[Allemagne] La révolte des pourcentages

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Ce matin, à l’ouverture des journaux, une question taraude certains esprits (ou peut être seulement le mien) : les Allemands, qui affirmaient qu’un certain libéralisme était responsable de la crise, viennent de donner les clés du pouvoir à ceux qui défendent précisément les idées mises au banc des accusés. C’est une contradiction qui, finalement, semble plutôt à la mode en Europe. Pensez, en France par exemple, à ces 53 % de français qui ont donné leur voix à des types qui veulent taxer les revenus de remplacement versés après des accidents de travail, oui qui balancent gaiement « qu’un ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça pose des problèmes ».
C’est à n’y rien comprendre, à s’arracher les cheveux, à crier but whyyyyyyy si on veut contribuer à l’hégémonie de la langue anglaise.

Et si on faisait des maths pour se réconforter ?
CDU (Angela Merkel) = 33,5% des voix
FDP (Libéraux) : 14,5% des voix, d’où 48% des voix pour la droite.
SPD (socio démocrates) : 23,5% des voix
Die Linke (à gauche des socio démocrates) : 12,5%
Les verts (les verts) : 10,6%, d’où 46,6% des voix pour la gauche.
 
C’est donc une victoire incontestable d’Angela Merkel, et un échec total pour le SPD. Mais ce n’est pas une franche victoire de la droite, ni une claque pour la gauche.
Alors bien sûr, il existe beaucoup d’explications à ces chiffres froids, des bizarreries de coalitions à l’allemande, une chancelière adroite à montrer qu’elle n’est pas si à droite que ça et un SPD qui ne sait plus où est sa maison.
Il existe aussi une explication évidente à cet échec de la gauche, explication qui peut se décliner en vocabulaire varié : l’émiettement, l’éparpillement, la division, le fractionnement ! Et peut être que certains esprits ce matin (ou peut être seulement le mien) se sont pris à rêver d’un dépassement des clivages à gauche qui n’ont pas de raison d’être, dès lors qu’il existe un souhait de se rassembler dans le but unique de porter au pouvoir une coalition de gauche pour enfin lancer des politiques publiques à destination des victimes, de la crise oui, des politiques de droite aussi.
 
Le premier octobre, la secrétaire nationale du Parti Socialiste invite les militants à se prononcer sur l’éventualité d’une primaire ouverte organisée avec les partis de gauche qui exprimeraient le souhait d’y participer.
 
Parce que beaucoup de français détestent les maths, et parce que c’est difficile de faire des additions d’après défaite de bon matin, les militants, sympathisants, les gens de gauche devraient tous exiger que la gauche –française, allemande, européenne !- parvienne à produire un chiffre unique, du premier coup.

MP

Publié dans Point de vue militant

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