Quand le candidat-ministre instrumentalise les services de l'Etat à des fins personnelles...
Depuis le début de l’année, le parti socialiste demande à Nicolas Sarkozy de démissionner de son poste de ministre. A partir du moment, arguait-on, où le ministre de l’Intérieur organise les élections, il semble difficile d’être à la fois juge et parti. Mais assoiffé par le pouvoir pour le pouvoir, le ministre de l’intérieur refuse de démissionner.
Cette attitude, bien que peu légitime, ne suscitait pas de vraie polémique, il y a encore quelques temps. Mais aujourd’hui les choses ont changé. Deux éléments l’attestent.
D’abord l’« affaire du scooter ». Le fils de Nicolas Sarkozy s’est fait volé son scooter la semaine dernière. Soyons clair, tout le monde est d’accord pour dire que le vol est un délit, et il ne s’agit pas de minimiser cet acte.
Néanmoins tous les moyens de l’Etat ont été mis en œuvre pour retrouver le coupable. Des tests ADN ont même été réalisés et ont d’ailleurs parmi de mettre la main sur le malfaiteur. Alors, justice est faite, vous me direz ; où est le problème ?
Le problème, c’est que l’utilisation de ce test a coûté plus cher que le rachat d’un scooter, et au-delà, c’est que l’on n’utilise jamais de si gros moyen pour des affaires de vol. Cette affaire est préoccupante car elle atteste qu’il existe deux justices dans ce pays. Celle de ceux qui ont un père ministre de l’Intérieur, et celle des autres.
Mais ce n’est pas tout ! Vous vous rappelez des bruits nauséabonds et infondés qui avaient circulé sur le patrimoine fiscal de Ségolène Royal. Le Canard Enchaîné explique ce matin que cette histoire a été précédée par une enquête des RG sur le patrimoine du couple Hollande-Royal, peut-être commandée par le ministère de l’Intérieur. Ah ! Qu’elle est belle notre démocratie !
En apprenant ces révélations, toute la gauche s’est indignée. Jack Lang a demandé à Chirac de « révoquer Nicolas Sarkozy qui instrumentalise les services de l’Etat à des fins personnelles. »
Mais en plus, la volonté de Nicolas Sarkozy de rester au Ministère de l’Intérieur est critiquée au sein de même de son propre camp, par des journalistes politiques.
Alain Duhamel – connu pour avoir volontairement oublié Ségolène Royal dans son livre « Les prétendants 2007 – soulignait ce matin que le résidant de la place Beauvau, « à chaque fois qu’il est candidat, est un moins bon ministre de l’Intérieur ».
Le parti socialiste a demandé à Jacques Chirac de remplacer Nicolas Sarkozy, pour assurer la neutralité de la campagne ; il a refusé. Aujourd’hui le parti de la rose se tourne vers les sages du Conseil Constitutionnel par dépit, avec autant d’espoirs d’obtenir la victoire, que ceux des supporters du PSG lorsque leur équipe joue en championnat.
Alain Duhamel se demandait ce matin si c’était par « fétichisme » que le candidat de l’UMP se maintenait au ministère. Il expliquait que Nicolas Sarkozy demeurait place Beauvau car il aime rester tout près de l’endroit où vit Jacques Chirac (non, ce n’est pas son amant…quoique…).
Heureusement pour la gauche, dans quelques mois, Sarkozy sera très loin de l’Elysée, quand Ségolène sera devenue Présidente de
Etienne Longueville