Projet contre projet Immigration
Vous pouvez lire le comparatif ici. En voici la synthèse :
La France est une terre d’accueil, une terre d’immigration. Notre pays a bâti son histoire sur la rencontre de peuples que tout opposait. C’est ce qui fait la richesse de notre langue, de notre patrimoine, de notre culture. Mais le contact avec « l’autre » n’est jamais facile. Si au début du XXeme siècle les affrontements entre Italiens et Français se soldaient par des morts dans le Sud de la France, le début du XXIeme siècle est marqué par un regain de xénophobie et de racisme, principalement dirigés contre les immigrés africains et leurs descendants. Le 21 avril 2002 n’en est qu’une illustration. La gestion de l’immigration tient donc une place importante dans le débat public français. Certaines propositions des partis de gouvernement se ressemblent : rationalisation de l’administration en charge des questions migratoires, partenariats avec les pays d’origine, … Cela se comprend parce que ces partis ont en commun des principes républicains et qu’ils suivent les orientations fournies par l’UE. Mais au-delà de ce socle commun on peut lire de vraies différences entre des projets qui brassent du vent et d’autres qui visent à définir des marges de manœuvre pour préparer l’action.
A l’extrême gauche, les collectifs antilibéraux pour une candidature unitaire mettent en avant « le respect absolu de la dignité » et les « principes de développement », propres à éclairer l’action mais qui ne peuvent en assurer le réalisme.
Le FN, lui, au-delà de modifications cosmétiques, maintient sa « préférence nationale » qui, en fait de préférence, est un ostracisme pur et simple (un racisme ? – du moins, la crispation xénophobe est palpable dans le discours de Le Pen : le mot immigration est le premier réellement porteur de signification qu’il prononce dans son discours incantatoire et incohérent).
Le programme de François Bayrou sur l’immigration est la preuve de ses difficultés à aller au-delà d’un sempiternel apitoiement. L’UDF refuse de revenir sur les lois Sarkozy, et fait sienne la formule d’immigration « subie ». Cependant François Bayrou essaye de se démarquer de l’UMP et rejette le principe d’immigration « choisie » : selon lui la France ne doit pas aller chercher de la main d’œuvre à l’étranger car elle compte déjà 4 millions de chômeurs. Pas d’immigration choisie donc, et pourtant l’UDF propose de permettre aux médecins, ingénieurs, techniciens, de faire l’aller-retour entre l’Europe et leur pays d’origine : il s’agit donc de choisir certaines catégories professionnelles auxquelles on attribue des privilèges, mais ce n’est pas de l’immigration choisie … L’UDF, ou comment réinventer ce qui l’a déjà été par Sarkozy !
L’UMP, se focalise sur « l’immigration choisie » et la multiplication de modalités incitatrices et punitives. Les mesures sur les étrangers et l’immigration apparaissent à plusieurs reprises dans le programme de la droite, souvent sans beaucoup de cohérence. Il apparaît difficile de voir dans le discours de l’UMP la marque d’une bonne compréhension des problématiques : l'UMP est dans l'inflation des propositions, incapable qu’elle est de maîtriser sa propre action lors des 5 dernières années, et incapable de tirer les leçons du passé. La droite française croit que les flux migratoires peuvent être gérés comme les flux de marchandises ou les flux financiers : on parle ainsi de « plafonds selon les différentes voies d’entrée », on met en place la traçabilité du produit avec les visas biométriques ! Pour éloigner les clandestins, il suffit selon l’UMP de leur refuser un titre de séjour pendant les 5 ans qui suivent la reconduction. Entre cynisme et naïveté, le programme UMP représente un vrai danger pour notre pays.
Contre la haine du FN, et les mesures de surveillance de l’UMP, le PS, lui, s’engage autour de trois axes majeurs : une immigration basée sur un projet migratoire individuel, un accueil de qualité pour une intégration ou une cohabitation réussie, et l’établissement de partenariats justes avec les pays d'origine. La proposition de multiplication des possibilités d’aller-retour représente une avancée considérable. Service civique universel accessible aux étrangers, droit de vote aux élections locales, mais aussi fermeté contre le travail clandestin et les filières d’immigration clandestine, le projet socialiste se situe du côté de la modernité.