« Contrat unique » et droit de grève : Xavier Bertrand fait reculer le candidat-ministre Sarkozy de deux cases...
La presse s’est relativement peu fait l’écho des récents « réajustements » de deux propositions phares du projet de Nicolas Sarkozy opérés par la voix de Xavier Bertrand.
Contrat unique : « Employeurs, tout ne sera pas possible avec Nicolas Sarkozy... »
Ce dernier vient d’indiquer, prenant ainsi le contre-pied de son nouveau mentor, que le fameux contrat unique promis par l’UMP ne serait plus calqué sur le contrat nouvelles embauches (CNE) mais sur un nouveau dispositif qui rappellerait un peu moins le funeste CPE.
La période d’essai (dites plutôt de consolidation) serait ainsi comprise entre 3 et 6 mois au lieu de 2 ans et toute rupture au cours de cette période devrait être motivée, ce qui n’est pas le cas avec le CNE (ainsi qu’avec feu le CPE). L’insécurité juridique créée par cette disposition assez ahurissante du point de vue des conventions de l’OIT et dénoncée par le MEDEF n’est pas étrangère à ce recadrage de dernière minute.
Malgré ces petits ajustements, on peut toujours reprocher à l’UMP à l’inverse du PS de vouloir calquer son « contrat unique » sur un contrat précaire, au rabais.
Et ces petits ajustements ne sont pas innocents. En filigrane apparaît un aveu qui rejoint les études publiées au sujet du CNE : ce contrat tant vanté par la droite a comporté beaucoup d’effets d’aubaine et de substitution et a abouti, au final, à un nombre de créations réelles d’emplois minime au regard du risque auquel sont exposés ses titulaires...et les employeurs qui sont assez surpris une fois condamnés devant les prud’hommes.
Droit de grève : déception au programme pour le lecteur assidu du Figaro
Le vote à bulletins secrets pour la poursuite de toute grève au bout de huit jours vient de confirmer qu’il est, au même rang que le service minimum, l’arlésienne de la droite française : on nous en parle depuis des années mais rien ne voit le jour... Tant mieux. Peut-être parce que la mise en œuvre de ces mesures s’avère bien plus compliquée qu’Ivan Rioufol ne pourrait le penser chaque vendredi dans les colonnes du quotidien préféré de la bourgeoisie française.
C’est dans ce sens en tout cas que va le deuxième ajustement opéré par Xavier Bertrand. La généralisation de ce vote à bulletin secrets, annoncée par Nicolas Sarkozy lors de son intronisation, attendra : elle sera finalement limitée « aux entreprises en charge d’un service public, aux universités et aux administrations ».
A quand la généralisation du CDI comme contrat unique et l’abandon du gadget du vote à bulletins secrets par la voix du candidat-ministre Sarkozy ? A ce rythme, on peut être optimiste...
Bastien Taloc