Ségolène Royal, une femme qui a toujours pris des positions courageuses
Ces derniers temps, les attaques fleurissent sur Ségolène Royal. Certains partis, déformant ses propos où les plaçant hors de leurs contextes, tendent à faire croire que Ségolène Royal n’est pas une femme engagée. Or, si l’on retrace son parcours politique, on s’aperçoit qu’elle ne joue pas un rôle pour être élue. Elle a conservé ses convictions depuis ses premières heures en politique
* Elle a d’abord toujours considéré l’écologie comme une question majeure de
« Il faut intégrer l'écologie dans un projet global de société. La gauche, qui, en 1981, avait adopté des valeurs comme le qualitatif et le long terme, les a un peu oubliées. »
Dès 1988, Ségolène Royal avait bien compris que l’écologie ne devait pas être vu comme un ministère comme les autres, mais au contraire tel un sujet global s’appliquant à l’intégralité de la société. Elle était en avance de plus de quinze ans sur l’opinion publique et sur les idées socialistes. Elle n’a pas eu énormément de moyen dans son ministère mais son action a tout de même été conséquente
- Ainsi, lors d’un « Sommet de
- Ségolène Royal avait par ailleurs œuvré pour la « social-écologie », qui consiste à essayer d’améliorer le bien-être des gens à l’endroit où ils vivent. C’est ainsi qu’elle s’est attaquée par exemple au problème du bruit. Elle a mis en place une indemnisation des habitants des endroits proches des aéroports, qui subissent des nuisances sonores.
* Elle a toujours accordé une importance prédominante aux questions d’éducation et de sécurité
+ Ségolène Royal a toujours été ferme concernant le droit de chacun de bénéficier d’une véritable sécurité à l’école, lorsqu’elle était ministre.
- Elle a tout d’abord mis en place une procédure très sévère contre les bizutages et les attaques physiques des élèves. Contrairement à certains autres hommes politiques qui veulent tout mettre sur le dos des élèves, Ségolène Royal a toujours accordé beaucoup d’importance dans la nécessité de sanctionner fermement les adultes responsables, en particulier les directeurs d’établissement, qui fermaient les yeux sur la pratique du bizutage.
- De même, elle a accepté l’idée que des fouilles à l’entrée des établissements scolaires puissent être mises en œuvre pour protéger les élèves, à condition qu’il y ait de véritables menaces, et que cela ne soit mis en place que de façon ponctuelle
« Je ne vois pas pourquoi on fouillerait à l'entrée de certains grands magasins et pas à l'entrée des établissements scolaires où il y a eu des signalements de détention d'armes ».
+ Toutefois, Ségolène Royal accorde beaucoup de place à l’éducation, et à l’égalité pour chacun. C’est justement ce qui la différencie de Nicolas Sarkozy. Les questions de sécurité sont un problème que la gauche ne doit plus ignorer, et Ségolène Royal a ce mérite de moderniser le PS sur ce point. Mais sa résolution du problème diffère considérablement de celle de la droite : Elle associe la fermeté vis-à-vis des délinquants a de gros efforts d’éducation
-Elle a ainsi œuvré pour la mise en œuvre de l’éducation civique dans les lycées, et pour sa généralisation dans les écoles et les collèges. Car comment peut-on demander à des adolescents de se comporter en citoyens s’ils ne savent pas ce que cela signifie ?
- Elle a toujours favorisé une responsabilisation des parents. Elle est l’auteur d’une loi sur l’autorité parentale qui consistait à aider les parents en difficulté sur l’éducation de leur enfant et à les responsabiliser.
- Son soutien inconditionnel pour les ZEP et sa volonté de tout mettre en œuvre pour aider les élèves à s’en sortir ne sont plus à prouver. Pourtant dans un petit ministère, Ségolène Royal a pesé de tout son poids
« Le travail en ZEP est plus difficile qu'ailleurs. Et comme c'est à l'école que se joue, pour les années qui viennent, le maintien du lien social, il faut reconnaître la diversité des situations et la variété des réussites pédagogiques. En même temps j'ai la volonté de définir de grandes orientations nationales qui donnent une unité à la politique scolaire. Les ZEP font partie d'une dynamique d'ensemble. Mon objectif est de faire en sorte qu'à partir des éléments déterminants de leur réussite, nous tirions des leçons pour l'ensemble des élèves qui ont moins de chance au départ dans tous les établissements. »
Cette citation est révélatrice de l’idée de la candidate socialiste : Elle considérait que les ZEP ne devait pas être déconnecté du reste des établissements, et devaient impulser une nouvelle dynamique. Tout le contraire de la stratégie du gouvernement actuel, qui consiste à aider les établissements en énorme difficulté mais à ne pas se préoccuper des autres.
- Elle a également mis en œuvre une réforme visant à l’aide sociale à l’enfance
« Il est important de redire que les familles les plus pauvres ont des droits qui ne sont pas respectés. Et de faire en sorte qu'ils le soient. »
- Ségolène Royal avait montré à ce moment-là déjà qu’elle accordait beaucoup d’importance au dialogue. La démocratie participative n’est pas venue par hasard.
Sur plusieurs sujets délicats, elle expliquait ainsi que trois cents réunions de concertation avaient « contribué à favoriser le dialogue » entre les fédérations, les syndicats et les deux ministres chargés de l'éducation nationale et leurs collaborateurs
* Ségolène Royal a toujours donné beaucoup d’importance aux notions de respect et d’ordre juste. La question du bizutage évoquée plus haut en est un exemple, mais pas le seul. Elle s’est toujours battue pour la dignité de la personne humaine
- Elle a d’abord pris violemment position contre l’exposition de mannequins vivants dans les vitrines des magasins, aux Galerie Lafayette. Elle considérait que les conditions de leurs travails n’étaient pas dignes
- Elle a également pris position pour les personnes handicapées, qui souffrent de discrimination, et qui subissent une société mal adaptée à leur handicap. Ségolène Royal a ainsi déclaré
« Agir en faveur des personnes handicapées est du même ressort que le combat pour la parité homme-femme. ». Quand on sait la place qu’elle accorde à cette dernière question, c’est la preuve qu’elle prend en compte la condition des personnes handicapées.
- Elle considère également que les personnes surendettées ont le droit à la dignité
« La loi de
* Ségolène Royal a plutôt été en avance sur les questions relatives aux mœurs. Il est vrai que sur la question du mariage des personnes de même sexe, sa pensée a évolué (et tant mieux !), mais depuis longtemps déjà elle a été en avance sur les questions de société
- Ainsi elle a œuvré pour mettre à disposition des élèves la pilule du lendemain dans les lycées, dans les années 1990, une position moderne et qui lui avait valu de nombreuses critiques, y compris au sein de son propre camp
- Elle a aussi toujours eu une position claire sur la télévision française. Elle considère que certaines émissions privent les individus de leur dignité (cf. télé-réalité) et que les violences télévisées sont à l’origine en partie des actes de délinquance. En ce sens, elle adopte une position moderne qui consiste à s’attaquer aux causes de la délinquance, au lieu de tomber dans le tout répressif que défend le candidat d’en face.
« Je suis convaincue que la télé est un instrument formidable d'évolution des mentalités et de réduction des inégalités culturelles. Je crois en une télévision populaire de qualité. Il faut avant tout un cahier des charges beaucoup plus ferme. Ne pas diffuser d'émissions qui transforment le téléspectateur en voyeur puisque l'incitation à l'exhibitionnisme est interdite par la loi »
« La délinquance, c'est le passage de la pulsion à l'acte. Or il existe une porosité bien réelle entre télé publique et pornographie quand certaines émissions de variété invitent des acteurs de films pornos sur leurs plateaux : ces " divertissements " valident des comportements de violence sexuelle qui produisent ensuite les " tournantes ", inspirées des cassettes, dans les banlieues »
Toutes les références de cet article sont prises entre 1987 et 2002, à un moment où Ségolène Royal n’avait qu’une place modeste au sein du Parti Socialiste. On ne peut contester que Ségolène Royal a toujours prôné l’égalité pour tous, le respect pour chacun, l’ordre juste ou encore la démocratie participative. Il y a donc une grande continuité avec ses idées dans la campagne qu’elle développe. On peut s’en féliciter. Un peu d’honnêteté ne fera pas de mal à
Etienne Longueville