La Section Jean Zay débat autour du plan de relance du PS

Réunie en AG le jeudi 26 février, la section a également débattu du plan de relance "Agir vraiment contre la crise" proposé par le PS. Voici quelques pistes de notre débat, qui sont frocément retranscrites de manière partielle.
Les principales critiques :
-Pourquoi le PS devrait faire un plan de relance alors qu’il n’est pas au pouvoir ? Parce que la direction a estimé que le plan actuel n’était pas suffisant. Certes le PS n’a aucun moyen de le faire passer, mais on peut espérer que certaines bonnes idées soient reprises.
-La question du timing : il était indéniablement mauvais. Le plan arrive cinq mois après le déclenchement de la crise, quatre mois après le plan du gouvernement et il est rendu public au lendemain de l'intronisation de Barack Obama donc sa couverture médiatique a été faible. Pourtant c'était le temps nécessaire pour bâtir un vrai plan après le Congrès de Reims et la prise de fonction de la nouvelle équipe.
-Le manque de vision : pourquoi le plan ne parle-t-il pas des solutions pour refonder le système ? Ce n’était pas le but : il s’agit d’un texte de réponse à la crise. Le PS a d'ores et déjà prévu un autre texte de propositions de long terme pour rendre le fonctionnement de notre économie plus juste et plus efficace.
Le principales mesures :
-Le plan s’appuie sur le soutien à l'investissement ET la consommation, à parts égales.
Consommation :
-500 euros pour tous les bénéficiaires de la prime pour l’emploi (9M de personnes) et tous les bénéficiaires de minima sociaux,
-Augmentation 3% du SMIC immédiate,
-Conditionnement des exonérations de cotisations sociales des entreprises à l’aboutissement d’accords sur les salaires,
-Baisse de 1 pt de la TVA,
-Gel des suppressions de postes dans la fonction publique,
-Indemnisations chômage prolongées,
-Création de 100 000 emplois aidés supplémentaires.
Investissement :
-Plan de 1,4 milliard d'euros sur l’hôpital,
-Soutien au bâtiment : 300 000 nouveaux logements sociaux (contre 100 000 pour le gouvernement),
-Contrôle des fonds prêtés aux banques.
Ces mesures correspondent un effort bugétaire de 50 milliards d'euros, soit 2,5% du PIB (comme le FMI et l'UE le conseillaient). C'est l'équivalent des pays voisins, bien loin de celui de Sarkozy (8Mds de nouveaux investissements).
Débat sur le plan de relance (méthode)
La majorité des gens ne sont pas au courant de l'existence de ce plan...
Même si le plan est hypothétique, c'était intéressant de le proposer car le PS est au pouvoir dans les régions et les départements : des mesures sont prises par des collectivités territoriales socialistes. Si on a une ligne commune (grands axes), ça vaut le coup. On montre qu’on peut agir vraiment. Il y a un créneau à exploiter. Le plan intéressant car il s’agit d’un contre-projet qui pour une fois ne sort pas juste en période d’élections. C'est un travail à renouveler sur tous les grands sujets futurs.
Au sujet du timing : le plan de relance est tombé au même moment que la motion de censure à l’Assemblée. C’est une logique nouvelle : on fait une censure mais au même temps, elle est constructive puisqu'une alternative est proposée.
Le plan a donné une force médiatique au PS dans les mouvements sociaux du 29 janvier. La lacune du plan gouvernemental (le soutien à la consommation et au pouvoir d’achat) a été mise en lumière par les socialistes, et Sarkozy a été contraint d'infléchir sa position sur le sujet. Le fait que le plan du PS soit global permet d’appuyer sur les manques du plan de Sarkozy.
Le fait que le plan ait été une réaction immédiate, et que les militants n’aient pas été consultés est-il un problème ?
C’est normal, c’est la logique du shadow cabinet. On a une direction, qui fait des choix. Si on faisait un débat à chaque fois, ça montrerait les divergences et ça prendrait trop longtemps. Il faut s’adapter à la stratégie de Sarkozy, qui est de lancer des réformes à jet continu ; on doit essayer de faire de même. D'ailleurs, ce n’est pas la direction qui a fait le plan mais un comité des experts du PS : on ne peut pas trop contester cette méthode.
Depuis la campagne présidentielle : c’est Sarkozy qui a décidé du terrain de débat, et le PS suit ; la difficulté c’est de saisir d’autres thèmes et de les porter sur le devant de la scène. Quoi qu’il arrive c’est le gouvernement qui décide de quoi on parle, car c’est lui qui lance les lois.
Il y a une opportunité pour le PS : le pouvoir de déposer des proposition des lois (suite à la révision constitutionnelle). Le PS devrait proposer le plan de relance par exemple, afin de le mettre sous les projecteurs et pour qu’il y ait un débat parlementaire dessus. De même, les députés UMP seraient amenés à refuser explicitement le plan, c’est-à-dire refuser explicitement de soutenir la consommation. Pour être plus efficaces en plus de proposer un plan global, il faudrait insister sur les 2-3 points principaux.
Débat sur le plan de relance (contenu)
La question de la baisse de la TVA : utile ou inutile ? Ça coûte 7Mds d’euros, mais le Royaume-Uni l’a fait (baisse de 2,5%) et ça a eu des effets réels. Le risque c’est que les entreprises ne jouent pas le jeu et ne répercutent pas la baisse sur les prix.
Le 2ème texte sur la refonte du système économique et financier international, il va arriver quand ? Dans la partie sur l’environnement, il y a beaucoup d’objectifs ambitieux, mais aucun chiffre ! On n’est pas plus avancé ! La 2ème partie du texte, ça sera le projet 2011 du PS pour les présidentielles de 2012... ou peut-être faudrait-il être présents plus tôt ?
Une question fondamentale nous pose toujours problème : quelle est notre ligne économique au-delà des mots vagues de la déclaration de principe ? Les gens ne voient pas où le PS veut aller (contrairement à l’UMP et à Besancenot). Est-ce le bon moment pour avoir ce débat? On est en période de crise ; on est sous la nécessité, il faut répondre aux attentes immédiates.
Dans le même temps, répondre à ces questions c’est du long terme, mais la crise est l’occasion de réfléchir à ce que l’on veut, et on peut avoir un certain écho dans l'opinion. Il faut donc que le PS réfléchisse avec une nouvelle approche, et notamment avec un axe écologique central.
Les principales critiques :
-Pourquoi le PS devrait faire un plan de relance alors qu’il n’est pas au pouvoir ? Parce que la direction a estimé que le plan actuel n’était pas suffisant. Certes le PS n’a aucun moyen de le faire passer, mais on peut espérer que certaines bonnes idées soient reprises.
-La question du timing : il était indéniablement mauvais. Le plan arrive cinq mois après le déclenchement de la crise, quatre mois après le plan du gouvernement et il est rendu public au lendemain de l'intronisation de Barack Obama donc sa couverture médiatique a été faible. Pourtant c'était le temps nécessaire pour bâtir un vrai plan après le Congrès de Reims et la prise de fonction de la nouvelle équipe.
-Le manque de vision : pourquoi le plan ne parle-t-il pas des solutions pour refonder le système ? Ce n’était pas le but : il s’agit d’un texte de réponse à la crise. Le PS a d'ores et déjà prévu un autre texte de propositions de long terme pour rendre le fonctionnement de notre économie plus juste et plus efficace.
Le principales mesures :
-Le plan s’appuie sur le soutien à l'investissement ET la consommation, à parts égales.
Consommation :
-500 euros pour tous les bénéficiaires de la prime pour l’emploi (9M de personnes) et tous les bénéficiaires de minima sociaux,
-Augmentation 3% du SMIC immédiate,
-Conditionnement des exonérations de cotisations sociales des entreprises à l’aboutissement d’accords sur les salaires,
-Baisse de 1 pt de la TVA,
-Gel des suppressions de postes dans la fonction publique,
-Indemnisations chômage prolongées,
-Création de 100 000 emplois aidés supplémentaires.
Investissement :
-Plan de 1,4 milliard d'euros sur l’hôpital,
-Soutien au bâtiment : 300 000 nouveaux logements sociaux (contre 100 000 pour le gouvernement),
-Contrôle des fonds prêtés aux banques.
Ces mesures correspondent un effort bugétaire de 50 milliards d'euros, soit 2,5% du PIB (comme le FMI et l'UE le conseillaient). C'est l'équivalent des pays voisins, bien loin de celui de Sarkozy (8Mds de nouveaux investissements).
Débat sur le plan de relance (méthode)
La majorité des gens ne sont pas au courant de l'existence de ce plan...
Même si le plan est hypothétique, c'était intéressant de le proposer car le PS est au pouvoir dans les régions et les départements : des mesures sont prises par des collectivités territoriales socialistes. Si on a une ligne commune (grands axes), ça vaut le coup. On montre qu’on peut agir vraiment. Il y a un créneau à exploiter. Le plan intéressant car il s’agit d’un contre-projet qui pour une fois ne sort pas juste en période d’élections. C'est un travail à renouveler sur tous les grands sujets futurs.
Au sujet du timing : le plan de relance est tombé au même moment que la motion de censure à l’Assemblée. C’est une logique nouvelle : on fait une censure mais au même temps, elle est constructive puisqu'une alternative est proposée.
Le plan a donné une force médiatique au PS dans les mouvements sociaux du 29 janvier. La lacune du plan gouvernemental (le soutien à la consommation et au pouvoir d’achat) a été mise en lumière par les socialistes, et Sarkozy a été contraint d'infléchir sa position sur le sujet. Le fait que le plan du PS soit global permet d’appuyer sur les manques du plan de Sarkozy.
Le fait que le plan ait été une réaction immédiate, et que les militants n’aient pas été consultés est-il un problème ?
C’est normal, c’est la logique du shadow cabinet. On a une direction, qui fait des choix. Si on faisait un débat à chaque fois, ça montrerait les divergences et ça prendrait trop longtemps. Il faut s’adapter à la stratégie de Sarkozy, qui est de lancer des réformes à jet continu ; on doit essayer de faire de même. D'ailleurs, ce n’est pas la direction qui a fait le plan mais un comité des experts du PS : on ne peut pas trop contester cette méthode.
Depuis la campagne présidentielle : c’est Sarkozy qui a décidé du terrain de débat, et le PS suit ; la difficulté c’est de saisir d’autres thèmes et de les porter sur le devant de la scène. Quoi qu’il arrive c’est le gouvernement qui décide de quoi on parle, car c’est lui qui lance les lois.
Il y a une opportunité pour le PS : le pouvoir de déposer des proposition des lois (suite à la révision constitutionnelle). Le PS devrait proposer le plan de relance par exemple, afin de le mettre sous les projecteurs et pour qu’il y ait un débat parlementaire dessus. De même, les députés UMP seraient amenés à refuser explicitement le plan, c’est-à-dire refuser explicitement de soutenir la consommation. Pour être plus efficaces en plus de proposer un plan global, il faudrait insister sur les 2-3 points principaux.
Débat sur le plan de relance (contenu)
La question de la baisse de la TVA : utile ou inutile ? Ça coûte 7Mds d’euros, mais le Royaume-Uni l’a fait (baisse de 2,5%) et ça a eu des effets réels. Le risque c’est que les entreprises ne jouent pas le jeu et ne répercutent pas la baisse sur les prix.
Le 2ème texte sur la refonte du système économique et financier international, il va arriver quand ? Dans la partie sur l’environnement, il y a beaucoup d’objectifs ambitieux, mais aucun chiffre ! On n’est pas plus avancé ! La 2ème partie du texte, ça sera le projet 2011 du PS pour les présidentielles de 2012... ou peut-être faudrait-il être présents plus tôt ?
Une question fondamentale nous pose toujours problème : quelle est notre ligne économique au-delà des mots vagues de la déclaration de principe ? Les gens ne voient pas où le PS veut aller (contrairement à l’UMP et à Besancenot). Est-ce le bon moment pour avoir ce débat? On est en période de crise ; on est sous la nécessité, il faut répondre aux attentes immédiates.
Dans le même temps, répondre à ces questions c’est du long terme, mais la crise est l’occasion de réfléchir à ce que l’on veut, et on peut avoir un certain écho dans l'opinion. Il faut donc que le PS réfléchisse avec une nouvelle approche, et notamment avec un axe écologique central.
Les contre-propositions ne doivent pas dédouaner le PS de la nécessité de réfléchir à son positionnement. Si on ne sort pas de l’ambigüité, Besancenot va nous faire mal. La conjoncture n'a jamais aussi favorable à une refondation et au débat économique autour de nos idées et de nos valeurs.
Parler de "refonder le capitalisme", est-ce dire que l’on est un peu capitalistes nous-mêmes ?
Sur le temps long, il faut réfléchir à un projet global, mais sans en revenir au débat sur les statuts car c’est néfaste (conflits de personnes), le débat sur la référence au marxisme ou pas... Cela ne change rien aux propositions pour 2012. Il faut être décomplexés par rapport à notre héritage.
Après tout, c'est paradoxal : les Français ne se disent pas libéraux économiquement et pourtant, ils votent à 53% pour Sarkozy. Les Français ont-ils besoin de se définir par rapport à ça ? Pas vraiment. Ce n’est pas concret pour eux. Donc ce débat est plutôt à mener en interne. Plutôt que de partir des idées et aller vers le réel, il faudrait faire l’inverse. Le positionnement dépend des propositions qu’on avance. Du moment qu’on à un projet, l’idéologie va suivre.
Il nous faut des propositions concrètes. Il faut se dire que dans la contestation on ne sera jamais aussi séduisants que l’extrême gauche. C’est en proposant des solutions réalistes qu’on montrera notre identité. Dans la perspective électorale, il nous faut afficher un minimum de crédibilité économique, et nous en avons ! Lorsqu’on est crédible en économie, ça permet d’enchainer sur les questions de sociétés.
Au sujet des propositions qu’on fait : est ce qu’on saisit bien le changement de société et à qui on s’adresse ? Dans le domaine des PME, il y a un a priori très négatif sur le PS. Or, c’est le poumon économique du pays. Ces a priori sont souvent injustifiés sur le terrain (politiques locales favorables aux PME) mais cette impression généralisée reste : on a l’impression que le PS est contre le patronat.
D’où la question de l’augmentation de 3% du SMIC qui peut faire débat entre nous.
Est-ce qu’il y a une gêne du PS qui le bloque et l’empêche de prendre des positions ?
Le problème reste : est ce qu’on ne gagne pas à se positionner et à cliver sur les questions économiques ? Les gens savent qu’on fait du social, c’est pas sur ça qu’il faut insister.
Il y a des tabous qu’il faut attaquer : la fiscalité. Sarkozy a gagné aussi parce qu’il a parlé à chacun individuellement. Il disait : je vais faire baisser tes impôts. Il faut qu’on cible nos discours. Vers les PME, vers les banlieues…
Parler de "refonder le capitalisme", est-ce dire que l’on est un peu capitalistes nous-mêmes ?
Sur le temps long, il faut réfléchir à un projet global, mais sans en revenir au débat sur les statuts car c’est néfaste (conflits de personnes), le débat sur la référence au marxisme ou pas... Cela ne change rien aux propositions pour 2012. Il faut être décomplexés par rapport à notre héritage.
Après tout, c'est paradoxal : les Français ne se disent pas libéraux économiquement et pourtant, ils votent à 53% pour Sarkozy. Les Français ont-ils besoin de se définir par rapport à ça ? Pas vraiment. Ce n’est pas concret pour eux. Donc ce débat est plutôt à mener en interne. Plutôt que de partir des idées et aller vers le réel, il faudrait faire l’inverse. Le positionnement dépend des propositions qu’on avance. Du moment qu’on à un projet, l’idéologie va suivre.
Il nous faut des propositions concrètes. Il faut se dire que dans la contestation on ne sera jamais aussi séduisants que l’extrême gauche. C’est en proposant des solutions réalistes qu’on montrera notre identité. Dans la perspective électorale, il nous faut afficher un minimum de crédibilité économique, et nous en avons ! Lorsqu’on est crédible en économie, ça permet d’enchainer sur les questions de sociétés.
Au sujet des propositions qu’on fait : est ce qu’on saisit bien le changement de société et à qui on s’adresse ? Dans le domaine des PME, il y a un a priori très négatif sur le PS. Or, c’est le poumon économique du pays. Ces a priori sont souvent injustifiés sur le terrain (politiques locales favorables aux PME) mais cette impression généralisée reste : on a l’impression que le PS est contre le patronat.
D’où la question de l’augmentation de 3% du SMIC qui peut faire débat entre nous.
Est-ce qu’il y a une gêne du PS qui le bloque et l’empêche de prendre des positions ?
Le problème reste : est ce qu’on ne gagne pas à se positionner et à cliver sur les questions économiques ? Les gens savent qu’on fait du social, c’est pas sur ça qu’il faut insister.
Il y a des tabous qu’il faut attaquer : la fiscalité. Sarkozy a gagné aussi parce qu’il a parlé à chacun individuellement. Il disait : je vais faire baisser tes impôts. Il faut qu’on cible nos discours. Vers les PME, vers les banlieues…
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