Trou d’air dans l’azur élyséen : l'état de disgrâce
Moins d'un Français sur deux (48%) fait confiance à Nicolas Sarkozy pour affronter efficacement les problèmes du pays. En chute de sept points, selon un sondage CSA pour iTélé et Le Parisien, le Président de la République n’a jamais été aussi bas dans l’opinion. Pendant qu’il était à Petra ce week-end avec le top model italien Carla Bruni pour se détendre après de longues et épuisantes vacances égyptiennes, les « privilégiés » apprenaient qu’ils allaient devoir travailler plus pour gagner un peu moins ; Christine Lagarde l’a annoncé, l’inflation sera plus forte en 2008 qu’en 2007. Cet aveu de faiblesse sonne le glas d’une idylle souvent fantasmée entre une majorité de Français et Nicolas Sarkozy. Le vaudeville présidentiel n’amuse plus, il agace. L’enjeu des municipales prend d’autant plus d’importance dans ce contexte de défiance où l’hypothèse d’une sanction de la majorité est de plus en plus plausible.
Un Président qui ne passe plus auprès des Français, voilà ce qu’est devenu Nicolas Sarkozy. De Wolfborough à Petra en passant par Louxor et le Fouquet’s dans des suites où la nuit représente plusieurs mois de salaire pour une majorité de Français, le Président a fini de décrédibiliser la politique du gouvernement en assumant jusque dans son intimité volontiers exhibée cet irrépressible penchant pour la richesse et le clinquant sur papier glacé incarné par son aventure avec Carla Bruni et ses liaisons non moins dangereuses avec le milieu des affaires.
Pendant ce temps-là, Rachida Dati était à l’île Maurice aux frais et en compagnie de Dominique Desseigne. Cette intimité affichée avec le président du groupe Barrière, propriétaire de casinos et du Fouquet’s cadre mal avec sa fonction de garde des sceaux et lui interdit d’espérer le ministère de l’Intérieur, qui exerce la tutelle sur les jeux. Cela dit le tableau a le mérite d’être cohérent, les membres du gouvernement ont une conception particulièrement zélée du principe de collégialité. Après tout, le président le leur a dit, « profitez-en, vous ne serez pas ministres toute votre vie ». Carpe Diem donc ; rien de nouveau sous le soleil… même pas les Ray Ban.
Benjamin Lanot