chroniques d'une omniprésidence (3)
Chaque Dimanche, retrouvez la revue de presse de Sébastien B., réalisée sous forme de chronique, pour ne rien manquer de la semaine écoulée.
La crise, les conséquences de la crise et les réponses à la crise : telle pourrait être une façon commode de résumer la semaine écoulée. Alors, au sein de sein de ce galimatias, j'ai décidé de faire un choix : j'essaierai un temps soit peu de singulariser les conséquences en fonction des pays :
- Les Etats-Unis : lorsqu'on pense à la crise financière, on se représente un gros capitaliste au cigare en passe d'être ruiné. Ici, la réalité est plus complexe puisque les retraités, qui ont placé leurs économies sur des fonds de pension, sont vulnérabilisés
- L'Allemagne : le SPD doute, mais Die Linke ne semble pas récolter les « raisins de la colère » pour autant. Les leçons de ces articles sont intéressantes. D'abord, la crise financière ne profite pas « structurellement » à la gauche (voir sur ce point Oscar Lafontaine qui lance à la droite : "Bienvenue au club des populistes"). Ensuite, il est stupide de comparer Besancenot à Die Linke, et, par extension, la situation du PS à celle du SPD. Die Linke n'use pas de la rhétorique révolutionnaire propre à notre facteur préféré et propose un véritable programme de gouvernement.
- Au Royaume-Uni, c'est le grand come-back de Keynes face à la récession.
Si retour du Keynésianisme il y a, peut-être serait-il plus pertinent d'agir à l'échelle européenne ? Les contraintes institutionnelles de l'Europe ne rendent pas cette démarche facile. Face à ce dilemme, Sarkozy propose de proroger son mandat à la tête de l'Eurogroupe. Toutefois, ce n'est pas pour autant qu'il faille verser dans la Sarkomania. D'une part, cette mesure, si elle est acceptée, devrait n'avoir que peu de conséquences, étant donné qu'il s'agit d'une instance purement informelle. D'autre part, dire que le socialisme a changé de camp, serait franchir un pas auquel, contrairement à Chavez, je ne me risquerais pas. En effet, le gouvernement se ridiculise par un certain nombre de mesures iniques et injustes. Citons entre autre le rejet de l'amendement déposé par le député PS Didier Migaud. Citons également la suppression purement cynique d'un certain nombre de crédits destinés aux pays en développement. Mais aussi et surtout une plainte déposée par Sarkozy contre un fabricant de poupées vaudoues à son effigie. La protection du « corps » présidentiel va loin, et confine même au monarchisme. Soyons honnêtes, la droite parlementaire a moins eu à se reprocher que le gouvernement. Lors du vote sur l'amendement Migaud, ce n'est qu'à la demande du gouvernement que ceux-ci ne l'ont pas voté, alors que, comme le suggère l'article du Monde dont j'ai donné le lien plus haut, ils auraient été prêts à le faire. Les sénateurs UMP ont contribué à sauver la loi SRU. L'amendement « Tapie » proposé par le Nouveau Centre mérite également le respect. En somme, pour reprendre l'idée d'un article paru dans le Libé, on voit se profiler un conflit de légitimité entre l'Assemblée (i.e. Copé) et Fillon.