Prochain rendez-vous des socialistes de Sciences Po :
- Lundi 23 novembre dès 19h15 => Notre Conférence avec le député Jean-Louis BIANCO
Venez nombreux débattre, discuter avec JL BIANCO, notamment sur la question iranienne.
- Où? à Sciences Po, amphi J Moulin, rue de l'Université, 7è
Personnes extérieures à SciencesPo bienvenues: s'inscrire par mail avant à ps_scpo@yahoo.fr
9 novembre 2009, vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Hasard du calendrier, cela fait plusieurs jours que le débat sur l’identité nationale occupe l’espace médiatique. Quelle relation entre les deux thèmes me direz-vous ? Il est simple, direct, limpide. Le premier devrait occuper une place dans le deuxième.
En complément du drapeau, de l’hymne, de la devise, l’identité nationale s’exprime aussi par le biais des jours de commémoration, de fêtes. Lors de ces jours, la nation célèbre un élément fédérateur, un de ceux dans lequel chacun y reconnaît une partie de son patrimoine, de sa culture, de son passé. Le pays rend alors hommage à ses aïeux. La symbolique qui entoure ces 24 heures, pendant lesquelles l’activité économique, de manière générale, s’arrête, participe de l’image que nos concitoyens ont de leur propre peuple. Les fêtes religieuses, qui dominent dans la liste des jours fériés, illustrent la dimension catholique de l’histoire de France. La fête nationale, célébrant le 14 juillet 1789, rappelle à chacun d’entre nous, les débuts du long processus qui mena, tout le long du XIXe siècle, non sans obstacle, vers une société démocratique.
Dès lors, quitte à engager le débat sur l’identité nationale, engageons une réorganisation du calendrier symbolique. Si la France répond d’une tradition catholique indéniable, nos dirigeants politiques doivent aujourd’hui mettre en avant une dimension européenne. Le rythme de l’Histoire conduirait sans doute à intégrer la construction européenne au cœur de la symbolique nationale dans des temps futurs ; mais le politique se doit parfois de précéder la société, et définir un jour férié pour l’Europe. Le statut du jour férié est beaucoup plus enviable que celui de simple jour “de fête“.
Certains diront que le 9 mai, qui célèbre la déclaration Schuman, premier acte concret d’une construction européenne, est déjà une fête, et qu’il n’est pas question d’instaurer deux jours fériés de suite. Soit, je les rassure donc, et oublie cette option de deux jours fériés successifs. Or, le 8 mai doit demeurer. Il renvoie à des souvenirs trop douloureux, à une délivrance trop grande, pour être oublié de sitôt. La victoire sur le nazisme en Europe, (et non sur l’Allemagne !) revêt trop de force symbolique pour qu’il soit envisagé d’en faire un jour comme les autres. Il possède par ailleurs en lui-même une dimension européenne. Dès lors, oublions, hélas, de faire du 9 mai un jour férié.
En revanche, sans doute serait-il opportun de faire du 9 novembre un jour férié. Ceci est également pertinent dans le débat sur l’identité nationale. En effet, cela marquerait une reconnaissance de l’amitié franco-allemande, une reconnaissance de l’entourage européen désormais essentiel, de la France. Les mêmes critiques répondront que le 11 novembre est déjà férié, que le problème se répète. Or il n’en est rien. Le 11 novembre rappelle une victoire française sur l’Allemagne, une fierté nationale qui relève d’autres temps, durant lesquelles l’Europe n’était que divisions meurtrières entre Etats coexistants. Certes, cette commémoration est observée dans l’Europe entière, et rend hommage à l’ensemble des victimes de la Première Guerre Mondiale, mais dans l’inconscient collectif, elle fait surtout écho à une victoire nationale. La présence d’Angela Merkel aux commémorations ce mercredi 11 novembre ne remet pas cela en cause. En témoignent les mots de repentance de la chancelière, comprenant qu’à cause de l’Allemagne, l’Europe avait souffert. Or, quel intérêt de continuer à célébrer une victoire passée sur un allié d’aujourd’hui ? Il faut dépasser les tranchées.
Cela ne signifie, bien sûr, absolument pas oublier ou juger ceux qui s’y sont battus. Néanmoins, dans le cadre d’une politique de valorisation de l’Union Européenne (qui, il est vrai, devrait être une réalité préalable sans faille), ne faudrait-il pas mettre l’accent sur la solidarité européenne ? Et quelle plus belle expression de solidarité que de sacraliser un jour heureux que connut le voisin, que connurent plus symboliquement les voisins ! L’Union Européenne s’étend désormais au-delà des frontières jadis tracées par le rideau de fer ; ne pourrait-il pas être pertinent de marquer d’une reconnaissance nationale une date représentative de l’émergence de perspectives nouvelles pour nos voisins de l’Est ?
Je l’admets, il s’agit d’une mesure symbolique, non prioritaire sans doute au vu de
la conjoncture. Néanmoins, elle répond au débat sur l’identité nationale, visiblement considéré comme essentiel par Nicolas Sarkozy. Elle décrirait une identité plus moderne, plus européenne. De
plus, elle pourrait entériner, une nouvelle fois, le passage à une nouvelle époque. D’autre part, en admettant demain que cette mesure soit effective, il ne faudrait pas la considérer comme
suffisante de la part de la France pour redynamiser l’UE, qui devra répondre à des enjeux qui lui incombent à elle, et non plus aux différents Etats nations. D’autres mesures, non symboliques,
plus concrètes, demandent par ailleurs à être imaginées dans ce sens, et adoptées. Cela relève d’un autre débat, et donc d’un autre article.
Timothée L.
Quels sont
les gens les mieux payés d'Europe? Eh bien, ce sont les grands patrons français, qui ont réussi à réaliser un record en Europe même en période de crise. Le salaire moyen d'un patron est de 3,8
millions d'euros selon une étude du cabinet PrimeView, ce qui correspond au multiple délirant de 240 fois le SMIC!
Le Président d'AXA, Henri de Castries, détient la Palme d'Or avec un salaire qui a augmenté de
17% alors que les bénéfices de l'entreprise ont fait un plongeon de, tenez-vous bien, 83%! Le voilà rassuré: cette somme lui permettra de s'assurer un train de vie digne de sa particule. Pas étonnant me direz-vous dans cette France où le côté
bling-bling est revenu en force!
Néanmoins, des excuses s'imposent au Président de la République qui, non loin de dépenser sans compter, n'a pas cédé à ses caprices et par conséquent ne s'est pas payé une douche à presque 250000 euros comme l'avaient annoncé de nombreux journaux. Or, est-ce à dire que le Président de la République a restreint ses dépenses? Evidemment, non. Lors de la même occasion, à savoir le sommet de l'Union pour la Méditerranée, le dîner avec les Chefs d'Etats n'en est pas moins revenu à plus de 5000 euros par tête! Faramineux, pharaonique, astronomique! Nous n'allons pas reprendre dans les détails le rapport de la Cour des Comptes mais il faut souligner que le retour à la société de privilèges pointe le bout de son nez. Pendant que le Tiers-État ramasse les miettes, la Cour s'arrange pour s'offrir les mets les plus délicieux et coûteux du royaume.
Bilan: le
déficit de l'Etat se creuse de jour en jour, jusqu'à avoir doublé depuis l'an dernier! Vous allez
sûrement m'objecter que ce n'est pas un repas qui a causé une telle dette mais la crise financière et les décennies d’incurie budgétaire. Or, la conjoncture économique
peut-elle justifier de telles dépenses? Bien au contraire. Alors que l'on préconise au bas peuple de se serrer toujours plus la ceinture, l'Etat fait preuve du plus grand mépris en faisant un
étalage de richesses indécent pour ceux qui n'ont ni de quoi se nourrir, ni de quoi se vêtir, ni de quoi se loger.
Par ailleurs,
n'avons-nous pas tous le droit à un logement décent? Même ceux dont le chez-soi est une cellule! Ainsi, dans les prisons, les conditions de vie détestables ont conduit la Cour d'Appel de Douai à
condamner l'Etat au versement d'une indemnité de 1500 euros par plaignant. En effet, comment peut-on vivre décemment lorsque les seuls mètres carré qui vous sont réservés ne disposent pas de
« ventilation spécifique du cabinet d'aisance ni de cloisonnement véritable avec la pièce principale »? Ces 1500 euros ne
sont alors que justice pour ces détenus souffrant des conditions carcérales désastreuses dans notre pays. Quoi de plus
dégradant que ces conditions de détention ?! En comparaison, la fameuse douche de notre Président
relève du très grand luxe, surtout si l'on pense au fait qu'elle n'a été installée que pour quelques heures et n'a même pas servi! Il me semble alors que les 1500 euros versés aux plaignants
restent quand même très bon marché.
Enfin, l'oligarchie qui détient le pouvoir a eu une idée révolutionnaire pour renflouer les finances de l’Etat: soumettre les victimes d'accident du travail à l'impôt sur le revenu. Logique, me direz-vous, puisqu'il s'agit, d'après Gilles Carez, rapporteur de la commission des finances, de « corriger une anomalie fiscale ». Il faut cependant garder à l'esprit que les accidentés restent bel et bien des victimes auxquelles réparation est due. Pour l'UMP, ceux-ci seraient des privilégiés, mais que dire alors des contribuables les plus riches bénéficiant du bouclier fiscal? Les indemnités ne compensent que partiellement les pertes de revenu causées par l'accident. Doit-on alors pénaliser doublement les accidentés?
En tout cas,
c'est l'opinion d'un homme assoiffé de pouvoir, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale. En effet, il s'est dressé en chevalier d'honneur contre cette injustice
fiscale qu'il a qualifiée de « passe-droit ». Or, s'est-il très vite heurté à un rassemblement des forces de gauche qui ont cru bon de le ramener à la raison. Bien d'autres
politiques publiques font perdre de l'argent à l'Etat et mériteraient d'être modifiées, à commencer par la défiscalisation des heures supplémentaires et la suppression de la taxe professionnelle.
En ce qui concerne cette dernière, l'Etat s'est certes engagé à la compenser pour l'année 2010, or qu'en sera-t-il après? L'avenir reste incertain...
Lou
Le PS et la question LGBT
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