Le PS réfléchit à comment améliorer l'école dans les quartiers défavorisés

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Les médecins n’y viennent plus tous. La Poste aurait démissionné. Les bons professeurs s’enfuient… Certains quartiers, sous prétexte d’être appauvris et délaissés, au lieu d’être au centre des aides, sont des repoussoirs pour les services publics, les politiques et les entreprises. Si c'est bien dommage, c'est surtout scandaleux.

 

Lorsque nous chanterons la Marseillaise le 11 novembre près des monuments aux morts pour célébrer la fin de la Première guerre mondiale, nous chanterons aussi ce qui représente la France dans le monde et ce qui annonce que nous sommes dans un pays de liberté, d’égalité et de fraternité. Qu’en est-il dans certains quartiers ? Certains, ceux urbains, se sont révoltés en 2005. D’autres, plus ruraux, se sont encore plus paupérisés depuis ces quelques années où tout le monde n’a eu cesse de dire qu’on allait tout faire pour les désenclaver tout en ne les considérant en fait jamais, dans les faits. Il suffit de voir le taux d’emploi dans certaines banlieues de la région parisienne et la détresse du monde agricole, délaissé par un gouvernement qui ne cesse de dire depuis plus de 8 ans que c’est la faute de « ceux d’avant ». On pourrait parier que dans 30 ans, ils diront que c’est de la faute de ceux d’il y a 38 ans… Et puis quoi encore ? N’ont-ils pas eu d’autres idées ? Si, peut être… Mais pour quels résultats ? Car les constats empirent très clairement. 

 

Le document préparatoire à la convention du PS sur l’égalité réelle[1] rendu public le 2 novembre et soumis au vote des militants le 2 décembre pose les premières pistes d’une politique sociale dans des zones de plus en plus marginalisées, entre autres. Tout commence par l’école. Si on peut y repérer les talents, les former et les mettre en avant, les gens des cités auront leurs porte-paroles, leurs nouveaux leaders et finalement des modèles de réussite. Si on peut aider les plus faibles au travers d’un système éducatif performant, alors certainement que les situations d’échec diminueront et les problèmes qui vont avec, du chômage à la délinquance. Et peut être que ces quartiers redeviendront enfin attractifs et moins caricaturés !

Ce document de fond (qu'on ne dise plus que le PS n'a pas d'idées...) propose par exemple de limiter à 15 élèves les effectifs dans les classes des établissements scolaires en ZEP. Personne ne note qu'il s'agit là d'une proposition du Haut Conseil à l'Education, que ce dernier avait lui même repris d'une idée développée par les socialistes allemands dans certains Länders, et que c’est une idée qui marche (et qui n'est reprise in fine que par le PS) !

 

Bruno Julliard, secrétaire national en charge de l’éducation de la rue Solférino, souhaitait aussi mettre en place des bourses d’excellence et annonçait vouloir réfléchir aux différents dispositifs sociaux qui pourraient permettre aux élèves des quartiers de pouvoir s’en sortir. On pense tout de suite, sur ce blog, à l’exemple de Sciences Po Paris et aux conventions d’éducation prioritaire. On  peut aussi penser à cette formidable initiative de la fondation Euris, qui, sous l'égide de la Fondation de France et de Jean-Charles Naouri, le PDG entrepreneur de Casino (ancien directeur de cabinet de Pierre Beregovoy !) attribue plusieurs dizaines de bourses, chaque année, à des bacheliers issus de zones d'éducation prioritaire ou ayant effectué une partie de leur scolarité en zone sensible à condition qu'ils aient un projet professionnel en tête. La région Ile-de-France, sous l’égide du socialiste Jean-Paul Huchon, est en train de mettre en place un système d’aide aux familles qui veulent accompagner financièrement la formation de leurs enfants pour leur aider à payer le séjour d’échange linguistique ou les cours particuliers par exemple.

 

Les projets politiques, associatifs, ou privés ne manquent pas pour essayer d’en venir à bout des difficultés ancestrales des banlieues, plus particulièrement ceux liés à la formation initiale. Pourquoi donc n’en voit-on aucun repris par le gouvernement ? Une chose est plus importante que celle d’aider les jeunes des cités : s’opposer dogmatiquement au PS. Les Français trancheront… 

 

J Thiboult

[1] Site de la Convention égalité réelle


Publié dans Education et jeunesse

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Popo 10/11/2010 20:16


Poutine, c’est l’homme que les Américains n’attendaient pas et qui a non seulement redressé la Russie, mais l’a sauvée du dépeçage en trois tronçons envisagé par Zbigniew Brzezinski, de
l’exploitation de ses ressources naturelles par les groupes étrangers, de l’encerclement par l’O.T.A.N.

Intronisé par Eltsine, il a su très habilement s’imposer progressivement en changeant l’orientation politique du pays, après quelques hésitations vis-à-vis des États-Unis, tout en se débarrassant
des encombrants oligarques. Par son action, Poutine a d’ores et déjà sauvé la Russie, mais il va aussi probablement sauver l’Europe occidentale, en lui proposant une aide et un autre modèle que le
droit de l’hommisme décadent, de façon à ce qu’elle puisse se libérer du protectorat militaire américain.


Dans un livre sur « la piratisation » de la Russie (1), Marshall I. Goldman, titulaire de la chaire d’études russes à l’université Harvard, raconte qu’à son arrivée à la tête de la Fédération de
Russie, le nouveau président Poutine s’était indigné de l’écart entre les prix à l’export des hydrocarbures russes et les prix payés par les acheteurs. Où allait la différence ?

Les accords de partage de production passés dans les années Eltsine, lorsque la Russie avait les genoux à terre, ont été renégociés avec une pression très musclée. Poutine a tenu à reprendre la
main sur le pétrole russe, en s’inspirant du modèle de l’Aramco en Arabie Saoudite, qui confère à la famille royale une puissance géopolitique considérable.

Pour Vladimir Poutine, comme pour le général de Gaulle, le politique doit primer sur l’économique. « La superpuissance militaire est devenue superpuissance pétrolière sous Poutine, dont la mission
est de porter la Russie comme une puissance respectée à défaut d’être crainte » (2), assure M. Yu Bin, de l’International Relations Center.

Le 25 octobre 2003, Mikhaïl Khodorkovski, patron de Youkos, était interpellé par les forces spéciales russes sur un aéroport de Sibérie. Il venait de participer quelques jours plus tôt à un forum
d’affaires à Moscou en compagnie de Lee Raymond, l’un des directeurs d’Exxon, une « Major » prête à participer pour vingt-cinq milliards de dollars à la fusion Youkos – Sibneft.

Pour le Kremlin, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’idée que les capitaux américains d’Exxon-Mobil et de Chevron-Texaco s’infiltrent, avec une participation de 40 %, dans le
sanctuaire sibérien des hydrocarbures nationaux, était inacceptable. Les Américains, qui pensaient faire main basse sur le pétrole russe ont vu leurs efforts annihilés (3).

Par ailleurs, cette arrestation a marqué un « tournant décisif » dans les relations entre la Russie et les États-Unis. Khodorkovski finançait les partis d’opposition, entretenait les meilleures
relations avec l’administration Bush et aurait été de surcroît candidat à l’élection présidentielle en mars 2008. Le destin de la Russie aurait été modifié si le président Poutine n’avait pas «
brisé les rêves » de Khodorkovski et des États-Unis.

De plus, sur le plan interne, l’État s’était vu contester le contrôle qu’il exerçait sur sa principale source de revenus : le bénéfice de la rente sur les matières premières. Divers mécanismes
légaux ou illégaux avaient permis aux grandes sociétés russes créées dans le cadre des privatisations opaques de l’ère eltsinienne, qu’elles soient privées comme Youkos ou semi-publiques comme
Gazprom, d’échapper largement à l’impôt et aux taxes, privant l’État de toute manœuvre financière.

Pour nombre d’observateurs, c’était le fonctionnement même de la Fédération qui se trouvait ainsi en péril. Bien des Russes considéraient que leur pays risquait véritablement, sinon d’éclater, en
tout cas de perdre définitivement ses dernières chances de rebondir.

Par ailleurs, Poutine a su briser l’encerclement de l’O.T.A.N., l’Ukraine et la Géorgie n’étant plus candidats. On ne parle plus d’un bouclier anti-missiles en Pologne. Il a rétabli l’autorité de
la Russie dans le Caucase et en Asie centrale, les Américains n’étant présents, à prix d’or, aujourd’hui, que sur une seule base militaire au Kirghizistan.

Que n’aurait-on pas dit et peut-on imaginer ce qui se serait passé si la Russie, le chien de garde des Européens à l’Est, ne l’oublions jamais, avait perdu la guerre de Tchétchénie, avec le risque
de se retrouver à Stavropol, point de départ de la colonisation russe au XIXe siècle face à une déferlante islamiste, la Russie perdant par là-même son prestige et son autorité en Asie centrale.
Une catastrophe semblable serait équivalente, pour les Européens de l’Ouest, à la prise de Byzance par les Turcs, en 1453 !

Vladimir Poutine a réussi aussi à arrêter le mal pernicieux des révolutions oranges, tout cela ayant été préparé, sans aucun doute possible, par la C.I.A., avec les innombrables O.N.G. du style de
celles de Monsieur George Soros comme maîtres d’œuvre.

Il a vu le danger démographique en redressant la barre de la natalité, la Russie risquant de se retrouver avec seulement cent millions d’habitants en 2050, soit moins que la Turquie dans un
territoire deux fois plus grands que les États-Unis ! Prenant l’exemple de Pierre le Grand, il a rétabli partiellement la puissance militaire russe, comme on a pu le voir en Géorgie et a compris,
avec le Président Medvedev, qu’il fallait favoriser les investissements étrangers, tout en modernisant une économie trop tournée vers les matières premières.

Et enfin, et surtout, il a compris que le redressement, le rétablissement de la Russie passait par les valeurs traditionnelles, le patriotisme, l’Église orthodoxe, constituant un magnifique
contre-exemple pour les démocraties européennes décadentes et aveugles ! L’autoritarisme, excessif en Russie pour un Européen de l’Ouest, correspond en fait à la dimension asiatique du pays et est
seul à même d’éviter l’éclatement ; n’oublions pas aussi que la Russie a vécu pendant plus de deux siècles sous le joug mongol de la « Horde d’Or ».

Alors que les droits de l’hommistes souhaitent que la Russie s’adapte au modèle occidental, c’est bien au contraire aux Européens de l’Ouest de retrouver leurs valeurs traditionnelles, de se sauver
de la décadence actuelle tout à fait semblable à celle de la fin de l’Empire romain, en constituant un pôle franco-allemand carolingien, centré sur le Rhin à Strasbourg, qui se rapprocherait de la
Russie en la prenant comme modèle, et tout cela grâce à Poutine, sauveur effectif de la Russie, sauveur potentiel de l’Europe de l’Ouest.