Coupable d'être séropositive
La cour d’assise du Loiret vient de condamner une femme à cinq années de prison avec sursis. Motif : la transmission à son mari du virus du sida. Au premier abord, cette condamnation peut sembler justifiée. Alors qu’elle était au courant, elle n’a pas averti son époux de la nouvelle et lui a donc « administré une substance nuisible suivie de mutilation permanente ».
On touche pourtant un sujet très sensible : peut-on être « coupable du SIDA ? » Si oui, qui sont les coupables ? Les séropositifs ? En plus du virus, ils devraient donc aussi subir le regard de criminel ? Si un préservatif craque, est-ce une « administration accidentelle d’une substance nuisible suivie de mutilation permanente? »
C’est un débat sensible et il faut réfléchir sérieusement à la question. Le président de AIDES viendra d’ailleurs discuter avec les socialistes de Sciences Po sur cette question en janvier. Il ne faudrait toutefois pas oublier que les séropositifs sont des victimes du SIDA, et pas des coupables. Si les gens n’indiquent pas qu’ils sont séropositifs, c’est aussi parce que la société les marginalise et leur porte un regard de coupable. Le risque, c’est que les personnes qui ont des doutes ne fassent pas de test pour ne pouvoir être condamné…
Affiche de AIDES lors de l'élection présidentielle de 2007

Etienne Longueville