ensuite, il y a, ne l'oublions pas, dans la formation dispensée, une forme de conformisme intellectuel, que la puissante socialisation organisée dès la scolarité à Sciences Po vient perpétuer.
Des réformes ambitieuses sont aujourd'hui indispensables et sont souvent demandées par les élèves eux-mêmes de l'ENA.
Par ses propositions miracles et le remplacement ridicule par une "école des services publics", François Bayrou ne répond pas aux vraies questions.
Osons proposer de vrais changements avec Ségolène Royal !
EDIT: On a vu la question de l'ENA...mais que faire de Sciences-Po? C'est l'objet du nouveau sondage idiot...