Quand l'agitation prend le pas sur la stratégie : 1,3 milliards perdus
François Brottes, député de l’Isère et vice-président du groupe socialiste chargé des Affaires économiques, rappelle ici les détails de l'opération.
La vente de 3% d'EDF, l'opération « choc » annoncée par le Président Sarkozy pour relancer...le pouvoir d'achat, se solde par un zéro pointé : entre « gribouille et embrouille », on est loin de la politique industrielle d'envergure que commande l'avenir énergétique français et la maîtrise publique de nos outils industriels.
La gribouille
- en deux séances, la capitalisation boursière d'EDF a fondu de 6,4 milliards d'euros, à l'heure où EDF doit faire face à des nécessités d'investissement considérables.
- la baisse du titre, qui a suivi l'annonce du Président, a aussi coûté 200 millions à l'Etat, à déduire des gains attendus de la vente.
- le gain final a rapporté autant que 2 ans de dividendes pour l'Etat, au cours actuel.
L'embrouille
Les 5 milliards promis pour les universités ont eux aussi fondu, à 3,7 milliards d'euros.
Echec financier, c'est aussi et surtout le reniement des engagements pris par le Gouvernement vis à vis des Français et de Bruxelles, selon lesquels toute cession d'actifs publics doit financer le désendettement de l'Etat.
Sans compter que pour que l'Etat récupère autant de dividendes qu'avant, il faudra augmenter les prix de l'énergie pour les ménages. Une mesure en faveur du pouvoir d'achat? cherchez l'erreur! C'est donc bien une mesure gribouille-embrouille contre le pouvoir d'achat des Français.
Au final, ce « coup » médiatique compulsif coûte cher aux contribuables, pour un plan de financement des universités au rabais et absolument pas pérenne, qui méritent tout de même mieux que cette gribouille-embrouille financière.