Copenhague aura-t-il lieu? : ACTE 3, Les perspectives

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

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Voici donc les points principaux du débat qui va se tenir, et qui se tient depuis quelques jours, à Copenhague. Les négociations vont-elles aboutir à un accord global ou échouer misérablement ? C’est pour l’instant difficile à dire. Le jeu habituel a été amorcé il y a plusieurs mois : on diminue les attentes du grand public pour éviter que la déception ne soit trop grande si on échoue, et pour provoquer l’euphorie si on réussit. D’ailleurs, si Copenhague débouche sur un accord, vous entendrez sans aucun doute notre  cher Président s’en attribuer tout le mérite. Si les négociations préparatoires ont difficilement voir pas avancé, on a quand même assisté dans les dernières semaines à des signes positives. Il y a eu tout d’abord l’annonce concertée sino-américaine de leurs propres objectifs de réduction. L’Inde a suivi une semaine après, alors qu’il y a à peine un an, il s’agissait d’un tabou politique dans ce pays. Peu avant, l’Inde et les USA ont signé un accord de principe sur le climat. La France et le Brésil ont fait de même. Ce que cette activité diplomatique sans précédent sur le front du climat nous apprend, c’est que les négociations techniques ont leurs limites. Il y a des questions qui ne peuvent être tranchées qu’entre chefs d’état, et qui ne le seront donc qu’à la fin de la conférence, au tout dernier moment. Nul ne sait à l’heure actuelle si Copenhague verra la signature d’un accord global et contraignant ou d’une déclaration politique devant se traduire durant l’année 2010 par un accord plus large. Contrairement à ce que tout le monde pense, le monde ne va s’autodétruire si aucun accord n’est trouvé au Danemark. Les  textes laissent jusqu’à la CDP 16 à Mexico City pour continuer le processus, et c’est malheureusement ce qui risque de se passer. Il vaut de toute façon mieux un accord large et équitable plutôt qu’un accord bancal qui ne sera respecté par personne.

Les dirigeants du monde vont-ils se montrer à la hauteur du défi sans précédent auquel ils sont confrontés ? Allons-nous assister en direct à l’échec pitoyable de la gouvernance internationale, et donc de l’ONU ? Pour l’instant, nul ne sait. Rendez-vous tout au long de ces deux semaines qui s’annoncent terriblement intéressantes.

Romain I.

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