Forçons notre destin !

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Ségolène Royal a hier soir adressé un message aux jeunes de notre pays, les appelant à refuser la résignation, les catégories dans lesquelles on essaye de les placer. Voici un extrait de son discours :

Je suis d'une famille assez conservatrice, et toute mon enfance et toute mon adolescence, j'ai entendu tu ne feras pas d'études supérieures, tu es destinée à rester aux fourneaux.

J'ai forcé ce destin, j'ai été poussée par l'école de la République, par des enseignants qui m'ont dit: 'il faut continuer'. J'ai pu bénéficier d'une bourse pour continuer mes études supérieures et, petit à petit, j'ai eu accès à la formation et je me suis dit un jour: 'mais pourquoi je n'essaierai pas ?

Forcez votre vie! Saisissez votre liberté ! C'est le message que je veux vous transmettre. Par rapport à l'énergie que vous avez, par rapport aux attentes que vous pouvez espérer, par rapport aux rêves que vous pouvez imaginer, je veux que chacun d'entre vous, que chaque jeune fille et chaque jeune homme dans la France que nous aimons puisse se dire: 'et pourquoi, moi aussi, je n'essaierai pas de forcer mon destin, de forcer la vie
".

Avec Ségolène Royal au pouvoir les jeunes ne seront plus stigmatisés et perçus comme un danger. Nous avons l'énergie, nous sommes l'avenir. Pour que cet avenir ne soit pas détruit par la droite, il est urgent que la gauche revienne au pouvoir.

Publié dans Education et jeunesse

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Emmeline 02/04/2007 22:05

Mais elle n'en a jamais fait mystère ! je l'ai même appris dans un de ses discours ! d'ailleurs je trouve cela très bien : la droite a bien créé un droit au logement opposable, Ségolène Royal a opposé son droit à une éducation décente. Quoi de plus normal, dans un cas comme dans l'autre ?

candide 02/04/2007 09:34

Mme Royal est dans son droit d'évoquer sa jeunesse. Les autres candidats ne s'en privent pas. Il a bien fallu qu'ils se construisent en tuant le père ...La différence c'est que Mme Royal ne s'est pas contentée de "tuer" le père, elle lui a aussi fait un procès, en bonne et due forme,  devant les tribunaux. J'ignore - mais ne suis je pas candide ?, pourquoi elle n'évoque jamais cet épisode.  Et vous non plus d'ailleurs....

Sharky 02/04/2007 09:31

@ Grutman Au rythme actuel, on s'y dirige à tes taux de la IIIème. Je vais essayer d'être très concrêt en te posant une simple petite question partant du principe que l'éducation amène un capital savoir sur une base 10. Tu as 2 jeunes 1/ Brillantes études universitaires avec un K savoir de 9 avec un doctorat de sociologie + un ou deux autres du même accabit. sort sur le marché du travail à 26 ans. 2/ apprentissage et CAP de plombier, K savoir de 4. sort sur le marché du travail à 17 ans. Lequel préfères tu être? Qui sera dans le descenseur social? Qui s'affranchira? C'est pas de la branlette dogmatique ça, c'est juste ce qui se passe pour des milliers de jeunes face à un choix ou à une situation. PS : tout le monde n'est pas dans une grande école et/ou n'a pas papa et maman derrière.

grutman 01/04/2007 23:39

Sharky ou le retour à des taux d'alphabétisme et de non scolarisation dignes d'avant la IIIème République.
 Bravo à notre candidate pour ce message, et que l'école de la République (re)devienne un massif moyen d'ascencion sociale et d'affranchissement des déterminismes quels qu'ils soient.

peaceonearth 01/04/2007 15:24

L'argument de sa vie est psychologique mais il ne vaut pas pour tout le monde.
En effet, il est manifeste que Mme Royal s'est construite en partie par opposition au pouvoir paternel, par réaction. Malheureusement, pour l'essentiel la jeunesse n'est pas dans une problèmatique identique, bien au contraire, la jeunesse souffre de l'image d'un père faible, sans autorité. Quand l'image du père est faible, le jeune a des difficultés à se construire par identification( je ne veux pas ressembler à ce père faible, qui a échoué), mais aussi par réaction (contre qui se battre ?il n'y a plus d'autorité). Tout cela explique en partie le désarroi dans lequel se trouve une partie de la jeunesse, mais aussi la violence qui est une manière de braver l'interdit, de trouver ses propres limites.