Billet d’humeur : de « l’illusion performative » de la rénovation
« Nous devons engager la rénovation » , « La rénovation est notre priorité » , « Procéder à notre rénovation est un impératif ». Un mot fait flores en ce moment dans toutes les déclarations et cela n’aura échappé à personne : la « rénovation ».
On peut certes s’en réjouir car c’est un passage obligé aujourd’hui pour notre parti. Mais à trop utiliser cette formule là où s’impose une évidence, on pourrait finir par succomber à l’illusion performative du mot « rénovation ». Répété ad nauseam, ce mot peut en effet donner le sentiment d’être devenu, dans une certaine mesure, dans la bouche de ceux qui l’emploient, un substitut à une action concrète dans le sens de cette fameuse « rénovation ».
Dire « rénovation » ce n’est pourtant pas la faire même si c’est un bon début. Loin s’en faut. Cette dérive est probablement inconsciente dans l’esprit de nos ténors mais elle pourrait avoir des effets néfastes en provoquant la lassitude de Français qui nourriraient le sentiment que les socialistes ne s’en tiennent qu’aux mots… Elle pourrait aboutir en définitive à vider la rénovation de sa substance. Un comble !
Heureusement, la bonne surprise de la Rochelle est là pour rappeler que notre parti dispose d’une base militante déterminée, impatiente de participer au débat et à la réflexion.
Nous avons les mots, nous avons la détermination, il nous reste désormais à passer à l’action et à donner à cette rénovation le contenu qu’elle mérite !
Bastien Taloc
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