Ségolène Royal et Jean-Claude Junker pour une Europe plus sociale
Ségolène Royal, candidate socialiste en France, et Jean-Claude Junker, Premier Ministre socialiste du Luxembourg et Président de l'Eurogroupe, ont tenu une conférence à Luxembourg pour faire part de leur vision sur l'avenir de l'Europe et du traité constitutionnel européen, ce mercredi.
Fidèle à sa volonté de rapprocher l'Europe du peuple, Ségolène Royal a expliqué qu'elle souhaiterait mettre en place un referendum en 2009, au moment des élections européennes sur "un traité permettant aux institutions européennes de fonctionner". Prenant en compte les pays ayant déjà ratifiés ce traité, elle a expliqué qu'il n'était pas envisageable de refaire voter les Français sur le même texte.
Elle a enfin crevé un tabou qui existe depuis toujours: L'Europe sociale: "Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait un volet social et que les droits des travailleurs soient pris en considération en Europe. Je suis une Européenne convaincue". La candidate socialiste répond ainsi aux vraies attentes des français, alors que Sarkozy, dans son aveuglement sans limite, a annoncé vouloir faire voter une partie du traité constitutionnel par le parlement...Vive la démocratie.
Jean-Claude Juncker a souligné qu’il était d’accord avec Ségolène Royal sur le fait qu’il fallait compléter le traité constitutionnel par une «déclaration sociale plus engageante». «Nous pensons tous les deux que l’UE doit se doter d’un socle de droits sociaux minimums pour les travailleurs. Nous avons discuté des développements possibles en matière de traité constitutionnel, dont nous ne voudrions pas qu’il s’appelle traité constitutionnel mais traité fondamental de base», a-t-il ajouté.
Abordant ensuite la question de l'indépendance de la banque centrale européenne, elle a tenu à mettre les choses au clair:
«Je crois que le gouvernement économique européen doit être beaucoup plus actif», a-t-elle dit. «Ce n’est pas à la Banque centrale européenne de prendre seule les décisions. Il ne s’agit pas de remettre en cause son indépendance mais il s’agit de ne pas la laisser exercer une omnipotence.» «Il est important que la Banque centrale européenne ait comme objectif non seulement la maîtrise de l’inflation, mais également la croissance et donc le progrès social», a-t-elle ajouté en prônant un «élargissement de son statut».
Jean-Claude Junker, dont l'engagement européen n'est pas à mettre en doute a déclaré sur ce sujet qu'il fallait un «renforcement du pôle économique et monétaire sans toucher à l’indépendance de la Banque», et que l'on devait «revenir à l’esprit des traités qui veulent que la stabilité des prix, que la croissance et que l’emploi aient la même considération en Europe»
La candidate socialiste a donc prouvé qu'elle avait de la ressource sur la question européenne. Les Français sauront voir qui répond le mieux à leurs attentes...