"S'ils ne veulent pas payer, ils n'ont qu'à aller à HEC"

Non, il ne s'agit pas du slogan de la manif' de droite du collectif contre l'augmentation des droits de scolarité
C'est en ces termes, selon une élue étudiante, que Michel Pébereau a justifié la massive augmentation des droits de scolarité qui a été votée par l'ensemble du Conseil d'Administration de Sciences Po à l'exception de trois des cinq élus étudiants qui siègeaient à ce conseil.
"Ce n'est pas une réforme populaire" a indiqué Richard Descoings, qui fait au moins preuve de perspicacité, faute de faire preuve d'écoute. Il faut dire qu'il a été accueilli - tout comme l'ensemble des membres du Conseil d'Administration - par les clameurs de la cinquantaine d'étudiants présents : "Sciences Po public, on t"aime", "Non, non, non, aux frais d'inscription, oui oui oui à notre éducation", etc.
Richard Descoings a été surpris de voir autant de monde mobilisé ce mercredi 11 février à 8h30. C'est sûr qu'en ayant programmé ce Conseil d'Administration en période de vacances scolaires, le directeur pensait être débarrassé des revendications étudiantes pour plus de justice sociale : des frais vraiment progressifs ou encore la disparition des discriminations envers les étudiants étrangers hors UE, qui devront payer l'an prochain 12 000 € en master quelles que soient les richesses de leurs parents.
Le directeur de Sciences Po, plus diplomate que le banquier Michel Pébereau, a indiqué qu'il n'y avait rien d'anormal à ce qu'un étudiant de Sciences Po s'endette pour financer ses études. Cette conception de l'éducation uniquement comme un investissement n'est pas acceptable. Qui plus est, le remboursement d'un emprunt bancaire pour un étudiant en master recherche par exemple est loin d'être évident.
Comment dès lors, ne pas mettre en lien cette réforme avec celle des enseignants-chercheurs qui provoque actuellement une très forte mobilisation dans les universités? Il s'agit dans les deux cas d'un appauvrissement de l'université publique, fondée sur une conception de l'université où l'idée de "savoir" disparait pour se transformer en une entreprise avec des coûts et des investissements. Aux dépends des étudiants et des enseignants.
La mobilisation va continuer.